CAIRN.INFO : Matières à réflexion

Dès les premiers temps de la psychanalyse (Freud, 1900), le rêve a été identifié comme un vecteur important pour accéder à des récits de soi imaginaires, à des figurations de l’inconscient dont la production quotidienne ne semble jamais pouvoir se tarir. La rêverie, quant à elle, n’a pas véritablement fait l’objet d’une attention aussi soutenue, alors que ces deux activités psychiques détiennent de nombreux processus analogues. Ces deux activités octroient au sujet la possibilité d’oser se raconter sous un angle différent de celui de sa conscience ou de sa raison, de générer une fiction subjective de soi riche de potentiels qui aspirent à s’exprimer. La dimension de la fiction, en ce qu’elle sous-tend le champ de l’imaginaire, est en effet un axiome majeur de toute thérapie psychanalytique. Le fonctionnement psychique ne peut se limiter à ses éléments conscients pas plus que la pensée ne peut évacuer la dimension de l’affect ou de la rêverie. La mise en récit détourne, altère et remanie la réalité factuelle du fait de son passage par l’appareil psychique. Aussi, lorsque nous écoutons des personnes en séance, nous sommes confrontés à une réalité complexe et polymorphe, contenant tant des éléments de la réalité factuelle et historique que des éléments issus de la réalité psychique, les uns étant constamment mêlés aux autres. Toute évocation recèle en effet une transformation, une distorsion du fait externe, lui apportant une charge subjective, une part d’âme qui personnalise tout autant qu’il le corrompt…

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Après avoir présenté la rêverie dans la vie ordinaire, l’article propose d’en observer les modalités d’émergence au début de la vie, puis d’interroger ses spécificités au sein du travail psychothérapique et psychanalytique. La rêverie, en tant qu’activité du fonctionnement psychique intermédiaire entre veille et sommeil, permet au sujet d’accéder à des contenus psychiques inédits. En étant partagée par la mise en récit au sein de la séance, le patient peut travailler ses expériences jusqu’alors non subjectivées et accéder à des vies non-vécues, des potentiels encore non intégrés subjectivement.

  • capacité de rêverie
  • fiction subjective
  • transitionnalité
  • champ dynamique
  • transformation
  • vie non-vécue
  • potentiel
Jean-Baptiste Desveaux
Psychologue clinicien, Psychanalyste, Docteur en psychologie clinique et psychopathologie (Université Lumière Lyon 2). Réside à Montréal, Canada.
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Mis en ligne sur Cairn.info le 25/08/2020
https://doi.org/10.3917/cpc.055.0015
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