CAIRN.INFO : Matières à réflexion

I

1 Le retour centenaire de l’anniversaire de la mort d’Adam Smith est passé quasiment inaperçu sur le sol allemand. Le journalisme allemand progressiste n’a déposé sur la tombe de cet homme qui, un siècle durant, lui avait offert les armes dans le combat contre les privilèges économiques oppressants des groupes de populations autrefois favorisés, que peu de couronnes en souvenir reconnaissant. La science allemande elle-même qui, jusqu’au milieu de notre siècle, avait suivi le grand maître de l’économie populaire avec plus de piété que d’autonomie critique, ne lui a décerné que peu d’honneurs timides. À cette occasion, il a succombé au destin cruel d’être « interprété historiquement », d’être « défendu » contre un rapetissement qui va trop loin, par les représentants d’une orientation adverse qui, dans les universités allemandes, est parvenue depuis à domination. C’était une fête du souvenir sans enthousiasme, presque hésitante, en l’honneur du savant loué autrefois comme le père, voire comme celui qui a achevé l’économie nationale scientifique, à laquelle nous avons assisté le 17 juillet de l’année passée.

2 Et cependant, ce centenaire misérable dont nous avons été témoins, n’est qu’un trait insignifiant dans le tableau du déclin de l’économie nationale « ancienne », classique, et de son fondateur, dans le jugement de valeur public de l’Allemagne. Lorsque Babeuf se tenait devant la guillotine, ce qui l’inquiétait, lui qui ne craignait pas la mort, c’était seulement l’idée que l’histoire de ses efforts puisse être écrite par ses adversaires. L’économie nationale classique a succombé effectivement à ce destin. Le rôle qu’elle joue présentement dans l’opinion publique de l’Allemagne a été « créé » par des adversaires haineux de celle-ci, par des agitateurs poursuivant des buts pratiques, par Fr. List, et à d’autres égards, par Lassalle. Les adversaires scientifiques de la bourgeoisie progressiste, agissant dans le sens du prince Bismarck, ont, eux aussi, participé activement à cette justification de l’économie nationale classique. Depuis lors, elle passe dans la science allemande pour capitaliste, atomiste, abstraite, ennemie du peuple, pour réfutée et terminée.

3 Le retournement qui s’est accompli dans l’opinion publique de l’Allemagne au sujet d’A. Smith et de l’économie nationale classique n’est pas resté limité au monde savant. La politique économique allemande, elle aussi, désavoue les doctrines d’A. Smith et de ses élèves, « les doctrines économiques partisanes de l’individualisme et du libéralisme ». Le prince Bismarck s’est défendu et s’est fait défendre contre le soupçon d’être un politicien dans l’esprit de la « Richesse des nations », tout autant que contre le reproche d’une faiblesse intellectuelle et morale ; depuis, c’est à peine s’il existe en Allemagne un homme d’État qui ne mette pas l’accent sur son émancipation par rapport aux théories d’A. Smith. A. Smith est en Allemagne non seulement un prince détrôné de la science, mais – un autre Delbrück – il a été aussi mis de côté en tant que conseiller des hommes d’État dirigeants de l’Allemagne ; il est tombé en disgrâce, à cause de vues démodées. Si A. Smith pouvait – lui que l’on vantait autrefois comme la sixième grande puissance – suivre en Allemagne le destin de sa célébrité de savant, il pourrait s’écrier avec Hécube :

4

Au faîte de la puissance autrefois, me voilà maintenant exilée, sans ressources, entraînée (loin du tombeau des miens).

5 Ce revirement n’est pas resté sans influence profonde sur les partis politiques en Allemagne et en Autriche. Le parti libéral a, à partir du moment où il avait assuré à la population les droits politiques fondamentaux, tiré sa force principale de son programme économique. Ce sont des questions de budget d’État et de politique d’assistance publique qui l’ont occupé en première ligne. Le soin précautionneux des intérêts économiques lui avait conquis le cœur des peuples. À partir du moment où la doctrine de Smith a été considérée comme réfutée et terminée, le parti libéral – semblable à un Antée – avait perdu le sol d’où il tirait sa force principale. Le déclin de l’ancienne économie nationale et la victoire de la nouvelle ont plus contribué qu’aucun autre changement de l’opinion publique au déplacement (Verschiebung) du rapport de forces des partis politiques, au refoulement du libéralisme, même au sens le plus noble du terme. L’opinion parvenue à domination dans la science et parmi les praticiens, selon laquelle le système de Smith serait réfuté par les récents développements de la science allemande, et l’économie nationale classique, défaite, signifie un fait d’une signification politique de grande portée. Le parti libéral a perdu la connexion avec la science économique et, ainsi, son appui sûr et sa conduite dans les matières économiques, il a perdu la confiance dans son programme économique.

6 À présent, je sais très bien que l’élimination d’erreurs scientifiques, qui se sont implantées dans les esprits du monde savant, même quand elles contredisent des faits évidents, fait partie des tâches les plus ardues de la critique scientifique, d’autant plus quand les erreurs parvenues à domination sont supportées par les intérêts de groupes de population influents. Cependant, le temps exerce non seulement une action réconciliatrice sur les passions, mais aussi une action rectificatrice sur les erreurs des hommes. En Allemagne aussi, la légende parvenue à domination sur le rapport de la « nouvelle » économie nationale à la doctrine de Smith cédera finalement la place à une compréhension meilleure. Je crois que nous faisons bien de ne pas juger l’économie nationale classique d’après la seule autorité de ses adversaires, mais de ne pas craindre notre peine, de la tester de façon impartiale, peut-être au mieux de lui laisser à nouveau la parole. Cela doit être fait ici, même au risque que la victoire présumée de l’école sozialpolitisch sur Smith et les classiques de l’économie nationale se révèle être la suite d’une confusion qui prête à malentendu, entre économie nationale classique et école de Manchester, comme une victoire non pas sur l’économie nationale classique, mais sur l’unilatéralité de la doctrine de Manchester.

7 Il n’est pas vrai que la récente école sozialpolitisch d’Allemagne est en opposition de fait avec l’économie nationale classique.

8 A. Smith se positionne dans tous les cas de conflit d’intérêts entre les pauvres et les riches, les forts et les faibles, sans exception du côté de ces derniers. J’emploie l’expression « sans exception » en connaissance de cause, étant donné que dans les œuvres de Smith ne se trouve pas un seul endroit dans lequel il défend les intérêts des riches et des puissants contre les pauvres et les faibles. Si haut qu’A. Smith place l’initiative libre de l’individu en matières économiques, il défend avec autant d’énergie toutes les interventions étatiques, dès qu’il s’agit de l’élimination d’une législation – ou d’une application de la loi – qui opprime les pauvres et les faibles en faveur des riches et des puissants.

9 A. Smith combat la politique industrielle du système mercantiliste parce qu’elle favorise l’industrie des riches, et qu’en revanche elle néglige et opprime ces branches de l’activité qui font l’entretien des pauvres et des faibles ; il demande la libéralisation, parce que les limitations de celle-ci touchent toujours plus le travail que le capital, le riche commerçant obtient plus facilement, de manière inégale, le droit de s’établir n’importe où que le pauvre artisan. Il est contre la réglementation de la dénommée résidence légale, parce qu’elle touche essentiellement les pauvres et que c’est une atteinte à la liberté naturelle et à la justice que de rejeter un homme hors du district qu’il a choisi pour lieu de résidence ; il parle en faveur de rémunérations élevées du travail, dans lesquels il reconnaît autant un commandement de l’humanité que de l’intelligence. A. Smith est à vrai dire contre l’immixtion de l’État dans le contrat de salaire, seulement dans la mesure où elle se fait valoir en défaveur du travailleur et offense « le droit le plus sacré et le plus inviolable du travailleur, le droit à son travail ». Il refuse si peu l’immixtion étatique en faveur des pauvres et des faibles qu’il l’approuve plutôt dans tous les cas où on peut attendre de cette intervention non une oppression mais une action en faveur des classes populaires non possédantes. Smith est même pour des déterminations légales sur la hauteur des salaires, dans la mesure où elles sont établies en faveur des travailleurs, et déclare de telles taxes sur salaires toujours justes et bienvenues : Smith approuve aussi en particulier la loi qui oblige, dans quelques métiers, les maîtres à payer les travailleurs non en nature, mais en argent. A. Smith va si loin qu’il qualifie le profit du capital comme une déduction du produit complet du travail, mais la rente foncière comme un revenu du même, ceux-là voulant récolter sans avoir semé. Là où il s’agit de protection des pauvres et des faibles, le point de vue de principe d’A. Smith est en partie plus progressiste que celui des « Sozialpolitiker » modernes. Ses vues frôlent en certains endroits celles des socialistes modernes. Louis Blanc, Ferdinand Lassalle et Karl Marx se réclament constamment, comme il est connu, des théories d’A. Smith et de celles de ses élèves, et non pas de celles de ses adversaires.

10 De tout ce qui vient d’être dit, il en résulte pour tout esprit impartial la vraie tendance de la Sozialpolitik (die wahre Tendenz der Sozialpolitik) d’A. Smith. Il trouve une législation et une application de la loi qui impose des limites aux travailleurs et aux non-possédants au profit des classes possédantes et qui offense le travailleur « dans le droit le plus sacré et le plus inviolable, le droit du travailleur à son travail ». C’est pourquoi, conformément à sa tâche historique, il défend l’idée de la libération des classes non possédantes de la pression de cette influence étatique, qui leur est défavorable, sur le contrat salarial, de la pression de ces – si j’ose dire – privilèges odieux. Smith n’en reste cependant pas là. Il réclame en de nombreux cas des mesures positives en faveur des travailleurs. Présenter A. Smith comme un ennemi des travailleurs ou seulement comme un doctrinaire indifféremment opposé à l’état des travailleurs est une falsification de l’histoire. C’est exactement le contraire qui est vrai.

11 On ne croit pas que la conception, remplie de l’esprit de la philanthropie du XVIIIe siècle, des devoirs de l’individu et de la société envers les travailleurs n’est propre qu’à A. Smith. Les élèves du grand philanthrope aussi se déclarent de la manière la plus énergique en faveur des classes populaires non possédantes.

12 D’après la conception de Ricardo, le bien populaire (the general happiness) dépend essentiellement du sort des classes travailleuses. La hauteur du salaire, dit-il, est déterminante pour le bien-être de la plus grande partie de chaque société. Chaque déplacement du rapport des revenus, qui procure aux travailleurs une plus grande partie du revenu populaire, est une amélioration de l’état de la société très digne d’efforts, parce que ce faisant la classe de loin la plus importante de la société, l’état (Stand) des travailleurs, est gagnante. « À vrai dire, pense Ricardo, on pourrait dire que le revenu du capitaliste par cela ne va pas augmenter ; ou que le million qui échoit aux travailleurs sous la forme de salaires augmentés, vient peut-être en déduction de la rente des propriétaires fonciers. – Tout de même ! dit Ricardo, ceci ne peut en tout cas ébranler mon argumentation. L’état de la société n’en pourra être que meilleur. Mon argument démontre justement qu’il est encore plus souhaitable que, par une telle nouvelle distribution du revenu populaire, la classe de loin la plus importante de la société soit gagnante. »

13 C’est chez Robert Malthus, le représentant des intérêts agraires parmi les économistes classiques, que la manière de penser favorable aux travailleurs ressort le moins. Lui aussi réclame de l’aide en cas de nécessité, même lorsque celle-ci ne peut être proposée que par un sacrifice des classes possédantes. « Pour le moins, le mal est, ce faisant, généralisé, atténué et supportable pour tous. » Je ne connais, dit-il, rien de plus misérable que l’idée de condamner sciemment les travailleurs à s’habiller en haillons et à habiter dans des huttes misérables, afin que l’on vende davantage de nos draps et calicots à l’étranger. Il réclame l’occupation du chômeur dans des œuvres publiques. Tout ami de l’humanité, dit-il en un autre endroit, doit lui (à Robert Owen) souhaiter cordialement succès dans ses efforts pour introduire un acte du parlement qui limite le temps de travail pour les enfants et interdit tout simplement leur emploi dans leurs trop jeunes années. Il explique même qu’il serait de suite favorable à l’abolition des droits de douane sur les céréales si, par là, la situation des travailleurs se trouvait durablement améliorée. Il ne se laisse cependant pas convaincre par l’utilité de cette mesure (semblable à nos agrariens d’aujourd’hui qui ne se laissent pas convaincre de l’effet en retour favorable de l’abolition des droits de douane céréaliers sur la situation des travailleurs). À vrai dire, on ne doit pas négliger le fait que Malthus est, dans ses doctrines, essentiellement influencé par le souci patriotique en faveur de l’indépendance de sa patrie, qu’il considère menacée par la dépendance de l’Angleterre des importations de céréales de l’étranger en temps de guerre.

14 C’est franchement au sens de la Sozialpolitik la plus moderne que le chef des classiques français de l’économie politique, J.-B. Say, s’exprime. « Les entrepreneurs, dit-il, revendiquent le droit de pouvoir se rassembler pour pouvoir résister aux prétentions incongrues des travailleurs. Si cependant l’on trouve répréhensible les coalitions des travailleurs pour faire valoir leurs droits, comment se fait-il que l’on n’a pas la même opinion face aux coalitions des entrepreneurs, contre les travailleurs désirant un salaire suffisant ? Les employeurs ont déjà, de par leur richesse et leur position sociale, suffisamment de moyens d’influence pour ne pas revendiquer un renforcement de ceux-ci. Quand, au milieu d’un combat d’intérêts, l’autorité se positionne d’un côté, immanquablement l’autre côté est opprimé. » – « L’humanité, dit Say en un autre endroit, donne à penser qu’il est souhaitable que les travailleurs et leurs familles soient habillés en fonction du climat et des saisons ; qu’ils possèdent des locaux d’habitation spacieux, aérés et chauffés ; qu’ils aient une nourriture saine, riche et offrant quelque variété. » – « Si, d’après les mœurs d’une nation, il apparaissait absolument nécessaire que chaque travailleur ait l’obligation de mettre aussi de côté quelque chose pour la vieillesse, alors les salaires seraient sans doute augmentés de ce fait. Aux yeux de tout ami du genre humain, il doit apparaître franchement effrayant qu’il n’en soit pas ainsi depuis longtemps. Il faut déplorer que le travailleur non seulement ne se préoccupe pas de sa vieillesse, mais même pas des accidents, de la maladie, des incapacités de travail. » J.-B. Say va en bon nombre de ses propos encore plus loin. On doit, écrit-il, s’opposer à la détresse des classes travailleuses d’après la nature de la cause. Il réclame à d’importants égards l’intervention positive de l’État en faveur des travailleurs. Ainsi écrit-il, « Monsieur de Sismondi, qui certes reconnaît en principe la nocivité de l’immixtion étatique dans les contrats privés est cependant d’avis que la loi doit accorder quelque protection à celui des deux contractants (au travailleur) qui selon la nature de la chose se trouve dans une position si précaire et subordonnée qu’il n’est pas rarement contraint d’accepter des conditions indésirables. Il est impossible de ne pas partager l’opinion de Sismondi et de ne pas souscrire à la tendance nouvellement soulignée dans la législation anglaise d’établir l’âge en dessous duquel les enfants ne peuvent être autorisés au travail dans les usines. »

15 Voilà les « doctrinaires hostiles aux travailleurs », les hommes dont les doctrines sont décriées comme capitalistes, ennemies du peuple et défaites, contre lesquels nos Sozialpolitiker modernes s’emportent et contre quoi la communauté spirituelle Poschinger cherche à défendre le prince Bismarck comme d’une infamie portée à l’encontre de celui-ci [2].

16 Ce n’est pas un forfait plus mince contre la vérité historique quand les élèves de Smith, développant ses thèses dans son esprit, sont présentés comme des représentants d’un capitalisme cruel, exploiteur, comme cela est le cas au sujet d’A. Smith lui-même.

17 Le même manque d’impartialité et d’amour de la vérité apparaît dans la critique de l’économie nationale classique par les récentes écoles sozialpolitisch en rapport avec de nombreuses autres questions de politique économique.

18 Il n’est pas vrai, c’est une falsification de l’histoire, qu’A. Smith est un doctrinaire du « laisser faire, laisser aller » et qu’il attend exclusivement du jeu totalement libre des intérêts individuels le salut économique de la société. Il reconnaît en plusieurs endroits de son œuvre que les efforts et les intérêts d’individus particuliers et de classes entières de la société sont en contradiction avec les intérêts publics, et non seulement il ne rejette pas en ces cas la prise d’influence de l’État, mais il la pose comme un commandement de l’humanité et de l’égard envers le bien commun. Il s’en remet si peu à la seule application des principes du « laisser faire » qu’il en appelle au contraire à toute une série d’établissements et d’institutions profitables au plus haut point au bien commun et cependant ne peuvent jamais être fondés par le jeu libre de la concurrence.

19 Les autres écrivains appartenant à l’école classique adoptent pour l’essentiel le même point de vue. Eux aussi sont rien moins que défenseurs des principes du laisser faire. Ils vont même en partie plus loin par leur revendication de l’intervention positive de l’État dans l’économie populaire en vue du bien commun. J.-B. Say réclame une législation forestière qui protège le pays contre le danger du manque de bois et l’asséchement des cours d’eau ; il approuve des mesures du gouvernement en faveur de l’agriculture, des mesures préventives contre la conduite douteuse des industriels. Dans la politique commerciale, il est non seulement en faveur de la considération des industries existantes et d’un passage seulement progressif vers la liberté de commerce, mais préconise – anticipant franchement en principe les idées de Fr. List – l’éducation industrielle du peuple par l’État, en réclamant le soutien étatique pour ces industries qui, au début peut-être, travaillent à perte, offrant cependant la perspective de devenir rentables au cours du temps. Dans le même sens, Malthus est favorable à des droits de douane protecteurs, dans la mesure où ils visent, dans un pays, à amener certaines productions à se développer, à empêcher de grandes fluctuations dans la vie économique d’un peuple ou à établir l’équilibre entre les différentes classes de la société. Il fait des droits de douane protecteurs un moyen important d’une politique économique calculée d’après le bien commun. Ricardo tient pour nécessaires les droits de douane et les primes équilibrantes au niveau de l’impôt et est favorable à des droits de douane notables sur les grains. C’est une légende contraire à l’histoire que de dire que l’économie nationale classique est favorable à un règne sans bornes de l’intérêt particulier individuel et à la passivité des gouvernements en matières économiques.

20 La toute récente école sozialpolitisch d’Allemagne n’a pas réfuté ni défait l’économie nationale classique – elle l’a en certains points perfectionnée. À maints égards, celle-ci est, comme je vais le montrer, restée en deçà de cette dernière. Elle a, dans le combat avec les représentants du capitalisme de l’école de Manchester – caricature sozialpolitisch du classicisme –, en partie conservé raison ; mais pas contre Smith et l’économie nationale classique. Le dernier développement du classicisme dans l’économie nationale ne se trouve pas chez Cobden, Bright, Bastiat, Prince-Smith et Schulze-Delitzsch, mais chez John Stuart Mill, ce Sozialphilosoph qui, à côté de Sismondi, doit être qualifié de fondateur le plus important de l’orientation sozialpolitisch moderne, dans la mesure où elle a un caractère scientifique objectif. Celui qui lit les écrits de l’école classique dans leur contexte trouvera confirmé à tous égards le jugement ci-dessus.

21 L’économie nationale classique s’est trompée sur de nombreux points décisifs, particulièrement pour le développement de la théorie de la science. La sous-estimation d’A. Smith et de son école, telle qu’elle est devenue affaire de mode dans l’économie nationale allemande moderne, a même conduit récemment un Roscher à la déclaration étrange selon laquelle l’avenir va « mettre de nouveau à l’honneur des hommes comme Ricardo et Malthus en tant que chercheurs » ; mais surtout au fondement de la suspicion des efforts sozialpolitisch de ces auteurs il y a mécompréhensions et mésinterprétations, que la science objective a le devoir de rectifier.

II

22 Ce qui, dans la question des travailleurs, différencie effectivement l’économie nationale classique de l’école des Sozialpolitiker modernes n’est aucunement la tendance (die Tendenz). Toutes deux reconnaissent la situation économique défavorable d’une grande partie de la population des travailleurs, toutes deux réclament un changement en faveur des travailleurs, aucune ne rejette en principe l’aide de l’État. Leur opposition tient en ce que l’école de Smith attend l’amélioration de la situation économique des travailleurs tout d’abord de l’élimination de toutes les dispositions sociétales et étatiques influençant défavorablement le gain et le revenu des travailleurs, ne jugeant les interventions positives de l’État dans l’économie populaire opportunes que là où l’auto-aide des travailleurs et de leurs associations libres pour le but ci-dessus mentionné ne suffit pas ; tandis que nos Sozialpolitiker modernes – je veux dire ceux qui prennent vraiment au sérieux l’amélioration de la situation du chômeur – mettent l’accent principal sur l’intervention positive de l’État, à présent qu’une grande partie de la législation des époques précédentes, opprimant les pauvres et les faibles au profit des classes possédantes, a été éliminée. Cependant, en ceci on ne peut reconnaître aucune opposition, aucune tendance différente, mais seulement un développement continu associé à une modification des efforts destinés à améliorer la situation de l’état des travailleurs. La politique économique de l’économie nationale classique correspondait précisément au besoin le plus proche et le plus pressant du temps dans lequel elle est née : un temps plein de privilèges de classes injustes et de sujétion pernicieuse pour les pauvres et les faibles, plein d’une réglementation irrationnelle et égoïste. A. Smith et ses élèves ont reconnu de façon tout à fait juste le besoin sozialpolitisch de leur temps, en défendant tout d’abord l’élimination de la sujétion nocive du travailleur et en s’opposant à l’immixtion, désavantageuse pour le pauvre, de l’État dans l’économie populaire.

23 A. Smith et ses élèves étaient, pour leur temps au moins, autant Sozialpolitiker que ces économistes qui revendiquent à présent pour eux-mêmes l’honneur de ce nom en opposition à l’école de Smith. Les hommes qui se sont déclarés en faveur de l’abolition du servage, des corvées, de la justice arbitraire, pour l’élimination des corporations exclusives et exploiteuses, des monopoles, des privilèges d’impôts, etc., avaient au moins droit au regard des situations qu’ils trouvèrent et déjà eu égard à leur « programme négatif », au nom d’honneur de Sozialpolitiker au même titre que n’importe quel économiste du présent.

24 Avec cela, le programme d’A. Smith et de ses élèves n’était cependant pas épuisé. Nous avons vu les mêmes se déclarer en faveur d’une intervention positive de l’État dans tous les domaines de la vie économique, dans la mesure où la libre activité de l’individu s’avère insuffisante ou communément nocive ou que le bien commun réclame cette intervention. Aucune personne impartiale ne doutera que ni A. Smith ni même ses élèves s’opposeraient, dans l’esprit de leurs doctrines, à l’une quelconque des nouvelles mesures positives visant en vérité au bien de l’état des travailleurs, mais bien, s’ils étaient appelés aujourd’hui à en décider, aux droits de douane sur les céréales, à l’augmentation progressive des taxes à la consommation, aux cartels et bien d’autres lois et institutions sozialpolitisch. La « tendance » de ces hommes ne peut à bon droit être mise en doute.

25 On pourrait tout au plus soulever la question de savoir quel groupe de Sozialphilosophen a en effet plus fait pour la protection des classes populaires nécessiteuses, dans le cas où cette question ne serait pas rejetée purement et simplement comme non historique. Les deux écoles s’efforcent, à la mesure des besoins du temps, d’améliorer la situation économique des faibles et des opprimés. Si cependant l’acceptation que rencontrent les théories sozialpolitisch d’abord chez les classes populaires concernées, est le vrai critère pour juger de leur bienfaisance relative, alors la question ci-dessus devrait à peine décider en faveur de nos Sozialpolitiker modernes. Où que je regarde, l’état des travailleurs ne repose pas aujourd’hui encore sur les théories économiques les plus récentes selon lesquelles il n’est pas sûr que des droits de douane élevés sur les grains (imposés aux pays importateurs de céréales) renchérissent le prix du pain, que les droits de douane sur le pétrole, le prix du matériau d’éclairage le plus important pour le travailleur, que les impôts indirects renchérissent les moyens d’existence du travailleur et abaissent son train de vie. Je trouve plutôt que les travailleurs dans leurs efforts se réclament aujourd’hui encore et presque sans exception des théories de l’économie nationale classique, de la théorie des prix de l’école classique, de la théorie de la rente foncière et de la loi salariale de Ricardo, des exigences établies par les classiques d’une imposition directe, etc.

26 Une chose semblable vaut pour les règles positives récentes en faveur de l’élévation de l’état des travailleurs. Je ne voudrais pas mettre en question la tendance à laquelle elles doivent leur origine et leurs succès prévisibles. En tout cas, une double chose doit être constatée : au premier chef que la législation visant à la protection des travailleurs a pris son départ en Angleterre, le pays de « l’économie nationale classique » et ensuite – ce que je tiens pour le plus important – qu’il n’y a pas un groupe quelconque et notable de travailleurs qui serait enclin à échanger le droit de l’autodétermination libre, et en particulier le droit de coalition libre, contre toutes les mesures positives de la Sozialpolitik moderne. Comme je le crois, non sans bonne raison. Aussi haut que l’on puisse placer en effet l’assurance des travailleurs, comme elle est en Allemagne et en Autriche en partie déjà parvenue à son accomplissement, et l’entière somme des mesures sozialpolitisch visant à l’élévation de l’état des travailleurs, aucune personne impartiale ne peut méconnaître le fait que la libération des travailleurs de l’ancienne législation les opprimant au profit des classes possédantes et la liberté de coalition, que l’école classique a défendue, sont dans leurs effets pratiques pour le présent d’une importance incomparablement supérieure. Les leaders intellectuels du mouvement des travailleurs ont aussi reconnu cela de tout temps. Ils acceptent les avantages de la récente Sozialpolitik, mais ils attendent cependant une amélioration plus profonde de leur situation uniquement de leur coalition. Ce n’est que récemment, au congrès de Liverpool, que le dirigeant des travailleurs anglais Burns a déclaré que la coalition met entre les mains des travailleurs un moyen puissant, lequel doit apporter une garantie à toutes leurs revendications, mais doit être tout d’abord manipulée avec prudence eu égard à l’intérêt propre des travailleurs. En revanche, les mesures d’aide positive de l’État en faveur de l’état des travailleurs n’ont pas rencontré chez leurs représentants la même réception enthousiaste, pas suscité de semblables grandes espérances. En tout cas, les mérites qu’a acquis « l’économie nationale classique » pour les classes populaires nécessiteuses ne le cèdent en rien aux écoles sozialpolitisch récentes. Le prétendu « programme uniquement négatif » de Smith et de ses élèves garde, toujours et encore, auprès des classes populaires nécessiteuses une plus grande valeur que le « programme positif » des Sozialpolitiker récents. Et ce d’autant plus que ce dernier est relié à un système d’autres mesures sozialpolitisch résolument défavorable à l’état des travailleurs et auquel A. Smith et ses élèves adresseraient de sérieuses objections dans l’intérêt des classes non possédantes.

27 Si les économistes classiques, au moins, ne le cèdent en rien aux Sozialpolitiker modernes, eu égard à leur tendance favorable aux travailleurs, il me semble que le point de vue de l’économie nationale classique est sous un autre angle sans aucun doute de beaucoup supérieur à celui de nos Sozialpolitiker récents. Je veux dire le discernement des causes, dont dépend le bien des classes travailleuses. Que la situation des travailleurs ne dépende pas seulement des mesures législatives positives, mais au moins tout autant de l’accumulation progressive du capital et de l’esprit d’entreprise de ceux qui en disposent, n’est que trop méconnu présentement. La tendance unilatérale contre tout ce qui est capital et entreprise semble avoir rendu aveugles les écoles sozialpolitisch récentes à la reconnaissance de cette vérité et des conséquences pratiques qui en résultent. Il est vrai que la distribution du revenu entre le capital et le travail est en soi un problème de la plus haute importance et chaque mesure par laquelle incombe au travail une plus grande part des résultats de la production, sans que la capacité d’existence de l’industrie soit mise en question, doit être salué comme un progrès social réjouissant. Tout aussi sûr me semble être également le fait qu’une augmentation notable des salaires ne peut être que la conséquence de l’accumulation progressive et de l’utilisation productive du capital, que l’occupation d’une population de travailleurs en augmentation à salaires croissants, ou même à salaires constants, ne peut qu’aller de pair avec l’essor des activités productives et de l’accumulation du capital. Ceux qui, de façon assez unilatérale, n’ont en vue que la distribution du produit, entre entrepreneurs et travailleurs, si possible favorable à l’état des travailleurs, négligent le fait que, si grande soit leur importance, les avantages à en attendre sont cependant strictement limités et de moindre importance que ceux qui résultent de l’augmentation du capital et de son utilisation productive.

28 On a assez souvent fait à notre époque le reproche que les classes possédantes – tellement en opposition à celles du monde antique – visent non pas à la jouissance d’une vie tranquille, mais à l’acquisition incessante de nouvelles richesses de telle sorte qu’une pléonexie en soi irrationnelle s’est emparée d’elles, laquelle est guidée non pas tant par l’aspiration à une jouissance tranquille de la possession, que par celle de la possession en soi, par l’aspiration à posséder plus que d’autres. Ce reproche s’agissant particulièrement des classes bourgeoises de la société actuelle, n’est pas tout à fait injustifié et pèse d’autant plus lourd dans la balance si on considère que, pour le possesseur du capital, la pulsion abstraite vers l’accumulation du capital s’abolit en partie elle-même à nouveau dans ses effets par la réduction du taux d’intérêt. Seulement il me semble que l’on a négligé que cette pléonexie est une sorte de remède économique à l’augmentation progressive de la population des travailleurs et l’un des moyens les plus importants qui permet d’offrir à celle-ci emploi et revenu. Quoi que l’on puisse penser de la « pulsion abstraite de capitalisation » des classes bourgeoises de la société : du point de vue de la Sozialpolitik, elle agit de façon bienfaisante et ne mérite en tout cas pas la réprobation bruyante de ceux qui n’ont aucune parole de réprobation pour le gaspillage du capital, qui se manifeste dans d’autres classes de la société d’une manière parfois si destructive, pour l’acceptation de nouveaux prêts hypothécaires en raison de rentes du sol en augmentation et l’utilisation des mêmes pour des buts de consommation.

29 En tout cas, l’économie nationale classique ne le cède en rien à l’école sozialpolitisch récente dans la tendance favorable aux travailleurs ; eu égard à la considération exacte des causes de l’état plus ou moins satisfaisant des classes populaires non possédantes, elle est largement supérieure à cette dernière. Elle ne méconnaît pas la signification du capital, de l’esprit d’entreprise et de l’intelligence commerciale pour le bien-être de l’état des travailleurs, elle est libre de la hargne doctrinaire reprise de l’agitation socialiste transposée dans les doctrines sozialpolitisch récentes, haine contre le capital et l’entreprise. Elle ne perd jamais de vue le fait que même une richesse en capital distribuée de façon inégale est pour l’état des travailleurs toujours moins nocive que le manque de capital et que le travailleur n’est jamais plus impuissant que quand « l’argent maudit » vient à manquer aux entrepreneurs ou que l’esprit d’entreprise intimidé recule de peur devant l’investissement en capital.

30 J’ai dit plus haut que les mesures sozialpolitisch récentes pour élever les classes populaires nécessiteuses se trouvent généralement déjà en germe dans le programme de l’économie nationale classique. J’aurais dû ajouter une limitation qui, comme je le crois, donne pareillement au point de vue de Smith une grande supériorité sur celui des Sozialpolitiker récents. Adam Smith et son école sont constamment favorables au bien commun (Gemeinwohl), non aux intérêts de classes, ils réclament encore beaucoup moins de mesures favorables à certaines coteries à l’intérieur des classes particulières de la société, un reproche qui ne peut tout à fait épargner la Sozialpolitik récente.

31 Notre population rurale est lourdement touchée par la chute des prix des produits du sol. À présent, elle doit être aidée de telle sorte qu’une partie de celle-ci est déshéritée, qu’au prolétariat rural existant on en ajoute un nouveau, créé artificiellement. Il faudrait aider l’état des paysans en abaissant l’immense majorité des paysans dans le prolétariat. La petite industrie mène un combat difficile contre la grande industrie. Le remède contre son déclin consisterait à opposer au gain de chaque individu des barrières vexatoires, la fondation du gagne-pain autonome est rendue plus difficile aux ambitieux, de telle sorte que la classe des salariés dépendants est augmentée de façon artificielle. La situation des salariés suscite les préoccupations les plus sérieuses des Sozialpolitiker. L’aide doit, comme bon nombre le veulent, résider en des alliances des travailleurs qui accordent, sous exclusion des plus pauvres et des plus nécessiteux, à une certaine aristocratie des travailleurs les avantages d’une existence petite bourgeoise, mais rendent aux autres le combat pour l’existence parfaitement sans espoir. La création de coteries privilégiées à l’intérieur des classes particulières de la société – d’un numerus clausus de faveur – où les couches de la population exclues de celles-ci sont complètement oubliées, devrait guérir les imperfections sociales du présent ! Et tout ceci n’est pas réclamé du point de vue d’intérêts de coteries unilatéraux, mais de celui d’une Sozialpolitik populaire ! Le problème qui consiste à apporter une aide sociale aux faibles et aux déshérités devrait être résolu par une augmentation artificielle des mêmes et en particulier par cela que non seulement la possession, mais aussi l’occasion de travail, est livrée à certaines coteries à l’intérieur des classes particulières de la société par une « législation positive » ; de sorte que ceux qui se trouvent au dehors trouvent fermé, non pas seulement le monde de la possession, mais aussi celui du travail. Même les cartels des industriels – ces développements du manchesterisme collectiviste le plus rude – ont trouvé leurs apologistes et leur éloge en tant qu’institutions bienfaisantes sozialpolitisch, voire comme moyens universels pour la solution de la question sociale ! C’est en empruntant ce chemin que la misère sociale devrait être éliminée du monde, la pénétration d’éléments socialistes, prévenue dans les armées, le danger menaçant l’ordre de droit et l’ordre de la société, conjuré !

32 Les mesures sozialpolitisch de ce « positivisme » ne sont à vrai dire pas moins étrangères à A. Smith et aux élèves poursuivant ses doctrines dans son esprit que la méconnaissance de l’importante fonction sozialpolitisch du capital et de l’esprit d’entreprise dans l’économie populaire moderne.

33 L’économie nationale classique ne le cède en rien aux écoles sozialpolitisch récentes eu égard à la protection des pauvres et des faibles – dans la tendance sozialpolitisch –, en revanche dans la reconnaissance vraie de l’essence des causes des phénomènes d’économie populaire – dans la considération théorétique vraie –, elle lui est largement supérieure.

34 L’effet des nouvelles doctrines sur ces classes de la population auxquelles on doit apporter de l’aide ne s’est pas fait attendre. L’aspiration à parvenir à une situation plus favorable par l’épargne et des qualités personnelles, un effort auquel – aucun esprit impartial ne peut le nier – on doit les progrès économiques les plus importants de toutes les classes de la société est visiblement en voie de disparition dans de larges couches de population, dont toutes les pensées sont orientées seulement vers la lutte de classes particulières pour obtenir, si possible, une plus grande part du revenu total de l’économie populaire. L’aspiration vers la qualité individuelle a sombré en une lutte des classes improductive du point de vue de la totalité. L’intérêt de soi, si fortement honni par les Sozialpolitiker, n’a pas disparu du monde, mais a dégénéré en un égoïsme de classes collectiviste, national, qui vise non à l’augmentation du revenu total (de l’objet de partition !), mais si possible, à une grande part du produit total pour chaque classe particulière de la société.

35 L’école sozialpolitisch d’Allemagne est en partie malade d’un doctrinarisme qui, du fait de son unilatéralité, rappelle vivement le doctrinarisme de Manchester, sauf que ce dernier attend tout sans critique du libre jeu des intérêts individuels, et le premier d’« organisations » artificielles et d’interventions de la puissance d’État. Il a existé un temps où la renommée d’un économiste compétent pouvait échoir à celui qui expliquait vouloir détruire tout ce qui pouvait rappeler l’influence de l’État ou de l’organisation. Pour gagner la plus haute louange des représentants actuels d’une certaine « orientation sozialpolitisch », on n’a plus besoin la plupart du temps que d’une opposition aveugle contre le capital, l’esprit d’entreprise et contre toute initiative individuelle et toute autoresponsabilité en matière économique.

36 De la science objective, qui reconnaît comme des tâches également importantes de la puissance d’État, l’amélioration de la situation de l’état des travailleurs et la répartition juste des revenus, tout autant que l’avancement de la qualité individuelle, du sens de l’épargne et de l’esprit d’entreprise, le doctrinarisme des uns et des autres s’est, de manière équivalente, largement éloigné.

Notes

  • [1]
    Initialement parus dans la revue Neue Freie Presse (Vienne), les 6 et 8 janvier 1891, nos 9470 et 9472.
  • [2]
    Dans la préface aux pièces concernant la politique économique du prince Bismarck (Berlin, 1890, p. IX), celui-ci est caractérisé comme homme d’État dont l’économie politique n’est pas tirée de la « Richesse des nations » (d’A. Smith), mais fondée sur le bien de tout un chacun.
Carl Menger
Cette publication est la plus récente de l'auteur sur Cairn.info.
Mis en ligne sur Cairn.info le 16/04/2013
https://doi.org/10.3917/caph.133.0106
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