Accueil Revues Revue Numéro Article

Cités

2006/4 (n° 28)


ALERTES EMAIL - REVUE Cités

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 109 - 115 Article suivant
1

VANESSA ROUSSEAU. — Quelle est selon vous l’ampleur des risques que le changement technico-scientifique fait peser sur les sociétés humaines ?

2

JEAN-JACQUES SALOMON. — Je m’interroge depuis longtemps sur les dérives de la rationalité qui éclairent en grande partie toutes les horreurs que le XXe siècle a connues : des totalitarismes aux génocides, la science et la technologie n’ont pas été étrangères aux catastrophes, et rien ne me paraît aujourd’hui plus suspect que le discours idéologique des scientifiques, fût-ce précisément des chercheurs « fondamentaux » comme on dit, consistant à dissocier les découvertes de leurs conséquences et de leurs répercussions. Il suffit de suivre l’histoire de l’eugénisme, fausse science assurément, mais référence, sous les habits des théories eugénistes, des aspirations de nombre de chercheurs à intervenir sur la société par la biologie, pour voir où peut mener le « biopouvoir » quand il coïncide avec les intérêts de domination d’un groupe, d’un peuple, d’une nation ou d’un État.

3

Quand on suit de près cette histoire, qui va du statisticien Galton à l’extermination des « tarés » de toute sorte par les nazis, en passant par les législations imposant leur stérilisation aux États-Unis, en Suède ou en Suisse, il est difficile de minimiser le rôle qu’ont joué des scientifiques incontestables et incontestés dans ces politiques de « purification sociale ». Pas plus que des médecins comme Mengele dans les camps de concentration allemands, qui alimentaient en « matériaux d’expérimentation » des laboratoires du réseau Kaiser Wilhem (futur Max Planck), ces biologistes, psychiatres, démographes n’étaient pas des scientifiques « dévoyés » ; ils étaient en réalité des chercheurs tout à fait « ordinaires », souvent en fait illustres, de bons et loyaux serviteurs de l’institution scientifique. Pour parler comme Hannah Arendt, ce n’était pas « anodin », ils illustraient eux aussi « la banalité du mal ».

4

Or cette histoire doit nous mettre en garde sur la capacité de résurgence d’une idéologie à laquelle les moyens contemporains de la science, depuis les développements de la biologie moléculaire, à plus forte raison demain les nanotechnologies, promettent de donner une légitimité nouvelle. Et ce qui hier passait pour n’être que de l’ordre de l’idéologie peut effectivement devenir demain la technologie de sélection du « troupeau humain », pour parler comme Sloterdijk, dans le meilleur des mondes de la biocratie. Et ce n’est pas parce que ce fantasme de pouvoir réapparaît à la faveur des promesses de l’ingénierie génétique et du clonage thérapeutique – non plus dans la contrainte, mais sous forme de choix apparemment individuels, non plus dans et grâce à un régime totalitaire, mais dans le cadre de nos démocraties libérales – qu’il n’y a pas de raisons de s’inquiéter.

5

CITéS. — Il y aurait donc comme un dévoiement de l’institution ?

6

J.-J. S. – Tout ce que nous devons aux progrès du savoir ne peut pas occulter cette menace, et l’enjeu certes privilégié, exemplaire du vivant, ne peut pas davantage occulter les risques qu’entraînent nombre de développements scientifiques dans d’autres domaines. En d’autres termes, les temps de l’innocence de la science sont révolus, et beaucoup de scientifiques, parmi les plus grands, en sont conscients. Après tout, c’est Robert Oppenheimer, le maître d’œuvre des premières bombes atomiques qui ont frappé Hiroshima et Nagasaki, qui a dit que « la physique a connu le péché ». Mais c’est le même homme qui, s’adressant dans un discours d’adieu à son équipe de Los Alamos, a soutenu qu’il « ne faut pas confondre l’acteur avec l’instrument ». En somme, on y est pour quelque chose et on n’y est pour rien. La responsabilité n’est pas du côté du chercheur, il faut s’en prendre « aux autres », les ingénieurs, les industriels, les militaires, les politiques et pourquoi pas le diable, etc. C’est ce que j’appelle la communauté du déni.

7

CITéS. — Pouvez-vous préciser ?

8

J.-J. S. — C’est un thème que j’ai développé dans le livre à paraître en novembre chez Albin Michel, Les scientifiques : entre pouvoir et savoir, un thème que j’ai emprunté à un psychanalyste, Michel Fain, qui l’applique à la communauté familiale en montrant qu’elle revient à opposer deux parties au sein d’une même personne – jusqu’à la schizophrénie. Ce thème s’applique parfaitement à ceux des scientifiques qui, travaillant pour la défense (et combien aujourd’hui ne sont pas liés au « complexe militaro-industriel » ?), disent se consacrer à la recherche fondamentale, à la poursuite du savoir « pour lui-même », tout en niant que ce qu’ils trouvent est une œuvre de mort. Ceux-là, à mes yeux, sont en quelque sorte entre Éros et Thanatos, entre le plaisir de chercher et la récusation de l’instinct de mort qu’incarnent leurs travaux. Et dans ce livre, je donne la parole aux scientifiques eux-mêmes : vous ne pouvez imaginer combien le travail de mise en commun du déni de l’instinct de mort revient toujours à consolider un déni personnel.

9

CITéS. — Vous inversez dans le sous-titre de ce livre la formule baconienne, pourquoi ?

10

J.-J. S. — Pour Bacon, en effet, le propre de la science moderne est de lier étroitement la connaissance scientifique à la capacité d’agir sur la nature et les hommes : « savoir c’est pouvoir », comme s’il existait un lien de causalité réciproque entre les deux termes. Et vous savez qu’au XVIIIe siècle cette relation sera conçue jusqu’à associer le progrès scientifique au progrès social et pourquoi pas moral. Or l’histoire, à partir du XIXe siècle jusqu’au nôtre, a illustré, tout au contraire, combien cette correspondance est peu évidente ni en fait établie. Plus révélateur encore, comme l’a montré quelqu’un qui m’est proche, Claire Salomon-Bayet, l’équation baconienne ne fonctionne plus de la même manière : manifestement, depuis un demi-siècle, nous pouvons bien plus que nous ne savons.

11

C’est dire que l’humanité fonctionne à coup de découvertes et d’innovations qui dépassent sa capacité de compréhension et surtout de maîtrise (pensez aux déchets radioactifs à vie longue, dont on ne sait comment se débarrasser). Pire, dans de nombreux cas, on va de l’avant sans trop savoir où mènent les recherches que l’on poursuit, quelles peuvent être leurs répercussions, au prix de quels coûts humains et sociaux il importe ou pas de les mener, et les chercheurs s’ingénient à lancer des discours mobilisateurs pour obtenir des crédits en annonçant des résultats qui sont en fait loin d’être concluants. Aucun domaine n’est, à cet égard, plus révélateur que celui des nanotechnologies où l’on nous parle d’un changement de paradigme non seulement dans les sciences de la nature, mais encore dans la civilisation même – rien que cela ! Aucun domaine ne montre mieux en outre combien la production du savoir est devenue un objet politico-économique. Et comme l’on peut dans ce domaine manifestement plus qu’on ne sait, les mises en garde sur les risques qu’entraîne l’accélération de ces recherches sont à la mesure des discours mobilisateurs légitimant crédits et fantasmes.

12

La question qu’il faut bien poser est celle-ci : y a-t-il encore place pour une « science citoyenne », c’est-à-dire consciente de ses responsabilités ? N’oubliez pas que, dans l’immense population des chercheurs, c’est une petite portion des scientifiques qui se consacrent aujourd’hui, dans un cadre universitaire, à des recherches fondamentales, car la grande majorité des scientifiques se trouvent soit dans les laboratoires industriels, soit dans les arsenaux. Or même les recherches menées dans un cadre universitaire sont de plus en plus tributaires des contrats de l’industrie ou des armées. La question que John Von Neumann a posée en 1956 à la fin de sa vie : « Peut-on survivre à la technologie ? », est plus que jamais d’actualité : il dénonçait l’écart croissant entre nos capacités techniques et les moyens institutionnels et politiques d’en relever les défis. Et la question s’applique tout aussi bien désormais à la science. Ce père fondateur des mathématiques de la décision s’interrogeait sur les risques qu’entraînent à l’échelle de la planète l’alchimie de l’atome, l’explosion des automatismes et – déjà ! – les changements climatiques. « Il n’y a pas de remède au progrès », a-t-il écrit comme pour souligner qu’il y a de la pathologie dans le progrès scientifique et technique.

13

CITéS. — Dans ces problèmes, y a-t.il quelque chose de spécifique aux recherches en biologie ?

14

J.-J. S. — Oui, bien sûr, puisqu’il y va du vivant et donc de nous-mêmes. On voit bien ici que la science soulève des problèmes à l’égard desquels il y a de solides raisons de s’interroger : Montesquieu expliquait que les mœurs précédent la loi, mais ici le progrès précède les mœurs en appelant sans cesse la loi à la rescousse. Prenez le problème, l’enjeu en fait, du clonage humain. La plupart des pays se sont apparemment accordés sur l’interdit du clonage reproductif au moins dans les laboratoires publics, car dans les laboratoires privés aucune loi n’en retient les chercheurs (sauf en France). Mais le clonage thérapeutique rencontre dans certains pays la même opposition : il y va pour certains de la définition de la personne humaine, les cellules issues des embryons congelés lui appartiennent-elles ou ne lui appartiennent-elles pas ; en bref, à combien de cellules d’embryons commence « la potentialité de la personne humaine » est une question qui prend de court les juristes, les philosophes, les théologiens, à plus forte raison les profanes, et les comités d’éthique composés de spécialistes sont appelés à éclairer les décisions d’ordre politique qui varient d’un pays à l’autre. Quant il s’agit des biotechnologies, cela va plus directement au cœur de nous-mêmes, c’est alors le vivant, la transmission, l’hérédité, la filiation, le passé, le présent et l’avenir.

15

CITéS. — L’avenir dans le passé.

16

J.-J. S. — Mais il n’y a pas de repère dans le passé, sinon les craintes les plus archaïques de la transgression dont les tragiques grecs se faisaient l’écho. On touche en effet à des interrogations fondamentales où manifestement nous pouvons plus que nous ne savons, mais on va de l’avant au nom de la poursuite du savoir et des bienfaits d’ordre thérapeutique qui peuvent, ou plutôt qui doivent nécessairement en résulter. On voit bien pourtant qu’il y va aussi, sinon d’abord, de considérables intérêts économiques, commerciaux et politiques : la succession des avis du Comité national de bioéthique, de l’Académie de médecine ou de l’Académie des sciences en est une parfaite illustration, on commence par faire des réserves, par gagner du temps, par dénoncer l’instrumentalisation du matériau humain, puis l’argument de la concurrence, de la compétition internationale, la crainte d’être devancé balaye les barrières. Habermas a évoqué à ce propos « la pente glissante », slippery slope en anglais, mais en allemand plutôt le « barrage qui s’effondre », et c’est toute la question : où est la limite ? Dès l’annonce du clonage de la brebis Dolly, je crois bien avoir été le premier en France, dans la revue Futuribles, à souligner qu’il n’y en aurait pas.

17

CITéS. — Pourtant, ce n’est pas le cas pour le clonage reproductif...

18

J.-J. S. — Aux États-Unis, le président de l’État met son veto aux souhaits du Congrès de légitimer les recherches même sur le clonage humain thérapeutique dans les laboratoires fédéraux. Mais rien n’empêche, encore une fois, les laboratoires privés américains de s’y consacrer aux États-Unis, à plus forte raison en soutenant des programmes de recherche à l’étranger. Or les palinodies sont les mêmes dans le cas du clonage reproductif, on l’a bien vu avec le pseudo-succès du clonage des cellules souches embryonnaires humaines par le DHwang Woo-suk, que les médias – et pas seulement les médias, des collègues scientifiques aussi – ont bien hâtivement présenté comme « le pape du clonage », un exploit bien entendu « nobélisable » dans l’année. C’est une nation entière, la Corée du Sud, qui s’est trouvée bafouée dans ses ambitions non seulement de gloire, mais aussi de revenus liés aux promesses d’applications thérapeutiques. L’annonce mondialement médiatisée a surtout provoqué quelque jalousie chez les biologistes qui rêvaient de précéder leur collègue coréen dans la course au clonage humain (bien entendu toujours à des fins exclusivement thérapeutiques).

19

Mais cette « science-spectacle », comme il y a une « politique-spectacle », n’est pas ce que je retiens de l’histoire de cette fraude. Il y a un aspect plus révélateur qu’Anne Fagot-Largeault, professeur au Collège de France, a très judicieusement relevé dans une conférence à l’École normale supérieure : si l’on s’est montré choqué par la fraude du professeur vétérinaire Hwang Woo-suk ou par l’exploitation des ovocytes de ses assistantes, on n’a rien trouvé à redire sur la nature même de ses travaux consacrés au clonage humain reproductif – que la loi en France tient pour un acte criminel et que prohibent aux États-Unis les institutions de recherche publiques. Le chœur des biologistes qui l’ont aveuglément défendu serait-il donc prêt à braver les tribunaux en l’imitant sur la voie du clonage reproductif ?

20

CITéS. — Vous pensez donc qu’on y parviendra ?

21

J.-J. S. — Je ne vois pas, en effet, ce qui peut empêcher des chercheurs de poursuivre et de réaliser le fantasme du clonage humain reproductif dans des pays où aucune législation ne s’y oppose, fût-ce pour des programmes subventionnés par les laboratoires privés des États-Unis. Et pourquoi pas ? Il sera difficile de résister à la tentation, d’autant que cela renvoie une fois de plus au thème mythologique, donc profondément ancré dans l’imagination, du même et du double et que, de surcroît, certains se disent qu’ils peuvent y trouver sinon l’immortalité, du moins des prothèses organiques en cas d’accidents ou de maladies.

22

CITéS. — Je pense au « complexe de la momie » d’André Bazin dans son ouvrage Qu’est ce que le cinéma ? Bazin apporte l’idée selon laquelle l’homme est toujours passé par un désir de figer l’humain par crainte de la mort. Le premier âge fut la momification et la représentation picturale par le portrait, puis la photo et enfin les enregistrements sonores et cinématographiques. On pourrait ajouter aujourd’hui, et pour dernier âge, la manipulation ou reproduction génétique qui nourrit un désir de figer l’espèce consacrée (finalisée et reconnue comme parfaite).

23

J.-J. S. — On peut encore aller au-delà de cette pensée de Bazin : l’obsession de la santé aujourd’hui fait qu’on entend tourner le dos à la mort, figer en somme tout homme dans une vie prémunie contre toute agression extérieure, qui ignore sa fin grâce aux progrès de la science. Le complexe de la momie se prolonge chez ces richissimes Américains qui se font cryogénés dans l’espoir de ressusciter : sortir du froid, en somme, pour échapper à la mort... Après tout, il y a déjà des parents – et la loi a prévu le cas – qui conçoivent un enfant pour prélever sa moelle en faveur d’un de leurs enfants handicapés, le fantasme du clonage reproductif permet d’imaginer un double bond pour vous assurer des prothèses biologiques à la commande et vous rendre immortel ! Il n’y a pas de limites à l’instrumentalisation du vivant. Et n’oubliez pas quels intérêts peuvent être en jeu pour la bio-médecine privée et l’industrie pharmaceutique ! Le trafic de cornées obtenues moyennant finances en Amérique du Sud en faveur de patients d’Amérique du Nord menacés de cécité est bien connu, et l’on a appris récemment que des organes prélevés en Chine sur des condamnés à mort étaient monnayés pour des transplantations dans des pays occidentaux. Où est en effet la limite ? Le thème du même ou du double dans le miroir trouvera là de quoi se réaliser dans un fantasme d’éternité.

24

CITéS. — Thème cher à Dostoïevski, mais dans l’horreur plus que dans l’amusement.

25

J.-J. S. — Cela se place aussi, sinon surtout, sur le terrain de la commercialisation : aujourd’hui, la dimension économique n’est jamais extérieure à l’entreprise scientifique, et dans la plupart des cas elle la conditionne. La production du savoir est une marchandise parmi d’autres, et puisque tout est possible, il n’y a aucune raison de ne pas le faire. Voyez l’accueil que l’on a réservé au livre de Henri Atlan, L’utérus artificiel.

26

V. R. — Cette idée d’un possible utérus artificiel est-elle sérieuse ?

27

J.-J. S. — Le bricolage des biotechnologies est devenu tel que nous sommes dans l’ordre du possible, et la frontière entre le possible et le probable s’atténue toujours plus, ce qui ne veut pas dire que ce soit souhaitable, mais cela, c’est le dernier souci des spécialistes ! Après l’insémination artificielle et la fécondation in vitro, dont la fonction n’a pas tant été de répondre à des finalités médicales (la stérilité ou les avortements à répétition) que de satisfaire à des désirs d’enfant échappant au lien entre sexualité et procréation, pourquoi pas l’utérus artificiel ? Ainsi Henri Atlan voit-il l’avenir, c’est-à-dire – je le cite – la possible fin, dans l’esprit de certains, de « l’asymétrie immémoriale entre les hommes et les femmes » grâce à la « machine porteuse », qui ne fera que prolonger et confirmer l’évolution initiée par la procréation médicalisée et les possibilités ouvertes par le clonage : « La nouvelle biologie retrouverait l’artifice des naissances sans mère et des mères masculines du jardin d’Éden qu’évoque la Genèse avant la chute. » En route donc pour ce « design de bébés » en dehors du désir et de la sexualité !

28

CITéS. — On peut pourtant se demander si c’est indispensable...

29

J.-J. S. — Bonne question ! Le biopouvoir qu’on a vu à l’œuvre dans l’histoire de l’eugénisme se retrouve ici sur le devant de la scène, plus soucieux que jamais de peser sur l’évolution biologique – et sociale, fort consciemment – de l’humanité. Car il n’y a pas que du fantasme dans ce projet de machine-mère : Henri Atlan décrit les techniques auxquelles on a déjà travaillé pour la réaliser sur des souris et des moutons, et s’il reconnaît qu’on est très loin encore de la mettre au point pour en faire une machine porteuse de bébés humains, il considère néanmoins que les difficultés techniques pourront être surmontées « dans un avenir peut-être pas éloigné ». Le cahier des charges est clair, il n’y a donc qu’à aller de l’avant. Et l’association entre le clonage et l’ectogénèse permettra enfin de supprimer toute notion de parenté et de filiation. La posthumanité est bien devant nous : faut-il s’en réjouir ? Et n’y a-t-il pas d’autres problèmes et enjeux tout de même plus urgents pour l’avenir de l’humanité, auxquels les scientifique pourraient prêter leur attention ?


Article précédent Pages 109 - 115 Article suivant
© 2010-2018 Cairn.info
Chargement
Connexion en cours. Veuillez patienter...