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Qui sont les druzes ?

1 La communauté druze palestinienne [2], malgré ses quatre députés à la Knesset, se sent toujours comme la « minorité » des minorités, dans un État qui exige désormais la reconnaissance de son caractère national juif. En acceptant les symboles de l’État d’Israël et en le servant militairement [3], les druzes ont acquis une position à part, et ce, au moment où le nouveau gouvernement israélien veut exiger des autres Palestiniens de prêter le serment d’allégeance avant toute obtention d’une carte nationale d’identité [4].

2 Mais qui sont les druzes ?

3 Dans l’islam, sans entrer dans les détails, on distingue deux courants principaux : le sunnisme et le chiisme. Le sunnisme se désolidarise des sectes et des croyances considérées comme schismatiques qui ne reposent ni sur le Coran ni sur la Sunna. Il reconnaît la légitimité des quatre premiers califes bien dirigés (râshidûn), dans l’ordre de succession chronologique : Abû Bakr, Umar, Uthman et Ali, (même s’il y a, selon les écoles, une divergence entre leur ordre chronologique et leur ordre de mérite). Le sunnisme défend tous les compagnons du Prophète et reste loyal envers les pouvoirs établis.

4 Quant aux chiites, ce sont des légitimistes fidèles à l’imam Ali b Abî Tâlib (cousin et gendre du Prophète). Ali, on le sait, épousa Fâtima, la fille de Mohammed et de Khadîdja. Ali et Fâtima eurent deux fils : al-Hassan, l’aîné, et al-Housayn, le cadet. Ce groupe des cinq (le Prophète, Fâtima, Ali, al-Hassan et al-Housayn) constitue la famille du Prophète stricto sensu, les « gens de la maison, Ahl al-Bayt ». Ils estiment que l’imam doit être un descendant d’Ali et qu’il est, naturellement, infaillible (‘isma).

5 Cependant, il existe différents courants chiites, allant des plus modérés aux plus extrêmes. Par exemple, le zaydisme (du nom de Zayd, mort en 740, religion officielle au Yémen depuis le IXe siècle) n’admet que cinq imams descendants de Ali. L’imam doit être élu et assisté par une aide divine. Il n’est pas différent des autres hommes. Les Ismaéliens, eux, se limitent à sept imams légitimes. Le septième, Ismâ’il b Jafar reviendra, selon eux, à la fin des temps pour sauver le monde. Ils pratiquent sept ou neuf degrés d’initiation, sont considérés comme « extrémistes » par d’autres sectes et prônent une obéissance absolue. En outre parmi les Ismaéliens, on compte, les fâtimides, qui régnèrent en Egypte, la secte de l’Agha Khân ou encore celle des druzes (considérée comme hérétique aux yeux des autres ismaéliens) [5].

6 Les druzes, surnommés aussi les muwahhidûn (les unitaires) ou encore les Banû Ma’ruf, doivent leur nom à Muhammad Ibn-Ismâ’il Al-Darâzi qui prétendait être l’incarnation de Dieu dans le sixième calife fatimide d’Egypte, Al-Hâkim b Amr-Allah (996-1021). Al-Hâkim est un personnage à la fois destructeur, mais aussi protecteur des hommes de lettres. Il disparut bizarrement lors d’une promenade. Pour certains mystiques, il est l’incarnation de l’intellect divin. Sa disparition va renforcer la croyance en son caractère mystique, croyance qui donnera naissance à la secte druze.

7 Cependant, tout en revendiquant la filiation avec Al-Hâkim, les druzes ont leur propre école juridique et leurs lois sacrées rassemblées dans Rasâ’il al-hikmah (Epître de la sagesse). Seulement 111 épîtres sont connues et classées dans six volumes en langue arabe. Ce recueil, écrit entre 1017 et 1042 (date supposée de la fin de la conversion), fut commenté par le savant druze Abd-Allah Al-Tanukhi (mort en 1479). Pour autant, la croyance druze demeure encore mal connue. Elle ne se transmet que par les initiés (uqqal) dans un cercle restreint. Les druzes ont leurs tribunaux et leurs lois en matière de statut personnel [6]. Leur foi est une ré-interprétation des trois religions monothéistes. Le premier devoir culturel est, pour les initiés, de se réunir dans des lieux qui sont à la fois des salles de recueillement et d’entretien religieux. Ils n’ont pas de mosquées ni d’appel à la prière comme chez les musulmans [7]. Les ignorants druzes (juhal) acceptent la foi en se conformant à la tradition héritée des générations précédentes et enseignée par les (uqqal). La religion druze n’accepte ni missionnaire, ni conversion. Elle fonctionne selon certains principes partagés aussi bien par les uqqal que par les juhal :

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  • Dire la vérité (au lieu de prier)
  • Soutenir ses frères (au lieu de leur faire la charité)
  • Abandonner les anciennes croyances (au lieu de jeûner)
  • Se purifier de toute forme d’hérésie (au lieu de faire le pèlerinage)
  • Accepter l’unicité de Dieu
  • Se soumettre à la volonté de Dieu (au lieu de faire des guerres saintes)
  • Ne pas manger de porc, fumer et boire de l’alcool.

9 Isolés, souvent méprisés par les autres communautés, les druzes observent une neutralité bienveillante à l’égard de toute puissance dominante, conformément à la maxime d’Al-Häkim : « Suis toute nation plus forte que la tienne mais garde-moi dans ton cœur [8] » qui n’est autre que la taquiyya [9] chez les chiites.

10 Dans un Moyen-Orient très convoité, Britanniques et Français cherchèrent à exploiter cette spécificité druze pour en faire la marque distinctive d’une « nation » sur laquelle ils pouvaient s’appuyer.

11 Ainsi, durant les troubles confessionnels dans le Mont-Liban entre druzes et Maronites (1842 et 1860), les Anglais soutiennent discrètement les druzes contre les maronites alliés de la France. Les deux puissances savent que l’allégeance féodale et tribale l’a toujours emporté sur l’appartenance religieuse [10]. En s’appuyant sur le système communautaire, Français et Anglais cherchent aussi à affaiblir Mohamed Ali, qui contrôlait à l’époque toute la Syrie. En effet, « les Grecs-Orthodoxes de la montagne, loin de faire cause commune avec leurs coreligionnaires maronites, épousent la cause druze pour contribuer à abattre la prépondérance économico-féodale des Maronites. (…) Alors qu’à Zahlé, les Harfouches, grande famille féodale de la Bekaa, aident les Chrétiens à repousser les attaques des druzes. (…) Comme dans la majorité des communautés montagnardes du Moyen-Orient, l’allégeance féodale et tribale l’a toujours emportée sur l’appartenance religieuse »[11].

12 Ainsi, Londres s’appuie sur les druzes et Paris sur les catholiques. Les Français savent que les Anglais veulent profiter des événements du Liban pour créer en Syrie un protectorat juif  [12]. Les druzes seraient-ils alors une des pièces constitutives de la stratégie britannique afin de créer « un foyer national juif en Palestine » ?

13 À en croire un agent consulaire français de l’époque, l’aide apportée par les Britanniques aux druzes avait pour objectif d’ouvrir la montagne aux Anglais. Et une fois « la Montagne affranchie par l’Angleterre (…) la Palestine (serait) ouverte aux huit millions d’Israélites qui sont en Europe (…) tels sont les moyens par lesquels la Grande-Bretagne veut substituer son influence à celle dont nous (les Français) jouissons ici [13] ».

14 Même si le centre des communautés druzes demeurait au Mont-Liban, jusqu’à la fin de l’Empire Ottoman, l’appui des Anglais aux druzes rentrait donc dans cette stratégie de séparation, préalable à l’ouverture de la Palestine à l’influence britannique. La Déclaration Balfour comme le protectorat britannique sur la Palestine ont été soutenus par le mouvement sioniste. Les articles de la SDN interdisant au mandataire de toucher aux aspects communautaires de l’ordre ottoman, les druzes de Palestine, essentiellement paysans comme la majorité des Arabes de Palestine, étaient perçus comme de potentiels alliés par les juifs anglais. Ces derniers n’avaient-ils pas, dès la fin de 1919, des responsabilités dans les emplois publics en Palestine [14] ? Et lorsque Londres assiste à la conférence de Versailles, le 18 janvier 1919, en puissance victorieuse (elle était présente au Caire, à Damas, à Alep, à Mossoul, à Bagdad, à Bassorah, à Jérusalem, à Constantinople), la délégation juive conduite par Chaïm Weizmann voulut que la Palestine soit sous mandat britannique, alors que Fayçal dans son plaidoyer du 6 février 1919, demanda de respecter les promesses faites à son père, le Chérif Hussein, c’est-à-dire l’obtention par les Arabes de l’indépendance totale [15].

Du sionisme à l’État d’Israël : l’allégeance

15 La tentative britannique d’organiser les affaires druzes dans la Palestine mandataire se heurte aux luttes intestines entre les clans [16], et ce, au moment où l’immigration juive, organisée à partir de 1929 par l’Agence juive, continue. Dans une conception marxiste de rapports des classes, David Ben Gourion et Yitzhak Ben Zvi considéraient les fellahs palestiniens (druzes compris) comme assimilables à une vision socialiste sioniste, illusions balayées par les événements de 1929, préludes à l’inévitable conflit national-colonial [17]. Les druzes palestiniens, tiraillés entre le nationalisme arabe et leur conscience ethno-nationale, vont d’abord afficher une certaine « neutralité » avant de sympathiser avec le mouvement sioniste qui voit en certains de leurs chefs des alliés potentiels. Et dans un conflit que Britanniques et Sionistes cherchent à réduire à sa plus simple expression – juifs contre musulmans –, les druzes se verront proposer la reconnaissance de leur autonomie. En 1929, les dirigeants sionistes signent un accord avec certains clans druzes [18]. Cependant, d’autres clans rejoignent la lutte armée ou le mouvement national arabe. Mais la majorité reste passive, une passivité qui sera exploitée par les leaders sionistes pour prendre langue avec certains villages : Isfiya, Daliat al-Carmel et Shfaram [19], et ce, au moment où les Britanniques accentuent leur répression contre la Palestine rurale afin de dissoudre les unités paramilitaires à l’origine des divers soulèvements, cette Palestine rurale que Ben Gourion considère comme « l’ennemi [20] » qu’il faut contrôler, sachant que ni les volontaires arabes venus de l’extérieur de la Palestine, ni les paramilitaires de l’intérieur ne pouvaient menacer réellement la communauté juive.

16 Durant les années 1937-1939, certains leaders sionistes apportent leur soutien financier aux druzes et leur proposent, en même temps, l’achat de leurs villages. Les dirigeants sionistes ont même proposé aux druzes de les transférer vers le Golan syrien où ils rejoindraient leurs coreligionnaires afin, disent-ils, de les sauver contre « la menace musulmane ». Les druzes refusent de vendre leurs terres et d’émigrer vers le Golan mais acceptent de recevoir des armes pour repousser « les attaques arabo-musulmanes [21] ».

17 Cette stratégie de diviser pour mieux régner est calquée sur l’attitude des Britanniques à l’égard de cette communauté dans les années 1940. En effet, Londres avait alors négocié avec les chefs druzes pro-sionistes pour contrer la fraction druze pro-allemande. Sachant que le rapport entre druzes et musulmans n’était pas au beau fixe [22], les Britanniques voulaient empêcher les druzes de prendre part aux conflits opposants sionistes et nationalistes arabes [23], une stratégie que reprendront les dirigeants sionistes, puisque durant les deux premières phases de la guerre israélo-arabe de 1948 une partie de druzes coopèrera avec la Haganah de Ben Gourion. En contrepartie, celle-ci épargnera les villages druzes :

18 Ilan Pappe s’interroge ainsi : « Pourquoi dans certains cas les villageois ont été autorisés à la suite d’une décision d’un commandant local ? Pourquoi Jish a été laissé intact tandis qu’à Qaditta et à Meiroun, deux villages voisins, les habitants étaient expulsés par la force ? Pourquoi Rama a-t-il été épargné tandis que Safa, tout proche, était totalement démoli, ainsi que Suhmata, Malikiya et Kfar Bir’im[24] » ?

19 Selon l’auteur, Rama a été épargné grâce, en partie, à l’importance de sa communauté druze. Les Israéliens avaient tout intérêt à s’allier à des villages druzes de la Galilée [25]. Israël leur promettait à la fois l’immunité et des armes en récompense de leur coopération [26]. Autrement dit, les villages druzes devenaient de facto des avants postes israéliens. Par ailleurs, lorsque certains druzes du bataillon syrien font défection, après la défaite arabe, ils se réfugient dans les villages druzes de Palestine [27]. Ce qui n’est pas fait pour déplaire aux Israéliens.

Alliance avec Israël

20 Ben Gourion a bien compris que « Mourir pour la patrie, ce devoir fonde l’État nation ! [28] ». En tant que responsable de l’exécutif sioniste, il va élaborer les bases de l’armée de l’État juif. À la Haganah qu’il avait créée, s’ajoute l’Irgoun du nationaliste Zeev Jabotinsky. Dans les colonies juives, le militant se confond avec le militaire. Après la victoire des milices juives contre les Arabes à la veille de la proclamation de l’État d’Israël, Ben Gourion transforme la Haganah en Tsava Haganah Le Israel (ou Tshahal) l’institution centrale chargée de défendre l’Etat juif contre « les Arabes ». Les druzes sont arabes et de culture arabe. Ils se définissent comme arabes de nationalité et druzes de religion à l’instar de ce que peuvent affirmer aussi les Arabes musulmans ou chrétiens. Mais l’État hébreu va distinguer les druzes des « Palestiniens musulmans ou chrétiens », prétextant que « religieusement » et socialement » les druzes ne sont pas « arabes » parce qu’ils sont druzes.

21[28]D’abord, Israël leur octroie une « autonomie communautaire » en matière religieuse et judiciaire. L’autonomie druze est ratifiée par la Knesset en 1963, avant de devenir effective, après que le gouvernement israélien eut officiellement retiré les druzes de la liste des « minorités arabes » en leur créant une catégorie « nationale religieuse » distincte et une éducation spécifique, éducation qui les prépare rarement à des études universitaires mais plutôt à acquérir une conscience identitaire d’eux-mêmes et à servir dans l’armée, gage de leur loyauté envers l’État [29]. En 1948/49, on comptait 981 druzes scolarisés (881 garçons et 100 filles). Trente années plus tard, ils étaient 18729 et aujourd’hui ils sont plus de 30000 scolarisés et représentent 2,3 % de l’ensemble des élèves scolarisés en Israël, alors que, nous l’avons dit, ils ne représentent que 1,7 % de la population totale [30]. Ensuite, ce taux élevé d’éducation sera mis à profit par les autorités israéliennes. Les druzes apprennent l’hébreu à l’école et deviennent parfaitement bilingues pour servir d’interprètes dans l’armée. Israël autorise aussi, dans les années 90, la création d’un système d’éducation spécifique pour les druzes. Le programme est orienté vers la spécificité culturelle druze [31] et l’enseignement des normes « d’être israélien ». C’est lors de leur mission dans l’armée, notamment au moment de l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de Gaza, que les druzes seront confrontés à leur propre contradiction, dans le contexte de la dichotomie Juif-Arabe. C’est comme si, au regard de la loi israélienne les druzes devenaient des « non-arabes », statut renforcé par leur conscription dans l’armée qui les distingue des Arabes israéliens, musulmans ou chrétiens.

22 À la différence de ces derniers, mususulmans ou chrétiens, en mal de citoyenneté puisqu’ils sont considérés comme palestiniens et donc comme une « cinquième colonne », les druzes acceptent la réalité israélienne conformément à la Taquiyya. Dans l’armée, nous l’avons dit, ils jouent aussi le rôle d’interprètes entre les Israéliens et les Palestiniens des territoires occupés.

Le bilinguisme : marque distinctive d’une nation ?

23 La langue unit une communauté et la distingue des autres. Cependant, qu’une minorité se distingue par sa langue n’est pas en soi une exception. Ce qui l’est par contre, dans le contexte druze, c’est l’utilisation du « bilinguisme druze » à la fois comme élément distinctif d’une communauté sans toutefois être un moyen de conquérir un droit, celui de l’autodétermination. En effet, dans le contexte israélo-arabe, notamment dans les territoires occupés, où Arabes et juifs se côtoient sans jamais se rencontrer, le « bilinguisme druze » prend une autre signification.

24 Les territoires occupés étant soumis, après la guerre des Six jours, à l’administration militaire, la relation entre Israéliens et Palestiniens devient exclusivement conflictuelle et identitaire. L’espace renvoie les uns et les autres à une perception de type binaire : citoyen/non-citoyen. Et les territoires occupés deviennent en soi symbole d’identification et de positionnement par rapport au clivage arabe/juif.

25[32]La différence linguistique, du fait même qu’elle renforce les barrières communautaires, apparaît alors comme un élément politique non négligeable censé rapprocher ou éloigner. Combien de fois n’a-t-on pas entendu dire : « C’est un Palestinien qui parle hébreu » pour signifier le degré de sa « compréhension » de la culture israélienne. Dans un État juif où s’exprimer en arabe (bien qu’étant langue officielle) est souvent considéré comme la manifestation d’une volonté d’être en dehors de l’État nation juive, la conscience identitaire des Palestiniens, de Gaza ou de Cisjordanie, trouve un supplément de renfort dans le refus de parler hébreu considéré alors comme la « langue de l’occupant ». Ce refus est donc la marque d’une distinction entre « occupant » et « occupé », entre « Eux » et « Nous ». Dès lors, la barrière linguistique apparaît à la fois comme un signe de clivage communautaire (juif/ arabe) mais aussi, pour ceux qui la franchissent, comme une clé d’accès à la culture de l’autre. En cela, le bilinguisme druze apparaît comme la marque de ceux qui ont franchi la ligne séparant la communauté juive, notamment ashkénaze, pour laquelle l’arabe est une langue étrangère, et les Palestiniens des territoires occupés pour qui l’hébreu est la langue du gouvernement militaire.

26 Les Israéliens séfarades, qui connaissent l’arabe, préfèrent le parler à la maison et non en public pour éviter d’être considérés comme des étrangers en Israël [33]. Les druzes israéliens apparaissent alors comme l’élément intermédiaire entre l’État hébreu et les Palestiniens des territoires occupés. Ils ont appris l’hébreu à l’école, côtoient les juifs avec lesquels ils se lient d’amitié lors de leur service militaire, tout en conservant leur culture et la langue arabe. Ils comprennent aussi bien les « Palestiniens d’Israël » que ceux des territoires occupés. Cette position intermédiaire va faire des druzes israéliens des interprètes des tribunaux militaires à Gaza et en Cisjordanie.

27 Etant donné le contexte conflictuel israélo-arabe, le fait de choisir les druzes répond à des motivations à la fois culturelles et politiques. Sur le plan culturel, selon les dires de l’armée israélienne, beaucoup de Juifs maîtrisent bien l’arabe, mais la traduction va au-delà des simples mots ; il faut connaître l’esprit, l’intention de celui qu’on veut traduire et en l’occurrence ici des Palestiniens jugés par l’armée. Sur le plan politique, dans le contexte israélo-arabe, les traducteurs juifs ne conviennent pas puisque cela supposerait qu’ils sont en phase avec la langue de « l’ennemi » et ne peuvent donc avoir le recul nécessaire pour faire la distinction entre le « Nous » et « Eux ».

28 Ainsi les druzes doivent à la fois accéder aux termes techniques militaires et juridiques de l’accusation (en hébreu) tout en se plaçant du côté de l’accusé (Arabe palestinien des territoires occupés) pour mieux traduire ses faits et gestes. Dans ce processus, ils jouent, en permanence, leur propre identification, tiraillés entre l’accusation et la défense en prenant soin de ne pas être trop proches de l’accusé dont ils partagent la même culture tout en représentant la voix de la loi militaire de l’autre [34].

29 Ceux à qui sont réellement destinées les traductions sont les juges et les procureurs qui doivent formuler l’acte d’accusation. De ce fait, la qualité de l’interprète et son attitude s’avèrent importantes, tant il négocie son propre sort, sa propre allégeance dans le contexte d’intifada. Les Palestiniens arrêtés par l’armée sont considérés de fait, comme coupables, qu’ils aient ou non confessé leur culpabilité. Le tribunal militaire est là pour enregistrer et non pour les innocenter [35].

30 Comme soldat, on attend de l’interprète druze qu’il soit en accord avec le point de vue du tribunal en tant qu’instrument « légitime » de contrôle de ceux qui transgressent les « principes de sécurité ». Mais comme acteur du processus judiciaire on attend aussi de lui qu’il joue un rôle pédagogique auprès des Palestiniens en leur faisant comprendre ce qui est légal et ce qui ne l’est pas, selon l’administration israélienne.

31 Cette situation ne manque pas, parfois, de mettre les interprètes face à leur propre conscience. Dans ces tribunaux, ils jouent en permanence leur propre situation ; leur propre identité druze dans un État juif. Leur rôle consiste non pas à être un élément intermédiaire mais un élément « neutre » parce que considéré comme « arabisant non arabe » dans un conflit opposant Arabes et juifs.

32 Pourtant, de ce rôle intermédiaire peut aussi sortir quelque chose de positif. Car du fait qu’ils comprennent les deux parties, ils sont à même de relativiser l’adversité de l’autre, « l’ennemi », en lui restituant sa part d’humanité, en étant son porte-voix, symbole de l’audience à travers lequel se négocie sans cesse le destin croisé des deux peuples. Les druzes eux-mêmes ne cessent de négocier leurs relations avec l’État hébreu qui essaye de limiter l’espace de leur « souveraineté ».

Terre d’Israël ou terre druze ?

33 Malgré l’état favorable des relations avec Israël, des divergences existent entre les druzes et l’Etat hébreu. Comme dans le reste de la Palestine, le point sur lequel se focalise surtout la discorde entre les autorités israéliennes et les druzes demeure la terre et son contrôle. Le conflit qui a opposé le village druze de Bet Jan, situé au nord de la Galilée, et l’État hébreu, en est la démonstration.

34 Les terres agricoles du village druze de Bet Jan furent transformées, durant le mandat britannique, en réserves naturelles destinées à la chasse. Après 1948, l’État hébreu confirme cette transformation sous le nom de « Réserve de Mont Meron » Les « réserves naturelles » en Israël, ou même dans les territoires occupés relèvent de l’ordonnance 363/1969 qui impose des restrictions et des conditions d’utilisations très sévères [36].

35 Le village intra-muros couvre 2000 dunams (1d=1000m2) et la zone agricole 20000 dunams, dont une bonne partie déclarée parc national par l’État hébreu et donc soustraite à l’exploitation agricole [36]. Pour les druzes, la protection de l’environnement n’est qu’un stratagème pour les priver de leurs territoires agricoles.

36 En 1952, the Northern District Planning Committee déclara la zone « Parc national » et limita l’accès des villageois aux terres agricoles qui s’y rattachaient. Un an après, The Planning Committee, interdit l’accès à certaines zones, pour protéger la faune et la flore, les vestiges historiques et les sites prestigieux. Ainsi, 13000 dunams des terres à Ayelelt Hashahar et des terres situées au nord-est du village passèrent sous le contrôle de l’État d’Israël [37]. Les familles druzes expropriées se virent proposer, en compensation, des terrains situés à la périphérie du village. Certains acceptèrent, d’autres non.

37 Entre 1959 et 1960, les villageois estimaient que 38 000 dunams avaient été expropriés. En 1963, la Knesset plaça de fait les Parcs nationaux sous le contrôle de l’État, et Mont Meron, devenant le premier parc national d’Israël, allait s’étendre désormais sur 96000 dunams.

38 En 1964, la Société pour la Protection de la Nature (association regroupant des jeunes, des militaires et des écologistes) s’installa dans le parc, officiellement pour assurer sa protection. En 1966, l’armée israélienne installa deux postes d’observation dans le parc tout en y construisant quelques bâtiments. Les druzes, qui étaient alors soumis au régime militaire israélien, jusqu’à 1966 [38], n’eurent réellement aucun moyen de protester.

39 Les villageois, qui n’avaient pas le droit d’utiliser des tracteurs dans le parc, dénoncèrent ce « deux poids deux mesures ». À partir de 1970, « la réserve naturelle » de Mont Meron fut revendiquée par les villageois druzes. Ils voulurent reprendre leurs terres agricoles pour subvenir à leurs besoins alimentaires et surtout agrandir le village pour tenir compte de l’accroissement naturel de la population. Or, avec les lois des restrictions israéliennes, le village a perdu 60 % de ses terres cultivables. Ce qui rentre dans la logique de l’État hébreu qui consiste à fragmenter les minorités non juives pour consolider l’assise nationale de l’Etat hébreu en judaïsant les zones dominées par les Arabes.

40 Le conflit atteignit son paroxysme en 1983 après la publication par le gouvernement, d’un autre plan d’occupation des sols à Bet Jan. Le maire du village appela à une grève générale pour défendre la terre druze comme partie intégrante de leur religion et de leur culture. Il est rejoint par les réservistes druzes, les députés arabes à la Knesset et les villages voisins. 200 villageois druzes furent alors arrêtés.

41 Jusqu’à 1990, aucun investissement significatif ne fut consenti par les autorités israéliennes pour moderniser les localités druzes, souvent présentées dans les brochures touristiques comme des lieux de vie à l’ancienne. Forte de ce bras de fer, la municipalité de Bet Jan, interdit en 1995, aux « organisations écologistes » l’entrée dans la zone du parc dont les terres appartiennent aux familles druzes qui exigent la reconnaissance de leur pleine citoyenneté.

42 En 1997, la Haute Cour de justice israélienne intervint pour interdire aux druzes de paver les chemins traversant les réserves naturelles. Société quasi-exclusivement agricole, vivants des soldes des conscrits de l’armée, les druzes développent ainsi un sentiment de frustration. Et ni l’annonce du gouvernement israélien de nommer le druze Walid Mansour à un poste diplomatique élevé d’ambassadeur d’Israël au Vietnam [39], ni la nomination d’un ministre druze ne réussiront à mettre un terme aux quiproquos désormais installés entre druzes et juifs.

43 Pourtant les druzes se définissent dans les enquêtes comme Israéliens. Ainsi, un sondage datant de quelques années fit apparaître qu’ils se définissaient à 90,2 % comme Israéliens et à 90 % plus proches des juifs d’Israël que des Arabes de Cisjordanie ou de Gaza [40]. S’ils veulent montrer que leur citoyenneté israélienne est indéfectible, ils comprennent d’autant moins bien ces violations foncières. Et pour convaincre Israël, s’il en est besoin, les druzes brandissent les chiffres. Durant la seule année 1996, 46 druzes furent tués au Sud du Liban dans les combats contre le Hezbollah. Dès lors, ils estiment que l’État hébreu leur doit une reconnaissance « du sang versé » comme gage de leur citoyenneté israélienne.

Entre hommage et incompréhension

44 Les druzes sont aux avant-postes de tous les combats, au Liban comme dans les territoires occupés [41]. En 2006, durant la guerre au Liban contre le Hezbollah, six soldats du bataillon druze ont été tués [42]. Les autorités militaires israéliennes ont rendu hommage à ces soldats, avec un bémol tout de même, cinq hommes du bataillon druze furent mis en prison pour avoir subtilisé 5 missiles et 275 pièces de mortiers durant le conflit [43].

45 En 2009, lors de l’opération « Plomb Durci » contre les Palestiniens à Gaza, deux druzes figurent parmi les 10 soldats israéliens officiellement tués [44]. Comparé à la population, le rapport des pertes est élevé pour les druzes, et pour cause, ils sont souvent placé en première ligne. Ainsi, parmi les réservistes conducteurs des chars Platoon durant l’opération à Gaza, 34 étaient druzes [45]. Selon le lieutenant Muhammad Hudai Irati, premier médecin officier druze, l’engagement des druzes dans tous les corps d’armée n’est plus à démonter [46].

46 Dans une cérémonie en l’honneur des druzes israéliens, le chef d’État-Major des armées, le général Gabi Ashkenazi, réaffirma sa reconnaissance aux soldats druzes de tous les corps d’armées. Ils sont dans toutes les unités et occupent des postes variés. Ils sont même dans l’unité 13 du Sayeret Matkal où l’on forme les pilotes d’élite de l’armée. Selon le colonel druze, Ramiz Ahmed, 83 % des druzes répondent présent à l’appel de Tshahal contre 75 % des juifs [47]. Mais, parallèlement, 80 % des terres druzes ont été confisquées par Israël [48]. Pourtant, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, dans les vœux adressés aux druzes lors de leur fête nationale de Nabi Shoueib, estime qu’ils sont inséparables d’Israël, de son développement et de son caractère.

47 Lors de la visite du président israélien Shimon Peres à Daliyat el-Carmel, les druzes l’ont interrogé sur la confiscation de leurs terres. Et Shimon Peres de leur répondre : la solution résiderait plutôt dans l’amélioration de leur situation économique en implantant des usines et en encourageant le tourisme. D’autre part, il leur assura que l’État d’Israël voulait améliorer les revenus des municipalités et des femmes druzes, pour calmer les mécontents [49].

48 « Nous sommes Israéliens ; Israël est notre pays. L’identité druze est une appartenance individuelle, mais notre identité collective c’est d’être israéliens », a rappelé pour sa part le colonel druze Ramiz Ahmed. Mais entre juifs et druzes, la perception de la terre n’est pas la même. La conception d’appartenance à la « nation » est aussi différente. D’ailleurs, le fossé ne fait que s’agrandir. Un sondage récent montre que 2/3 de Druzes sont désormais opposés au service militaire obligatoire pour les jeunes [50].

49 Druzes de Galilée, « arabes » par la langue et la culture, « nation distincte » juridiquement, et « Israéliens » sont en train de tester le vivre ensemble dans un Israël qui exige désormais des Palestiniens la reconnaissance explicite de son caractère national juif. Quelle place auront-ils en cas de création de deux États distincts ? Vont-ils jouer, à long terme, le rôle de catalyseur dans la revendication d’une arabité supranationale au détriment de leurs liens avec Israël ? ?

Notes

  • [1]
    Statistical Abstract of Israël, 2008.
  • [2]
    Dans ce texte, nous ne parlerons que des druzes palestiniens. Car les druzes du Golan (20 000 environ) ont une position politique réservée, voire très distante face au gouvernement israélien. Ils se considèrent avant tout comme syriens, en dépit des démarches israéliennes pour les désolidariser de Damas. Les druzes du Golan sont repartis dans six villages (Madjdal Shams, Mas’ada, Buq’ata, Ein Qunya, Al-Ghagar et Suheeta).
  • [3]
    Haaretz, 30/05/2009 et Haaretz, 27/05/2009
  • [4]
    Haaretz, 27/05/2009.
  • [5]
    Louis Gardet, L’Islam : Religion et communauté, Paris, Desclée de Brouwer, 1967, p. 160-161.
  • [6]
    Sami Awad Aldeeb Abu-Sahlieh, Religion et droit dans les pays arabes, Presses Universitaires de Bordeaux, 2008, p. 45.
  • [7]
    Les druzes ne prononcent pas la « chahada » (Il n’y a de Dieu qu’Allah et Mohammed est son prophète). Ils ne font pas les cinq prières rituelles de la journée. Ils ne font pas les ablutions, n’observent pas le jeûne du Ramadan, ne se rendent pas en pèlerinage à la Mecque. Ils ne pratiquent pas l’aumône obligatoire (Zakat) et n’appliquent pas la jurisprudence basée sur le Coran. Ils ne sont pas polygames et ils se font enterrer la tête tournée vers le sud et non vers la Mecque. Mais, en souvenir d’Abraham, ils célèbrent la fête de l’Aïd el-Kébir , comme les musulmans. Ils se reposent comme eux le vendredi. J. Mascle, Le Djebel druze, Imprimerie Jeanne d’Arc, Beyrouth (2ième édition), 1936, pp.140 ; 144 ; 146.
  • [8]
    J. Mascle, Le Djebel druze, op.cit., p. 146.
  • [9]
    La Taquiya (ou Kitmân) est une notion introduite par les ibadites, une secte considérée comme « modérée » en islam. La Taqiyya signifie « dissimulation », « voilement de la foi ». Cette dissimulation est conseillée et autorisée lorsque le fait d’afficher sa foi peut entraîner des dommages pour soi, pour les siens ou pour la communauté. La Taquiya devient presque une obligation en tant que couverture pour les croyants, lorsqu’ils se sentent en danger.
  • [10]
    Georges Corm, Contribution à l’étude des sociétés multi-confessionnelles : effets socio-juridiques et politiques du pluralisme religieux, Paris, Librairie Générale de Droit et de Jurisprudence, 1971, p. 217.
  • [11]
    Ibid., p. 217 ; 121.
  • [12]
    Ibid., p. 227.
  • [13]
    Ibid., p. 227.
  • [14]
    Ibid., p. 231-232.
  • [15]
    Nouhou Alhadji Bouba, Contribution à l’étude géopolitique de la souveraineté d’un État dans un environnement régional hostile : le cas d’Israël (1948-1993), Septentrion, Presses Universitaires de Lille, 2001.
  • [16]
    Jerusalem Center for Public Affairs, Lettre de Jérusalem/point de vue, N°464 28 tishrei 5762/15 octobre 2001. http://www.jcpa.org/il/vp464.htm, consulté le 02/06/09.
  • [17]
    Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, Paris, Fayrad, 2008, p. 362.
  • [18]
    Lire Libération, « Druzes en guerre pour Israël », 03/02/2009, consulté sur le site http://www.liberation.fr, le 26/05/2009.
  • [19]
    Jerusalem Center for Public Affairs, Lettre de Jérusalem/point de vue, N°464 28 tishrei 5762/15 octobre 2001. http://www.jcpa.org/il/vp464.htm. Consulté le 02/06/09.
  • [20]
    Ilan Pappe, Le nettoyage ethnique de la Palestine, Paris, Fayard, 2006, p. 124.
  • [21]
    Ilana Kaufman, « Ethnic Affirmation or Ethnic Manipulation : The Case of the druze in Israël », in Nationalism and Ethnic Poltics, vol. 9. N° 4, hiver 2003, pp. 68-69.
  • [22]
    En 1942, le Waqf musulman essaye de prendre le contrôle de la tombe de Jethro, située à Kfar Hittim, à l’ouest de Tibériade. Cette tombe est considérée comme sacrée par les druzes. Selon eux, Saladin aurait fait un rêve sur ce site dans lequel l’ange lui promettait la victoire contre les Croisés à condition, qu’après la bataille, il se dirige vers l’ouest. Et lorsque son étalon s’arrêtera net, il y trouvera la sépulture de Nebi Shuaib. Le rêve devint réalité. Les druzes palestiniens syriens et libanais édifièrent une tombe supposée être celle de Nabi Shuaib. La volonté du waqf de prendre le contrôle de ce lieu, va donc se heurter à l’unité de tous les druzes de Syrie, du Liban et de la Palestine (alors sous mandat). En 1945, le tribunal britannique décida que le site devait rester sous contrôle druze. Le site sera rénové et étendu durant le mandat britannique. Les druzes s’y réunissent chaque année, le 25 avril, pour discuter des affaires de la communauté. Mais les velléités du waqf n’ont fait que renforcer le désaccord entre druzes et dirigeants arabes musulmans.
  • [23]
    Laila Parsons, druze Between Palestine and Israel (1947-1949), Oxford, MacMillan and St. Antony’s College, 2000, p. 20.
  • [24]
    Ilan Pappe, Le nettoyage ethnique de la Palestine, p. 238.
  • [25]
    Les localités druzes en Israël : dans la région du Mont Carmel. La plus grande ville druze est Daliyat el-Carmel (15000 druzes). Elle est située au cœur du Parc national du Carmel. Dans cette ville, on y trouve aussi un mémorial militaire israélien dédié aux 400 druzes tués lors de combats pour Israël. On trouve également le mausolée de Abu Ibrahim ; Isfiya, situé au mont Carmel (10.000 habitants dont 70% druzes le reste étant chrétien ou musulman). Très récemment Daliyat el-Carmel et Isfiya ont fusionné pour former l’agglomération Ir-Hacarmel. En Galilée : Shfar’am (situé au nord-est de Haïfa en Galilée occidentale) compte près de 30000 druzes. On y trouve plusieurs sites sacrés. Maghar, situé en Galilée orientale, compte (17 000 habitants dont 60% druzes) ; Rama (situé au nord de Maghar, 7000 druzes) et le petit village de Sajur. Dans la Haute Galilée, près du Mont Meron le village entièrement druze Beit Jan (100 000 personnes). Très proche de là, Peki’in. D’autres villages druzes sont dsséminés dans toute la Galilée ; Ein el-Asad (mélange d’anciens habitant de Beit Jan et des druzes de Syrie et du Liban) ; Kafr Sumei ; Kisra (3500 habitants), Yanuah ; Yirka (près de 11 000 druzes). Abu Sinan (10 000 habitants), dont 35% druzes. Jat, Hurfeish et Julis sont aussi des petits villages dans lesquels on trouve des druzes. À Hurfeish se déroule, tous les 10 septembre de chaque année, le festival druze. En 1972, un monument fut érigé à la gloire des soldats druzes tombés lors des combats pour Israël. Dr. Naim Aridi, The druze. http://www.jewishvirtuallibrary.org:Jsource/ society_&_culture/druze.html
  • [26]
    Ilan pappe, op. cit. p. 238.
  • [27]
    Jerusalem Center for Public Affairs, Lettre de Jérusalem/point de vue, N°464,
  • [28]
    tishrei 5762/15 octobre 2001. http://www.jcpa.org/il/vp464.htm. Consulté le 02/06/09
  • [28]
    Philippe Moreau Defarges, La politique internationale, Paris, Hachette, 1990, p. 245.
  • [29]
    Lisa Hajjar, « Speaking the Conflict, or How the druze Became Bilingual : a Study of druze Translators in the Israeli Military Courts in the West Bank and Gaza », in Ethnic and Racial Studies, vol. 23, N°2, mars 2000, p. 301.
  • [30]
    Dr. Naim Aridi, The druze, http://www.jewishvirtuallibrary.org:Jsource/ society_&_culture/druze.html.
  • [31]
    Ilana Kaufman, « Ethnic Affirmation or Ethnic Manipulation : The Case of the druze in Israël », in Nationalism and Ethnic Politics, vol. 9. N° 4, hiver 2003, p. 65.
  • [32]
    Jean-François Legrain, « Une analyse des politiques israéliennes du territoire : judaïsation et démembrement, politique israélienne du territoire en Cisjordanie (1967-1995) », in Monde Arabe Maghreb-Machrek, N° 152, avril-juin 1996.
  • [33]
    Lisa Hajjar, « Speaking the Conflict, or How the druze Became Bilingual : a Study of druze Translators in the Israeli Military Courts in the West Bank and Gaza », in Ethnic and Racial Studies, vol. 23, N°2, mars 2000.
  • [34]
    Lisa Hajjar, « Cause Lawyering in Transnational Perspective : National Conflict and Human Rights in Israel/Palestine » Law and Society Review, vol. 31, 1997, pp. 473-504.
  • [35]
    Lisa Hajjar, « Speaking the Conflict, or How the druze Became Bilingual : a Study of druze Translators in the Israeli Military Courts in the West Bank and Gaza », op. cit.
  • [36]
    Jean-François Legrain « Une analyse des politiques israéliennes du territoire… », op. cit., p. 49.
  • [37]
    Oren Yiftachel and Michaly D. Segal, « Jews and druze in Israel : State Control and Ethnic Resistance », in Ethnic and Racial Studies, vol. 21, N°3 mai 1998, p. 488.
  • [38]
    H. Frisch, « State Ethnicization and the Crisis of Leadership Succession Among Israel’s druze », in Ethnic and Racial Studies, vol. 20, N°3, 1997, pp. 586-593. ; I. Lustick, Arabs in the Jewish States : Israel’s Control Over a National Minority, Austin Texas : University of Texas Press, 1980.
  • [39]
    Jerusalem Post, 6 mars 1999.
  • [40]
    Ilana Kaufman, « Ethnic Affirmation or Ethnic Manipulation : The Case of the druze in Israël », in Nationalism and Ethnic Poltics, vol. 9. N° 4, hiver 2003, p. 66.
  • [41]
    Gabriel Ben-Dor, « The Military in the Politics of Integration and Innovation : The Case of The druze Minority of Israel », in Asian and African Studies, vol. 9, 1973, pp. 33-52.
  • [42]
    Adir Mor, The IDF Expresses Gratitude to druze Soldiers, Israel Defense Forces, 13 August 2007, http://dover.idf.il/IDF/English/News/today/2007/08/1301. htm?print=true, consulté le 26/05/09 ;. Ilana Kaufman, « Ethnic Affirmation or Ethnic Manipulation : The Case of the druze in Israël », in Nationalism and Ethnic Poltics, op. cit, p. 68-69.
  • [43]
    http://www.IsraelValley.com, 28 août 2007.
  • [44]
    Libération 03/02/2009.
  • [45]
    Lire Na’ama Rak, « Knights on Wheels », in Israel Defense Forces, 13 mai 2009, http://dover.idf.il/IDF/English/News/up_Close/09/05/1301.htm?print=true, consulté le 56/05/2009.
  • [46]
    Israel Defense Forces, 2009, http://dover.idf.il/IDF/English/News/Up_ Close/09/4/1201.htm?print=true, consulté le26/05/09 .
  • [47]
    Adir Mor, The IDF Expresses Gratitude to druze, op. cit.
  • [48]
    Ynetnews.com http://www.ynetnews.com/articles/0,7340, L-3705681,00html.
  • [49]
    du 04/23/09 et 04/24/09, consulté le 08/06/09.
  • [50]
    http://ynetnews.com/articles/07340,L-3698974,00html, consulté le 08/06/09.
Français

La population druze est estimée à 122000 personnes, soit 1,7 % de la population israélienne. Elle représente 8,3 % de la population arabe d’Israël. Son taux de croissance est de 1,8 %. Ce taux est inférieur à celui des musulmans (2,8 %) mais supérieur à celui des juifs (1,6 %) et des chrétiens (1,6 %) [1] . Confrontés à la modernisation de leur structure sociale et à l’allégeance à Israël, qui se considère avant tout comme un État juif, les druzes n’ont de cesse de chercher un improbable modèle de référence.

Alhadji Bouba Nouhou
Enseignant-chercheur (Université de Bordeaux3), auteur de Israël et l’Afrique (Karthala 2003), Islam et politique au Nigeria (Karthala 2005) et France-Monde arabe (codir), (Presses Universitaires de Bordeaux, 2008) fr
Mis en ligne sur Cairn.info le 01/01/2011
https://doi.org/10.3917/come.070.0165
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