CAIRN.INFO : Matières à réflexion

La série d’attentats survenus en 2015 sur le territoire français et la multiplication du nombre de militants enrôlés en partance vers la Syrie ont hissé les phénomènes de radicalisation djihadiste au sommet de la hiérarchie des menaces. Sans entrer dans les nombreuses querelles conceptuelles qui entourent la notion de radicalisation, nous l’aborderons ici à travers la définition proposée par Farhad Khosrokhavar qui la considère comme « le processus par lequel un individu ou un groupe adopte une forme violente d’action, directement liée à une idéologie extrémiste à contenu politique, social ou religieux qui conteste l’ordre établi sur le plan politique, social ou culturel ». Il s’agit donc d’une définition axée sur l’usage de la violence et qui ne se cantonne pas à ses déclinaisons purement cognitives. Avec près de 1800 personnes, la France a été le premier fournisseur occidental de combattants étrangers et le cinquième au niveau mondial. Majoritairement composé d’hommes, le phénomène concerne également des femmes et des familles avec enfants. Loin de se cantonner à une jeunesse issue de l’immigration et en proie à un sentiment de relégation, ces derniers incluent désormais une large part de convertis et d’individus issus de milieux sociaux très divers. Même si un noyau conséquent semble provenir de zones périurbaines pauvres, la distribution sociale et géographique reflète de facto une grande diversité d’origine. Daesh peut se targuer d’avoir réussi à attirer en quelques années entre 25 et 30 000 combattants issus de plus de 90 pay…

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Cette contribution s’attache à dresser un parallèle entre les logiques d’engagement militaire et celle de nombreux djihadistes. Partant du constat que l’enrôlement djihadiste constitue une mosaïque agrégeant divers profils, elle émet l’hypothèse selon laquelle les trajectoires sociales de certains combattants de Dieu sont très comparables à celles de jeunes désireux d’intégrer des armées régulières. Cette approche contre-intuitive se vérifie tant du point de vue des profils sociologiques que des motivations profondes ou des modes de communication développés par Daesh ou par les institutions militaires classiques.

Elyamine Settoul
Laboratoire Interdisciplinaire de Recherches en Sciences de l’Action, Conservatoire National des Arts et Métiers, Paris.
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Mis en ligne sur Cairn.info le 08/10/2018
https://doi.org/10.3917/come.106.0135
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