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La visite d’État du Roi Mohammed VI à Pékin en mai 2016 constitue un moment charnière dans le développement des relations bilatérales sino-marocaines mais aussi des migrations chinoises au Maroc. La rencontre, qui donna lieu à la signature de conventions et mémorandums d’entente entre les deux pays, fut suivie du côté marocain par l’adoption d’une mesure à la portée hautement symbolique : l’abrogation du visa court séjour pour l’ensemble des Chinois désireux de se rendre au Maroc, leur permettant d’y séjourner pour une durée inférieure à 90 jours. Depuis son entrée en vigueur en juin 2016, les arrivées de ressortissants chinois enregistrées aux postes frontières n’ont cessé de croitre, passant de 7800 en 2015, à 43000 en 2016 pour franchir la barre des 100 000 en 2017 selon l’OTM (Observatoire du tourisme au Maroc). Dans une société où l’altérité chinoise était principalement représentée par la figure du commerçant et de l’expatrié, elle se recompose désormais avec celle du touriste mais également avec de nouveaux profils de migrants, plus mobiles et plus discrets, dont l’apparition brouille les catégories migratoires ordinairement admises.
Accompagnant l’ascension économique de la Chine sur la scène internationale, la mondialisation des flux migratoires chinois est révélatrice de la nouvelle stature du pays dans le monde comme en Afrique où leur développement est lié de près aux intérêts économiques de Pékin. Sur sa façade méditerranéenne, la pénétration chinoise est désormais associée à son proje…

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En 2016, le Maroc est devenu le premier pays en Afrique à supprimer le visa d’entrée pour les ressortissants chinois. L’application de cette mesure a été suivie d’une hausse significative des circulations et des mobilités chinoises vers le pays, symbolisée par l’arrivée des touristes dont le nombre n’a cessé de croitre, et d’une diversification des flux dont certaines dynamiques plus discrètes restent moins connues. Cette évolution s’inscrit dans un contexte marqué par l’avènement des nouvelles routes de la soie « chinoises ». Que leurs constructions soient décidées au niveau étatique ou qu’elles émergent du bas, ces routes témoignent de l’influence grandissante de la Chine dans la mondialisation et sur celle des flux migratoires chinois. En nous intéressant à l’évolution du paysage migratoire chinois au Maroc depuis l’abrogation des visas pour les citoyens chinois, notre contribution propose d’aborder un autre aspect de la pénétration chinoise sur la rive sud de la Méditerranée où les nouvelles routes de la soie façonnent les nouveaux espaces de la diaspora chinoise.

Jean-Pierre Taing
Université Aix-Marseille, IRD, LPED, Marseille, France.
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Mis en ligne sur Cairn.info le 23/07/2019
https://doi.org/10.3917/come.109.0077
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