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Depuis le milieu des années 80, la France a connu, comme la plupart des pays européens, une importante flexibilisation de son marché du travail. Une des conséquences majeures a été l’explosion des « formes particulières d’emploi », c’est-à-dire des contrats à durée déterminée (CDD), des missions d’intérim, des contrats aidés ou du temps partiel. Le nombre d’entreprises y ayant recours, ainsi que la proportion de ce type de contrats dans l’ensemble des contrats proposés se sont accrus. Par exemple, en 20 ans, entre 1980 et 2000, les CDD ont été multipliés par 3 en France, l’intérim par 6 et le temps partiel est passé de moins de 10 % à plus de 20 %. Depuis le début des années 2000, la part de ces formes particulières d’emploi est restée stable (Insee [2014]). Mais parallèlement à cette stabilisation, la durée moyenne des périodes d’intérim et des CDD a continûment diminué, les emplois précaires longs étant de plus en plus remplacés par de multiples contrats courts. Le nombre de CDD d’un mois et moins a augmenté de 146 % entre 2000 et 2014 (Cahuc et Prost [2015]).
Plusieurs études – dont l’article séminal de Booth et al. [2002] sur les emplois temporaires – ont tenté d’évaluer les conséquences du développement de ces formes particulières d’emploi sur les parcours professionnels des salariés. Leur problématique était notamment d’évaluer si le fait d’occuper un emploi « particulier » permettait d’accéder plus facilement à un emploi stable ou au contraire agissait comme un marqueur de précarité, augmentant les risques de chômage récurrent (Cockx et Picchio [2012], Graaf-Ziji…

Français

Le dispositif des activités réduites vise à atténuer les effets désincitatifs du système d’allocation chômage en permettant aux demandeurs d’emploi de combiner activité rémunérée et recherche d’emploi tout en cumulant, au moins partiellement, la rémunération de son activité et ses allocations chômage. Notre revue de la littérature théorique et empirique cherche à savoir si ce dispositif, avec des incitations nécessairement limitées à l’exercice d’une activité temporaire ou à temps partiel, peut favoriser une insertion durable sur le marché du travail. Elle montre que les effets théoriques attendus sur les trajectoires professionnelles des demandeurs d’emploi et sur la qualité des emplois potentiellement retrouvés sont ambigus et méritent d’être tranchés empiriquement. Les études empiriques nationales et internationales mettent alors en évidence qu’il est nécessaire de distinguer les effets à court terme des effets à long terme et qu’il existe une forte hétérogénéité des impacts entre demandeurs d’emploi. Néanmoins, en France, l’activité réduite semble globalement un accélérateur de l’accès à l’emploi durable mais avec des effets relativement modestes. En outre, elle ne semble pas améliorer ni dégrader la qualité de l’emploi retrouvé.
Classification JEL : J42, J64, J65

  • durée de chômage
  • assurance-chômage
  • marché du travail segmenté
  • emplois temporaires
  • transitions professionnelles
English

The Use of Reduced Activities and its Impact on Professional Trajectories: a Review of the Literature

The Use of Reduced Activities and its Impact on Professional Trajectories: a Review of the Literature

The reduced-activity system aims to diminish the disincentive effects of unemployment benefits by allowing jobseekers to combine paid activity and job search, and at the same time to gain at least partial unemployment benefits as well as the wage for this activity. Our review of the theoretical and empirical literature seeks to determine whether this system (which only concerns temporary or part-time jobs) allows a sustainable integration into the labour market. It shows that the expected theoretical effects on the career trajectories of job seekers and on the quality of new jobs are ambiguous and require empirical investigations. National and international empirical studies then highlight the need to distinguish between short-term and long-term effects and that there is a strong heterogeneity of impacts between job seekers. Nevertheless, in France, reduced activities seem to boost access to long-term jobs, but with mild effects. However, they do not seem to improve or to damage the quality of the subsequent job.
Classification JEL : J42, J64, J65

  • unemployment duration
  • unemployment insurance
  • segmented labor markets
  • temporary jobs
  • job transitions
Nathalie Havet
Auteur Correspondant : Nathalie HAVET, Université de Lyon, Université Claude Bernard Lyon 1, ISFA, Laboratoire SAF, 50 avenue Tony Garnier, 69 007 Lyon, France. Tél : +33 (0) 4 37 28 76 80.
nathalie.havet@univ-lyon1.fr
Xavier Joutard
Xavier JOUTARD, Aix-Marseille Univ, CNRS, LEST, Aix en Provence, France et OFCE, Sciences Po Paris, France.Tél : +33 (0) 4 42 37 85 00.
xavier.joutard@univ-amu.fr
Alexis Penot
Université de Lyon, ENS Lyon, GATE - UMR 5824 - CNRS, 15 parvis René Descartes, BP 7000, 69347 Lyon cedex 7, France. Tél : +33 (0) 4 37 37 64 97.
penot@gate.cnrs.fr
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Mis en ligne sur Cairn.info le 02/05/2019
https://doi.org/10.3917/redp.291.0011
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