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Revue d'histoire des sciences

2006/1 (Tome 59)

  • Pages : 168
  • Affiliation : Numéros antérieurs disponibles sur www.persee.fr

  • ISBN : 9782200921576
  • DOI : 10.3917/rhs.591.0083
  • Éditeur : Armand Colin

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Au xviie siècle, la puissance nouvelle du télescope, du microscope et de la pompe à air, « rappelait [...] que les sens étaient par nature faillibles [...] [1][1] Steven Shapin, Simon Schaffer, Léviathan et la pompe... ». En somme, la philosophie expérimentale imposait peu à peu l’idée que « les instruments permettaient [...] à la fois de corriger et de discipliner les sens [2][2] Ibid., 41. » et ainsi d’accroître l’exactitude des observations.

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Du Siècle des lumières au début du xxe siècle, les astronomes toulousains participent à cette quête de précision qu’autorisent les performances sans cesse dépassées des outils scientifiques. Pour saisir l’importance de l’arsenal technique dans le travail quotidien de ces insatiables arpenteurs du ciel, il est nécessaire de comprendre à la fois les processus historiques de la transmission et les évolutions dans l’usage de ces instruments astronomiques. Il convient auparavant de retracer brièvement l’évolution de l’observatoire de Toulouse, de sa fondation en 1734 au départ de Benjamin Baillaud en 1908, qui a mis en œuvre les réformes de la iiie République.

Repères historiques sur l’observatoire de Toulouse

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La genèse du premier observatoire toulousain au xviiie siècle est indissociable du développement de la Société des sciences de la cité garonnaise, fondée en 1729. François Garipuy, alors jeune avocat au barreau, passionné de mathématiques, s’initie au sein de la Compagnie savante à la pratique astronomique. En 1732, le jeune observateur présente à l’assemblée le résultat de son examen de l’éclipse de Lune du 1er décembre. La Société le prie de « vouloir continuer ses observations ». Garipuy répond alors « qu’il n’avoit point d’instruments [3][3] « Registre des délibérations de l’Académie des sciences,... ». La Société des sciences s’enthousiasme et convient qu’il serait nécessaire d’acquérir un quart de cercle. Mais l’acquisition d’outils astronomiques n’était certainement pas suffisante. Leur usage impose d’aménager un lieu approprié. Le 13 juillet 1734, les membres de la Compagnie savante formulent un souhait devant le Conseil de la bourgeoisie : « que la ville leur baille une tour pour y former un observatoire […] [4][4] « Registre des délibérations du Conseil de la bourgeoisie »,... ». La ville accède à cette demande et accorde à la Société des sciences « une tour qui est à la descente du rempart aux Pénitens noirs […] pour y faire leur observatoire [5][5] Ibid., f° 218 v°. ».

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L’émulation académique produit une effervescence savante considérable et quelques personnalités saillantes émergent peu à peu. Outre François Garipuy, Antoine Darquier, receveur des impositions de la généralité d’Auch, et Jean Gabriel Riquet de Bonrepos, procureur au parlement de Toulouse décident, après 1750, de créer leurs propres observatoires dans leurs logements, abandonnant ainsi la tour des remparts tombant en désuétude. La petite communauté savante qui se forme peu à peu à Toulouse n’est plus centrée autour d’un seul lieu d’observation, mais se trouve disséminée dans les résidences des astronomes.

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La production savante d’Antoine Darquier est particulièrement importante et témoigne l’ardeur qu’il déploie dans son observatoire personnel. Il édite à ses frais deux volumes d’« Observations astronomiques faîtes à Toulouse [6][6] Antoine Darquier, Observations astronomiques faites... » qui couvrent près de quarante ans d’études célestes.

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François Garipuy, qui a abandonné la profession d’avocat pour devenir ingénieur des travaux publics de la province en 1741 [7][7] « Procès verbaux des séances des états du Languedoc »,... est prisonnier de sa fonction qui le contraint à se déplacer souvent. Ses publications sont beaucoup plus modestes et se résument à une série de comptes-rendus d’observations rassemblés dans les Mémoires de l’Académie des sciences de Toulouse [8][8] François Garipuy, Recueil d’observations astronomiques,....

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Ce noyau d’astronomes assidus qui contribuent par leurs travaux au rayonnement de la cité garonnaise au sein de la république des lettres, agrège autour de lui des astronomes moins fortunés, qui ne peuvent ériger leurs propres observatoires. Jacques Vidal, après avoir été formé par François Garipuy, gagne l’amitié de Riquet Bonrepos qui met son bâtiment astronomique à sa disposition. Jérôme Hadancourt, après des études de mathématiques, devient l’élève de Darquier qu’il seconde activement dans la dernière partie du xviiie siècle [9][9] M.D. Tournon, Notice sur Jérôme Hadancourt, Magasin....

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François Garipuy meurt en 1782 et l’observatoire qu’il a érigé au sommet de sa maison est racheté par les états du Languedoc qui le remettent à l’Académie des sciences de la cité garonnaise. Jean-Gabriel Riquet Bonrepos décède en 1791 et Antoine Darquier en 1802.

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Si la communauté astronomique toulousaine est disloquée au début du xixe siècle, la Révolution et l’Empire tentent toutefois de maintenir une activité savante en nommant à la tête de l’observatoire de Toulouse, désormais fixé dans l’ancienne demeure de François Garipuy, les héritiers du Siècle des lumières, Jérôme Hadancourt et Jacques Vidal. Lorsque ce dernier quitte l’établissement toulousain en 1809 pour poursuivre ses observations dans sa ville natale de Mirepoix, la municipalité de Toulouse qui s’occupe désormais du recrutement du directeur, puise parmi les enseignants de mathématiques et de physique qui enseignent à la faculté des sciences de la cité garonnaise, ou dans les collèges de la région.

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Le chevalier d’Aubuisson, Marqué-Victor, Alphonse Desplas et Jean Vauthier qui se succèdent à la tête de l’observatoire entre 1810 et 1838, n’ont pas été formés à l’astronomie. Ils ont donc peu produit et n’entretiennent pas un réseau étendu de sociabilité savante.

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La nomination de Frédéric Petit en 1838 bouleverse totalement cette situation. Le conseil municipal souhaitant rompre avec l’atonie qui frappe son observatoire, s’investit dans un ambitieux projet de refondation. Il fait donc appel au hiérarque de l’astronomie française à cette époque : François Arago. Ce dernier parvient à faire accepter son élève Frédéric Petit en 1838 à la direction de l’observatoire toulousain. Le savant et homme politique parisien convainc également les édiles municipaux de délaisser l’ancien observatoire de François Garipuy frappé d’obsolescence, et d’ériger un nouvel établissement. Un bâtiment est donc construit à l’extérieur de la ville sur les hauteurs de Jolimont.

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Frédéric Petit consacre une grande partie de ses travaux aux météores et aux bolides. Il annexe définitivement la météorologie et le magnétisme terrestre au champ disciplinaire des savoirs produits au sein de l’observatoire. L’ancien élève de François Arago reprend à Toulouse l’œuvre vulgarisatrice de son maître et donne un cours hebdomadaire particulièrement suivi. L’ensemble de ses exposés est publié peu après sa mort, sous le titre Traité d’astronomie pour les gens du monde[10][10] Frédéric Petit, Traité d’astronomie pour les gens du....

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La guerre avec la Prusse et l’avènement laborieux de la iiie République interrompent un temps l’activité de l’observatoire. L’humiliante défaite de l’armée en 1871 constitue un élément décisif dans le redéploiement de l’astronomie en France. Les premiers gouvernements qui se mettent en place élaborent une ambitieuse politique scientifique. Une série de lois et de décrets réorganisent la carte des observatoires français. Un établissement est ainsi créé à Besançon. D’autres comme ceux de Toulouse ou Bordeaux sont relancés sous l’impulsion du directeur de l’observatoire de Paris, Charles Delaunay. Ce dernier désigne un de ses élèves, le jeune agrégé de mathématiques Félix Tisserand, à la tête de l’institution astronomique de la cité garonnaise.

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L’organisation du travail est totalement bouleversée. Le directeur est à la tête d’une équipe d’astronomes qui travaillent sous ses ordres et se spécialisent peu à peu dans un domaine précis d’étude. Lorsqu’il quitte Toulouse pour Paris en 1878, Tisserand a transformé l’observatoire dans son fonctionnement interne et l’a inséré dans un réseau très dense d’établissements astronomiques provinciaux.

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Après le départ de Félix Tisserand, c’est Benjamin Baillaud, lui aussi mathématicien, qui prend la tête de l’observatoire de Toulouse et poursuit sa structuration. Les astronomes qui sont recrutés sont affectés à un service particulier en fonction de l’instrument qu’ils utilisent.

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Benjamin Baillaud permet à l’établissement astronomique toulousain de prendre part au vaste projet de carte du ciel, impulsé par l’amiral Mouchez. Afin d’absorber la masse sans cesse plus considérable de calculs qu’exige cette gigantesque entreprise astronomique, Benjamin Baillaud fait appel à des calculatrices, regroupées dans le « Bureau des dames », et à des auxiliaires qui travaillent chez eux.

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La direction de Benjamin Baillaud, entre 1878 et 1908, marque un véritable changement d’échelle pour l’observatoire de Toulouse. Il s’agit désormais d’une institution scientifique reconnue, publiant ses propres annales et participant désormais aux travaux astronomiques internationaux.

Constitution de l’arsenal instrumental

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On peut distinguer, pour l’observatoire de Toulouse, plusieurs modes de formation du capital technique : l’achat direct est bien sûr le moyen le plus évident de rassembler des instruments.

Éléments d’une économie technique

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Les principaux instruments, au xviiie siècle comme au xixe siècle, sont achetés à des artisans ou des ingénieurs spécialisés, pour la plupart parisiens.

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Ainsi Antoine Darquier, lors de son séjour dans la capitale en 1756 – 1757, achète-t-il à Canivet un « instrument des passages, dont la lunette [est équipée] d’un micromètre […] [11][11] Darquier, op. cit. in n. 6 (1777), ii. ». Au xixe siècle, c’est de la même manière que l’astronome toulousain Pierre-Adolphe Daguin commande à Secrétan un télescope de 80 centimètres.

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Ce mode d’acquisition directe est largement privilégié par les astronomes tout au long du xviiie et du xixe siècle. L’instrument est considéré comme fiable, puisque n’ayant jamais servi. Autour de ce système commercial se dessine une économie spécifique des outils scientifiques, qui révèle également les rapports entretenus par les astronomes avec leurs instruments.

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Antoine Darquier, lorsqu’il rend compte en 1779 de l’observation d’une comète, précise qu’il adapte sa lunette à « réticule rhomboïde, fait par Lenel, sous [s]es yeux [12][12] Ibid., ii. ». Garipuy insiste lui aussi sur ce point en notant que pour les instruments acquis afin d’équiper la tour des remparts « tout fut fait sous ses yeux [13][13] François Garipuy, « Mémoire lu dans une assemblée publique »,... ». En indiquant qu’ils ont été témoins de la construction de leurs outils techniques, les astronomes toulousains signalent la complète fiabilité de leur arsenal et des observations qu’il leur permet de faire.

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Au xviiie siècle, cependant, la rareté et le prix des outils scientifiques obligent les astronomes à s’en procurer par d’autres moyens. En 1762, François Garipuy achète au père Pézenas, jésuite de l’observatoire de Marseille, sa lunette achromatique de Dollond, lorsque l’ordre de la Compagnie de Jésus est interdit en France. En 1750, c’est l’Académie des sciences de Toulouse qui acquiert de la succession d’un prêtre, l’abbé de Ribaute, « un quart de cercle de deux pieds et demi de rayon […] [14][14] François Garipuy, Histoire de l’astronomie à Toulouse,... ». Les dons ne sont pas rares non plus. Lord Butte, un aristocrate anglais, venu à Barèges pour y rétablir sa santé en 1768, se rend à Toulouse pour visiter l’observatoire de Darquier. Il lui fait remarquer qu’il n’a pas de « lunette achromatique de Dollond », avec laquelle on observe « avec plus d’avantage et de facilité [15][15] Darquier, op. cit. in. n. 6, iv. ». Darquier lui fait part de son intention de se rendre à Londres pour l’acheter. Dix-huit mois plus tard, en janvier 1770, l’astronome toulousain reçoit une lunette achromatique, offerte par Lord Butte.

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Au xixe siècle on trouve encore la trace de généreux donateurs qui souhaitent associer leur nom aux progrès de la science. Joseph Bousquet, qui meurt en 1855, « sans famille et possesseur d’une fortune de 70 000 francs environ », lègue l’ensemble de ses biens aux établissements de bienfaisance de la ville de Toulouse. Il précise dans son testament qu’une somme de 15 000 francs devra être remise à Frédéric Petit, alors à la tête de l’observatoire, « pour être employée comme [il] l’entendra […] » [16][16] Revue de l’académie de Toulouse et des autres Académies.... Grâce à ce legs, payé seulement en 1859, le directeur dote l’établissement de plusieurs instruments : « télescope de 33 cm, […] chronomètre de Winnerl, […] cercle de voyage, […] pied parallactique […] [17][17] Frédéric Petit, introd., Annales de l’observatoire... ». Gravé sur le chronomètre de Winnerl, on peut ainsi lire : « Donation de M. Joseph Bousquet à M. Petit pour l’observatoire de Toulouse, 1859 », témoignage de l’offrande d’un mécène fortuné.

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Au-delà de la constitution des arsenaux techniques, qui s’appuie essentiellement sur des achats directs auprès des fabricants, il paraît essentiel de mieux cerner les processus de transmission des instruments astronomiques, tout au long des xviiie et xixe siècles.

Modes de transmission des outils techniques

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Les événements révolutionnaires troublent les processus de transmission des instruments. Les observatoires personnels d’Antoine Darquier et de Jean Gabriel Riquet Bonrepos voient leur patrimoine instrumental disséminé. Darquier, receveur de la généralité d’Auch sous l’Ancien Régime, avait été privé de ses titres et de ses fonctions et à sa mort en 1802, « son observatoire demeura inoccupé et ses instruments ont été dispersés [18][18] Guillaume Bigourdan, Histoire de l’astronomie à Toulouse... ».

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Les appareils d’optique de Riquet de Bonrepos, eux, n’ont pas été perdus à sa mort. Son testament précise qu’il « lègue […] tous [ses] instruments d’astronomie comme quart de cercle, lunettes de passage […], [ses] pendules à seconde de Leroy et Berthoud […] [et] toutes ses lunettes de quelque taille qu’elles soient […] » à son « ingénieur astronome » [19][19] Jean Gabriel Riquet de Bonrepos, « Testament », ms....), sous sa protection, Jacques Vidal. Ce dernier installera ces multiples instruments dans son propre observatoire de Mirepoix. Mais il ne les adjoindra cependant jamais, à ceux de l’observatoire de Toulouse, dont il fut pourtant le directeur au début du xixe siècle. À la mort de Vidal, en 1819, les instances astronomiques parisiennes méprisent souverainement l’arsenal technique qu’il possédait. Jean-Baptiste Delambre, du Bureau des longitudes, écrit, dans son rapport au ministre, qu’après un examen scrupuleux et à la réserve « de deux lunettes et d’une pendule, aucun de ces instruments ne méritait d’être recommandé […] ». Il ajoute que « les astronomes ont une confiance assez médiocre aux instruments qui ne sont plus très nouveaux ». Il conclut sa missive en espérant que les héritiers de Vidal trouvent « quelque riche amateur qui voulût acheter toute la collection dont avec quelque soin il pourrait encore tirer un parti avantageux » [20][20] Jean-Baptiste Delambre, « Lettre au ministre de l’Instruction.... Dédaignés par le Bureau des longitudes, les instruments de l’astronome ariégeois seront totalement dispersés.

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On mesure donc combien, pour ces astronomes du xviiie siècle, le processus de transmission est fragile. Mais il faut noter qu’il s’agit là des observatoires personnels, ne dépendant pas de l’Académie des sciences.

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Le lieu d’observation de Garipuy et les instruments qui le garnissent ont été rachetés en 1782 par les états du Languedoc qui le confie à l’Académie des sciences de la cité garonnaise. Le syndic général de l’administration provinciale chargé de convaincre les états du Languedoc de racheter l’observatoire insiste en particulier sur le danger de voir se disperser des instruments « d’un choix & d’un prix peu communs […] exécutés par les plus célèbres artistes de Paris & de Londres [21][21] Procès-verbal de l’assemblée de nos seigneurs des états... ». Convaincus par cette argumentation, les états décident l’achat par la commission des Travaux publics du Haut-Languedoc de la maison de François Garipuy et de ses instruments. La jouissance de l’observatoire est accordée à l’Académie des sciences qui doit en échange « entretenir en bon état les instrumens servant [aux observations astronomiques] & appartenant à la province [22][22] Op. cit. in. n. 21, 3-4. ». Pris en charge par les instances politiques, les outils d’observation sont désormais contrôlés et leur transmission surveillée. Pendant la première moitié du xixe siècle, les futurs directeurs doivent se plier, avant d’entrer en fonction, à l’opération de recension des instruments présents dans l’observatoire. Celle-ci prend peu à peu une forme ritualisée et presque sacramentelle. L’astronome est bien sûr présent, mais il est accompagné d’un aréopage constitué de représentants de la commune, d’un membre des forces de l’ordre et de savants toulousains. La reconnaissance de chaque objet permet au futur directeur de prendre la mesure des responsabilités qui lui incombent. Le procès-verbal d’inventaire dressé en 1822 signale que tous les instruments « ont été nominativement désignés par M. Marqué-Victor [23][23] « Copie de l’inventaire des effets et instruments déposés... » qui entre alors en fonction. La procédure de recension devient un acte juridique. La formule prononcée par Jean Vauthier en 1832 s’apparente à un véritable serment. La scène enregistrée par le commissaire Félix Gravelle confère à l’épisode un aspect théâtral : « Nous avons reçu du sieur Vauthier, écrit le représentant des forces de l’ordre, la déclaration qu’il prend à sa charge les instruments […] qui lui sont confiés, et il s’est engagé à les représenter quand besoin sera et dans l’état où ils seront remis [24][24] Jean Vauthier, « Inventaire du mobilier de l’observatoire »,.... »

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De la mort de Garipuy à l’arrivée de Frédéric Petit, on assiste à une grande stabilité dans la transmission des instruments. Le patrimoine technique reste intact pendant près de cinquante ans. Cette absence d’évolution peut s’expliquer par le fait que, comme nous l’avons vu, les directeurs successifs de l’observatoire pendant cette période ne sont pas à proprement parler des astronomes et ne cherchent donc pas à développer leur instrumentation.

Le renouvellement de l’instrumentation

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Frédéric Petit, lorsqu’il arrive en 1838, méprise ces instruments et parle de quelques « petits quarts de cercle portatifs » et de « lunette méridienne de très faibles dimensions [25][25] Op. cit. in. n. 17, 4.. » Chargé par Arago de renouveler l’astronomie toulousaine, il ne peut se contenter d’instruments aux performances limitées. Petit fait donc appel à son maître pour constituer un nouveau fonds instrumental. L’observatoire de Toulouse reçoit, du Bureau des longitudes, le cercle mural de l’observatoire de l’École militaire [26][26] « Copie des Procès-verbaux de séances du Bureau des... ainsi qu’une lunette méridienne « construite sur la demande de Cassini […] [27][27] Petit, op. cit. in. n. 17, 7 ». Lorsqu’il établit la liste des instruments de l’observatoire de Toulouse en 1863, il ne subsiste presque plus d’instruments ayant appartenu à Garipuy.

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Il y a là une rupture très nette dans la transmission du patrimoine technique. Et ce processus de renouvellement systématique va s’accélérer avec la réorganisation de l’observatoire sous l’ère Baillaud. Alors que ce dernier s’emploie à doter son établissement d’une lunette équatoriale, et d’une lunette méridienne de grande taille, il cède au directeur de l’observatoire de Paris, l’amiral Mouchez, qui veut créer un musée d’histoire de l’astronomie, « trois des anciens instruments appartenant à l’observatoire de Toulouse […] [à] savoir : le quart de cercle de Lalande, le sextant de Lacaille et un grand secteur en cuivre [28][28] « Lettre du ministre de l’Instruction publique et des... », c’est-à-dire précisément les objets que Frédéric Petit avait choisis pour remplacer ceux de Garipuy.

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Baillaud, en 1881, dans une lettre au ministre, explique « qu’il y a bien peu d’intérêt à ce que ces instruments restent à Toulouse, où ils demeurent ignorés et en quelque sorte perdus [29][29] « Lettre de Benjamin Baillaud au ministre de l’Instruction.... »

Échanges et prêts d’instruments

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Un dernier processus de transmission de l’arsenal technique émerge au xixe siècle : il s’agit de l’échange ou du prêt d’outils scientifiques. Lors de l’éclipse totale de Soleil du 8 mai 1900, plusieurs astronomes de l’observatoire de Toulouse et des enseignants de l’université de Montpellier s’associèrent pour une mission d’observation en Espagne près de la ville d’Elche. Les deux établissements mirent en commun leurs instruments afin d’optimiser leurs travaux. Le cercle méridien portatif d’Eichens, utilisé pour déterminer la latitude du lieu d’observation, avait été prêté « à l’observatoire de Toulouse par l’observatoire de Paris […] [30][30] Henry Bourget, Rapport de la mission organisée par.... » L’université de Montpellier fournissait une lunette de Secrétan de 108 mm d’ouverture pourvue « d’un mouvement d’horlogerie ». Ce dernier fut ensuite prêté par les Héraultais à l’établissement toulousain pour être employé « à l’équatorial Secrétan [31][31] Benjamin Baillaud, « Inventaire des objets mobiliers... ».

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Cette mission ibérique illustre l’importance des échanges et des emprunts d’instruments à la fin du xixe siècle et au début du XXe siècle dans l’astronomie française. En même temps que se multiplient les travaux de coopération, la circulation des outils scientifiques s’accélère et contribue à leur dispersion.

Discipliner les instruments

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Joan Fujimora et Adele Clarke se sont intéressées à l’usage des instruments en s’interrogeant notamment sur les pratiques visant à « discipliner les outils pour produire l’adéquation [32][32] Joan Fujimora, Adele Clarke, La Matérialité des sciences :... ». Cette approche permet, notamment dans une perspective historique, de mieux cerner les rapports entre l’instrument et le savant, entre la technique et la science.

Les astronomes et leurs outils techniques

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Il apparaît clairement, à la lecture des comptes rendus d’observations des astronomes toulousains du xviiie siècle, qu’ils sont familiers des innovations et des aménagements techniques concernant leurs instruments.

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Darquier, tout d’abord, a très vite souhaité perfectionner les siens en ajoutant « un quart de cercle aux trois instruments qu’il possédait, lunette, télescope et instrument des passages [33][33] Darquier, op. cit. in n.6 ». La démarche de Darquier, qui associe des instruments de mesure angulaire et des instruments d’optique, s’inscrit parfaitement dans le développement d’une astronomie de précision. Jacques Lévy fait remonter à l’abbé Jean Picard la première tentative d’association des deux techniques, lors d’une mesure de triangulation en 1669 [34][34] Jacques Lévy, Connaissance du système solaire, in René....

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Il est incontestable que la course à la précision dans les mesures de position des astres est à l’origine des modifications entreprises par Darquier. Les tables astronomiques sont, au xviiie siècle, de plus en plus précises et chaque astronome utilise tous les ressorts techniques en sa possession pour en augmenter la précision.

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Garipuy s’est intéressé aux horloges, qui sont particulièrement importantes en astronomie. Les événements célestes, comme les éclipses, les occultations d’étoiles, les passages de satellites, exigent une mesure précise du temps. Là encore, la science astronomique recherche constamment une plus grande rigueur. Garipuy explique donc que sur ces « deux pendules à secondes, l’une de Berthoud […] ; l’autre de Julien le Roi, [il] a adapté un nouveau régulateur de son invention ».

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Grâce à cette amélioration technique, ces pendules ne varient pas « dans 24 heures de plus d’une demi-seconde [35][35] Garipuy, op. cit. in n.14, 55. ».

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D’autres astronomes toulousains vont, encore au xixe siècle, travailler à perfectionner leurs outils. Ainsi Jacques Vidal est-il l’inventeur d’une « machine destinée à vérifier la division des instruments d’astronomie ». Ce « compas de vérification » [36][36] Jacques Vidal, « Description d’une nouvelle machine... répond à une demande répétée des astronomes de pouvoir éliminer toutes les erreurs dues à l’imprécision des divisions.

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La discipline modèle les outils et ce sont les astronomes qui se chargent eux-mêmes des modifications. Au-delà de l’absence, à Toulouse, d’ingénieurs capables de réaliser ces améliorations, cette prise en charge par les savants des transformations instrumentales montre que la limite entre la science et la technique n’est pas clairement définie. Et cette confusion des tâches semble, dans un premier temps, se poursuivre au xixe siècle. L’abbé Marqué-Victor, directeur de l’observatoire de Toulouse de 1822 à 1825, a inventé de nombreux instruments météorologiques, magnétiques et une lunette parallactique montée « sur un mécanisme présentant plusieurs cercles […] » qui permettent de la diriger vers un point dont les coordonnées sont connues et surtout « de leur faire suivre d’un mouvement uniforme les différents points d’un parallèle quelconque […] » [37][37] Histoire et Mémoires de l’Académie des sciences, inscriptions.... Pour l’astronomie toulousaine cette invention est la dernière qui indique clairement l’implication du savant dans les travaux d’améliorations ou d’adaptations techniques.

Ingénieurs et techniciens à l’œuvre

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Avec Frédéric Petit la rupture semble consommée entre l’astronomie et l’amélioration des instruments. Déplorant auprès de l’astronome basque Antoine d’Abbadie, le coût exorbitant exigé par les constructeurs parisiens, l’astronome toulousain reconnaît cependant, en 1862, la nécessité de faire appel à leurs compétences : « Il est des choses pour lesquelles nous sommes forcés de recourir à eux, et dans ce cas nous ne pouvons guère éviter les fourches caudines [38][38] « Lettre de Frédéric Petit à Antoine d’Abbadie », 24.... » Petit assure qu’il aimerait se passer des artistes « autant que possible », mais admet : « Il est des cas où l’on serait forcé de se faire artiste soi-même pour les remplacer complètement, et alors adieu les autres travaux [39][39] Id., 10 décembre 1862 (Arch. du Château d’Abbadia,.... » L’astronome participe donc de moins en moins à la modification de ces outils d’observation. Il fait appel à des ingénieurs spécialisés. L’une des causes principales de changement progressif est la réalisation des premiers instruments « de grandes dimensions qu’exigent l’astronomie de position et l’astronomie physique débutante [40][40] Solange Grillot, Les Instruments des observatoires.... »

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En raison de la complexité croissante des systèmes optiques et mécaniques, l’astronome opère une distanciation progressive avec la technique. Ce lent processus s’achève, à la fin du xixe siècle, par la nomination d’un mécanicien au service de l’observatoire. C’est Jean Carrère, qui, sous la direction de Benjamin Baillaud, occupe ce poste à partir de 1898 [41][41] Jean Carrère, « Notice individuelle », ms. de 1906.... Il prend en charge l’ensemble des questions techniques et en particulier les modifications ou les améliorations des instruments. Ainsi, en décembre 1907, le directeur lui expose longuement, dans une lettre, les détails des travaux à effectuer pour améliorer la lecture des données sur le cercle méridien [42][42] Lettre de Benjamin Baillaud à Jean Carrère, 1er décembre....

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L’entretien même des outils techniques est désormais du ressort d’ingénieurs et d’artisans spécialisés qui conseillent les astronomes. Ainsi le fabricant d’instruments, Paul Gautier, dans un courrier du 18 décembre 1905, explique à Benjamin Baillaud que « l’huile de naphte doit être employée pour les gros frottements comme les axes d’équatoriaux de télescope [43][43] Lettre de Paul Gautier à Benjamin Baillaud, 18 décembre... ».

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Auguste Fénon, fondateur d’une école d’horlogerie à Besançon morigène presque le directeur de l’observatoire lorsqu’il doit remettre en état le chronomètre de Winnerl :

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« Permettez-moi de vous rappeler, écrit-il, qu’il serait utile, si vous désirez conserver votre petit chronomètre en or, de ne plus le confier à vos aides. C’est un instrument de valeur qui malheureusement a déjà bien souffert. Conservez-le avec soin, conclut gravement Fénon, vous ne pourriez plus en faire établir un semblable [44][44] Lettre d’Auguste Fénon à Benjamin Baillaud, 18 décembre.... »

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L’astronome n’est donc plus l’exécutant, même s’il conçoit – encore – les modifications. Désormais, la division des tâches est complète et la technique, nécessaire pour discipliner les outils, s’est totalement séparée de la science.

Vers la standardisation des instruments

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Dans la deuxième moitié du xixe siècle, la nouvelle organisation de l’astronomie française et le redéploiement des observatoires entraînent une uniformisation des instruments.

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L’ambitieux projet de l’amiral Mouchez, lancé en 1887, destiné à « constater l’état général du ciel [45][45] Congrès astrophotographique international tenu à l’Observatoire... » impliquait la conception d’équatoriaux photographiques identiques ou tout au moins très voisins. Le comité technique de la carte du ciel entreprit de fixer très strictement les caractéristiques du futur instrument (uniquement des réfracteurs, distance focale de l’objectif de 3 m 43 et limite supérieure de son ouverture 0 m 33) [46][46] Charles Trépied, Commentaire des décisions prises par....

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Finalement la plupart des équatoriaux photographiques seront « du type Henry – Gautier utilisé à l’observatoire de Paris [47][47] Ileana Chinnici, La Carte du ciel : Correspondance... », à l’exception des variantes de Grubb à Dublin et de Repsold à Hambourg. Cette immense entreprise de coopération scientifique que fut la carte du ciel, se doublait donc d’une standardisation massive des techniques instrumentales. On assiste donc à des ruptures répétées dans la constitution du patrimoine instrumental de l’Observatoire. Les processus de transmissions sont complexes, mais mettent en évidence, au-delà d’une généalogie tortueuse, des coupures et des scissions profondes. Il n’existe pas d’unité instrumentale qui courrait du xviiie au xixe siècle. Le renouvellement imposé par les innovations techniques se double de contingences historiques favorisant la dispersion des instruments.

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La pratique instrumentale, elle aussi ne cesse de se modifier, la proximité du savant avec ses instruments s’estompe peu à peu et les programmes scientifiques internationaux entraînent une normalisation des outils.

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Il convient, au-delà de cette histoire du capital technique de l’observatoire de Toulouse, d’examiner plus précisément les pratiques d’observation mises en œuvre avec ces instruments et les résultats qu’ils ont permis d’obtenir. Ces questions feront l’objet d’un prochain article.

Notes

[*]

Jérôme Lamy, SYRTE, (Systèmes de référence temps espace), équipe histoire, Observatoire de Paris, 61, Avenue de l’Observatoire, 75014 Paris

[1]

Steven Shapin, Simon Schaffer, Léviathan et la pompe à air : Hobbes et Boyle, entre science et politique (Paris : La Découverte, 1993), 40.

[2]

Ibid., 41.

[3]

« Registre des délibérations de l’Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse », ms. du 14 avril 1733 (Arch. de l’Académie des sciences, inscriptions et belleslettres de Toulouse, I, f° 47).

[4]

« Registre des délibérations du Conseil de la bourgeoisie », ms. du 13 juillet 1734 (Arch. municipales de Toulouse BB 59, f° 216).

[5]

Ibid., f° 218 v°.

[6]

Antoine Darquier, Observations astronomiques faites à Toulouse (Avignon : chez J. Aubert, 1777) et Observations astronomiques faites à Toulouse, 2e partie. (Paris : chez Laporte, 1782).

[7]

« Procès verbaux des séances des états du Languedoc », ms. du 18 janvier 1741 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, C 2385, f° 74).

[8]

François Garipuy, Recueil d’observations astronomiques, Histoire et mémoires de l’Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, 1 (1782), 258-288.

[9]

M.D. Tournon, Notice sur Jérôme Hadancourt, Magasin encyclopédique ou journal des sciences, lettres et arts, 4 (1800), 357.

[10]

Frédéric Petit, Traité d’astronomie pour les gens du monde, I (Paris : Gauthier-Villars, 1866) et Traité d’astronomie pour les gens du monde, II (Paris : Gauthier-Villars, 1866)

[11]

Darquier, op. cit. in n. 6 (1777), ii.

[12]

Ibid., ii.

[13]

François Garipuy, « Mémoire lu dans une assemblée publique », ms. de 1738 (Arch. de l’Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, 8008832).

[14]

François Garipuy, Histoire de l’astronomie à Toulouse, Histoire et mémoires de l’Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres, 1, 1782, 52.

[15]

Darquier, op. cit. in. n. 6, iv.

[16]

Revue de l’académie de Toulouse et des autres Académies de l’Empire, 1, (1855), 187.

[17]

Frédéric Petit, introd., Annales de l’observatoire de Toulouse, 1 (1863), 12.

[18]

Guillaume Bigourdan, Histoire de l’astronomie à Toulouse de l’origine à la fondation de l’observatoire actuel, Annales de l’observatoire astronomique, magnétique et météorologique de Toulouse, 2, (1882), A6.

[19]

Jean Gabriel Riquet de Bonrepos, « Testament », ms. de 1790 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 3E Campmas n° 2117, 2e registre, f° 76-86).

[20]

Jean-Baptiste Delambre, « Lettre au ministre de l’Instruction publique » (1819) (Arch. départ. de l’Ariège, 4T 34).

[21]

Procès-verbal de l’assemblée de nos seigneurs des états généraux de la province de Languedoc (Montpellier : J. Martel aîné, 1783), 1.

[22]

Op. cit. in. n. 21, 3-4.

[23]

« Copie de l’inventaire des effets et instruments déposés à l’observatoire de Toulouse », ms. du 16 août 1822 (Arch. municipales de Toulouse, 7D 42).

[24]

Jean Vauthier, « Inventaire du mobilier de l’observatoire », ms. de 1835 (Arch. municipales de Toulouse, 7D 452).

[25]

Op. cit. in. n. 17, 4.

[26]

« Copie des Procès-verbaux de séances du Bureau des longitudes, ms. du 18 juillet 1838 » (Arch. municipales de Toulouse, 2R 95).

[27]

Petit, op. cit. in. n. 17, 7

[28]

« Lettre du ministre de l’Instruction publique et des beaux-arts à Benjamin Baillaud », 30 décembre 1889 (Arch. municipales de Toulouse, 2R 95).

[29]

« Lettre de Benjamin Baillaud au ministre de l’Instruction publique », 16 janvier 1881 (Arch. municipales de Toulouse, 2R 95).

[30]

Henry Bourget, Rapport de la mission organisée par l’université de Toulouse : Éclipse de Soleil du 28 mai 1900 (Paris : Gauthier-Villars, 1905), 2.

[31]

Benjamin Baillaud, « Inventaire des objets mobiliers de l’observatoire de Toulouse », ms. de 1908 (Arch. municipales de Toulouse, 2 R 116)

[32]

Joan Fujimora, Adele Clarke, La Matérialité des sciences : Savoir-faire et instruments dans les sciences de la vie (Marsat : Synthélabo Group, 1996), 41.

[33]

Darquier, op. cit. in n.6

[34]

Jacques Lévy, Connaissance du système solaire, in René Taton (éd.), La Science moderne de 1450 à 1800 (Paris : Presses Univ. de France, 1995), 496.

[35]

Garipuy, op. cit. in n.14, 55.

[36]

Jacques Vidal, « Description d’une nouvelle machine destinée à vérifier la division des instruments d’astronomie », ms. du 18 février 1779 (Arch. de l’Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, 8009382).

[37]

Histoire et Mémoires de l’Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, 1 (1830), 38.

[38]

« Lettre de Frédéric Petit à Antoine d’Abbadie », 24 juillet 1862 (Arch. du Château d’Abbadia, carton « Astronomie – Géodésie »).

[39]

Id., 10 décembre 1862 (Arch. du Château d’Abbadia, carton Astronomie – Géodésie).

[40]

Solange Grillot, Les Instruments des observatoires français au XIXe siècle : L’astronomie, vol. 101, (1997), 280.

[41]

Jean Carrère, « Notice individuelle », ms. de 1906 (Arch. municipales de Toulouse, 2R 126).

[42]

Lettre de Benjamin Baillaud à Jean Carrère, 1er décembre 1908 (Arch. municipales de Toulouse, 2R 129).

[43]

Lettre de Paul Gautier à Benjamin Baillaud, 18 décembre 1905 (Arch. municipales de Toulouse, 2R 87).

[44]

Lettre d’Auguste Fénon à Benjamin Baillaud, 18 décembre 1895 (Arch. municipales de Toulouse, 2R 92).

[45]

Congrès astrophotographique international tenu à l’Observatoire de Paris, pour le levé de la carte du ciel (Paris : Gauthier-Villars, 1887), 7.

[46]

Charles Trépied, Commentaire des décisions prises par les conférences internationales qui se réunirent à l’Observatoire de Paris en 1889 et 1891, pour l’exécution photographique d’une carte du ciel (Paris : Gauthier-Villars et fils, 1892), 7.

[47]

Ileana Chinnici, La Carte du ciel : Correspondance inédite conservée dans les archives de l’Observatoire de Paris (Palerme-Paris : Observatoire de Paris – Osservatorio astronomico di Palermo, GS Vaina, 2000), 8.

Résumé

Français

l’étude de l’usage et de la transmission des instruments scientifiques, envisagée à la fois dans la longue durée et dans le cadre de l’activité quotidienne de l’observatoire de Toulouse, permet de saisir des évolutions, des ruptures et des continuités dans l’appréhension des objets techniques. Les modes d’acquisition et de cession se repèrent grâce à la généalogie instrumentale. On note, à partir du xixe siècle, une accélération du renouvellement de l’arsenal technique. Parallèlement l’usage de ces instruments est profondément modifié. On assiste à une séparation de la science et de la technique, et à une standardisation des instruments.

Mots-clés

  • instruments
  • astronomie
  • observatoire
  • usage

English

SummaryThe study of the use and legacy of scientific instruments is considered both on a long-term basis and with respect to the daily activity of the observatory of Toulouse. It enables us to perceive evolutions, breaks and continuity in the understanding of technical objects. The manners of acquisition and transfer are identified by instrumental genealogy. From the 19th century on an acceleration in the renewal of technical tools can be observed. At the same time the use of instruments was deeply altered. One witnesses a separation between science and technology, as well as a process of standardization.

Keywords

  • instruments
  • astronomy
  • observatory
  • use

Plan de l'article

  1. Repères historiques sur l’observatoire de Toulouse
  2. Constitution de l’arsenal instrumental
    1. Éléments d’une économie technique
    2. Modes de transmission des outils techniques
    3. Le renouvellement de l’instrumentation
    4. Échanges et prêts d’instruments
  3. Discipliner les instruments
    1. Les astronomes et leurs outils techniques
    2. Ingénieurs et techniciens à l’œuvre
    3. Vers la standardisation des instruments

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