CAIRN.INFO : Matières à réflexion

Introduction

1La prématurité (naissance < 37 semaines d’aménorrhée) touche aujourd’hui plus de 8% des naissances. Ce chiffre, en augmentation, notamment avec le développement des procréations médicalement assistées et le recul de plus en plus tardif de l’âge de la première grossesse, suggère un accroissement des besoins de recherches sur les conséquences émanant de ce type de naissance avant terme. Les données qui en résultent conduisent à considérer aujourd’hui la prématurité, rupture précoce, comme engageant des étapes plus ou moins compliquées et difficiles pour les parents, que ce soit de l’ordre de la séparation, du deuil, ou encore de la rencontre. La présente étude s’inscrit dans cette lignée, avec pour objectif d’observer les caractéristiques de l’attachement des enfants nés prématurément, 22 à 24 mois après leur naissance, en lien avec d’éventuels symptômes d’état de stress post-traumatique (ESPT) antérieurs chez la mère. En utilisant une approche typologique de la diversité, les deux principales hypothèses sont les suivantes : persiste-t-il des symptômes d’état de stress post-traumatique, et une qualité particulière de l’attachement de l’enfant à sa mère, entre 22 et 24 mois après une naissance prématurée ? La troisième hypothèse de cette étude consiste à mettre en relation l’attachement de l’enfant et les symptômes d’ESPT de la mère. Ainsi, y a-t-il un lien observable entre les modalités d’attachement de l’enfant et les symptômes d’ESPT maternels ?

L’attachement de l’enfant

2L’attachement de l’enfant, notion-clé de la psychologie développementale de la seconde moitié du XXe siècle, a été formalisé dans la théorie de John Bowlby (1969), qui le décrit comme un système inné ayant une fonction adaptative. Sa contribution essentielle a été de reconnaître la nécessité biologique et psychologique, pour le nourrisson, de bénéficier d’un lien d’attachement précoce continu avec sa mère. L’attachement est alors considéré comme un besoin primaire et inné, au même titre que les autres besoins fondamentaux de la survie, mais qui a cependant une prééminence hiérarchique au début de la vie. Partageant l’idée selon laquelle l’attachement est un besoin primaire, Ainsworth développe la notion de pattern d’attachement, et propose un schéma de développement de l’attachement en cinq phases, suite à l’observation éthologique et anthropologique sur 28 bébés d’Uganda en 1954 (Ainsworth, 1967). Ces travaux sont une validation écologique de la théorie de Bowlby, et ont conduit au développement de la méthode expérimentale de la Situation étrange. Ainsworth parvient ainsi à distinguer trois catégories d’attachement différentes, fortement utilisées par la suite : sécure (Type B), insécure-évitant (Type A) et insécure-ambivalent/résistant (Type C). Bien que ces profils d’attachement ne soient pas en soi associés à un développement normal ou pathologique, ils déterminent un degré de vulnérabilité face aux éléments stressants. C’est en 1986 qu’est ajouté un quatrième type d’attachement, formalisé par des indices de désorganisation et de désorientation : l’attachement désorganisé-désorienté (Type D). Le DSM-IV-TR définit le « Trouble réactionnel de l’attachement de la première ou de la deuxième enfance », caractérisé par un « mode de relation sociale gravement perturbé », inhibé (difficultés ou incapacités dans les interactions sociales) ou désinhibé (difficultés dans la sélection d’une figure d’attachement), et par une « carence de soins adaptés ». Le DSM-IV-TR situe la carence de soins comme responsable de la perturbation de la relation sociale. Dans la Classification diagnostique de la santé mentale et des troubles du développement de la première et petite enfance DC : 0-3R (Link Egger, et al., 2009), un trouble de l’attachement serait inclus dans l’Axe II, portant sur les troubles dans la dynamique relationnelle.

3La désorganisation des comportements évolue avec le temps. Cependant, l’attachement de type D est considéré comme le plus vulnérable à la survenue d’une psychopathologie, les études longitudinales de Lyon-Ruth (2006) prédisent le futur des enfants avec ce type d’attachement, comme dépendant fortement de leur relation avec le donneur de soins. Davila (2005) a montré un lien entre attachement de type D et trouble anxieux ultérieur, en dégageant une vulnérabilité à l’anxiété et à des symptômes dépressifs.

4Des questionnaires directement dérivés de la Situation étrange voient le jour. Ceux-ci possèdent une validité écologique de par leur possible étude transculturelle et leur application plus large, ainsi qu’un coût moindre. Dans cette lignée, Waters et Deane (1985) ont élaboré l’« Attachment Q-Sort » (AQS), une des principales mesures « évolutive » de l’attachement. Ce protocole présenté en tri de cartes possède une bonne validité descriptive. La première version du Q-Sort, destinée aux enfants de 10 à 36 mois, émane directement de la conceptualisation théorique psychanalytique et éthologique de Bowlby et d’Ainsworth. Ce type de protocole concerne les représentations maternelles de l’enfant, et non une observation pure des comportements d’attachement. Utiliser les représentations maternelles est pertinent car cela permet de rendre compte des interactions personnelles entre la mère et l’enfant. De plus, les mères ont tendance à interpréter le comportement de leur enfant en fonction de leurs représentations, et l’enfant peut indirectement modifier son comportement en réponse à sa mère.

5Strayer, et al., (1995) proposent de transformer la procédure de choix forcé « tri de cartes » en une passation classique de type « échelle de Lickert », et développent un questionnaire à partir du Q-SET initial de Waters et Dean. Ces auteurs traduisent le test en français et travaillent avec les dimensions initiales.

Attachement et prématurité

6La périnatalité et l’attachement sont l’objet de l’intérêt croissant envers la sphère des premiers liens. La prématurité est un bouleversement dont de nombreux auteurs se sont saisis afin d’en appréhender les processus et de mesurer les facteurs de risques. Certaines études ont examiné les liens entre prématurité et type d’attachement de l’enfant. Par exemple, la gravité des complications médicales accroît le risque de développer un attachement insécure (Laganière, Tessier, et Nadeau, 2003). Les enfants prématurés, plus dépendants par leur fragilité physique, développent un attachement moins sécure qu’un enfant né à terme, et encore moins sécure dans le cas de naissance prématurée accompagnée d’un risque néonatal élevé. Les mêmes auteurs soulignent le rôle médiateur des perceptions maternelles vis-à-vis de l’enfant : plus l’âge gestationnel des prématurés est avancé, plus la mère perçoit son enfant positivement. De plus, ces perceptions sont corrélées positivement à la sécurité d’attachement (évalué par la méthode du Q-SET).

7Le développement socio-émotionnel du fondement de l’attachement du nourrisson est non seulement lié au type de naissance, mais aussi et surtout à l’environnement affectif primaire. En effet, la prématurité, nécessitant des soins médicaux et un environnement stérile, implique une séparation précoce du nourrisson d’avec ses parents. Dans leur étude, Weiss, et al., (2000) ont pointé le rôle significatif du toucher maternel (baisers, étreintes et caresses, notamment lors du nourrissage) sur le développement d’un attachement sécure (évalué par le Q-SET) chez les enfants nés prématurément. Ce lien revêt une importance particulière pour ces enfants, du fait de leur vulnérabilité et leur isolement.

8L’état du développement de l’attachement chez le nourrisson de 22 à 24 mois s’inscrit dans une période durant laquelle de nombreux changements sont observés, notamment du fait de la prise d’autonomie physique par l’acquisition de la marche. L’enfant peut contrôler lui-même la proximité et la distance d’avec la figure d’attachement. C’est durant cette période que la base de sécurité se cristallise. La présente recherche a pour objectif d’introduire la variable prématurité dans le développement de cette base de sécurité de l’attachement, avec pour hypothèse une influence de la prématurité sur le développement du type d’attachement de l’enfant à sa mère, entre 22 et 24 mois après la naissance.

La sensibilité maternelle

9Le besoin de se développer en présence d’un autre a été le moteur des recherches sur l’attachement. Les soins maternels ont été reconnus par les théoriciens de l’attachement comme facteurs de la qualité du lien d’attachement. Winnicott (1958) parlait de l’impact des soins parentaux et de la sensibilité maternelle sur la construction du soi du nourrisson (la mère suffisamment bonne), et a introduit les concepts de « holding » et « handling ». Grossmann (1998) lie le besoin de sécurité de l’enfant à la sensibilité maternelle. La fonction de prendre soin est dépendante de l’attachement et de la motivation maternelle, elle-même inéluctablement liée à la responsabilité et au sentiment de culpabilité qui peuvent se mettre en place, notamment lors d’une naissance prématurée.

10Bowlby a introduit la notion d’un système motivationnel maternel : le « caregiving » (fonction de prendre soin), explicité par Georges et Solomon (1999) comme un système réciproque de l’attachement de l’enfant. Les définitions autour de cette notion portent sur la capacité maternelle à saisir et à déchiffrer les signaux et à répondre de manière adéquate aux besoins d’attachement de l’enfant. Ainsworth (1969), à partir d’observations cliniques, a établi les échelles de sensibilité maternelle, afin de situer la mère sur différents domaines, comme la sensibilité aux signaux de l’enfant ou l’acceptation de ses besoins.

L’état de stress post-traumatique

11En psychopathologie, l’ESPT fait partie intégrante des trouble anxieux. Il est décrit dans le DSM-IV-TR comme un ensemble de trois catégories de symptômes en réaction à l’exposition à un événement traumatique : la reviviscence de l’événement traumatique, les symptômes d’évitement, l’activation neurovégétative ou l’hypervigilance.

12La notion d’ESPT s’est élargie depuis ses premières descriptions après la Seconde Guerre mondiale, accordant de plus en plus d’importance au vécu subjectif stressant de l’individu lors de l’exposition à un événement. L’évolution de ce concept permet d’y inclure de nombreux événements divers, comme les accouchements difficiles et la période périnatale, ainsi rapporté dans une récente méta-analyse de 36 études (Denis et Callahan, 2009). Il est important de distinguer l’ESPT du stress parental mis en évidence par Abidin (1990), qui est relié au domaine de l’éducation de l’enfant et au sentiment du parent d’être à la hauteur, soit à la responsabilité parentale. Ce stress est dépendant du quotidien, alors que l’ESPT concerne plutôt le vécu d’une situation particulière.

13Depuis le début des années 2000, le lien entre l’ESPT parental et la prématurité a fait l’objet de nombreuses recherches. Demier, et al., (1996) ont montré l’existence de conséquences émotionnelles chez la mère, dans le cas d’une naissance à risque périnatal élevé. La plupart des mères, dont l’enfant a été hospitalisé en néonatalogie, présentent significativement un degré plus important de symptômes d’ESPT que les mères dont l’enfant n’a pas été hospitalisé. Les traitements et l’invasion médicale peuvent être très perturbants pour les parents. D’autres travaux récents ont également introduit le poids de naissance comme facteur de risque de stress post-traumatique (Ahlund, Clarke, Hill, et Thalange, 2009). Ce stress serait en lien avec le développement fragile de l’enfant né avant terme, ainsi que le vécu difficile de l’accouchement et ses suites. De manière générale, la réaction parentale à la naissance prématurée est liée à la sévérité du risque postnatal, d’après Borghini, et al., (2006).

14DeMier, et al., (2000) ont élaboré le « le Perinatal Posttraumatic Stress Disorder Questionnaire » (PPQ). La validation française de cet outil a été réalisée par Pierrehumbert, et al., (2004). Ce test tient compte des trois composantes de l’ESPT présentes dans le DSM (évitement, reviviscence, hypervigilance) ainsi qu’une question sur le sentiment de culpabilité. En se référant aux études de validation de cet outil, un score total « seuil » est donné comme approximation d’un ESPT selon le DSM. La présente recherche s’inscrit dans cette volonté de percevoir le lien entre symptômes d’ESPT maternels et vécu de prématurité, à plus long terme, soit entre 22 et 24 mois après la naissance. Pierrehumbert (2003) a recherché la présence de symptômes d’ESPT chez les parents d’enfants prématurés. Il observe un indice de réactions post-traumatiques avec le PPQ à 18 mois plus élevé chez les parents d’enfants prématurés que chez les parents d’enfants nés à terme. De plus, les mères et les pères réagissent différemment à la prématurité. Les pères sont très sensibles à la sévérité de la prématurité, tandis que les mères ont tendance à développer des symptômes d’ESPT dès lors qu’elles se trouvent confrontées à la prématurité en soi (Gamba Szijarto, et al., 2009).

15Une étude de 2004 (Müller-Nix, et al.) a permis de souligner l’impact de l’expérience traumatique maternelle après la prématurité sur les interactions ultérieures avec 72 enfants âgés de six puis de dix-huit mois. Les mères présentent moins de sensibilité maternelle et plus de contrôle à six mois, tandis que les comportements d’interaction mère-enfant à dix-huit mois sont corrélés à l’ESPT maternel.

16Peu de recherches examinent l’enfant prématuré au-delà de dix-huit mois. C’est pourquoi, la présente étude recherche les liens entre la qualité de l’attachement de l’enfant et les symptômes d’ESPT de la mère à deux ans.

17Les recherches publiées depuis le début du siècle parviennent à un consensus sur la nécessité de porter une attention particulière durant la période d’établissement des premiers liens, à savoir les premières semaines de l’enfant et le passage en néonatalogie. Dans cette lignée et suite à la mise en place d’objectifs de santé nationaux, certaines institutions ont vu le jour sous la forme de suivi ou même de travail en réseau. Le Réseau Naître et Devenir en région Rhône-Alpes (2003), auprès duquel la présente recherche est notamment menée, s’inscrit dans cette priorité d’un accompagnement parental spécifique, à travers un suivi médical de l’enfant, de sa naissance à sa scolarisation, dans le but d’harmoniser les soins autour de l’enfant.

Méthodologie

Participants

18Deux-cent soixante et une mères, de toute la France, ont répondu au questionnaire disponible sur internet, via des forums. De plus, douze mères, suivies dans le réseau Naître et Devenir de Grenoble, ont répondu au même formulaire sous la forme papier. Les critères d’inclusion sont : être mère d’enfant prématuré, qui a entre 22 et 24 mois d’âge corrigé au moment de la passation. Le groupe contrôle est constitué de mères d’enfants du même âge, mais non prématurés. Sur les 273 participantes totales, 70 ne correspondaient pas aux critères d’inclusion, notamment l’exigence de l’âge de l’enfant. L’échantillon restant a ensuite été réduit (données manquantes, incompréhension des consignes dans le remplissage en ligne, sélection aléatoire lors de jumeaux, appariement des sujets sur le sexe et l’âge de l’enfant) pour former un groupe final de n = 76 participantes.

Tableau 1

Caractéristiques de la population d’étude

Tableau 1
Prématurés Groupe contrôle N/population 38 38 Sexe (garçons/filles) 25/13 24/14 Age de la mère (années) 32,29 (5,3) 29,11 (4,1) Age gestationnel (semaines) 33,11 (2,8) 39,87 (1,2) Age de l’enfant (mois) 22,79 (0,74) 22,82 (0,72) Mères actives 31/38 29/38 Durée d’hospitalisation du bébé (jours) 31,13 (29,55) 4,55 (1,35) Durée d’hospitalisation de la mère (jours) 15,71 (21,99) 4,53 (1,42) Mères vivant seules 12/38 10/38 Premier enfant 19/38 28/38 Grossesse multiple 8/38 0/38

Caractéristiques de la population d’étude

Note : les écart-types sont donnés entre parenthèse.

Instruments

19Le PPQ de Demier, et al., (2000), adaptation française de Pierrehumbert, et al., (2004). Le PPQ, auto-évaluatif, est spécifique à la naissance à risque, et présente de bonnes qualités psychométriques ainsi que des corrélations élevées avec d’autres outils de mesure d’ESPT, comme l’IES (Impact of Events Scale 2002) : r = 0, 78 ; n = 140 (p < 0,001), qui n’est pas spécifique à un événement particulier de la naissance. Le PPQ tient compte des trois composantes de l’ESPT définies par le DSM-IV-TR : l’évitement, la reviviscence et l’hyperéveil. Ce test comporte également une dimension supplémentaire portant sur le sentiment de culpabilité. Ce test permet de fournir un indice de stress post-traumatique sur une échelle de 0 à 14.

20Le questionnaire Q-SET (Waters et Deane, 1985) version brève de Strayer (2004). Ce questionnaire auto-évaluatif de 35 items, rempli par la mère, fournit un éventail pertinent sur les stratégies d’attachement dominantes de l’enfant. Conçu sur une échelle de Lickert en sept points allant de pas caractéristique à très caractéristique, la mère renseigne ainsi des comportements perçus de son enfant. La validité du Q-SET pour les enfants d’âge préscolaire a été confirmée plus récemment, par les travaux de Moss, Bureau, Chantal, et al., (2006), étudiant la convergence entre le Q-SET et d’autres outils de mesure de l’attachement sur 152 enfants ou encore Feldstein (2004) sur la sphère postnatale, en mettant en avant les sentiments parentaux pour le développement de la base sécure de l’enfant.

Procédure

21La diffusion des questionnaires en ligne a été réalisée entre janvier et mars 2011 sur Google Document. Les mères du réseau Naître et Devenir ont été contactées par téléphone, puis après acceptation, un exemplaire du questionnaire leur a été envoyé à domicile. Elles ont eu pour consigne de le rapporter au réseau lors de leur prochain rendez-vous.

22La confidentialité des résultats et l’anonymat des participantes ont été préservés.

23Les analyses en regroupement hiérarchiques ont été réalisées avec la Ward method, qui consiste à choisir, en étapes, un regroupement de classes, et constitue une méthode efficace de classification ascendante hiérarchique (Saporta, 2006).

Résultats

Prématurité et attachement

24Les fiabilités par dimension originale du Q-SET sont les suivantes : réponse différentielle : alpha = 0,769, proximité : alpha = 0,695, autonomie : alpha = 0,667, sociabilité : alpha = 0,589, sensibilité sociale : alpha = 0,474, affect positif : alpha = 0,439, endurance : alpha = 0,164. Cette dernière composante a été conservée suite à l’observation d’un alpha plus élevé dans le groupe de mères d’enfants prématurés (alpha = 0,256) que dans le groupe contrôle (alpha = 0,064). L’analyse de variance a permis de montrer une différence significative de modalités d’attachement selon le statut de naissance : le score centré réduit à la dimension « proximité » est de -0,23 pour les mères d’enfants non prématurés et de 0,23 pour les mères d’enfants prématurés (F = 4,293 ; ddl = 2,75 ; p < 0,05), qui perçoivent leur enfant comme plus proche. La dimension « sensibilité sociale » révèle également une différence significative entre les deux échantillons, avec un score centré réduit de -0,26 chez les mères d’enfants non prématurés, et de 0,26 pour les mères d’enfants prématurés (F = 5,356 ; ddl = 2,75 ; p < 0,05).

Figure 1

Moyenne des scores centrés réduits des dimensions de l’attachement en fonction du cluster d’appartenance

Figure 1

Moyenne des scores centrés réduits des dimensions de l’attachement en fonction du cluster d’appartenance

25L’analyse en regroupement hiérarchique des représentations maternelles de l’attachement de leur enfant avec la Ward method a permis de regrouper quatre profils distincts, différenciés sur la base des réponses du Q-SET et selon les dimensions de Strayer. En se basant sur les scores critères, le premier cluster se caractérise par : pas de dépendance ni de sécurité et peu de sociabilité ; le second est dépendant, sécure et sociable ; le troisième n’est pas du tout dépendant, très sécure et très sociable ; et le quatrième est peu dépendant, très sécure et très sociable. Les deux analyses en regroupements hiérarchiques se rejoignent sur leurs distinctions en profils.

26L’observation de la répartition de l’échantillon d’étude selon le cluster d’appartenance et le statut de naissance montre que le cluster « sécures dépendants » se différentie fortement en fonction du statut de naissance, avec dix mères d’enfants prématurés contre cinq d’enfants nés à terme. Les « sécures sensibles » et les « insécures » sont répartis équitablement dans les deux groupes. Dans l’échantillon, sept enfants peuvent être considérés comme insécures.

Prématurité et état de stress post-traumatique

27Les résultats obtenus au test PPQ sur les quatorze items présentent une cohérence générale suffisante (alpha = 0,648). La dimension la plus pertinente avec l’analyse de fiabilité est la reviviscence (alpha = 0,509). Cette dimension est d’autant plus cohérente selon le groupe d’appartenance : mères d’enfants prématurés : alpha = 0,540, mères d’enfants nés à terme : alpha = 0,253. Les autres dimensions ne présentant pas de si grand écarts de cohérence, le vécu maternel de prématurité présente donc une importance sur la dimension reviviscence.

28Les résultats observés montrent la présence de liens entre la prématurité et les symptômes d’ESPT, confirmant les apports théoriques. Le score moyen obtenu au test PPQ est de 2,29 pour les mères d’enfants nés à terme, et de 3,89 pour les mères d’enfants prématurés. Plus le terme en semaines d’aménorrhées est court, plus la fréquence d’observation d’un ESPT est élevée : r = -0,388 (p < 0,01). L’analyse de variance montre une différence significative entre le score d’ESPT et le statut de naissance (F = 9,651 ; ddl = 2,75 ; p = < 0,01). Sur l’échantillon d’étude, les huit mères présentant un ESPT (score total obtenu au PPQ supérieur à 6) ont donné naissance à un enfant prématuré. De plus, 71% des mères d’enfant non prématurés n’ont aucun symptôme d’ESPT (contre 42%). L’analyse de variance par anova a permis de mettre en avant une différence significative entre les deux populations concernant les dimensions reviviscence (F = 8,305 ; ddl = 2,75 ; p < 0,01) et évitement (F = 5,953 ; ddl = 2,75 ; p < 0,05). Ces données sont accompagnées d’une corrélation significative entre la durée d’hospitalisation de l’enfant et le score d’ESPT : r = 0,336 (p < 0,01), et plus particulièrement avec la dimension reviviscence : r = 0,403 (p < 0,01).

29La corrélation entre l’item « le sentiment de culpabilité » et le type de naissance est significative : r = 0,383 (p < 0,001). Ainsi, 44,74% des mères d’enfants prématurés ont répondu « oui » à l’item sentiment de culpabilité, contre 10,54% des mères d’enfants nés à terme.

Tableau 2

Effectif dans chaque cluster d’état de stress post-traumatique (ESPT) en fonction du statut de naissance

Tableau 2
Statut de naissance Cluster stress Non prématuré Prématuré Total Aucun symptôme d’ESPT 27 16 43 Symptômes d’ESPT sans évitement 11 15 26 Nombreux symptômes d’ESPT 0 7 7 Total 38 38 76

Effectif dans chaque cluster d’état de stress post-traumatique (ESPT) en fonction du statut de naissance

30L’analyse des résultats émanant d’une classification hiérarchique des profils des mères sur les dimensions du stress post-traumatique a permis de dégager trois regroupements en fonction des symptômes d’ESPT. Le premier cluster est caractérisé pas des mères ne présentant aucun symptôme d’ESPT n = 43, seize ont eu un enfant prématuré. Le second cluster est composé de mères présentant des symptômes d’ESPT mais sans la dimension évitement n = 26, quinze ont eu un enfant prématuré. Le troisième cluster inclut les mères présentant de nombreux symptômes d’ESPT n = 7. Les mères de ce troisième groupe ont toutes eu un enfant prématuré. Le Khi-deux de Pearson Khi2 = 10,429 ; ddl = 2,75 (p < 0,01) a permis de conclure à une différence significative du statut de naissance en termes de ces clusters. Sur 38 mères d’enfants prématurés, 22 se situent dans un cluster dont les particularités vont dans le sens d’une approximation d’un ESPT.

Attachement et état de stress post-traumatique

31Dans l’échantillon global, le score obtenu au PPQ est corrélé avec la dimension sensibilité sociale (r = 0, 309 ; p < 0,01). La moyenne obtenue à cette dimension est de 4,588 pour les mères sans d’ESPT, et de 5,4 pour celles présentant un ESPT. Plus le score d’ESPT est élevé, plus la mère perçoit son enfant comme sensible. L’analyse de variance montre une différence significative entre ces deux groupes (F = 6,103 ; ddl = 2,75 ; p < 0,05). Lorsque la variable prématurité est incluse, ce lien devient plus important : dans le groupe de mères d’enfants prématurés r = 0,621 (p < 0,01). La sensibilité sociale est corrélée aux trois dimensions du PPQ, à savoir la reviviscence : r = 0,481 (p < 0,01), l’évitement : r = 0,443 (p < 0,0), et l’hypervigilance : r = 0,415 (p < 0,01).

32Le tableau 3 montre que la répartition n’est pas homogène : elle est plus étalée dans le groupe de mères d’enfants prématurés que dans le groupe de mères d’enfants nés à terme. Dans ce dernier, presque la moitié des mères sont rassemblées dans « Aucun symptôme d’ESPT*Sécure indépendant » (16/38), contre 6/38 dans le groupe de prématurés. La dernière analyse hiérarchique de l’étude concerne un regroupement des mères en fonction de l’ensemble de leurs résultats en termes d’attachement et d’ESPT.

Tableau 3

Effectifs selon le cluster d’état de stress post-traumatique et le cluster d’attachement dans chaque groupe

Tableau 3
Cluster ESPT Cluster attachement Aucun symptôme Symptômes Nombreux d’ESPT d’ESPT sans évitement symptômes d’ESPT Prématurés n = 38 Sécure indépendant 6 6 4 Insécure 1 1 1 Sécure dépendant 6 4 – Sécure sensible 3 4 2 Non prématurés n = 38 Sécure indépendant 16 4 – Insécure 2 2 – Sécure dépendant 4 1 – Sécure sensible 5 4 –

Effectifs selon le cluster d’état de stress post-traumatique et le cluster d’attachement dans chaque groupe

ESPT : état de stress post-traumatique.
Figure 2

Moyenne des scores centrés réduits en fonction du regroupement attachement-état de stress post-traumatique (ESPT)

Figure 2

Moyenne des scores centrés réduits en fonction du regroupement attachement-état de stress post-traumatique (ESPT)

33Cette analyse a permis de créer trois clusters distincts sur les bases des types d’attachement et des symptômes d’ESPT illustrés dans la figure 3. Il existe une différence d’effectifs significative de ce regroupement, en termes des analyses en clusters précédents sur l’attachement Khi2 = 31,778 ; ddl = 6,75 ; p < 0,01 et sur l’ESPT Khi2 = 17,416 ; ddl = 6,75 ; p < 0,01. Ainsi, vingt mères d’enfants prématurés présentent des symptômes d’ESPT importants, et décrivent leur enfant comme sensible et sociable, contre douze mères d’enfants non prématurés. En revanche, selon les résultats, un léger ESPT combiné avec l’insécurité de l’enfant concerne plus les mères d’enfants nés à terme n = 10 que les mères d’enfants prématurés n = 6.

Discussion

34A deux ans, le processus de développement du type d’attachement s’est mis en place dans l’échantillon. Les études précédentes ont repéré une insécurité chez l’enfant prématuré jusqu’à seize mois d’âge corrigé, or la présente étude se situe entre 22 et 24 mois d’âge corrigé. L’insécurité n’est pas ressortie comme émanant de manière significative de la prématurité dans cette étude. Il est intéressant de relever cependant le type de sécurité retrouvé chez les prématurés, à savoir les enfants perçus comme « sécures dépendants ». Ce constat peut être une conséquence de la séparation longue et précoce du nourrisson d’avec sa mère à la naissance, qui souhaite ensuite le garder au plus proche d’elle, comme une protection, l’accompagnant dans son exploration de l’environnement. Cependant, les mères des enfants « sécures dépendants » ne présentent pas d’ESPT proprement dit, mais plutôt des symptômes portés sur l’hypervigilance. La dimension sensibilité sociale est rapportée plus importante par les mères d’enfants prématurés, ce qui peut être le fruit d’un désir pour la mère de compenser la prématurité de leur enfant par une capacité à percevoir les émotions des autres. Ainsi, dans le groupe de mères d’enfants prématurés, 53% des mères présentent des symptômes partiels d’ESPT et perçoivent leur enfant comme sensible et sociable. La perception maternelle est fortement impliquée dans cette étude, notamment lorsqu’un ESPT est observé. Les mères présentant un ESPT proprement dit ont toutes eu un enfant prématuré. De plus, comme attendu, les résultats au score global au PPQ sont significativement plus élevés lors de prématurité, et augmentent avec la gravité de la prématurité. La reviviscence et l’évitement sont les dimensions les plus flagrantes en cas d’ESPT, ce qui rejoint la littérature sur le vécu de la prématurité. De plus, la dimension sentiment de culpabilité entre en compte dans cette population. En effet, il n’est pas rare de rencontrer des mères qui ressentent de la culpabilité suite à la naissance prématurée de leur enfant. Lorsque le score seuil d’ESPT n’est pas atteint, c’est surtout l’hypervigilance qui est rapportée par les mères d’enfants prématurés. Il est à noter que plus de la moitié des mères de ce groupe présentent des symptômes d’ESPT. Ce constat à 24 mois montre la nécessité d’un suivi de la mère afin qu’elle arrive à dépasser ces difficultés. Les résultats des mères d’enfants du réseau étudiées dans cette recherche n’offrent pas d’effet significatif de ce type de suivi, peut-être de par le fait qu’elles représentaient une très faible proportion de l’échantillon total. La suite logique de cette recherche serait d’étudier les effets des réseaux de suivi à plus grande échelle sur le développement de la sécurité d’attachement de l’enfant, et des symptômes d’ESPT maternels. Diverses formes de programmes d’interventions pour les enfants prématurés ont par ailleurs déjà été étudiées (Feldman, 2002).

Conclusion

35La prudence dans l’interprétation des résultats ci-dessus doit être appliquée, du fait du type de passation en questionnaire auto-évaluatif. Il est important de discerner les différences entre les perceptions maternelles et la réalité observée. La question de la pertinence du sens du lien de la corrélation est alors posée : les résultats observés correspondent-ils à une réponse de l’enfant aux différents symptômes de l’ESPT maternel, ou bien sont-ils une réponse de la mère au type d’attachement de l’enfant ? Il serait pertinent de contrôler ces résultats en les confrontant à une passation non auto-évaluative, dans une étude ultérieure. De plus, la question de la personnalité de la mère pourrait être abordée, ce qui pourrait expliquer certains résultats de cette étude, par exemple en observant la présence d’une éventuelle dépression du post-partum (Chabrol, 1998). La question de la place du père se doit elle aussi d’être posée, quant à son rôle et son ressenti lors de la naissance prématurée. Enfin, cette étude se situe à un moment-clé de la vie de l’enfant, lorsqu’il acquiert son autonomie. La question de l’avenir de ces dyades se pose aussi, de savoir de quelle manière vont se développer les relations et les difficultés maternelles observées ? Cette étude a permis de souligner que le nourrisson prématuré et sa mère présentent encore à deux ans des particularités liées au statut de la naissance. La prématurité implique que la mère se trouve confronté à différentes adaptations et deuils auxquels elle devra faire face, comme le deuil de « l’enfant idéal », de la fin de grossesse, ou encore de l’enfant « normal ». Cet enfant, qui s’éloigne de « l’enfant imaginaire » projeté et investi par ses parents, doit prendre sa place, par des processus souvent compliqués et difficiles pour ces parents fragilisés, qui ont alors besoin d’être accompagnés dans cette étape. Les résultats de la présente étude, qui illustrent la perception des mères présentant un ESPT sur leur enfant comme peu dépendant et autonome, renforcent l’idée de l’importance de l’accompagnement et du suivi de ces mères et de leurs enfants, pour pallier à ces difficultés au-delà de la petite enfance.

Français

De nombreuses études précédentes ont montré que la prématurité pouvait être la cause de conséquences psychologiques particulières chez l’enfant et chez le parent, et qu’un suivi précoce était utile. La présente recherche a pour but d’étudier la symptomatologie de l’état de stress post-traumatique maternel, ainsi que le type d’attachement de l’enfant lors d’une naissance prématurée, à l’âge de deux ans. 76 mères sont réparties en deux groupes équivalents, en fonction du statut de naissance de leur enfant : à terme ou prématuré. Elles ont rempli le questionnaire Q-Set Attachment de Waters et Deane, 1985, dans la version brève de Strayer (2004), en autoévaluation, pour évaluer la qualité d’attachement de l’enfant à sa mère, et le « Perinatal Posttraumatic Stress Disorder Questionnaire » pour distinguer les symptômes d’état de stress post-traumatique. La particularité de cette recherche est le choix de l’étude des représentations maternelles.
Les résultats confirment le lien entre la prématurité et l’état de stress post-traumatique maternel à deux ans. Toutes les mères présentant un état de stress post-traumatique ont donné naissance à un enfant prématuré. La typologie d’attachement de l’enfant né prématurément à sa mère est marquée par la perception maternelle d’une certaine proximité et sensibilité sociale. Les enfants prématurés sont décrits par leur mère comme moins autonomes que les enfants nés à terme. Les résultats montrent également un lien entre le stress post-traumatique maternel et la qualité d’attachement de l’enfant : plus la mère présente un état de stress post-traumatique important, plus elle perçoit son enfant comme sensible. Cette recherche en psychopathologie développementale s’inscrit dans une volonté d’améliorer le bien-être des mères d’enfants prématurés, à travers la sphère du soin au sens large.

Mots-clés

  • prématurité
  • état de stress post-traumatique
  • attachement

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    E-mail : manonabergel@yahoo.fr
Teresa Blicharski [2]
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Mis en ligne sur Cairn.info le 29/04/2013
https://doi.org/10.3917/dev.131.0049
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