Accueil Revues Revue Numéro Article

Dix-septième siècle

2006/1 (n° 230)


ALERTES EMAIL - REVUE Dix-septième siècle

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 151 - 164 Article suivant
1

Qui est Georges Buffequin ? Si, depuis Eugène Rigal [1][1]  Quelques archives attestent qu’il habite, au moins... et Auguste Jal [2][2]  A. Jal, Dictionnaire critique de biographie et d’histoire (...),..., nous savons que c’était un artiste du premier quart du XVIIe siècle, en revanche, son rôle précis dans la vie artistique parisienne était plus obscur. Seule Hélène Visentin [3][3]  H. Visentin, « Décorateur à la cour et à la ville :... a su lui donner un éclairage nouveau.

2

Grâce à la découverte de nouvelles archives, il est dorénavant possible d’établir avec plus de certitude la vie artistique de ce personnage, ainsi que celle de quelques artistes qui ont collaboré avec lui ou qui étaient présents dans ce même type d’activité : la décoration éphémère de théâtre ou de spectacles publics sous le règne de Louis XIII.

3

L’investigation dans les documents d’archives du XVIIe siècle a eu pour point de départ un manuscrit de la Bibliothèque nationale de France communément appelé le Mémoire de Laurent Mahelot qui présente notamment quarante-sept dessins à la pointe noire avec des rehauts au lavis [4][4]  M. Bayard, Les dessins du Mémoire de Laurent Mahelot..... Jusqu’à nos découvertes, Laurent Mahelot était présenté comme le créateur de ces croquis. Or, si l’on considère que ces dessins ont été réalisés par un artiste, hypothèse jusqu’à présent totalement écartée, on ne trouve strictement aucun document qui pourrait valider l’hypothèse d’un Mahelot artiste peintre-scénographe [5][5]  L’ouvrage d’Alan Howe (Le théâtre professionnel à.... En revanche, si l’on recoupe les différents éléments d’archives, il semble quasiment indubitable que Georges Buffequin ait été le créateur de ces dessins.

4

La plupart des enquêtes menées sur le Mémoire de Laurent Mahelot ont considéré les dessins du manuscrit comme étant de piètre qualité, produits par un artiste sans intérêt. Les études se sont donc concentrées essentiellement sur le lieu de production des décors, c’est-à-dire sur le théâtre de l’Hôtel de Bourgogne de la rue Mauconseil. Les chercheurs, pour la plupart, ont négligé les personnes responsables de ces feintes [6][6]  À l’exception de l’ouvrage d’E. Rigal et de l’article... en n’accordant pas à ces croquis la place qui leur revenait dans l’histoire des arts (théâtre et peinture).

5

C’est une opération inverse qu’il fallait conduire : considérer les dessins du Mémoire de Laurent Mahelot comme de véritables œuvres. Il s’agissait donc de découvrir qui se cachait derrière ces croquis. Le nom de Buffequin est un point de départ important et la découverte de nouveaux documents permet de risquer une réattribution. Les premiers indices sur la vie de Georges Buffequin ont été proposés par Auguste Jal [7][7]  Jal, Dictionnaire critique..., op. cit., p. 293 :... en 1871. Presque toutes les sources d’archives retrouvées jusqu’ici confirment les notes de l’érudit [8][8]  Pour des éléments plus précis, notamment la transcription....

LA VIE FAMILIALE DE GEORGES BUFFEQUIN ET SON ENTOURAGE PROFESSIONNEL

6

La première pièce exhumée est un contrat de mariage, daté de février 1607 [9][9]  Minutier central, étude XXXV, liasse 55 (MC, ET/X..., entre Antoine Marin et Denise Buffequin [10][10]  Elle aura deux enfants de ce premier mariage. Après..., sœur de Georges Buffequin. Les deux enfants (Denise et Georges) ont pour père Pierre Buffequin, tonnelier, et pour mère Magdeleine Olen. Un autre document [11][11]  MC, ET/XXXV/59. Il s’agit d’un acte de vente entre... du 8 juin 1609 précise que le père demeure « à Fresnoys en Beauvoisie », en Picardie, probablement la région de provenance des Buffequin.

7

Georges Buffequin habite très tôt le quartier Montorgueil, à proximité du quartier des Halles et de l’Hôtel de Bourgogne situé rue Mauconseil. Il demeure en 1608 rue Saint-Sauveur et, en 1609, il est déclaré habiter rue Saint-Denis. Quelques années plus tard, en 1626 [12][12]  MC, ET/XV/41., Georges Buffequin s’installe rue Montorgueil. Enfin, un document de 1630 [13][13]  MC, ET/XXX/208. révèle qu’il vit rue Beaurepaire, paroisse Saint-Sauveur, comme l’indique Jal. Ce n’est que vers la fin de sa vie (à partir de 1635) qu’il réside au Palais-Cardinal, auprès de Richelieu.

8

Georges Buffequin se marie deux fois et il aura deux enfants de chaque mariage. La première union a lieu vers 1605 avec Antoinette Finette (ou Fins) qui va lui donner deux filles [14][14]  MC, ET/CV/178.. La cadette, Marie, épouse Simon Marain en mars 1630 [15][15]  MC, ET/XXX/208.. Le destin de l’aîné, Jeanne, est plus révélateur du milieu social de Buffequin. En 1626, elle épouse Robert Guérin (1554-1634) dont Sauval, au XVIIIe siècle, dresse un portrait peu flatteur du marié, tout en étant réservé sur Jeanne :

Robert Guerin, dit la Fleur & Gros-Guilaume, après avoir été long-tems Boulanger, devint farceur à l’Hotel de Bourgogne, & prit le nom de la Fleur à cause de son premier métier. En changeant de condition il ne changea point de mœurs, ce fut toujours un gros ivrogne : avec les honnêtes gens une ame basse & rampante. Son entretien étoit grossier, & pour être de bel humeur il falloit qu’il grenouillât ou bût chopine avec son compere le Savetier dans quelque Cabaret borgne. Il n’aima jamais qu’en bas lieu, & se maria en vieux pécheur sur la fin de ses jours, à une fille assés belle & déjà âgée [16][16]  Henri Sauval, Histoire et recherche des antiquités....

9

Par ce mariage [17][17]  MC, ET/XV/41., à l’époque duquel Jeanne devait avoir environ 20 ans, Georges Buffequin se rattache à l’un des plus illustres comédiens de l’Hôtel de Bourgogne qui devient vers 1622, et jusqu’à sa mort, le directeur de la troupe des Comédiens du roi. Mlle La Fleur, actrice qui figure dans des ouvrages publiés en 1633 (les Chansons de Gaultier-Garguille et la Comédie des comédiens de Gougenot), est sans nul doute Jeanne Buffequin [18][18]  A. Howe, Le théâtre professionnel..., op. cit., p. 107.....

10

Après le décès d’Antoinette Finette, survenu à une date inconnue, Georges Buffequin épouse Marie Bouquillon (ou Boquillon) le 22 mai 1609 [19][19]  MC, ET/CV/178.. Deux enfants naissent de ce second mariage. Selon Auguste Jal, qui donne quelques précisions sur sa vie [20][20]  A. Jal, Dictionnaire critique..., op. cit., p. 293 :..., le premier, Denis, est né le 18 février 1616 ; tandis qu’un an plus tard, en 1617, Françoise, la troisième fille de Georges Buffequin, est baptisée à Paris. Elle épouse également un comédien, Jean-Jacques Cordonnier (dit Bel-Air [21][21]  A. Howe, op. cit., p. 139.), le 24 avril 1633 [22][22]  MC, ET/XV/81.. Denis [23][23]  En 1645, Denis semble toujours habiter la paroisse... aura plusieurs enfants dont les parrains ont pour origine sociale le milieu théâtral, la bourgeoisie et l’aristocratie [24][24]  Fichier Laborde, BNF, Nouvelle Acquisition française 12060,.... Par ailleurs, il semble avoir été présent au théâtre du Marais dès 1654 pour la création de l’Andromède de Pierre Corneille. Pour la tragédie des Amours de Jupiter et de Sémélé de l’abbé Boyer, représentée sur le même théâtre en 1666, Subligny fait l’éloge du travail du machiniste [25][25]  « Curieux, allez voir la pièce du Marais. / Les machines....

11

Ainsi, deux des enfants du maître des feintes de l’Hôtel de Bourgogne évoluent dans le milieu théâtral de la première moitié du XVIIe siècle. Jeanne, la première fille, se marie avec le directeur de la troupe du théâtre de la rue Mauconseil et joue elle-même sous le nom de Mlle La Fleur, sa fille devenant aussi comédienne. La troisième fille de Buffequin, Françoise, épouse également un comédien, tandis que Denis, le seul garçon, futur ingénieur et artificier du roi [26][26]  Denis, à l’inverse de ce que mentionne Jal, ne semble..., se met au service de la troupe du théâtre du Marais.

L’ACTIVITÉ DIVERSIFIÉE DE G. BUFFEQUIN (1600-1616)

12

Voici ce que rapporte Pierre de L’Estoile en janvier 1606 :

13

« Le vendredi 26e de ce mois, fut jouée, à l’Hostel de Bourgogne, à Paris, une plaisante farce, à laquelle assistèrent le Roy, la Roine, et la plupart des princes, seigneurs et dames de la Cour ». L’auteur ajoute : « Chacun disoit que long-temps on n’avoit veu à Paris farce plus plaisante, mieux jouée, ni d’une plus gentille invention, mesmement à l’Hostel de Bourgogne, où ils sont assez bons coustumiers de ne joüer chose qui vaille » [27][27]  Mémoires-journaux de Pierre de l’Estoile. Édition....

14

Il est fort possible que, dès cette date, Georges Buffequin ait été remarqué. En effet, trois ans plus tard, il travaille pour la plus haute autorité civile de Paris, le Prévôt et les Échevins de la Ville de Paris. Le 2 mai 1608 [28][28]  AN, Monument historique, série KK 472, fol. 71 vo..., pour une somme de 8 livres tournois, Georges Buffequin, déclaré compagnon peintre, doit fournir une figurine avec voile et globe (la Fortune ?) pour un feu d’artifice tiré sur la place de Grève à l’occasion de la naissance du troisième fils d’Henri IV, le duc d’Anjou, le futur duc d’Orléans. Un événement décrit par Le Cérémonial françois29.

15

Ce titre de compagnon peintre, qui apparaît dès 1607 lors du mariage de sa sœur, sous-entend que Buffequin, selon les règles de la corporation des artisans-peintres, est en fin d’apprentissage avant d’acquérir le titre de maître. Le contrat d’apprentissage au début du XVIIe siècle, commencé vers l’âge de 14 ans, dure en moyenne cinq ans [29][29]  Théodore Godeffroy, Le Cérémonial françois (...),.... Ainsi, Buffequin est âgé de 20 ans environ en 1608. Par déduction, la période d’apprentissage a commencé vers 1600-1602 et sa date de naissance remonte à environ 1585 [30][30]  Marie-Antoinette Fleury, Documents du minutier central....

16

La figure de momerie [31][31]  Une date évoquée par Hélène Visentin qui s’appuyait..., que Buffequin doit peindre, est accompagnée d’un feu d’artifice orchestré par Denis Caresme dont nous préciserons plus loin certains aspects inédits de sa vie professionnelle. Les réjouissances pour la naissance du duc d’Anjou sont commandées par lettre du roi aux Prévôts des Marchands et Échevins de la Ville de Paris [32][32]  La figure de momerie est notamment issue du ballet.... Cette autorité municipale a souvent recours aux artistes de la ville pour des fêtes publiques [33][33]  AN, Registre du bureau de la Ville de Paris (H. 1794)... qui sont l’occasion, pour le peuple de Paris, d’apercevoir la famille royale.

17

Une autre minute notariale [34][34]  Henri de Carsalade du Pont, La municipalité parisienne... de décembre 1608 stipule que Georges Buffequin doit fournir à la compagnie théâtrale à laquelle il appartient des décorations scéniques. Au côté de Jean Gassot, il dirige une troupe d’acteurs pour mettre en scène des comédies, des tragi-comédies, des pastorales et d’autres jeux. Buffequin, comme plusieurs artisans de sa génération, a plusieurs métiers : peintre de figurines pour les fêtes officielles, il construit également des décors de théâtre dans lesquels il semble lui-même jouer la comédie. Le document d’archive précise, en effet : « Georges Buffequin, dict Petit Paris, aussy comédien françois demeurant à Paris ».

18

D’autres artistes également exercent plusieurs métiers. Citons tout d’abord Michel Bourdin l’aîné (1577/1588-1650). Plusieurs historiens de l’art [35][35]  MC, ET/IV/18. ont mis en avant son rôle de sculpteur et notamment pour les statues funéraires, dont certaines existent encore aujourd’hui. Toutefois, certaines archives des Délibérations de la Ville de Paris montrent qu’il est aussi un décorateur de théâtre important dans la première moitié du XVIIe siècle. En février 1626 [36][36]  Édouard-Jacques Ciprut, « Documents sur le sculpteur..., à l’Hôtel de Ville de Paris, Michel Bourdin « sculteur, demeurant dans l’hostel de Nevers » [37][37]  Registre des délibérations de la Ville de Paris, 1626,... est chargé de reconstruire à l’identique des machines conçues pour un ballet déjà exécuté au Louvre et réalisé par Francini [38][38]  Voir, sur la famille Francini : Albert Mousset, « Les... et Horace Morel [39][39]  Artificier de la Ville, ingénieur ordinaire du roi,.... Ce ballet, dont Le Mercure français [40][40]  Le Mercure français, année 1626-1627, p. 187 et s se fait l’écho, est dansé par le roi et représente les cinq parties du monde avec des animaux. Par ailleurs, un autre document [41][41]  Registre des délibérations de la Ville de Paris, 1627,... traite de l’exécution de plusieurs machines [42][42]  Un bateau, un carrosse attelé de quatre chevaux, deux... pour un autre ballet dansé par le roi en février 1627 à l’Hôtel de Ville de Paris. Enfin, la dernière archive [43][43]  Registre des délibérations du bureau de la Ville de... est un contrat entre le Prévôt de Paris et Michel Bourdin, « maistre sculteur et peinctre à Paris ». Ce marché est conclu à l’occasion de l’entrée triomphale de Louis XIII après la victoire de La Rochelle en décembre 1628 [44][44]  Machault, Éloges et discours... ; « Le chariot triomphant.... Le sculpteur doit réaliser des chariots de triomphe (représentant l’âge d’or, le Cirque romain et le navire de la Ville de Paris), des peintures, des sculptures, des ornements et des décorations diverses.

19

La première archive concernant Michel Bourdin, celle de février 1626, ajoute : « Semblablement ont envoyé querir le pintre de la Ville, auquel ilz ont commandé de faire les peintures necessaires ausdicts theastres, amphiteastres et tout ainsy comme au Louvre ». Ce peintre de la ville, qui travaille auprès de Michel Bourdin, semble être François Henry. Il est un autre exemple d’artiste à compétence multiple. Il est baptisé le 10 août 1580, et son père, s’appelant également François Henry, est déclaré maître peintre et sculpteur (sa mère étant Marie Lutin ou Autin) [45][45]  Fichier Laborde, Nouvelle Acquisition française, no 84,.... Un des parrains, Jean Rousselette, est aussi maître peintre. François Henry fils a probablement appris son métier auprès des membres de sa famille. Il épouse Marie Houye autour de 1610, car, en 1611, naît son premier fils Charles (baptisé le 21 mai 1611) [46][46]  Fichier Laborde, NAF, no 84, fiche no 33958., et plusieurs enfants suivront [47][47]  Marguerite en 1613 (baptisé le 1er juin – fichier.... En 1629, Marie Houye [48][48]  En 1633, elle passe un contrat de mariage avec Jean... est déclarée veuve quand elle se marie avec François Gautier [49][49]  Le contrat de mariage (MC, ET/IX/356) prévoit le sort... (maître ouvrier en drap d’or). François Henry est donc décédé quelque temps auparavant (1627 ou 1628). En 1602, lors de la signature d’un contrat de mariage [50][50]  Contrat du 5 mai 1602 : MC, ET/VI/170., où il est le témoin de l’époux, François Henry est déclaré simplement maître peintre. Le marié est Adam Boissart, compagnon sculpteur demeurant rue et paroisse Saint-Nicolas du Chardonnet et la mariée s’appelle Anne Ledru. C’est ce même Boissart qui est élu à la jurande de la corporation des peintres et des sculpteurs en 1612. Un an plus tard, François Henry tente aussi d’être élu, mais c’est le sculpteur Nicolas Thurin qui est choisi [51][51]  Guy-Michel Leproux, « La corporation des peintres....

20

À partir de 1610, François Henry est déclaré peintre ordinaire de la Ville pour une décoration qu’il doit effectuer à l’occasion de l’entrée solennelle de Marie de Médicis [52][52]  Registre des délibérations de la Ville de Paris, 1610,.... Pour la même occasion, il peint huit enseignes destinées aux gens de métier [53][53]  Ibid., 25 avril 1610, fol. 132.. Toujours la même année, mais pour des circonstances plus tragiques, il est chargé de peindre deux mille armoiries aux armes de la Ville de Paris à l’occasion des funérailles d’Henri IV. Le titre de peintre de la ville subsiste toujours lors d’un contrat de paiement en 1613 [54][54]  MC, ET/I/79.. Dans ce document, il est indiqué qu’il habite rue de la Haute-Vannerie. D’autres actes notariés signés [55][55]  Et ceux-ci sur plusieurs années : 1616, 1617, 1618,... entre le peintre et de nombreux commerçants (boulanger, vignerons, jardinier, marchand de vin) mentionnent le titre de peintre ordinaire de la ville. Les comptes de l’Hôtel de Ville de Paris portent la mention de l’artiste. En 1617, François Henry est signalé plusieurs fois [56][56]  AN, série XX, no 478, fol. 93 ro et 95 ro. en même temps que les peintres Louis Beaubrun et François Pourbus. Son nom réapparaît quelques années plus tard lors de l’entrée du roi à Paris en 1622 [57][57]  AN, série XX, no 476, fol. 79 ro et 86 ro., ainsi qu’au côté de Michel Bourdin en 1626.

21

Les exemples que nous avons retenus du sculpteur Michel Bourdin l’aîné et du peintre François Henry suggèrent quelques réflexions.

22

D’abord, l’autorité municipale parisienne a une réelle importance dans l’organisation de décorations, fêtes, ballets et autres feux d’artifice, et donc plus largement dans la création d’un art visuel éphémère. Ensuite, ces biographies témoignent de l’engagement polyvalent des artistes de l’époque. Bourdin est employé pour ses qualités de sculpteur, de peintre, de machiniste, d’ornemaniste et aussi d’architecte pour des réalisations éphémères. François Henry travaille pour des décors de manifestations publiques et pour des ornements muraux ou des accessoires de processions funèbres.

23

L’organisation de la corporation des peintres et des sculpteurs maintient cette organisation du travail [58][58]  G.-M. Leproux, « La corporation des peintres... »,..., et cela jusqu’à la création de l’Académie en 1648 qui consacre les deux métiers artistiques tout en les différenciant. Le cas de Georges Buffequin n’est donc pas isolé. Qu’il soit peintre, décorateur de théâtre et comédien n’est pas un exemple rare pour la première partie du XVIIe siècle [59][59]  Jacques Thuillier, « Documents inédits sur l’art français.... Les exigences de son métier sont diverses, et il y répond selon les demandes qui lui sont faites.

24

Aucune trace d’activité de Georges Buffequin entre 1609 (date de son second mariage) et 1616 (naissance de Denis) n’a été retrouvée. A-t-il suivi des troupes de comédiens en France ? A-t-il voyagé à l’étranger ?

LA RECONNAISSANCE OFFICIELLE (1616-1630) : PEINTRE ET ARTIFICIER DU ROI

25

Ce n’est qu’en 1616 qu’apparaît, grâce aux observations de Jal, la mention de « peintre ordinaire du Roy ». Cependant, ce titre n’a été retrouvé dans les minutes notariales que pour un document du 6 mars 1630 [60][60]  MC, ET/XXXV/208.. En 1623, Georges Buffequin est déclaré « finteur artificiel à Paris » [61][61]  MC, ET/XV/36. ; en 1625 [62][62]  Henri Herluison, Actes d’état civil d’artistes français.... et en 1626, il est mentionné comme peintre [63][63]  MC, ET/XV/41.. En 1633, pour le mariage de sa fille Françoise, Jal a observé que les registres de Saint-Sauveur du 26 avril le déclarent simplement peintre. Mais dans le contrat de mariage [64][64]  MC, ET/XV/81. passé devant notaire le 24 avril, soit deux jours avant, Buffequin est déclaré « peinctre, feincteur et artificier ordinaire du Roy ». Si l’omission d’un titre de la part d’un officier public rédacteur d’un acte juridique est possible, en revanche, il semble plus difficile d’imaginer que cet officier ait inventé un titre de peintre du roi. Aussi, les indications de Jal sur la qualification de 1616 semblent vraisemblables [65][65]  Il est difficile de penser qu’un registre paroissial....

26

En 1616, ou peu avant, Georges Buffequin, âgé approximativement de 30 ans, porte le titre de peintre du roi [66][66]  Jal semble se tromper quand il affirme que Buffequin.... Cette appellation, avant 1648, ne signifie pas nécessairement une charge légale octroyée par le roi [67][67]  Sans parler d’usurpation, le titre de peintre du roi.... Par ailleurs, malgré ce titre, Buffequin n’habite pas au Louvre [68][68]  J. Guiffrey, « Logements d’artistes au Louvre. Liste.... Néanmoins, le fait de travailler à l’Hôtel de Bourgogne, protégé par le roi, lui a probablement permis d’obtenir un certain nombre de privilèges. Alan Howe [69][69]  A. Howe, op. cit., p. 58 et sq. Il cite notamment... souligne que la troupe de l’Hôtel de Bourgogne (avec Buffequin ?) a joué à de nombreuses reprises entre 1612 et 1614 devant la cour et le jeune roi, et parfois celui-ci s’est déplacé au théâtre de la rue Mauconseil. Les liens entre le jeune monarque et les comédiens ont peut-être bénéficié directement à Buffequin, qui a pu ainsi porter le titre de peintre et artificier du roi.

27

En juin 1620, un feu de joie est organisé pour la Saint-Jean [70][70]  H. de Carsalade du Pont, La municipalité parisienne...,... en l’honneur du roi et de la reine. Denis Caresme et Georges Buffequin se voient confier la charge d’organiser l’une des réjouissances annuelles les plus importantes de la ville :

28

[...] ont donné ordre aux nommés Caresme et Georges faiseurs d’artifices auxquels auparavant ils avaient donné charge de faire un feu d’artifice en la place de Grève d’augmenter ledit feu, fusées, pétards, théâtres et figures le mieux et le plus superbement que faire ce pouvait, ce qu’ils ont promis faire. [71][71]  Ministère des Affaires étrangères, archives diplomatiques,...

29

Le document ajoute :

Le signal estant donné, l’artiffice commancera à jouer, qui dura pres d’une heure. Et entre aultres figures et artiffices y avoit une grande couronne soustenue par quatre grandes figures, laquelle couronne estoit pleine de lumiere qui tournoit avec lesdites figures ; ce qui faisait fort bon veoir.

30

Ce document confirme l’activité de Buffequin dans la création de grandes figures peintes, mais il montre également que Denis Caresme et Georges Buffequin, depuis au moins 1608 jusqu’en 1620, et peut-être au-delà, coopèrent ensemble pour des fêtes officielles. Denis Caresme est un artificier de la ville de Paris qui aura un rôle important dans la réalisation des festivités [72][72]  Des documents de 1608 le déclarent « maistre artillier,....

31

En parallèle de la vie de Buffequin émerge une constellation d’artistes collaborant pour les autorités royales ou municipales parisiennes, et qui probablement se connaissent. Ces artisans de l’éphémère produisent des événements artistiques provisoires sans laisser de traces tangibles. Seuls les dessins de Buffequin présents dans le Mémoire de Laurent Mahelot offrent l’opportunité de constater que l’un de ces artistes maîtrise les techniques du dessin : perspective, modelé anatomique, relief et ombres par le lavis.

LA CONSÉCRATION DANS L’ANONYMAT (1630-1641)

32

Gaultier-Garguille (1573-1633), comédien à l’Hôtel de Bourgogne, parle dans ses écrits de maître Georges et relève son habileté dans la construction des décors. Cet acteur appartient au fameux trio burlesque [73][73]  Avec Turlupin et Gros-Guillaume, gendre de Buffeq... du théâtre de la rue Mauconseil, il s’est rendu célèbre grâce à ses chansons [74][74]  Le Testament de feu Gaultier Garguille et La Révolution... et ses textes populaires édités de son vivant (1632) et après sa mort (1634 et 1643). Il évoque « maître Georges » (soit Georges Buffequin) dans quelques-uns de ses écrits [75][75]  Hélène Visentin rapporte au moins trois références... : l’allusion au prénom est suffisante pour être comprise par des spectateurs de théâtre et des lecteurs de chansons et de textes divers dans les années 1630. « Maître Georges », voici l’ambiguïté de la postérité de Buffequin. Reconnu pour sa valeur de peintre et d’artificier du roi, il est appelé maître, mais seul son prénom est retenu : son nom est demeuré en grande partie ignoré jusqu’à nous.

33

Toutefois, la reconnaissance de son activité ne s’arrête certainement pas au milieu théâtral. La cour, comme l’avance Auguste Jal, apprécie probablement le travail d’un artiste portant le titre de peintre du roi. Et ce soutien n’a pas été inutile quand Buffequin s’est mis au service de Richelieu. S’il est maintenant établi qu’à partir du milieu des années 1625 le Cardinal a de plus en plus recours à des écrivains qui se mettent au service de sa politique, on sait également que dès les années 1630 il commence à collectionner des peintures (Michel-Ange, Poussin, Guerchin, Corrège...) [76][76]  Hilliard T. Goldfarb, « Richelieu et l’art de son.... Dans ces années-là, le Premier ministre se fait construire à côté du Louvre un palais digne de son rang. À cette occasion, il fait édifier une galerie de peinture (la Galerie des Hommes illustres [77][77]  Sylvain Laveissière, « Le conseil et le courage :..., décorée notamment par Champaigne et Vouet, corps de bâtiment ouest). À la même époque, Philippe de Champaigne réalise plusieurs portraits représentant le Cardinal et la famille royale [78][78]  L. Brièle, Collection de documents..., op. cit., ....

34

En 1635, la construction des galeries de l’aile gauche (à l’ouest) et une partie de celle de l’aile droite (à l’est) du Palais-Cardinal était terminée. Le ministre aménage, alors, à l’extrémité de cette dernière aile, du côté d’une petite cour, une salle susceptible d’être transformée en lieu de spectacle, et l’artificier du Cardinal (Georges Buffequin) dispose d’une pièce à proximité de cette petite salle de spectacle [79][79]  Alexandre Gady, Jacques Lemercier (avant 1586-1654)..... D’après Sauval [80][80]  Sauval, Histoire des recherches des antiquités...,..., cette salle était réservée pour les représentations ordinaires des comédiens du Marais du Temple et elle pouvait contenir cinq cents à six cents personnes (ce qui semble quelque peu exagéré). En revanche, la grande salle – bâtie quelques mois plus tard – devait servir pour les jours de grande fête : « Elle était réservée pour les Comédies de pompe & de parade, quand la profondeur des perspectives, la variété des décorations, la magnificence des machines y attiroient leurs Majestés & la Cour » [81][81]  Ibid.. La petite salle a dû être inaugurée en mars ou avril 1635, car, le 16 avril 1635 [82][82]  La Gazette de France rapporte : « Auquel jour ?le..., Richelieu donne une représentation de La Comédie des Tuileries [83][83]  Cette pièce, publiée en 1638 (Paris, A. Courbé), avait....

35

Une archive de la fin 1635 indique la trace d’une telle activité :

À Monsieur de Loynes, secrétaire de Monseigneur le Cardinal.

1635. Hôtel Richelieu. Monsieur, faictes payer s’il vous plaît à Monsieur Georges trois cents livres, pour le théâtre de l’hostel Richelieu, à Paris. Ce 21 décembre 1635.

Destampes.

Je soubziné confesse avoir receu de Monseigneur le cardinal duc de Richelieu, par les mains de Monsieur de Loynes, la somme de trois cents livres sur ce qui m’est deub, pour avoir travaillé à la décoration du théâtre de l’hostel de Richelieu.

G. Buffequin [84][84]  Léon Brièle, Collection de documents pour servir à....

36

Buffequin, travaillant au Palais-Cardinal, en même temps que Philippe de Champaigne, est payé pour une décoration du théâtre [85][85]  V. Champier cite en note, à propos du travail Philippe.... Cependant, on ne peut savoir précisément si cette décoration concerne une scène ou une surface architecturale peinte [86][86]  Le terme « décoration » , dans les années 1630, n’est....

37

D’autres indices existent derrière lesquels pourrait se cacher la participation de Buffequin à des décorations de spectacles. Ainsi, Le Mercure français décrit succinctement une fête donnée par Richelieu au duc de Parme dans les premières semaines de janvier 1636 [87][87]  Le Mercure français, Paris, Pierre Billaine, 1639....

38

Tout en restant prudent, il est possible d’entr’apercevoir derrière la « fort belle comédie, avec changement de théâtre » (de décors) et ces douze entrées de ballet, l’activité de Buffequin.

39

Travaille-t-il encore dans la petite salle de théâtre du palais de Richelieu pour la représentation du Cid qui est donnée en 1636 ? ou encore pour le Ballet de la Félicité publique dansé en 1637 ? Buffequin est-il derrière la scène pour la représentation de l’Aveugle de Smyrne  [88][88]  François Le Métel de Boisrobert, L’Aveugle de Smyrne.... donné à l’hôtel de Richelieu le 22 février 1637 [89][89]  Pour ce spectacle, La Gazette de France donne les..., ou pour une tragi-comédie de Scudéry, L’Amour tyrannique, jouée par des enfants en 1638 [90][90]  V. Champier, op. cit., p. 87-88. ? Enfin, n’est-il pas l’inventeur ou le réalisateur des figurines lors du feu d’artifice tiré sur la place de grève en septembre 1638 pour la naissance de Louis Dieudonné, le futur Louis XIV [91][91]  Le Mercure français (années 1637-1638, p. 294) loue... ?

40

Il est enfin possible de reconnaître le travail de Buffequin dans la décoration de Mirame de 1641, dont des témoignages gravés ont été laissés par Stefano della Bella. On sait que Richelieu fait venir une équipe de scénographe d’Italie [92][92]  A. Le Pas de Sécheval, « Le cardinal de Richelieu,.... Cependant, la construction de la perspective en deux points de fuites superposés et l’iconographie des fontaines et des rochers du fond de scène visible sur les gravures font penser que le peintre et artificier du roi Georges Buffequin était également présent pour réaliser ces décors qui inaugurent de façon fastueuse l’ouverture du grand théâtre du Palais-Cardinal. Les détails iconographiques de la gravure sont très proches des esquisses du Mémoire de Laurent Mahelot exécutées par Buffequin [93][93]  Voir notre article à paraître prochainement : M. Bayard,....

41

Le début de l’année 1641 est une consécration pour le peintre du roi, mais son travail demeure inconnu, caché dans l’ombre du Cardinal et des décors qu’il a confectionnés. En effet, Georges Buffequin meurt le 17 mars 1641. Pour Auguste Jal, il décède au Palais-Cardinal et il est porté à l’église Saint-Sauveur. Ce fait, mentionné en 1867, extrait des registres de Saint-Eustache, avait déjà été repéré, dès 1857, par Anatole de Montaiglon [94][94]  A. de Montaiglon (sous la dir. de), Archives de l’Art.... Celui-ci confirme la date précise de la mort du « paintre et artificier ingénieur du Roy » ainsi que le lieu du décès (au Palais-Cardinal). La dépouille est accompagnée de plusieurs prêtres : quatre selon Montaiglon, six pour Jal (plus quatre porteurs).

42

Buffequin meurt avant Richelieu (1642), avant Louis XIII (1643), mais il appartient à leur génération. Peintre anonyme, concepteur d’artifices de feu et de peintures, il est resté jusqu’à présent dans l’ombre des recherches historiques, probablement en raison du caractère éphémère de ses réalisations. Le rétablissement de sa biographie, encore clairsemée, permet une meilleure compréhension de certains éléments historiques.

43

On peut constater d’abord que le cardinal de Richelieu, par sa politique artistique, a largement prémédité son soutien. Il encourage les auteurs dramatiques, les débats littéraires, et il offre à ceux-ci un lieu occasionnel (le petit théâtre) avec un scénographe expérimenté que tous les acteurs de la vie théâtrale des années 1630 connaissent ( « maître Georges » ). Dans son palais, il soutient aussi bien les peintres, avec à leur tête Philippe de Champaigne, que les poètes dramatiques, avec Buffequin comme peintre du roi et scénographe. Ensuite, on découvre l’importance de l’autorité municipale de Paris qui, par sa politique de fastes publics, soutient de nombreux artistes plus ou moins reconnus. Enfin, nous avons une vision plus précise de l’histoire des arts du spectacle. Si Giacomo Torelli, invité par Mazarin, vient à Paris en 1645, c’est en raison notamment du décès de Richelieu et de Georges Buffequin. Le désir grandissant de voir des spectacles à machines de plus en plus complexes à réaliser, pousse le nouveau Premier ministre à faire venir d’Italie « le grand sorcier » des spectacles. Ainsi, entre Francini, au début du XVIIe siècle, et Torelli, au milieu du siècle, Buffequin marque une continuité entre des artistes confirmés venus d’Italie.

44

Georges Buffequin s’éteint en mars 1641, au service de Richelieu au sommet de sa puissance dont il a été le metteur en scène. Le faiseur d’artifice, peintre du roi, a travaillé en coulisse, discrètement, jusqu’à se faire oublier, caché dans l’ombre des feintes éphémères.

Notes

[1]

Quelques archives attestent qu’il habite, au moins dès 1626 et jusqu’à sa mort, dans cet hôtel situé sur le quai des Grands-Augustins.

[2]

A. Jal, Dictionnaire critique de biographie et d’histoire (...), Paris, H. Plon, 1867, 1re éd.

[3]

H. Visentin, « Décorateur à la cour et à la ville : un artisan de la scène nommé Georges Buffequin (1585 ?-1641) », XVIIe siècle, no 195, p. 325-339.

[4]

M. Bayard, Les dessins du Mémoire de Laurent Mahelot. Enjeux iconographiques et théoriques de l’image du décor de théâtre, 1625-1640, thèse de doctorat de l’EHESS, sous la direction du Pr Yves Hersant, 2003.

[5]

L’ouvrage d’Alan Howe (Le théâtre professionnel à Paris, 1600-1649, Paris, Centre historique des Archives nationales, 2000) sur la vie théâtrale au début du XVIIe siècle n’apporte pas plus de renseignements biographiques sur Mahelot. Voir également : A. Schnapper, « Répertoire de peintres actifs à Paris entre 1600 et 1715 », Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français année 2003, 2004, p. 39-118.

[6]

À l’exception de l’ouvrage d’E. Rigal et de l’article d’H. Visentin déjà cités et également Pierre Pasquier, Le mémoire de Mahelot, Paris, H. Champion, 2005.

[7]

Jal, Dictionnaire critique..., op. cit., p. 293 : « Du 17 mars 1641, convoy de 6 “(prêtres)” et 4 “(porteurs)” pour deffunt Georges Buffequin, vivant peintre et artificier ingénieur du Roy, décédé au Palais Cardinal, porté à Saint-Sauveur (Reg. de Saint-Eustache). Cet artiste que Richelieu logeait dans son palais et qui était, ce semble, en même temps un de ses officiers et de ceux de la Maison du Roy, était probablement un homme d’un certain talent dans l’art d’arranger les feux d’artifice. Il paraît que, dessinateur ou peintre, il s’était appliqué particulièrement à la composition des grandes scènes et des pièces architecturales que les artificiers exécutaient pour les fêtes données par le Roi ou le Cardinal. Je ne sais à quel âge il mourut, mais je suppose qu’il avait environ cinquante ans quand la mort le frappa. Il demeurait rue Beaurepaire, avant que le premier ministre le logeât dans son hôtel ; c’est là que, le jeudi 18 février 1616, Marie Boquillon (appelée Pocquilion dans l’acte de baptême que j’ai sous les yeux), lui donna un fils qui, le lendemain, fut baptisé sous le nom de Denis, à l’église de Saint-Sauveur. Il eut, l’année suivante, une fille nommée Françoise. Georges Buffequin, qualifié “peintre ordinaire du Roy” en 1616, est dit seulement “peintre” en 1633, par un oubli du rédacteur de l’acte de mariage enregistré à Saint-Sauveur, le 26 avril 1633. Par un oubli semblable, Buffequin est dit : “me peintre” dans le baptistaire de Georges, fils de Jean Trevel me peintre, où il figure comme parrain (Reg. de Saint-Eustache, 8 janvier 1625) ».

[8]

Pour des éléments plus précis, notamment la transcription des minutes notariales, voir notre thèse : Les dessins du Mémoire de Laurent Mahelot..., op. cit.

[9]

Minutier central, étude XXXV, liasse 55 (MC, ET/XXXV/55).

[10]

Elle aura deux enfants de ce premier mariage. Après le décès d’Antoine Marin, Denise Buffequin se remarie en août 1623 (MC, ET/XV/36) avec Philippe Touttain.

[11]

MC, ET/XXXV/59. Il s’agit d’un acte de vente entre Georges Buffequin et Antoine Marin, son beau-frère.

[12]

MC, ET/XV/41.

[13]

MC, ET/XXX/208.

[14]

MC, ET/CV/178.

[15]

MC, ET/XXX/208.

[16]

Henri Sauval, Histoire et recherche des antiquités de la ville de Paris, Paris ; 1724, Paris-Genève, Éd. du Palais Royal - Minkoff Reprint, 1974, t. III, p. 38. Il ajoute, à la fin de ce portrait peu flatteur : « Avec de si grand maux, dont il est mort, il a vécu près de quatre-vingts ans sans être taillé. Il ne laissa qu’une fille, & si pauvre, que pour vivre elle fut contrainte de se faire Comedienne. Elle le fit enterrer à St Sauveur qui étoit sa Paroisse ».

[17]

MC, ET/XV/41.

[18]

A. Howe, Le théâtre professionnel..., op. cit., p. 107. L’un des témoins du mariage, Pierre Moreau, appartient à la bourgeoisie parisienne qui aide à plusieurs reprises le théâtre professionnel à Paris (ibid., p. 108).

[19]

MC, ET/CV/178.

[20]

A. Jal, Dictionnaire critique..., op. cit., p293 : « Denis Buffequin, élève de son père, exerça le même art que lui. Il fut peintre, décorateur, et machiniste travaillant pour le théâtre. Il eut deux mariages, le premier en 1639, l’autre en 1662 : “le lundy 26e septembre 1639”, il épousa “Catherine Garroche” une fille de Saint-Germain en Laye, dont je vois qu’il eut trois enfants. Devenu veuf, Buffequin prit pour femme, “le mardi 13 juin 1662”, à Saint-Paul, Marie Aulmont. Un des témoins de son mariage fut “Raymond Poisson, son neveu”, qui signa Poisson, avec paraphe, selon sa coutume. Dans l’acte de son mariage, Denis Buffequin est dit : “ingénieur décorateur ordinaire du Roy”; il est qualifié “artificier et ingénieur du Roy” dans le baptistaire de son fils Louis. – Denis Buffequin était lié d’affaires avec les comédiens du Marais ; je vois que le 25 février 1662, il fit une transaction avec eux, je ne sais pour quelle cause, la minute de cet acte ayant été brûlé, aussi bien que celle d’un acte de société, passé le 28 juin 1662, entre les comédiens et Denis Buffequin. – Je vois que Buffequin, machiniste, fut l’auteur de “dessin de la tragédie des Amours de Jupiter et de Sémélé, représentée sur le théâtre royal du Marais en 1666”. Ce dessin est le livret explicatif du sujet et de la mise en scène de la tragédie (Bibl. Imp. Le Ballet Royal, in-4o) ». Ce ballet royal est aujourd’hui à la BNF, sous la côte Yf. 1384 : Dessin de la tragédie des « Amours de Jupiter et de Sémélé » (de Boyer), représentée sur le théâtre du Marais inventé par le sr Buffequin, Paris, P. Promé, 1666.

[21]

A. Howe, op. cit., p. 139.

[22]

MC, ET/XV/81.

[23]

En 1645, Denis semble toujours habiter la paroisse Saint-Sauveur, peut-être dans la demeure familiale. Il déménage en 1649 vers la paroisse Saint-Gervais (Fichier Laborde, BNF, Nouvelle Acquisition française 12060, no XXIII, fiche nos 8890 et 8891).

[24]

Fichier Laborde, BNF, Nouvelle Acquisition française 12060, no XXIII, fiche nos 8890 à 8894.

[25]

« Curieux, allez voir la pièce du Marais. / Les machines de l’Andromède / Ne semblent, ma foy, rien auprès / De ce dernier ouvrage à qui tout autre cède. / Le machiniste avoit, je crois, le diable au corps / Lorsqu’il fit de telles merveilles, / On ne conçoit point les ressorts / De ses machines sans pareilles... » (Jacques Wilhem, La vie quotidienne au Marais au XVIIe siècle, Paris, Hachette, 1966, p. 159).

[26]

Denis, à l’inverse de ce que mentionne Jal, ne semble pas avoir été peintre. Il est seulement déclaré ingénieur, décorateur et artificier de spectacle.

[27]

Mémoires-journaux de Pierre de l’Estoile. Édition pour la première fois complète et entièrement conforme aux manuscrits originaux, Paris, Librairie des Bibliophiles, 1889-1895, t. 8, p. 271 et 273.

[28]

AN, Monument historique, série KK 472, fol. 71 vo - 72 : archives des comptes de l’Hôtel de Ville de Paris.

[29]

Théodore Godeffroy, Le Cérémonial françois (...), Paris, S. Cramoisy, 1649, t. 2, p. 197-198 : « Mesdits sieurs les Prevosts des Marchands, & Eschevins ont aussi tost mandé Nicolas Morisseau, Capitaine du petit Arsenac de la Ville, auquel ils ont commandé de faire amener à la Place de Greve, l’artillerie, canons, & boettes, pour estre tires le lendemain Samedy vingt-sixiéme dudit mois ; auquel iour du matin seroit chanté le Te Deum laudamus en l’Eglise Nostre-Dame, pour rendre graces à Dieu de ladite naissance. Comme aussi ont commandé au Controlleur du bois de la Ville de faire dresser un beau grand feu avec une figure, & un globe pleins de fuzées & artifices, pour estre allumé & ioüer ledit iour de Samedy que seroit chanté le Te Deum ». Le récit continue : « Et le mesme iour sur les huit heures du soir fut allumé le feu qui estoit preparé devant l’Hostel de la Ville, & fut tiré les canons, artillerie, & boettes de l’Arcenac de la Ville qui estoient en la Place de Greve qui firent un fort grand bruit, & devant & aprés le feu, les Trompettes, Clairons, Hauts-bois, & Tambours ont sonné, le peuple criant par plusieurs fois avec grande acclamation & applaudissement de ioye Vive le Roy ».

[30]

Marie-Antoinette Fleury, Documents du minutier central concernant les peintres, les sculpteurs et les graveurs au XVIIe siècle (1600-1650), Paris, SEVPEN, 1969, p. 39.

[31]

Une date évoquée par Hélène Visentin qui s’appuyait sur les assertions de Jal qui pensait qu’en 1641, date de sa mort, Buffequin était âgé d’environ 50 ans.

[32]

La figure de momerie est notamment issue du ballet de cour qui s’était développé sous François Ier. Ici, il semble s’agir d’une représentation allégorique liée à la naissance d’un prince.

[33]

AN, Registre du bureau de la Ville de Paris (H. 1794) pour l’année 1608, 25-27 avril 1608 (fo 334 vo).

[34]

Henri de Carsalade du Pont, La municipalité parisienne à l’époque d’Henri IV, Paris, Éd. Cujas, 1971, p. 39. Voir également Bernard de Montgolfier, « La Municipalité parisienne sous l’Ancien Régime. Les tableaux de l’Hôtel de Ville », Bulletin du Musée Carnavalet, 30e année, 1977, no 1, « Les Fastes de la Ville de Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles », p. 7.

[35]

MC, ET/IV/18.

[36]

Édouard-Jacques Ciprut, « Documents sur le sculpteur Michel Bourdin l’aîné », dans Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français, 1959 (1960), p. 145-171 (bibliographie, p. 145) ; Marie-Thérèse Glass-Forest, « Les sculptures de Michel Bourdin l’aîné au maître-autel de l’église Saint-Sulpice à Paris », Archives de l’Art français, Nogent-le-Roi, Librairie des arts et métiers, 1985, t. XXVII : L’Art à l’époque du cardinal de Richelieu, p. 135-137.

[37]

Registre des délibérations de la Ville de Paris, 1626, délibération no 165 (4-26 février 1626, H 1802, fol. 113 vo ; K 999, no 5, cote × 63 ; H 1896_, cote × 281).

[38]

Voir, sur la famille Francini : Albert Mousset, « Les Francine », Mémoires de la Société de l’histoire de Paris et de l’Île-de-France, vol. LI, 1930 ; Marie-Françoise Christout, « De Francini à Torelli. Les débuts du “théâtre d’illusion” en France », Monuments historiques de la France, no 175, juillet-août 1991, p. 8-11.

[39]

Artificier de la Ville, ingénieur ordinaire du roi, mort en 1639. Cf. A. Howe, op. cit., p. 119.

[40]

Le Mercure français, année 1626-1627, p. 187 et s.

[41]

Registre des délibérations de la Ville de Paris, 1627, délibération no 301 (3-16 février 1626, H 1802, fol. 332 vo ; K 999, no 67-67 bis).

[42]

Un bateau, un carrosse attelé de quatre chevaux, deux pièces de canons, quatre grosses têtes...

[43]

Registre des délibérations du bureau de la Ville de Paris, 1984, vol. XX, p. 62.

[44]

Machault, Éloges et discours... ; « Le chariot triomphant du Roy à son retour de La Rochelle dans sa Ville de Paris », Paris, J. Guillemot, 1628, in-8o.

[45]

Fichier Laborde, Nouvelle Acquisition française, no 84, fiche no 33952.

[46]

Fichier Laborde, NAF, no 84, fiche no 33958.

[47]

Marguerite en 1613 (baptisé le 1er juin – fichier Laborde, op. cit., fiche no 33959) ; Antoine en 1617 (baptisé le 16 janvier – fichier Laborde, op. cit., fiche no 33960), Gervais en 1620 (baptisé le 18 août – fichier Laborde, op. cit., fiche no 33951) ; et la dernière fille, Geneviève, en 1621 (baptisé le 1er juin – fichier Laborde, op. cit., fiche no 33962).

[48]

En 1633, elle passe un contrat de mariage avec Jean de Hongrie, un autre maître peintre-sculpteur demeurant rue des Gravilliers (AN, MC, étude IX, liasse 370). Elle décède le 24 octobre 1635 (MC, étude X, liasse 86).

[49]

Le contrat de mariage (MC, ET/IX/356) prévoit le sort des enfants du premier mariage. Geneviève Henry est élevée aux frais de la communauté jusqu’à l’âge de 14 ans. Charles et Antoine Henry, se suffisant à eux-mêmes, sont laissés où ils se trouvent. Tandis que Thomas Henry, âgé de 7 ans (né en 1622), qui n’est pas présent dans le fichier Laborde, entrera en apprentissage chez son beau-père.

[50]

Contrat du 5 mai 1602 : MC, ET/VI/170.

[51]

Guy-Michel Leproux, « La corporation des peintres et sculpteurs à Paris dans les premières années du XVIIe siècle », XVIIe siècle, octobre-décembre 1998, p. 651.

[52]

Registre des délibérations de la Ville de Paris, 1610, délibération no 477, doc. no 36, Marché passé avec François Hanry, peintre, pour les décorations à faire à l’Hôtel de Paris, fol. 131 vo.

[53]

Ibid., 25 avril 1610, fol. 132.

[54]

MC, ET/I/79.

[55]

Et ceux-ci sur plusieurs années : 1616, 1617, 1618, 1622 et 1623. Cf. M.-A. Fleury, Documents du minutier central concernant les peintres..., op. cit., p. 302-303.

[56]

AN, série XX, no 478, fol. 93 ro et 95 ro.

[57]

AN, série XX, no 476, fol. 79 ro et 86 ro.

[58]

G.-M. Leproux, « La corporation des peintres... », op. cit., p. 649-657.

[59]

Jacques Thuillier, « Documents inédits sur l’art français du XVIIe siècle », Archives de l’Art français, Paris, Librairie F. de Nobele, 1968, p. 128.

[60]

MC, ET/XXXV/208.

[61]

MC, ET/XV/36.

[62]

Henri Herluison, Actes d’état civil d’artistes français. Peintres, graveurs, architectes. Extraits des registres de l’Hôtel-de-Ville de Paris détruits dans l’incendie du 24 mai 1871, Genève, Slatkine Reprints, 1972, p. 432 : Jean Trevel, peintre. « Dudict jour (mercredi 8 janvier 1625) fut baptisé Georges, fils de Jehan Trevel, maistre peintre, et de Magdeleine du Tron, sa femme, dmt rue des Petits-Carreaux. Le parein Georges Buffeguin, Maistre peintre ; la mareinne Jehanne Le Clerc, femme de Jehan du Val, aussy Maistre peintre (St-Eustache) ». Auguste Jal évoque cet acte de baptême.

[63]

MC, ET/XV/41.

[64]

MC, ET/XV/81.

[65]

Il est difficile de penser qu’un registre paroissial avance un titre sans que la personne concernée l’ait énoncé à l’officier d’état civil qui tenait le registre.

[66]

Jal semble se tromper quand il affirme que Buffequin habite à cette époque le palais Cardinal : d’une part, cet édifice n’a pas encore été construit ; d’autre part, les différentes archives découvertes montrent que Buffequin habite dans le quartier Montorgueil.

[67]

Sans parler d’usurpation, le titre de peintre du roi ne sera réglementé qu’en 1648.

[68]

J. Guiffrey, « Logements d’artistes au Louvre. Liste générale des brevets de logement sous la Grande Galerie du Louvre », Nouvelles Archives de l’Art français, Paris, 1873 ; et Archives de l’Art français, t. III, Paris, 1853-1855, p. 190-258. Sur la vie des peintres au XVIIe siècle : Isabelle Rochefort, Peintre à Paris au XVIIe siècle, Paris, Imago, 1998.

[69]

A. Howe, op. cit., p. 58 et sq. Il cite notamment un article de John Lough (« French actors in Paris from 1612 to 1614 », French Studies, t. IX, 1955, p. 218-226).

[70]

H. de Carsalade du Pont, La municipalité parisienne..., op. cit., p. 254.

[71]

Ministère des Affaires étrangères, archives diplomatiques, volume Mémoire et documents – France, Cérémonial, no 1832 (1508-1690). Dans ce contrat, Buffequin est appelé « Georges ». Selon nos recherches, il n’apparaît pas d’autres Georges peintre ou artificier susceptible d’avoir rempli cette fonction. Il existe des Georges teinturiers, maçons, mais pas de Georges peintres. Comme nous le verrons plus loin, des comédiens de l’Hôtel de Bourgogne, ainsi que Léonor d’Étampes, surnomment Georges Buffequin « maître Georges ». Par ailleurs, Jal précise que sa fonction durant sa vie fut de s’ « appliqu[er] particulièrement à la composition des grandes scènes et des pièces architecturales que les artificiers exécutaient pour les fêtes données par le Roi ou le Cardinal ».

[72]

Des documents de 1608 le déclarent « maistre artillier, arbalestrier à Paris ». Sa fonction concerne l’organisation pyrotechnique des feux d’artifice. Le 12 mai 1610, Denis Caresme est chargé de préparer les feux d’artifice pour l’entrée de la reine le lendemain de son couronnement. En 1617, son nom apparaît dans les comptes de la Maison du roi (AN, série KK 473, fol. 96 vo). Denis Caresme est présent dans un document de 1627, que nous avons déjà vu, à côté de Michel Bourdin l’aîné : il est chargé, en tant qu’artificier de la ville, de préparer un feu d’artifice sur la place de Grève qui est tiré lors de l’arrivée du roi avant qu’il ne se rende au bal de l’Hôtel de Ville. Signalons également que la charge officielle d’artificier de la Ville de Paris est attribuée à Denis Caresme en juillet 1628 (Registre des délibérations de la Ville de Paris, 1628, délibération no 128, H 18962, cote × 696(2)). À l’automne de la même année, il participe, toujours avec Michel Bourdin l’aîné, aux préparatifs de l’entrée solennelle de Louis XIII après la victoire de La Rochelle. Dix ans plus tard, en 1638, l’artificier reçoit une sorte de consécration nationale dans le Mercure français (année 1637-1638, p. 294) : son travail est célébré à l’occasion de la naissance de Louis Dieudonné (futur Louis XIV) tant attendu par le roi et ses sujets. Enfin, en 1648, dans un acte du minutier central des notaires des Archives nationales (MC, ET/IV/102), Denis Caresme est déclaré doyen des maîtres arquebusiers. Sa mort est probablement survenue vers 1663-1664.

[73]

Avec Turlupin et Gros-Guillaume, gendre de Buffequin.

[74]

Le Testament de feu Gaultier Garguille et La Révolution de l’ombre de Gaultier Garguille..., publiées dans Chansons de Gaultier Garguille, éd. Édouard Fournier, Paris, Jannet, 1856.

[75]

Hélène Visentin rapporte au moins trois références qui sont faites sur le métier de Georges Buffequin aussi bien par Gaultier-Garguille que par Gros-Guillaume. H. Visentin, « Décorateur à la cour... », op. cit., p. 327-328. Également, voir E. Rigal, Le théâtre français avant la période classique (fin XVIe et commencement du XVIIe siècle), Paris, Hachette, 1901, n. 1, p. 312-313.

[76]

Hilliard T. Goldfarb, « Richelieu et l’art de son temps, raison d’État et goût personnel », dans Richelieu. L’art et le pouvoir, cat. expo Montréal-Cologne, 2002, p. 1-13.

[77]

Sylvain Laveissière, « Le conseil et le courage : la galerie des hommes illustres au Palais-Cardinal, un autoportrait de Richelieu », dans Richelieu. L’art et le pouvoir, op. cit., p. 64-71.

[78]

L. Brièle, Collection de documents..., op. cit., p. 291.

[79]

Alexandre Gady, Jacques Lemercier (avant 1586-1654). Architecte et ingénieur du roi, Paris, Fondation Maison des sciences de l’homme, 2005, p. 303. Nous remercions l’auteur pour ses précisions très utiles sur le petit théâtre du Palais-Cardinal.

[80]

Sauval, Histoire des recherches des antiquités..., op. cit., t. II, p. 161.

[81]

Ibid.

[82]

La Gazette de France rapporte : « Auquel jour ?le 16 avril? Monsieur voulut soupper en l’hostel de Son Éminence, & entendre la fameuse Comédie des 5 Autheurs, qui fut dignement représentée » (Recueil de toutes les Gazettes Nouvelles..., Paris, 1636, p. 208). Cette pièce avait déjà été donnée un mois avant : « Le soir du mesme jour ?le 4 mars 1635?, fut représentée devant la Reine, dans l’Arsenal, une comédie dont je ne sçai pas encore le nom : mais qui a mérité celui d’excellente par la bonté de ses Acteurs, la majesté de ses vers, composez par 5 fameux Poëtes, & la merveille de son théatre ?le décor? » (Recueil de toutes les Gazettes Nouvelles..., Paris, 1636, p. 128).

[83]

Cette pièce, publiée en 1638 (Paris, A. Courbé), avait pour auteurs : F. de Boisrobert, P. Corneille, J. Rotrou, G. Colletet et C. de l’Estoile.

[84]

Léon Brièle, Collection de documents pour servir à l’histoire des hôpitaux de Paris, Paris, Imprimerie nationale, 1881-1887, t. IV, p. 292.

[85]

V. Champier cite en note, à propos du travail Philippe de Champaigne : « La quittance de la somme reçue par le peintre pour ce travail se trouvait dans les papiers de Le Masle, légués à l’Hôtel-Dieu, et qui ont été brûlés. Voyez Archives de l’Assistance publique, 1884, t. II, p. 62-63 » (n. 2, p. 87). À l’âge de 20 ans, Champaigne quitte Bruxelles pour Paris. Très tôt protégé par Richelieu, il réalise pour lui de nombreux portraits.

[86]

Le terme « décoration » , dans les années 1630, n’est pas utilisé exclusivement pour parler d’un élément visuel installé sur une scène de théâtre (certains l’emploient tout de même). Les auteurs parlent plutôt de feintes, d’ornements, d’artifices ou de machines... Mais, à côté de Philippe de Champaigne, il semble probable que Buffequin se soit occupé de décorations de théâtre.

[87]

Le Mercure français, Paris, Pierre Billaine, 1639 (pour l’année 1636), vol. 21, p. 126-127 : « Le 19. ?janvier? son Éminence ?le duc de Richelieu? le reçut ?le duc de Parme? en son Hôtel & lui donna une fort belle omédie, avec changement de théâtre, & d’excellents concerts de luths, épinettes, violes & violons entre les actes ». Cette comédie fut suivie d’un ballet composé de douze entrées et d’un buffet avec des couverts d’or et d’argent. À la fin de la soirée, le duc fut accompagné dans sa chambre au son des Musiciens du roi.

[88]

François Le Métel de Boisrobert, L’Aveugle de Smyrne. Tragicomédie, Paris, A. Courbé, 1638. Avec quatre autres auteurs : Pierre Corneille, Jean Rotrou, Guillaume Colletet et Claude de l’Estoile.

[89]

Pour ce spectacle, La Gazette de France donne les indications suivantes : « Le soir du mesme jour, fut représentée dans l’Hostel de Richelieu la Comedie de l’Aveugle de Smyrne par les deux troupes de Comediens en presence du Roy, de la Reine, de Monsieur, de Mademoiselle sa fille, du Prince de Condé ?...? », Gazette de France no 31. Recueil des nouvelles ordinaires et extraordinaires (...), Paris, Bureau d’adresse, 1637, p. 138.

[90]

V. Champier, op. cit., p. 87-88.

[91]

Le Mercure français (années 1637-1638, p. 294) loue le travail de Denis Caresme pour les feux d’artifice en tant que maître artilleur d’arquebuse de la ville de Paris. Mais ce dernier n’a jamais conçu et dessiné de grandes figurines, alors que Buffequin est un des spécialistes en la matière. Par ailleurs, en retrouvant sa signature dans les archives notariales (AN, MC, ET/IV/102), nous découvrons que Denis Caresme ne sait pas très bien écrire : il signe son nom d’une écriture très hésitante avec, à côté, le tracé d’une flèche.

[92]

A. Le Pas de Sécheval, « Le cardinal de Richelieu, le théâtre et les décorateurs italiens : nouveaux documents sur Mirame et le ballet de La Prospérité des Armes de France (1641) », XVIIe siècle, no 186, janvier-mars 1995, p. 135-145.

[93]

Voir notre article à paraître prochainement : M. Bayard, « La roi au cœur du théâtre : Richelieu met en scène l’Autorité », L’image du roi, Actes du Colloque du Centre allemand d’histoire de l’art, juin 2001 (à paraître en 2006).

[94]

A. de Montaiglon (sous la dir. de), Archives de l’Art français, Recueil de documents inédits relatifs à l’histoire des arts en France, Paris, J.-B. Dumoulin, 1857-1858, p. 338.

Plan de l'article

  1. LA VIE FAMILIALE DE GEORGES BUFFEQUIN ET SON ENTOURAGE PROFESSIONNEL
  2. L’ACTIVITÉ DIVERSIFIÉE DE G. BUFFEQUIN (1600-1616)
  3. LA RECONNAISSANCE OFFICIELLE (1616-1630) : PEINTRE ET ARTIFICIER DU ROI
  4. LA CONSÉCRATION DANS L’ANONYMAT (1630-1641)

Pour citer cet article

Bayard Marc, « Les faiseurs d'artifices : Georges Buffequin et les artistes de l'éphémère à l'époque de Richelieu », Dix-septième siècle, 1/2006 (n° 230), p. 151-164.

URL : http://www.cairn.info/revue-dix-septieme-siecle-2006-1-page-151.htm
DOI : 10.3917/dss.061.00151


Article précédent Pages 151 - 164 Article suivant
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback