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« en un sens, l’utopie n’a jamais commencé ni jamais cessé. Car de la République de Platon aux différents épisodes de la Guerre des étoiles de George Lucas en passant par l’Utopie de thomas More, la Nouvelle Atlantide de Francis Bacon, Gargantua et Pantagruel de rabelais, la Cité du soleil de Campanella, les œuvres de Fourier et de saint- simon, jusqu’à la science-fiction actuelle, sans oublier toute l’imagination architecturale de Hippodamos de Millet à Ledoux, de Filarete et scamozzi jusqu’à Le Corbusier, Portzamparc et Fortier, les hommes ont rêvé, rêvent et rêveront encore de la citta ideale. »
Blandine Kriegel [ 2002].

1est-il pensable de réformer la terminologie comptable à partir d’un travail de recherche et de jeter les bases d’une restructuration langagière d’un vocabulaire et d’un discours profondément connectés à la demande des marchés financiers ?

2Yona Friedman [ 2000, p. 258] explique que « l’utopie sociale naît d’une insatisfaction collective. L’utopie réalisable, c’est la réponse collective à cette insatisfaction ».

3La comptabilité a su s’imposer comme un langage incontournable des affaires permettant, au travers des documents de synthèse et de l’annexe des comptes sociaux et des comptes consolidés, de se faire une idée assez précise de la valeur patrimoniale des détenteurs de capitaux. en devenant inféodés au capitalisme financier, les comptables ont gagné en reconnaissance de la part de ceux qui utilisent et manipulent les comptes comme instrument de leur propre pouvoir ce qu’ils ont perdu en autonomie.

4La sophistication de la technique comptable permet de couper court à toute remise en cause durable de ses fondements. il est donc devenu paradoxal de remarquer que les différents scandales financiers – enron, WorldCom, ahold et dernièrement Parmalat, pour ne citer que les plus médiatisés – soient d’abord des scandales comptables inhérents à l’absence de transparence et aux manipulations sophistes de ceux qui en étaient les gardiens.

Retrouver Kant pour redonner un sens moral à la comptabilité

5Les différents scandales financiers dévoilés par la presse et les médias au cours des années 2001,2002 et 2003 constituèrent le révélateur de l’existence d’une crise morale avérée par le détournement du langage comptable. Éviter de nouvelles dérives peut relever d’une certaine forme d’utopie tant le langage comptable est devenu l’instrument privilégié du capitalisme financier dont la finalité quasi exclusive est de conserver la confiance des actionnaires et de pérenniser les équipes dirigeantes en place. Cependant, rien ne doit exclure un repositionnement moral de l’utilisation des informations comptables. Kant nous éclaire en ce sens : l’impératif catégorique, la moralité, est indissociable de la liberté ; c’est donc par « pure raison pratique » qu’il faut rechercher l’autonomie de sa volonté par la moralité. « L’idée de liberté et celle de loi morale sont-elles corrélatives [la loi, dit Kant, est le ratio cognoscendi de la liberté, la liberté est le ratio essendi de la loi] » [ Critique de la raison pure, 1966, p. xVii]. en d’autres termes, la liberté est l’essence de la loi et la loi, la raison essentielle d’atteindre la liberté.

6L’autonomie de la sphère comptable ne peut se révéler que s’il y a rupture avec la sphère dominante, la sphère financière. il importe de rompre avec le mensonge techniquement organisé. Pour Kant, « il ne faut pas que le droit se règle sur la politique ; mais bien la politique sur le droit » [Pascal, 1966, p. 156]. il doit donc exister chez le comptable un mobile moral. Cette recherche éthique est avant tout rationnelle puisqu’elle permettrait à la sphère comptable de regagner la crédibilité perdue et d’affirmer une réelle autonomie. Pour Kant, « la contrainte juridique, qui s’exprime par la sanction de la non-observation des règles juridiques, n’est ni violence ni oppression dans l’État de droit. La contrainte juridique n’est que la condition de la liberté » [touret, 1995, p. 161]. La communauté comptable doit retrouver les lois morales indispensables à la réalisation du droit positif, c’est-à-dire « à l’ensemble des conditions par lesquelles le libre arbitre de l’un peut s’accorder avec celui de l’autre suivant une loi générale de liberté (c’est la définition également de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789) » [ ibid.].

7en cherchant à manipuler les règles comptables pour répondre à la demande des marchés financiers, la sphère comptable s’inscrit dans une démarche utilitariste. Cette dissociation entre l’intérêt général et l’intérêt individuel est nuisible en ce sens qu’elle privilégie des intérêts corporatistes ; en effet, selon Kant, « en rendant inutile la source du droit, elle est toujours nuisible à autrui, sinon à un autre homme, du moins à l’humanité en général » [Pascal, 1966, p. 154].

8La première des utopies consiste à prôner la vertu appliquée à la délivrance des informations comptables. dans la Doctrine de la vertu, Kant écrit que « tous les principes juridiquement pratiques doivent renfermer des vérités rigoureuses, et ceux qu’on appelle ici des principes intermédiaires ne peuvent que déterminer d’une manière plus précise leur application aux cas qui se présentent (suivant les règles de la politique), mais ils ne peuvent jamais y apporter d’exceptions, car elles détruiraient l’universalité à laquelle seule ils doivent donner le nom de principe » [cité par Pascal, 1966, p. 157]. Le comptable vertueux ne peut que rompre avec la logique utilitariste qui l’a conduit à renoncer à son autonomie. L’autonomie dans le choix des méthodes et des critères d’évaluation est la garante de l’indépendance professionnelle. Le comptable en quête d’indépendance va se construire comme le juste face au combat permanent de l’injuste. La réalité de la mission d’évaluation et de certification des comptes se vit comme nietzsche la ressent : « la réalité de l’homme, c’est la nature propre de la vie, se surmonter soi-même à l’infini », c’est-à-dire « la volonté de la puissance » [touret, 1995, p. 231]. Cette puissance individuelle doit être empreinte de justice et de moralité.

9Le comptable, confronté aux scandales financiers, peut redorer le blason perdu en adoptant une démarche introspective que Kant résume par ces trois questions : que puis-je savoir ? que dois-je faire ? qu’ai-je le droit d’espérer ? [ Critique de la raison pure, cité par Pascal, 1966, p. 195].

10L’utopie moderne comptable consiste à repositionner le discours d’une profession vers des attentes plus larges que la simple demande actionnariale. L’information comptable, pour être crédible, ne peut que servir l’intérêt général. en effet, selon John rawls [ 1987, p. 536], « il est certain que, considérés du point de vue de la position originelle, les principes de la justice sont collectivement rationnels ; si tous y obéissent, chacun pourrait espérer améliorer sa situation, du moins par rapport à ce qu’elle serait en l’absence de tout accord, c’est-à-dire l’égoïsme généralisé [… ] Pour garantir la stabilité, les gens doivent avoir le sens de la justice ou un souci pour ceux qui seraient lésés par leur non-solidarité ».

11Le comptable joue un rôle d’interface entre la demande actionnariale et la pression des dirigeants qui veulent conserver la confiance des actionnaires. L’utopie consiste alors à considérer que la force morale du comptable est suffisamment développée pour qu’il informe les dirigeants et les partenaires internes et externes de l’entreprise des risques d’un développement non durable pour l’organisation. C’est donc à partir de règles objectives de présentation des comptes sociaux et des comptes consolidés qu’il importe de souligner, à l’instar de rawls [ ibid., p. 560], qu’il n’y a pas d’antinomie entre la liberté et la raison, entre les notions d’autonomie et d’objectivité.

Considérer le langage comptable comme un bien coll ectif constituerait une étape décisive

12admettre que la comptabilité synthétise l’information économique conduit à reconnaître que le langage comptable reflète les valeurs de la société. réformer le langage comptable consiste de fait à se donner d’autres valeurs et à s’interroger sur le contenu de l’information délivrée.

13La sphère comptable, dans le cadre de l’acte communicationnel, se trouve face à un double questionnement :

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  • le langage comptable peut-il continuer d’ignorer le développement durable des organisations au sens large ?
  • le langage comptable peut-il contribuer à une remise en cause du capitalisme financier pour le transformer en capitalisme social prêt à prendre en compte les conséquences sociales et écologiques des actes économiques ?

15tenter de répondre à cette double interrogation, c’est d’abord rechercher comment le langage comptable peut contribuer à rompre avec la logique des marchés financiers en intégrant, sur un plan terminologique, des concepts visant à combiner développement économique et développement durable. Le développement durable « qualifie un développement raisonné, qui respecte simultanément les trois critères de rentabilité économique, de respect de l’environnement et de cohérence sociale » [Lambert, raes, 2002, p. 25]. L’utopie moderne consiste à adopter des normes langagières qui puissent durablement concilier les critères du développement durable. Cependant, force est de constater qu’il existe aujourd’hui un profond décalage entre ce que le langage comptable offre d’informations et ce qu’il pourrait apporter. Pour Yona Friedman, lorsqu’il existe un décalage entre une technique applicable, par exemple la comptabilité, et l’insatisfaction collective, fruit d’une demande réelle, l’utopie réalisable consiste à trouver les modalités pratiques et techniques pour que cette insatisfaction devienne évanescente. La réforme du langage comptable constitue l’instrument privilégié de la mutation du capitalisme financier vers un capitalisme social ; il importe cependant d’accepter le rêve utopique d’une remise en cause des modèles comptables existants. or toute remise en cause d’une structure se heurte à des résistances psychologiques au changement. selon Joël roman [ 1999, p. 212], tout réformisme trouverait devant lui deux adversaires : le conservatisme et le verbalisme révolutionnaire, auxquels il faudrait ajouter un troisième adversaire encore plus redoutable, l’opinion qui règne en maître sur les démocraties contemporaines au travers des médias et des sondages.

16Le modèle comptable langagier souffre de trois formes d’incomplétude :

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  • le langage comptable n’intègre pas dans les comptes sociaux et dans les comptes consolidés le concept d’externalités positives et négatives ;
  • le langage comptable ne perçoit les ressources humaines que sous forme de charges de personnel ou de services extérieurs. L’embauche, la mise en retraite, le licenciement ou le décès du salarié n’apparaissent pas comme des facteurs contribuant à augmenter ou à diminuer les actifs immatériels ;
  • le langage comptable introvertit les immobilisations incorporelles sur une vision patrimoniale, intégrant des actifs immatériels sans valeur comme les frais d’établissement, mais renonçant à prendre en compte des actifs immatériels avec valeur comme le savoir-faire, la formation continue, la démarche qualité, la recherche de renseignements.

18L’utopie comptable postule qu’il est nécessaire d’intégrer au cœur même du système en partie double des innovations langagières promptes à assurer le développement durable de toute organisation. C’est donc une proposition utopique de construction des comptes dans un système classique en partie double qui semble opportune, et non un système nouveau ou parallèle à celui qui existe. Les propositions langagières ne visent pas non plus à prétendre régler tous les problèmes d’évaluation qu’elles pourraient engendrer. Mais un constat s’impose : si les mécanismes régulateurs étatiques ont partiellement échoué pour réguler le capitalisme financier, par contre l’information demeure non seulement le régulateur le plus efficace mais aussi un perturbateur réel. La régulation du capitalisme financier passe par une refondation ciblée de l’information comptable dont la portée psycholinguistique est patente comme l’illustrent les réactions des actionnaires d’alcatel ( 1998), les salariés de la snCF ( 2000), des actionnaires de Vivendi universal ( 2002). Le 16 septembre 1998, une erreur de communication sur les résultats du premier semestre 1998 entraînait une perte de 38 % de la valeur boursière du groupe alcatel. en 2000, les syndicats de la snCF déclenchaient une grève à la suite de l’annonce de résultats nets comptables bénéficiaires, considérant que « le gâteau économique » ne serait pas partagé équitablement. en 2002, Jean-Marie Messier fustigeait la communauté des comptables en considérant que les charges comptables ne sont qu’un jeu d’écritures.

19L’information agit sur les consciences tout en les façonnant. C’est la raison pour laquelle il sera proposé de modifier l’orientation traditionnelle de l’information comptable par nécessité pratique, afin de contribuer à redonner aux comptables un réel pouvoir informationnel non inféodé aux marchés financiers. en fait, les utopies langagières comptables ont pour seule mission de permettre à la sphère comptable de jouer un rôle central dans l’évolution du capitalisme financier en reconquérant l’autonomie qui lui fait désormais défaut.

20À titre d’exemple : la création de comptes « externalités positives », « externalités négatives » et « externalités nettes » soulève le problème de la valeur d’usage (c’est-à-dire de l’utilité sociale) et de la valeur d’échange (ou utilité économique) d’un tel concept. L’utilité économique langagière de comptes « externalités » pourrait en l’espèce être caractérisée de biens collectifs. en effet si l’on admet qu’un bien collectif est un bien indivisible dont la consommation individuelle n’altère pas l’usage collectif, alors qualifier le concept langagier d’« externalités » de biens collectifs revient à donner une valeur d’échange à l’information délivrée. Par conséquent, la valeur marchande d’un tel concept offert à l’ensemble des partenaires de l’entreprise serait le crédit obtenu auprès de tous ceux qui participent à la réalisation de l’objet social. La confiance dont bénéficieraient les dirigeants serait liée à leur comportement à la fois économique, social et écologique. L’utopie consisterait à attendre des actionnaires qu’ils sanctionnent positivement ou négativement les dirigeants en fonction de leurs comportements et de leurs performances non seulement économiques, mais également sociaux et écologiques. Le concept aurait également une valeur d’usage dont la fonction serait purement informationnelle en visant à indiquer comment l’entreprise réussit à remplir sa triple mission.

21La force utopique réside dans l’intégration, au cœur d’un modèle comptable en partie double, de comptes d’externalités positives et négatives donnant une information sociale et écologique sur les comptes sociaux et les comptes consolidés. Concrètement, l’entreprise ou l’organisation concernée présenterait un résultat net comptable après évaluation des externalités positives et négatives qu’elle a générées. Cet indicateur servirait de base à la distribution des dividendes et sensibiliserait les actionnaires à la portée des décisions et choix opérés. ainsi apparaîtrait au bilan en contrepartie une créance environnementale si l’entreprise protège l’environnement, ou une dette environnementale si elle a endommagé la planète.

22Les créations sémantiques de la terminologie comptable visent à valoriser ce que Huarte, cité par noam Chomsky [ 1996, p. 22 et p. 23], appelle « l’intelligence humaine » et « l’intelligence créative » : « L’intelligence humaine est capable d’acquérir la connaissance par ses propres moyens, en utilisant peut-être les données des sens, mais en contribuant à construire un système cognitif grâce à des concepts et des principes développés sur des bases indépendantes. » « L’intelligence créative » se définit comme « la vraie créativité, exercice de l’imagination créative par des moyens qui vont plus loin que l’intelligence normale ». en tout état de cause, il importerait de rompre avec une « intelligence docile » inféodée aux marchés financiers.

23L’intégration de ces propositions langagières utopiques pourrait conduire à émanciper le droit comptable du droit fiscal, conférant ainsi aux informations inhérentes au développement durable un intérêt à la fois stratégique et éthique. Ces propositions placeraient le langage comptable au cœur des échanges économiques et lui conféreraient une réelle dimension sociologique. L’objectif de ces propositions consisterait également à rompre avec les stéréotypes financiers qui visent à faire valoir l’idée que les normes comptables internationales (iFrs), élaborées par un organisme privé, applicables aux sociétés cotées qui publient des comptes consolidés conditionneraient un langage comptable universel. or, pour qu’il y ait un langage des affaires commun, il importe que des perceptions communes se développent. Ces propositions utopiques s’inscrivent dans la logique d’un repositionnement des ressources humaines et écologiques au cœur des échanges, offrant aux acteurs économiques une autre perception de l’utilisation des profits. Leur limite consiste cependant à n’être que sémantiques et à reposer sur une lente évolution des mentalités. Car, comme le souligne ignacio ramonet [ 2003/4, p. 7], « le nouveau capitalisme, c’est la marchandisation généralisée des mots et des choses, des corps et des esprits, de la nature et de la culture, ce qui provoque une aggravation des inégalités » ; réformer le langage comptable, c’est aussi se donner les moyens de rendre plus équitable la mesure des échanges économiques et d’entrevoir une juste répartition.

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Mis en ligne sur Cairn.info le 01/06/2006
https://doi.org/10.3917/rdm.027.0421
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