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1Pourquoi écrire ? Trouver une réponse à cette question s’avère assez complexe, et, dans bien des cas, l’auteur lui-même a du mal à expliquer ses motivations. Quand on s’intéresse aux œuvres des réformateurs du Moyen Âge central, les choses semblent être un peu plus évidentes : ceux-ci avaient un idéal qu’il leur fallait expliquer et promouvoir. Autrement dit, ils écrivirent des textes portant à la fois sur des aspects théoriques et pratiques. Nous pouvons donc « mesurer les paroles aux actes », et à ce sujet, l’œuvre de Bernard de Clairvaux (1090-1153) est un objet d’étude idéal : l’abbé cistercien nous a laissé non seulement des travaux théologiques – donc théoriques –, mais aussi une importante collection de lettres [1]. Celles-ci – il y en a plus de 500 – furent destinées, au moins dans un premier temps, à un usage pratique. C’est pour cela qu’elles constituent, comme l’a expliqué Sabine Teubner-Schoebel, « le pendant aux œuvres théoriques » de l’abbé de Clairvaux [2].

2Tâchons donc de tirer de ce volumineux corpus quelques observations qui permettent de mieux saisir le raisonnement et le fonctionnement de ce grand réformateur. Pour ce faire, nous proposons de revenir ici sur son intervention en faveur d’Albéron de Montreuil, archevêque de Trèves [3], avec lequel il entretenait des relations presque amicales et auquel il adressa plusieurs lettres alors que son correspondant se trouvait dans des situations délicates. L’affaire la plus importante, qui sera analysée ici, concerne le monastère Saint-Maximin de Trèves. Elle prend place dans le cadre plus général de la Querelle des Investitures qui occupaient tant les intellectuels et les hommes de pouvoir (temporel et spirituel) des xie et xiie siècles. En revendiquant sa « liberté », l’Église grégorienne avait redéfini ses doctrines et reconsidéré les compétences et les pouvoirs des uns et des autres. Elle contestait surtout le droit dont disposaient alors le roi et l’empereur d’intervenir dans l’investiture des hauts dignitaires ecclésiastiques. Particulièrement violente dans l’Empire, cette querelle a touché presque tous les niveaux de la société [4].

3Nous présenterons dans une première partie, Bernard et, à travers le texte De consideratione[5], de quelle manière un souverain ecclésiastique – en l’occurrence le pape – devait, selon lui, agir. Puis, nous analyserons, dans une deuxième partie, quelques lettres qu’il a rédigées en faveur d’Albéron [6]. C’est ce qui nous permettra de constater, dans la dernière partie de l’exposé, comment ses idéaux réformateurs pouvaient connaître quelques assouplissements lorsqu’il fallait rendre service à un ami.

Les idéaux réformateurs de saint Bernard

4Né en 1090 à Fontaine-lès-Dijon, en Bourgogne et issu de l’aristocratie locale, Bernard entra, en 1112, avec trente compagnons, au monastère de Cîteaux ; il y mena une vie très ascétique qui affaiblit durablement sa santé. En 1115, l’abbé de Clairvaux, Étienne, l’envoya en Champagne, où il fonda Clairvaux. Bernard commença à exercer, dès cette époque, une grande fascination : il attira beaucoup de novices, ce qui entraîna la fondation de nouveaux établissements, soixante-dix au total, jusqu’à sa mort en 1153. Au total, Bernard eut la direction spirituelle de cent soixante-quatre abbayes dont un certain nombre était situé dans l’Empire [7].

5Bernard était moine, et l’un des voeux prononcés par les moines suivant la règle de saint Benoît, à laquelle les Cisterciens étaient soumis, était celui de la stabilitas loci. Le monastère représentait un lieu de vie idéal où tout était aménagé pour faire ce qui plaît à Dieu : prier, méditer, étudier, notamment l’Écriture sainte, et travailler, intellectuellement et physiquement. Il n’y avait donc aucune nécessité de le quitter, et Bernard passait une partie de son temps ainsi [8]. En revanche, aucune abbaye ne pouvait vivre en autarcie absolue, et c’était le plus souvent le père abbé qui devait s’occuper des relations avec le monde extérieur. Érudit et doté d’un certain mysticisme, doué pour la conduite des hommes et charismatique, Bernard jouit vite d’une grande réputation. Auréolé de son vivant d’une réputation de sainteté, il fut sollicité pour intervenir dans les affaires ecclésiastiques et politiques, ce qui provoquait en lui de véritables conflits : d’un côté il aspirait à la solitude monastique selon la règle qu’il avait fait voeu de respecter ; de l’autre, le sens du devoir le poussait à mener à bien les multiples missions qui lui étaient confiées dans le monde, car Bernard disait lui-même : « les affaires de Dieu sont les miennes » [9].

6Ainsi pouvait-il passer des années entières en dehors de son abbaye. Les années 1130-1145 représentent l’apogée de ses activités ecclésio-politiques, mais, plus tard, il resta encore très actif dans ce domaine. Depuis 1130, deux papes, Innocent II (1130-1143) et Anaclet II (1139-1148 ?) revendiquaient la succession légitime sur le siège de saint Pierre. Grâce à l’intervention de Bernard, le premier finit par s’imposer. En 1140, lors du concile de Sens, Bernard fit condamner quelques dogmes hétérodoxes de Pierre Abélard. En 1145, il entama un voyage en Languedoc afin de lutter contre les idées hérétiques des cathares. Ensuite, Eugène III, élu pape en 1145, lui demanda de prêcher, en France et dans l’Empire germanique, pour la deuxième croisade (1146-1147). Conrad III, qu’il avait personnellement rencontré à Francfort, se croisa le 28 décembre 1146, sous la pression du succès rencontré par Bernard en Germanie. L’échec de cette croisade jeta certes une ombre sur sa réputation, mais il continua à être consulté. Lors du concile de Reims de 1148, il obtint la condamnation de la doctrine de La Trinité que Gilbert de la Porrée, évêque de Poitiers, avait élaborée. Finalement, malade et épuisé par ses multiples voyages ainsi que par une vie très austère, il mourut à Clairvaux en 1153, à l’âge de soixante-trois ans [10].

7Lors des cinq dernières années de sa vie, Bernard consacra davantage de temps à l’écriture. C’est à cette époque qu’il rédigea une œuvre intitulée De consideratione, traité qu’on peut appeler un « miroir pontifical » [11]. En s’adressant au premier pape cistercien, Eugène III, l’un de ses anciens élèves, Bernard expliquait le rôle que le pontife de Rome devait exercer pour que la réforme de l’Église fût menée à bien. Ainsi, définit-il, non seulement ses compétences et ses devoirs, mais aussi – directement ou indirectement – ceux des autres acteurs qui l’entouraient : l’empereur, les métropolitains, les évêques, les abbés… Il s’agit ici, certes, d’une œuvre de vieillesse, mais nous pouvons être sûr qu’elle représentait des idées que Bernard avait développées durant toute sa vie. C’est ce que prouve la mise en parallèle de certains de ses propos avec ceux exposés auparavant dans des lettres. La lettre 42, rédigée en 1127/1128 et intitulée De moribus et officiis episcoporum, en fournit un bon exemple [12]. Le De consideratione est donc, d’une certaine manière, un résumé des conceptions ecclésiastiques de Bernard de Clairvaux.

8Ce texte, qui nous est parvenu dans une douzaine de manuscrits et dont l’édition de référence a été donnée par Jean Leclercq [13], a fait l’objet de multiples études : certains chercheurs – comme Bruno Michel – en ont pratiqué une lecture plutôt théologique ou philosophique [14], d’autres – comme Peter Dinzelbacher [15] et Gert Wendelborn [16] – en ont donné des interprétations plus historiques [17]. La compréhension – et, par conséquent, la traduction du titre du traité – n’est pas sans difficultés : en fait, quand Bernard invite Eugène III à pratiquer la « considération », il veut l’inciter à la « mesure » [18]. Plus précisément, il souhaite que la moralisatio de la parole de Dieu mène, chose habituelle, à une « possession intérieure et contemplative de la vérité ». De plus, elle a aussi pour Bernard une dimension pratique, car, selon lui, le texte biblique reste vide et sa vérité cachée s’il n’est pas mis en œuvre. Autrement dit, l’extériorité de l’action est aussi importante que la possession intérieure de la vérité. Bernard cherche ainsi à inciter le pape à contempler la vérité afin de faire bon usage de sa puissance [19]. « Savoir » et « action » sont les deux sphères qui dominent les cinq livres du De consideratione. On y trouve des passages très théologiques, notamment dans le livre V où Bernard cherche à saisir et à définir la nature de Dieu : il aborde le problème de la nature du Christ, disserte sur la doctrine de La Trinité et se lance dans des considérations estimatives afin de montrer que sa grandeur se lève au-delà de toute comparaison [20]. D’autres passages théologiques concernent l’hérésie cathare et élaborent une doctrine relative à la hiérarchie céleste des anges.

9Plus importants pour notre sujet sont les passages consacrés aux actions concrètes. Pour Bernard, le monachisme représente la forme d’existence idéale de l’homme. Les moines sont placés au sommet de la hiérarchie terrestre qui est le pendant de la hiérarchie céleste des anges [21]. Pour l’abbé de Clairvaux, la primauté du pape est incontestable : il la justifie de manière traditionnelle, par le pouvoir de « lier et de délier », confié à saint Pierre [22]. Mais Bernard est conscient que le pape, lui aussi, n’est qu’un homme, c’est-à-dire un pécheur. Comme tous les hommes, il doit fuir les vices : le bavardage, la crédulité, l’amour du pouvoir et de la richesse, les ambitions personnelles, pour ne pas en mentionner d’autres [23]. Bernard dénonce aussi l’aspect de plus en plus juridique, et par-là temporel, que prenait, à son époque, l’exercice de l’office pontifical. Le renouveau de la culture juridique à Rome, dont témoigne notamment la rédaction du Décret de Gratien, avait influencé les pratiques de la papauté, et les papes devenaient, d’une certaine manière, des administrateurs. Or, pour l’abbé de Clairvaux, c’étaient aux princes et aux rois de s’occuper des tâches temporelles. C’étaient eux qui avaient, selon la théorie des deux glaives – l’une qui était temporelle, l’autre qui était spirituelle – le pouvoir de la première. Pour ne parler que du pape, Bernard voulait que les offices des dirigeants de l’Église redevinssent plus spirituels ; c’est pour cette raison qu’il mit en garde l’ensemble des évêques contre la sécularisation de leur fonction et de leur comportement : l’ « humilité » devait guider leurs actions, il fallait qu’ils se missent au « service » des autres et agissent avec « modération ». En revanche, ils avaient le devoir de lutter contre un comportement individualiste, pour ne pas dire égoïste. La recherche des honneurs ne devait jamais être la motivation de leurs actions et les richesses devaient les laisser indifférents [24]. En somme, ce sont les valeurs monastiques et ascétiques que valorisait Bernard. Elles seules légitiment la position des dignitaires ecclésiastiques. Bernard ne voulait pas d’administrateurs de l’Église. Il voulait des guides spirituels se rapprochant, grâce à leurs vertus, de la sainteté, voire y parvenant. L’exercice d’un ministère devait trouver sa justification dans la vie vertueuse de celui qui la pratiquait. On peut même aller jusqu’à dire que les souffrances provoquées par l’exercice d’un ministère devaient ressembler à celles des martyrs. Bernard voulait instaurer, à la tête de l’Église, une « noblesse des mérites » [25].

10Voilà rappelé, à grands traits, l’idéal que l’Église devait atteindre. Toutefois, ses représentants se trouvaient face à des problèmes d’une complexité telle que les principes de Bernard ne pouvaient plus servir de guide. L’abbé de Clairvaux le savait, et c’est pour cela qu’il a également abordé des cas particuliers. Ainsi, il arrivait régulièrement qu’un monastère fût exempté de la hiérarchie juridictionnelle habituelle. Au lieu d’être soumis à l’autorité de l’évêque ordinaire, les moines de l’abbaye en question n’étaient responsables que devant le pape. L’exemple le plus célèbre est celui de l’abbaye de Cluny, dépendant uniquement de la papauté. Une telle pratique était-elle souhaitable ? On pourrait croire que oui car l’ordre monastique se trouvait ainsi placé en haut de la hiérarchie cléricale, au-dessus des chefs des Églises locales, archevêques et évêques. Mais, en réalité, l’abbé de Clairvaux était contre cette pratique. Selon lui, cette exemption était plutôt source de frustration pour les évêques et risquait de conduire, en raison d’un contrôle trop lointain, à un relâchement des moeurs monastiques [26].

11Concluons cette présentation du De consideratione en constatant que Bernard souhaitait une spiritualisation de l’Église qui la conduisît à se dégager des affaires temporelles : elle devait renoncer à ce qui était peut-être le plus grand acquis de la Réforme grégorienne, à savoir la suprématie du spirituel sur le temporel et, par là, au pouvoir concret des ecclésiastiques sur les laïcs. Les exigences de l’abbé de Clairvaux allaient donc à l’encontre des idées de son temps. Bien qu’acteur du mouvement réformateur, il s’opposait à cette nouvelle Église qui avait l’ambition de remplacer l’Empire [27]. Fort de ce principe, Bernard a néanmoins été amené à agir tout autrement dans certaines circonstances.

Bernard et son intervention dans l’affaire de Saint-Maximin de Trèves

12Bien que située dans l’Empire germanique, la province de Trèves se trouvait à proximité de l’abbaye de Clairvaux. Que cette région fût, pour Bernard, réellement perçue comme un terrain étranger comme le suppose Michel Parisse, n’est pas sûr [28] : l’abbé ne manifestait pas un intérêt particulier pour les rois et les princes, c’est-à-dire les tenants du pouvoir temporel, ni pour leurs luttes territoriales et politiques. Seule la langue étrangère, l’allemand qui était parlé à Trèves et à Metz et que Bernard ne maîtrisait pas, avait pu susciter un sentiment d’éloignement, mais l’on sait que les hauts dignitaires ecclésiastiques pouvaient s’exprimer en latin. Les premiers contacts que Bernard eut avec le clergé de la province de Trèves furent, semble-t-il, des échanges épistolaires datant de la fin des années vingt du xiie siècle : ils prouvent que l’abbé de Clairvaux connaissait bien tous les prélats du moment, Ricuin de Commercy, évêque de Toul (1107-1124), Henri, évêque de Verdun (1117-1129), Étienne de Bar, évêque de Metz (depuis 1120) et Albéron de Montreuil, archevêque de Trèves (depuis 1132) [29]. Certes, Bernard s’était rendu lui-même dans cette région, mais le plus souvent, sans doute par manque de temps, il se manifestait par des lettres dont la collection, nous l’avons dit, rassemble plus de 500 textes [30]. Les interventions de l’abbé de Clairvaux en Lotharingie concernèrent, d’une part, l’installation des Cisterciens [31] ; et, d’autre part, des conflits dans lesquels il était sollicité d’intervenir comme arbitre [32]. Concentrons-nous ici sur l’affaire se rapportant à Albéron de Trèves.

13Albéron de Trèves, ou de Montreuil, figure parmi les archevêques de Trèves les plus illustres [33] ; cette renommée, il ne la doit pas seulement à ses actions, mais aussi à ses deux biographes, Balderich de Florennes et un poète anonyme [34]. Issu d’une famille seigneuriale de Montreuil, dans l’évêché de Toul, Albéron a été prévôt de Saint-Gengoult à Toul, puis archidiacre, également à Toul. Partisan fervent de la réforme de l’Église, il accéda à l’office du primicerius à Metz, pour devenir, en 1132, archevêque de Trèves. Les relations étroites qu’il entretenait avec Bernard datent des années vingt du xiie siècle, quand Albéron était à Metz, comme le prouve leur correspondance [35]. Cette amitié gagna encore en intensité dès lors qu’Albéron se montra favorable aux Cisterciens et, en 1134, c’est-à-dire au début de son pontificat, oeuvra en leur faveur dans son diocèse [36]. Il n’est donc pas étonnant de voir Bernard intervenir à plusieurs reprises dans les affaires concernant l’archevêque de Trèves [37], et notamment celle dite de Saint-Maximin [38].

14Le monastère Saint-Maximin était l’un des plus grands et plus riches de l’Empire. Il était, depuis 780 environ, soustrait à la domination de l’archevêque mosellan pour figurer parmi les abbayes royales. Aux xe et xie siècles, les métropolitains cherchèrent à le soumettre à nouveau à leur juridiction, mais en vain [39]. Au xiie siècle, une nouvelle opportunité se présenta à Albéron de Trèves. Après la mort de Lothaire III, le 4 décembre 1137, il avait, en tant que légat du pape, avancé la date de l’élection du nouveau roi, ce qui avait permis à Conrad d’être élu à Coblence le 7 mars 1138, devenant ainsi, sous le nom de Conrad III, le premier roi de la famille des Staufen. Albéron pouvait alors espérer que le nouveau souverain se montrerait reconnaissant et qu’il lui permettrait de récupérer la grande abbaye. L’archevêque reprit donc un procès en simonie contre Gérard, abbé de Saint-Maximin, qui avait commencé en 1136, mais n’avait pas connu d’issue favorable à l’archevêque. Cette fois-ci, Albéron obtint la destitution de l’abbé, le 5 décembre 1138, mais les moines, très méfiants, réélurent sans tarder un autre chef spirituel, Siger de Liège. Ce choix était motivé, entre autres, par les relations étroites que Siger entretenait avec l’avoué de l’abbaye, Henri, duc de Namur-Luxembourg. Au début de l’année 1139, Siger fut consacré à Rome par Innocent II. Albéron avait donc de nouveau échoué, mais il ne perdit pas espoir. Lors de la réunion des princes à Strasbourg, en mai 1139, il crut même être arrivé à ses fins : Conrad III lui délivra un diplôme, dans lequel il transférait les droits sur Saint-Maximin à l’archevêque de Trèves, à l’exception de l’avouerie. Albéron ne tarda pas à excommunier Siger et le fit savoir à Innocent II. Le pape ne réagit pas tout de suite, mais le 6 mai 1140, il donna à Siger l’absolution et confirma à nouveau la libertas de son monastère sur lequel il étendait même la protection pontificale. C’était donc à nouveau un échec pour Albéron : Saint-Maximin n’était toujours pas un monastère épiscopal. L’archevêque était véritablement furieux : son biographe Balderich relate qu’il jeta par terre la lettre d’Innocent et ne se résolut pas à accepter cette décision [40]. Le pape convoqua donc à Rome l’archevêque de Trèves qui ne daigna pas donner suite. Innocent II le destitua alors de son siège. Albéron fut bien forcé de se rendre en Italie… et il n’eut pas à regretter ce voyage : non seulement il fut confirmé sur son siège, mais il obtint les droits sur l’abbaye Saint-Maximin, comme le prouve un diplôme du 20 décembre 1140. Après 360 ans environ, Saint-Maximin redevenait donc une abbaye épiscopale. L’affaire n’était pas encore complètement terminée, car les moines et Siger n’acceptèrent pas tout de suite cette nouvelle situation : avec l’aide de l’avoué, le duc de Namur-Luxembourg, ils menèrent même une résistance armée ; il y eut des morts, et ce n’est que vers 1142, voire en 1143, que Siger se soumit enfin [41], tandis que le reste de la communauté était chassé. La réconciliation entre l’avoué et Albéron eut lieu en 1147.

15Dans l’affaire de Saint-Maximin, Bernard envoya, en 1140, trois lettres à Innocent (ep. 179, ep. 180 et ep. 323 [42]) qui ne sont pas précisément datées. De rares indices permettent cependant d’établir une chronologie relative : sans aucun doute, les courriers ont été rédigés avant le 20 décembre 1140. Ep. 179 en est le premier car on trouve, dans ep. 180, un indice signalant qu’il s’agit déjà de la deuxième lettre [43]. Ep. 179 semble être écrite avant la destitution d’Albéron, car celle-ci n’est pas encore mentionnée ; dans ep. 180, Bernard écrit au pape que celui-ci avait pris cette décision du fait qu’il avait été trompé et qu’il ne devait donc pas avoir honte de l’annuler [44]. Sabine Teubner-Schoebel suppose donc que l’ep. 179 a été écrite avant le mois de mai et l’ep. 180 après le mois de juin/juillet 1140 [45]. Ep. 323 est deux fois plus longue que les lettres précédentes ; sans y ajouter de nouveaux arguments, Bernard y explique de manière détaillée pourquoi il a pris position en faveur de l’archevêque de Trèves. Selon l’interprétation de Sabine Teubner-Schoebel, il s’agit de la lettre de recommandation qu’Albéron avait lui-même apportée à Rome, avant la décision définitive prise par le pape le 20 décembre 1140 [46].

16Toutes les lettres sont favorables à Albéron. Elles sont relativement courtes, mais rédigées avec soin, selon les règles de la rhétorique : dans ep. 179, Bernard pose, en introduction, la question de savoir comment la sagesse gagnera contre le mal. D’autres questions rhétoriques parallèles se succèdent pour opposer Albéron à son adversaire, l’abbé de Saint-Maximin [47]. L’un incarne la sagesse, l’autre le mal. Des citations bibliques appuyent l’argumentation [48]. Dans toutes ces lettres, le raisonnement de Bernard repose, en fait, sur trois arguments : d’abord, l’abbé souligne les bonnes relations qui existaient entre l’archevêque de Trèves et la Curie romaine jusqu’à l’éclatement de l’affaire de Saint-Maximin [49] ; ensuite, il fait savoir que la communauté de Saint-Maximin vivait sans discipline et que l’intervention d’Adalbéron était donc nécessaire [50] ; finalement, il explique que l’archevêque, en arrachant l’abbaye des mains des laïcs, devait la rétablir dans son statut ancien [51].

Des idéaux confrontés à la réalité

17Les arguments développés par Bernard dans cette affaire, était-ils valables et correspondaient-ils à ses idéaux ? En ce qui concerne le premier point avancé par Bernard, il faut rappeler qu’avant l’affaire de Saint-Maximin, Albéron entretenait effectivement de bonnes relations avec Rome en raison du soutien qu’il apportait aux réformes. L’affaire causa cependant quelques tensions. En 1135, en réaction aux accusations de certains moines, l’abbé de Saint-Maximin, Gérard, destitua quelques frères de leurs fonctions. À plusieurs reprises, Innocent II demanda à Albéron d’enquêter sur ce sujet et de rétablir les moines dans leurs offices, ce que celui-ci ne fit pas [52]. Peut-être n’était-il pas en mesure de le faire – Saint-Maximin n’était pas encore une abbaye épiscopale –, peut-être, pour des raisons stratégiques, souhaitait-il affaiblir la communauté qui luttait pour sa liberté. En 1139/1140, quand Innocent consacra Siger comme successeur de Gérard contre la volonté d’Albéron, l’archevêque critiqua la décision du pape au point que ce dernier destitua temporairement le prélat mosellan de son siège [53]. Toutefois, malgré ces tensions, les relations entre Albéron et la Curie romaine furent globalement bonnes comme le souligne Bernard. Mais cette situation était plutôt exceptionnelle. De tels rapports furent rares entre la papauté et les archevêques de Trèves à l’époque des grandes réformes ecclésiastiques : peu de temps avant, les moines de l’abbaye Saint-Euchaire de Trèves, très proches du métropolitain, avaient rédigé des écrits polémiques très violents en faveur de l’empereur. L’archevêque était alors Égilbert (1079-1101), choisi et investi par l’empereur Henri IV ; ce dernier voulait un collaborateur fidèle qui ne fut d’ailleurs consacré qu’en 1084, par l’évêque de Verdun, sur ordre de l’Empereur. Le pallium lui fut remis par l’anti-pape Clément [54]. Udo (1067-1078) et Brunon (1102-1124), le prédécesseur et le successeur d’Égilbert sur le siège mosellan, furent tous les deux des hommes de compromis dans le conflit entre le pape et l’empereur. Ce rôle de médiateur mena cependant inévitablement à des tensions avec la Curie romaine [55].

18Quant au deuxième argument, reprochant à la communauté de Saint-Maximin un manque de discipline, il existe un indice suggérant que cela n’était peut-être pas exact. L’abbé Gérard, contre lequel Albéron avait entamé, finalement avec succès, un procès de simonie, avait été déjà accusé et dénoncé auprès d’Innocent II par ses propres moines, pour ce même délit et pour un autre, la distribution des biens abbatiaux. On peut y voir un indice montrant que l’application stricte de la règle avait, au moins pour une partie des frères de l’abbaye royale, une certaine importance [56]. Une observation de Jörg Müller conforte cette interprétation : les critiques de Rome vis-à-vis de Saint-Maximin portaient, pour l’essentiel, sur la personne de Gérard, non pas sur la communauté elle-même [57].

19Enfin, le troisième argument arguant qu’Albéron avait arraché l’abbaye aux mains d’un laïc, doit se comprendre de la manière suivante : pour l’abbé de Clairvaux, l’empereur devait seulement être responsable des affaires temporelles ; le véritable chef de la chrétienté était pour lui, le pape. Albéron avait donc arraché l’abbaye des mains de l’empereur. Toutefois, l’empereur ou le roi, souvent très lointain, laissait aux moines une assez grande liberté dans les affaires spirituelles. Un autre laïc, visiblement non mentionné dans ces lettres, était sans doute plus dangereux pour les moines : l’avoué, dans le cas de Saint-Maximin, Henri, duc de Namur-Luxembourg. Cette charge avait été créée, au haut Moyen Âge, afin que les hommes d’Église pussent se consacrer exclusivement aux affaires spirituelles. Mais bien souvent, celui-ci intervenait directement dans la vie des clercs. C’est pour cette raison que les mouvements réformateurs des xie et xiie siècles, engagés dans la lutte pour la libertas de l’Église, cherchèrent à se libérer de ce personnage si influent [58]. Cependant, puisque Bernard de Clairvaux a pu écrire qu’Albéron « avait libéré » Saint-Maximin des mains d’un laïc [59], nous pouvons être certains qu’il ne pensait pas à Henri car celui-ci exerçait toujours sa charge en 1140, et encore par la suite [60].

20Enfin, si l’abbé de Clairvaux dit, dans l’ep. 180, qu’Albéron avait « récupéré » la communauté [61], il faisait allusion à la situation juridique de l’abbaye avant 780, quand Saint-Maximin était encore une abbaye épiscopale. Les moines avaient, depuis, rédigé un grand nombre de documents – des faux diplômes et la Vita IIIa Maximini – dans lesquels ils avaient expliqué que leur monastère devait son existence à Constantin et à sa mère, Hélène, et qu’elle était donc, depuis les origines, un établissement royal, voire impérial [62]. Mais visiblement, cette tradition, sans aucun doute fausse, n’avait pas été jugée crédible et ne s’était pas imposée.

21Les arguments avancés par Bernard pour défendre Albéron sont donc partiellement valables. Comment l’abbé de Clairvaux avait-il obtenu ses informations ? Sans doute en grande partie par Albéron lui-même [63]. Son ami de longue date devait l’avoir mis au courant de la situation à Trèves, de l’histoire de Saint-Maximin et de ses origines épiscopales, et surtout de la vie peu rigoureuse menée par les moines. Il est peu probable que Bernard ait fait un voyage à Trèves à cette époque. Seuls trois séjours de l’abbé de Clairvaux sont attestés en 1135, en mars 1147 et de novembre 1147 jusqu’en février 1148 [64]. De plus, n’oublions pas que Bernard était, en 1139 et en 1140, très occupé par quelques grandes affaires : la commune de Reims (1139), le deuxième concile du Latran (1139), la rédaction du De praecepto et dispensatione qui aborde des questions dogmatiques et morales (1140) et les débuts de la causa Abaelardi (nous savons qu’il a prononcé un discours aux clercs de Paris en 1140) [65]. Enfin, s’il avait fait à cette époque un voyage à Trèves, il aurait sans doute remarqué que les moines de Saint-Maximin étaient en réalité loin d’être décadents.

22Si Bernard a donc fait confiance à son ami, c’est parce que tout devait lui sembler crédible et parce que les informations qu’on lui transmettaient correspondaient parfaitement à ses propres théories ainsi qu’aux idées qu’il avait exposées dans le De consideratione : des moines, soustraits au contrôle de l’évêque, cessaient d’observer la règle de saint Benoît. L’exemption d’un monastère était donc une mauvaise solution, à plus forte raison si l’abbaye dépendait d’une personne qui, aux yeux de l’abbé de Clairvaux, était un laïc : l’empereur. Soumettre, en revanche, les moines au contrôle d’Albéron, ne pouvait qu’améliorer la situation, et ceci d’autant plus que l’archevêque correspondait, pour Bernard, à cette noblesse ecclésiastique des mérites, présentée, dans le De consideratione, comme un idéal. C’est pourquoi il insiste, dans ses lettres, sur le caractère irréprochable de son ami. Mais, là encore, la vision de Bernard ne correspondait pas tout à fait à la réalité : l’abbé de Clairvaux ne savait sans doute pas qu’Albéron était parfois bien loin de vivre en saint. N’oublions pas qu’il avait jeté une lettre pontificale par terre, qu’il n’avait pas répondu à la convocation de celui qui détenait la primauté incontestable dans la hiérarchie de l’Église et qu’il avait très probablement diffusé de fausses informations sur les moines de Saint-Maximin. Quelques années plus tard, au concile de Reims (1148), Albéron, en revendiquant prétentieusement la primauté de son siège sur celui de la Seconde Belgique, fut à l’origine d’une violente discorde entre la délégation mosellane et celle de Reims [66] !

23Ce dernier point nous mène à une autre question, dont nous ignorons si Albéron l’a cachée à Bernard ou si Bernard l’a passée sous silence dans ses lettres adressées à Innocent. Depuis le ixe siècle, la motivation principale de tous les archevêques de Trèves pour récupérer Saint-Maximin était l’importance de ses possessions foncières. Celles-ci, bien plus étendues que les terres de l’archevêque, étaient une véritable menace pour le pouvoir du métropolitain, d’autant plus que l’avoué des moines n’était pas seulement un protecteur : ses compétences militaires pouvaient se manifester de manière plus offensive. Le monastère Saint-Maximin était donc un voisin dangereux pour l’archevêque de Trèves, et c’est pour cette raison que celui-ci voulait le récupérer [67].

24Il reste encore deux points à élucider. L’intervention de Bernard était-elle justifiée et conforme à ses théories ? En partie, oui : l’intégration de Saint-Maximin dans le domaine épiscopal correspondait à l’idéal de Bernard, évoqué dans le De consideratione. Mais, pour trois raisons, on pourrait aussi répondre par la négative : d’abord, Bernard eut autant de mal qu’Albéron à accepter une décision pontificale qui n’allait pas dans son sens. Autrement dit, il avait du mal à accepter la primauté de l’évêque de Rome qu’il défendait pourtant dans ses œuvres théoriques. Cette attitude est d’autant plus contestable qu’il ne connaissait l’affaire que par des témoignages indirects. Peut-on expliquer ce manque de respect envers le pape ? Selon Michel Parisse, il faut prendre en compte le fait que l’abbé de Clairvaux était, de son vivant, considéré comme saint [68]. Il était ainsi sous une certaine pression : les gens attendaient de lui, en permanence, de véritables exploits. Nous ignorons s’il a fini par en être persuadé lui-même, mais nous pouvons au moins supposer que cette situation l’a incité à agir avec conviction quand il était persuadé du bien-fondé d’une cause. D’autre part, l’intégration de Saint-Maximin dans la juridiction du métropolitain était, certes, souhaitée par Bernard (dans le De consideratione), mais, en même temps, elle n’a pas résolu le problème du pouvoir laïque de l’avoué : jusqu’en 1147, celui-ci fut en guerre avec Albéron, guerre qui dévasta tout l’évêché. Et même après, cette situation allait à l’encontre de l’Église idéale décrite dans le De consideratione car l’archevêque dut s’occuper davantage des problèmes temporels, dont Bernard voulait précisément libérer les hommes d’Église. Finalement – mais nous ignorons si Bernard en avait conscience –, il prenait parti dans une affaire qui était d’abord une affaire de pouvoir, d’influence et de richesse. Or c’est exactement ce qu’il dénonçait chez les clercs dans ses réflexions théoriques.

25La deuxième question, qui est encore sans réponse, est la suivante : l’intervention de Bernard, a-t-elle joué un rôle important dans la décision d’Innocent ? Il semble que oui, car à l’automne 1140, la situation d’Albéron, destitué de son siège, était catastrophique. La lettre de recommandation de Bernard – si l’interprétation de S. Teubner-Schoebel est bonne –, permit à l’archevêque déchu de retrouver son ancienne fonction et, surtout, il réussit là où tous ses prédécesseurs avaient échoué depuis 360 ans : il obtient les droits sur Saint-Maximin. L’amitié de Bernard de Clairvaux, manifestée dans les lettres, avait, une fois de plus, payé [69].

26Pour revenir à la question initiale – Bernard de Clairvaux a-t-il agi en conformité avec ses propres théories ? –, il faut constater que cela n’a été que partiellement le cas dans l’affaire de Saint-Maximin. D’une part, ceci était difficile car ses théories elles-mêmes n’étaient pas tout à fait cohérentes, et d’autre part, il s’est laissé aveugler par son amitié pour Albéron qui lui avait fait parvenir des informations partielles et partiales sur sa situation personnelle et celle de l’Église de Trèves.

Lettre de Bernard de Clairvaux à Innocent II (1140) [70]. Traduction

27« Comment la méchanceté vainc-t-elle la sagesse ? Connais-tu, pieux serviteur de Dieu, l’archevêque de Trèves [Albéron] ? Je sais que tu le connais. Connais-tu aussi l’abbé de Saint-Maximin [Siger] qui est loin d’être saint ? Je crois que tu ne le connais pas. Qui est plus digne d’être honoré que le premier? De même, nul ne mérite davantage d’être méprisé que le second, et pourtant c’est celui-ci qui est honoré et le premier qui est victime d’outrage. En quoi l’archevêque a-t-il péché ? Il a récupéré le butin (praeda) pour son Église, et il a libéré l’Église captive des mains laïques. ‘Le mal sera-t-il rendu pour le bien et la haine pour l’amour ?’ (Jr. 18, 20). Ici, je t’en supplie, c’est l’œil de la bonté qui doit veiller ; mets un peu de côté tes occupations et réalise quel grand dommage advint du fait qu’un tel homme – qu’appeler ainsi me fait honte – ridiculise un autre homme – que, toi-même, tu connais bien – devant ses voisins, tes ennemis ! Très pieux père, l’amour du fils me fait parler. Jusqu’à maintenant, nous avons souffert avec le pauvre et misérable archevêque. Mais si les circonstances n’évoluent pas dans le bon sens, la douleur de notre cœur et toute notre compassion se tourneront du plus profond de nous-même vers celui qui pourrait apporter une amélioration. Il existe d’autres blessures du susdit homme ; si vous l’en soulagez, vous renforcerez sans aucun doute votre position. Tout ce qui entache le nom de mon Seigneur, torture mon cœur. »

Notes

  • [*]
    Klaus Krönert, maître de conférences, Université Lille Nord de France UDL 3 – IRHiS UMR 8529, 21, rue Michelet, 78500 Sartrouville.
  • [1]
    Je suis heureux d’offrir cette étude à Stéphane Lebecq, qui a consacré une partie de ses travaux à l’abbaye cistercienne de Vaucelles, et avec qui nous avons discuté de Bernard de Clairvaux lors de notre première conversation de vive voix à Lille en 2008. Cette recherche doit beaucoup à une table ronde sur les lettres et les réseaux des réformateurs organisée par Guy Lobrichon à Avignon le 7 avril 2006, où elle a été présentée dans ses grands traits pour la première fois.
  • [2]
    S. Teubner-Schoebel, Bernhard von Clairvaux als Vermittler an der Kurie. Eine Auswertung seiner Briefsammlung, Bonn, 1993, p. 3 : « Bernhards Korrespondenz mit der Kurie kann als praktisches Gegenstück zur 1148 entstandenen theoretischen Abhandlung De consideratione bezeichnet warden… ».
  • [3]
    Depuis l’élaboration de la première ébauche de cette étude, deux autres travaux relatifs à Albéron, archevêque de Trèves, ont été publiés : J. R. Müller, Vir religiosus ac strenuus, Albero von Montreuil, Erzbischof von Trier (1132-1152), Trèves, 2006, et B. A. Pavlac, AWarrior Bishop of the Twelfth Century, The Deeds of Albero of Trier, by Balderich, Toronto, 2008.
  • [4]
    Les travaux relatifs à la Querelle des Investitures sont nombreux : voir, par exemple, U.-R. Blumenthal, Der Investiturstreit, Stuttgart, 1982, ou W. Harthmann, Der Investiturstreit, Munich, 1996.
  • [5]
    S. Bernardi Opera, éd. J. Leclercq et H. Rochais, 8 vol., Rome, 1957-1977, vol. III : De consideratione, Rome, 1963, et Bernhard von Clairvaux, Sämtliche Werke lateinisch / deutsch, éd. G. B. Winkler, t. I: De consideratione ad Eugenium papam / Über die Besinnung an Papst Eugen, Innsbruck, 1990.
  • [6]
    Il s’agit des lettres 179, 180 et 323, citées selon S. Bernardi Opera, op. cit. (n. 5) : ep. n° 1-180 (vol. VII), n° 181-310 (vol. VIII, 1) et ep. extra corpus n° 311-547 (vol. VIII, 2).
  • [7]
    Comme introduction à la vie et à l’œuvre de Bernard de Clairvaux, voir Bernard de Clairvaux, histoire, mentalités, spiritualité, actes du colloque de Lyon-Cîteaux-Dijon, Paris, 1992 (coll. Sources chrétiennes, 380) ; P. Dinzelbacher, Bernhard von Clairvaux, Leben und Werk des berühmten Zisterziensers, Darmstadt, 1998.
  • [8]
    Voir par exemple Dom A. Avril et E. Palazzo, La vie des moines au temps des grandes abbayes, xe-xiiie siècles, Paris, 2000.
  • [9]
    P. Riché, « La connaissance concrète de la chrétienté », dans Bernard de Clairvaux, op. cit. (n. 7), p. 383.
  • [10]
    Pour plus de détails et de bibliographie, voir P. Dinzelbacher, Bernhard von Clairvaux, op. cit. (n. 7).
  • [11]
    P. Dinzelbacher, Bernhard von Clairvaux, op. cit. (n. 7), p. 399, a repris la datation de cette œuvre. Ainsi a-t-il montré que le livre II a été écrit peu de temps après l’échec de la deuxième croisade, en 1148. Dans le livre III, l’abbé de Clairvaux signale qu’il a rédigé le passage en question « la quatrième année après le concile de Reims » (1152).
  • [12]
    Epistola n° 42, S. Bernardi Opera, op. cit. (n. 5), et P. Dinzelbacher, Bernhard von Clairvaux, op. cit. (n. 7), p. 105-109.
  • [13]
    Cf. note 5.
  • [14]
    B. Michel, « Bernard de Clairvaux et la philosophie : le cas du ‘De consideratione’ », dans Bernard de Clairvaux, op. cit. (n. 7), p. 579-603.
  • [15]
    P. Dinzelbacher, Bernhard von Clairvaux, op. cit. (n. 7), p. 339-356.
  • [16]
    G. Wendelborn, Bernhard von Clairvaux, Francfort, 1993, p. 213-222.
  • [17]
    Mentionnons ici également les travaux de E. T. Kennan, The ‘De Consideratione’ of Saint-Bernhard of Clairvaux and the Reform of the Church in the Twelfth Century, Diss., Washington, 1966 ; Ead., « The ‘De Consideratione’ of S. Bernhard of Clairvaux and the Papacy in the midtwelfth Century. A Review of Scholarship », Traditio, t. 23, 1967, p. 73-115.
  • [18]
    B. Michel, « Bernard de Clairvaux et la philosophie », op. cit. (n. 14), p. 580.
  • [19]
    Ibid., p. 58-586 ; cf. également P. Dinzelbacher, Bernhard von Clairvaux, op. cit. (n. 7), p. 339 et sq. qui emploie les termes « Selbstbesinnung » et « Meditation und praktische Planung ».
  • [20]
    B. Michel, « Bernard de Clairvaux et la philosophie », op. cit. (n. 14), p. 589-592, qui a analysé de manière détaillée les réflexions de l’abbé de Clairvaux à ce sujet.
  • [21]
    De consideratione, op. cit. (n. 5), liber III, IV, 18, et P. Dinzelbacher, Bernhard von Clairvaux, op. cit. (n. 7), p. 343-348.
  • [22]
    De consideratione, op. cit. (n. 5), liber II, VIII, 16, et P. Dinzelbacher, Bernhard von Clairvaux, op. cit. (n. 7), p. 343 et sq.
  • [23]
    De consideratione, op. cit. (n. 5), liber II, XIV, 23, et P. Dinzelbacher, Bernhard von Clairvaux, op. cit. (n. 7), p. 343 et sq.
  • [24]
    Cf. notamment De consideratione, op. cit. (n. 5), liber III.
  • [25]
    H. V. White, « The Gregorian Ideal and St. Bernhard of Clairvaux », Journal of the History of Ideas, t. 21, 1960, p. 321-348, p. 343-347, où l’auteur résume les idées de l’abbé de Clairvaux en parlant de trois dimensions dans chaque ministère ecclésiastique : 1) les dirigeants sont des hommes; 2) en tant que membres d’un système sacral et hiérarchisé, ils ont une place fixe dans l’Église ; et 3) ils font partie d’une hiérarchie des vertus.En ligne
  • [26]
    De consideratione, op. cit. (n. 5), liber III, IV, 14, liber III, IV, 16, et P. Dinzelbacher, Bernhard von Clairvaux, op. cit. (n. 7), p. 347 ; M. Parisse, « Bernard de Clairvaux et les relations avec l’Empire », dans Bernard de Clairvaux, op. cit. (n. 7), p. 401-427, p. 409, remarque à juste titre que Bernard ne s’est guère exprimé sur la conception qu’il avait du rôle de l’empereur. Il y explique que, dans De consideratione, « il ressort qu’à ses yeux, le rôle principal de chef de la chrétienté était dévolu au pape, l’empereur n’ayant qu’un rôle politique et militaire ».
  • [27]
    P. Dinzelbacher, Bernhard von Clairvaux, op. cit. (n. 7), p. 356, et G. Wendelborn, Bernhard von Clairvaux, op. cit. (n. 16), p. 221.
  • [28]
    M. Parisse, « Bernard de Clairvaux », op. cit. (n. 26), p. 424 et sq.
  • [29]
    Ibid., 402-407 ; M. Parisse note qu’il y avait aussi des correspondances avec des laïcs tels que le duc Simon Ier et la duchesse Adélaïde de Lorraine.
  • [30]
    Édités par J. Leclercq et H. Rochais (n. 5), ils sont examinés de manière détaillée par S. Teubner-Schoebel, Bernhard von Clairvaux, op. cit. (n. 2), dans le cadre de sa thèse.
  • [31]
    M. Parisse, « Bernard de Clairvaux », op. cit. (n. 26), p. 415-417 : l’expansion des Cisterciens dans l’Empire passait, pour l’essentiel, par le monastère de Morimond, où il y avait beaucoup de moines germanophones, dont un grand nombre étaient des amis personnels de Bernard de Clairvaux.
  • [32]
    Ibid., p. 402-407.
  • [33]
    M. Pundt, « Die Amtszeit Alberos von Montreuil (1132-1152) », dans 2000 Jahre Trier, t. II: Trier im Mittelalter, H. H. Anton et A. Haverkamp éd., Trèves, 1996, p. 243-253, et maintenant J. R. Müller, Vir religiosus, op. cit. (n. 3).
  • [34]
    Gesta Alberonis, éd. G. Waitz, MGH, SS, t. VIII, p. 243-260 traduits et commentés par B. A. Pavlac, A Warrior Bishop, op. cit. (n. 3) ; Gesta Alberonis metrica auctore anonymo, éd. G. Waitz, ibid., p. 236-243.
  • [35]
    S. Teubner-Schoebel, Bernhard von Clairvaux, op. cit. (n. 2), p. 84 et J. R. Müller, Vir religiosus, op. cit. (n. 3), p. 162-164.
  • [36]
    M. Pundt, « Die Amtszeit Alberos », op. cit. (n. 33), p. 243-244 et J.-R. Müller, Vir religiosus, op. cit. (n. 3), p. 226-248.
  • [37]
    La première intervention de Bernard en faveur d’Albéron eut lieu en 1135/1136 : dans le diocèse de Verdun, l’évêque Albéron de Chiny (1131-1156) souhaitait réformer le monastère Saint-Paul. Il chercha alors à remplacer les moines bénédictins qui étaient sur place par des moines de Cluny. Comme son initiative ne fut pas couronnée de succès, il demanda aux chanoines de l’ordre de Prémontré de réformer l’abbaye. C’est ce qui fit intervenir les bénédictins voisins de Saint-Vanne ainsi que Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, qui souhaitaient sauver la tradition bénédictine de Saint-Paul. C’est à ce moment-là qu’Albéron, soutenu par Bernard de Clairvaux, intervint à son tour : une lettre adressée à Innocent II, en est la preuve. Les chanoines de l’ordre de Prémontré obtinrent ainsi la permission de s’installer dans l’abbaye ; cf. S. Teubner-Schoebel, Bernhard von Clairvaux, op. cit. (n. 2), p. 78-80.
  • [38]
    Cette affaire est examinée, de manière détaillée, par H. Büttner, « Der Übergang der Abtei St. Maximin an das Erzstift Trier unter Erzbischof Albero von Montreuil », dans Festschrift Ludwig Petry, J. Bärmann et al. éd., Wiesbaden, 1968, p. 65-77 ; par E. Boshof, « Eine bisher unbekannte Papsturkunde zur Auseinandersetzung um die Reichsunmittelbarkeit der Abtei St. Maximin bei Trier », dans Ex ipsis rerum documentis. Beiträge zur Mediävistik, Festschrift für Harald Zimmermann, K. Herbers, H. Henning Kortüm et C. Servatius éd., Sigmaringen, 1991, p. 295-305, et maintenant par J. R. Müller, Vir religiosus, op. cit. (n. 3), p. 375-420.
  • [39]
    Cf. pour l’histoire de Saint-Maximin, E. Wisplinghoff, Untersuchungen zur frühen Geschichte der Abtei St. Maximin bei Trier von den Anfängen bis etwa 1150, Mayence, 1970.
  • [40]
    Cf. Gesta Alberonis, op. cit. (n. 34), c. 18, p. 253 ; H. Büttner, « Der Übergang der Abtei St. Maximin », op. cit. (n. 38), p. 74 ; et maintenant J. R. Müller, Vir religiosus, op. cit. (n. 3), p. 409-412.
  • [41]
    J. R. Müller, Vir religiosus, op. cit. (n. 3), p. 419, n. 628, préconise maintenant 1141/1142.
  • [42]
    Cf. S. Teubner-Schoebel, Bernhard von Clairvaux, op. cit. (n. 2), p. 80-88 qui en donne une analyse.
  • [43]
    Epistola n° 180, op. cit. (n. 6) : Iterum supplicatio, iterum preces, et decies repetitae non desinent.
  • [44]
    Ibid. : Bonam causam habemus, et aequum iudicem, qui non cunctabitur evacuare quod subreptum est, cum apparebit quod verum est.
  • [45]
    S. Teubner-Schoebel, Bernhard von Clairvaux, op. cit. (n. 2), p. 85 et sq.
  • [46]
    Ibid., p. 86.
  • [47]
    Epistola n° 179, op. cit. (n. 6) : Quomodo malitia vincit sapientiam ? Nosti, pie domine, nosti Treverensem archiepiscopum ? Scio quia nosti. Nosti et illum Sancti Maximini non sanctum abbatem ? Puto quia non nosti. Quis dignior honore illo priori ? Sic nemo dignior confusione isto sequenti, et tamen iste honoratus est, ille opprobrio datus (cf. également l’annexe où se trouve une traduction complète de cette lettre).
  • [48]
    Cf., par ex., ibid. : Ps 108, 5.
  • [49]
    Epistola n° 323, op. cit. (n. 6) : Quam fideliter Trevirensis archiepiscopus Apostolicae Sedis honorem et quietem Romanae Ecclesiae ab adolescentia sua dilexerit, quam immobiliter et sollicitate in tempore tribulationis ei adhaeserit, et, aliis in umbra sedentibus, pondus diei et aestus cum ea portaverit, quam constanter et intrepide verbum veritatis pro testimoniis eius in conspectu regum locutus sit prae consortibus suis, non necesse habetis scribi vobis : ipse enim certissime scitis.
  • [50]
    Epistola n° 180, op. cit. (n. 6) : Propter quodeum volunt monachi lapidare ? Pium est religionem reformare in monasterio ; quod ille intendit. Adsit Dominus cordi domini mei, ne iterum possit ei subripi a monachis, non tam, ut simulant, appetentibus libertatem quam fugitantibus disciplinam ; Epistola n° 323, op. cit. (n. 6) : Quid igitur displicuit in eo paternitati vestrae ? Numquid quod hominem illum, qui, ut aiunt, prius dux quam miles, prius abbas quam monachus esse voluit, non suscepit?
  • [51]
    Epistola n° 179, op. cit. (n. 6) : Quid peccavit archiepiscopus ? Praedam ecclesiae suae recuperavit, captivam ecclesiam de manu laica liberavit ; Epistola n° 180, op. cit., (n. 6) : Immo recuperavit sedi episcopali monasterium, tamquam clavam de manu Herculis extorquens in manu fortiori ; Epistola n° 323, op. cit. (n. 6) : Quid igitur displicuit in eo paternitati vestrae ? Numquid quod ecclesiam illam beati Maximini de regia potestate extraxit, ut sacerdotali subiceret?
  • [52]
    J. R. Müller, Vir religiosus, op. cit. (n. 3), p. 388-391.
  • [53]
    Ibid., p. 412 et 416.
  • [54]
    N. Gladel, Die Trierer Erzbischöfe zur Zeit des Investiturstreites, Kladenkirchen, 1932, p. 33-60, p. 46 ; F.-R. Erkens, Die Trierer Kirchenprovinz im Investiturstreit, Cologne/Vienne, 1987, p. 96-122.
  • [55]
    N. Gladel, Die Trierer Erzbischöfe, op. cit. (n. 54), p. 4-32 et 61-104 ; F. F.-R. Erkens, Die Trierer Kirchenprovinz, op. cit. (n. 54), p. 122-167.
  • [56]
    E. Wisplinghoff, Untersuchungen, op. cit. (n. 39), p. 58, qui explique en détail cette opposition interne à Gérard en s’appuyant sur les diplômes : Regesta Pontificum Romanorum, éd. P. Jaffe, S. Löwenfeld, 2 t., Leipzig, 1885-1888, nos 7674, 7727 et 7764 ; cf. également E. Boshof, « Eine bisher unbekannte Papsturkunde », op. cit. (n. 38), p. 299 et sq.
  • [57]
    J. R. Müller, Vir religiosus, op. cit. (n. 3), p. 405.
  • [58]
    H. J. Schmidt, « Vogt, Vogtei », dans Lexikon des Mittelalters, t. VIII, col. 1811-1814, spéc. col. 1812.
  • [59]
    Cf. note 51.
  • [60]
    J. R. Müller, Vir religiosus, op. cit. (n. 3), p. 403-404.
  • [61]
    Cf. note 51.
  • [62]
    K. Krönert, La construction du passé de la cité de Trèves (viiie-xie siècles). Étude d’un corpus hagiographique, thèse de doctorat, Université Paris X – Nanterre, 2003, p. 154-168.
  • [63]
    Déjà P. Dinzelbacher, Bernhard von Clairvaux, op. cit. (n. 7), p. 132, avait remarqué que l’abbé de Clairvaux reprenait facilement et sans vérification le point de vue de ceux qu’il considérait comme ses amis.
  • [64]
    N. Zimmer, « Des heiligen Bernhard von Clairvaux Beziehungen zu Trier », Trierer Theologische Zeitschrift, t. 60, 1951, p. 41-52 et 87-93.
  • [65]
    P. Dinzelbacher, Bernhard von Clairvaux, op. cit. (n. 7), p. 204-230.
  • [66]
    N. Zimmer, « Des heiligen Bernhard von Clairvaux », op. cit. (n. 64), p. 91.
  • [67]
    M. Pundt, « Die Amtszeit Alberos », op. cit. (n. 33), p. 245, et maintenant J. R. Müller, Vir religiosus, op. cit. (n. 3), p. 402.
  • [68]
    M. Parisse, « Bernard de Clairvaux », op. cit. (n. 26), p. 407.
  • [69]
    Nous nous opposons ici à l’interprétation d’E. Wisplinghoff, Untersuchungen, op. cit. (n. 39), p. 61, qui pense que les liens unissant le roi et l’archevêque de Trèves, étaient si forts que le pape – dépendant de la cour impériale en raison de la menace des Normands – aurait dû, de toute évidence, céder Saint-Maximin au pontife mosellan. À partir de 1056, après la mort d’Henri III, quand Henri IV n’avait que six ans, beaucoup d’abbayes royales purent être récupérées par des archevêques qui profitaient alors de la faiblesse du pouvoir laïque. En revanche, Eberhard de Trèves, qui, à cette époque, avait également intensifié ses efforts afin d’obtenir Saint-Maximin, n’était pas parvenu à ses fins. Cf. T. Kölzer, Studien zu den Urkundenfälschungen des Klosters St. Maximin vor Trier (10.-12. Jh.), Sigmaringen, 1989, p. 114 ; J. R. Müller, Vir religiosus, op. cit. (n. 3), p. 414, pense, comme nous, que l’intervention de Bernard de Clairvaux en faveur d’Albéron a été décisive.
  • [70]
    Epistola n° 179, op. cit. (n. 6).
Français

Résumé

L’article confronte les discours théoriques de Bernard de Clairvaux à ses actions concrètes. Plus précisément, il analyse les passages de son œuvre De consideratione qui portent sur ses idéaux réformateurs, pour les mettre en relation avec son intervention dans l’affaire dite de Saint-Maximin. Bien que mal informé sur la querelle qui se déroula vers la fin des années 1130 dans la métropole mosellane entre le prélat du lieu et l’abbé de Saint-Maximin, l’abbé de Clairvaux s’engagea vigoureusement en faveur de son ami, l’archevêque Albéron, trahissant ainsi, partiellement, ses propres idéaux.

Mots-clés

  • Bernard de Clairvaux
  • Saint-Maximin de Trèves
  • Albéron de Trèves
  • avoué
  • archevêque
  • réforme de l’Église
  • abbé
  • lettres
English

Bernard Of Clairvaux and the case of Saint-Maximin’s in Trèves : Between Reformist Ideals and Friendly Relationships

Bernard Of Clairvaux and the case of Saint-Maximin’s in Trèves : Between Reformist Ideals and Friendly Relationships

This paper opposes Bernard of Clairvaux’s theoretical writings to his concrete actions. More precisely, it analyses the passages from his De consideratione which deal with his reformist ideals, in order to place them in relation with his intervention in the so-called case of Saint-Maximin’s. Although ill-informed about the quarrel that erupted around the late 1130s in the capital city of the Moselle region between the local prelate and Saint-Maximin’s abbot, the abbot of Clairvaux took sides vigorously in favour of his friend, Archbishop Albéron, betraying thus, at least in part, his own ideals.

Nederlands

Bernard de Clairvaux en de zaak Sint Maximinus in Trier : tussen hervormingsideaal en vriendschappelijke betrekkingen

Bernard de Clairvaux en de zaak Sint Maximinus in Trier : tussen hervormingsideaal en vriendschappelijke betrekkingen

In dit artikel toetst men de theorieën van Bernard van Clairvaux aan zijn concrete actie. Het gaat meer bepaald over de analyse van delen uit zijn werk De consideratione over de hervormingsidealen en het verband met zijn tussenkomst in de zogeheten zaak van Sint Maximinus. Hoewel hij niet goed ingelicht was over de ruzie, op het einde van de jaren 1130 in de hoofdstad aan de Moezel, tussen de plaatselijke prelaat en de abt van Sint Maximinus, neemt de abt van Clairvaux krachtig stelling in het voordeel van zijn vriend, de aartsbisschop Alberon, voor een deel ten koste van zijn eigen ideaal.

Klaus Krönert [*]
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    Klaus Krönert, maître de conférences, Université Lille Nord de France UDL 3 – IRHiS UMR 8529, 21, rue Michelet, 78500 Sartrouville.
Mis en ligne sur Cairn.info le 01/03/2013
https://doi.org/10.3917/rdn.391.0779
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