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Empan

2007/2 (n° 66)

  • Pages : 184
  • ISBN : 9782749207353
  • DOI : 10.3917/empa.066.0144
  • Éditeur : ERES

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Inventé voilà un siècle (1907), en Angleterre, par Baden-Powell, le scoutisme s’implante en France à partir de 1911 [1][1] Côté laïque : P. Kergomard, P. François, Histoire des.... Est-ce un effet de sa longévité ? Longtemps ignoré des ouvrages de pédagogie [2][2] Exemple : R. Hubert, Histoire de la pédagogie, Paris,..., le scoutisme devient objet d’études. Depuis le milieu des années 1980, les études et recherches le concernant, universitaires ou pas, se multiplient : rencontres, colloques, mémoires, thèses, publications en témoignent [3][3] Exemple : J.J. Gauthé, Le scoutisme en France. Inventaire.... Des années 1930 aux années 1950, ce mouvement d’éducation nouvelle a joué un certain rôle dans ce qui allait devenir le « secteur de l’enfance inadaptée » ; à rapprocher probablement du fait que le scoutisme est l’une des rares organisations de jeunesse du xxe siècle préoccupée, dès ses textes fondateurs, du sort des enfants en difficulté.

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Pendant l’entre-deux-guerres, quelques tentatives isolées méritent d’être signalées. Les Scouts de France, en 1927, produisent un film traitant de l’enfance délinquante : Cœurs héroïques[4][4] De Georges Pallu et Paul Coze ; le ciné-roman, de G.... ; leurs premières « troupes d’extension » pour enfants malades datent de ces années 1920 [5][5] G. Saint-Aubin, « Les Scouts de France étaient-ils.... En 1928, le Service social de l’enfance en danger moral, auprès du tribunal pour enfants de Paris, ouvre le centre d’observation de Soulins, à Brunoy (Seine-et-Oise), qui deviendra l’une des expériences éducatives les plus novatrices de l’avant-guerre [6][6] E. Huguenin, Les enfants moralement abandonnés, Paris,... ; recevant une quarantaine d’enfants difficiles ou délinquants des deux sexes, de sept à treize ans, cette maison se réfère à un double courant : le « traitement médico-pédagogique » de Bourneville et l’éducation nouvelle (Decroly, Montessori, le scoutisme). Une unité d’Éclaireurs de France, une autre d’Éclaireuses y sont instituées ; selon la psychiatre Simone Marcus [7][7] Élève du professeur Heuyer., le bilan de cet essai sera mitigé [8][8] S. Marcus, Le scoutisme comme méthode de rééducation....

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Dans les années 1930, les Éclaireurs de France mettent sur pied une « branche extension » pour des enfants « déficients » : aveugles, sourds-muets, tuberculeux, paralysés, débiles mentaux… ; l’implantation de groupes scouts dans les maisons spécialisées est vivement encouragée. En cette décennie marquée par le scandale des « bagnes d’enfants », le comité directeur du mouvement demande, dès 1934, au ministère de la Justice, « le remplacement des gardiens par des éducateurs dans tous les établissements où les enfants dits coupables sont élevés [9][9] Kergomard, Histoire des Éclaireurs…, op. cit., p. ... ». Dans le cadre de la politique sociale du Front populaire, le garde des Sceaux, Marc Rucart, charge Jacques Guérin-Desjardins, responsable national des Éclaireurs unionistes, d’organiser une première formation de « moniteurs-éducateurs, fin 1936, pour les maisons d’éducation surveillée [10][10] H. Gaillac, Les maisons de correction. 1830-1945, Paris,... ».

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Les circonstances de la guerre suscitent l’arrivée de scouts, la plupart du temps bénévoles, dans les services et établissements de protection de l’enfance ; à commencer par les suites de « l’exode » de mai-juin 1940 : un cinquième de la population erre le long des routes, les familles sont disloquées, près de 90 000 enfants sont « égarés », le chômage et la délinquance des jeunes augmentent sensiblement [11][11] W.D. Halls, Les jeunes et la politique de Vichy, Paris,.... En l’absence de recherches approfondies sur les interactions scoutisme/rééducation à ce moment-là, on ne peut donner ici que quelques exemples.

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Lorsqu’en 1941, Jean Pinaud devient directeur de l’école Théophile-Roussel pour enfants difficiles, à Montesson, près de Paris, son premier soin est de supprimer les barreaux des fenêtres et de remplacer les « surveillants » par des « jeunes émanant du scoutisme ». L’école d’éducateurs qu’il ouvre sur le même site, en 1943, considère le scoutisme comme l’une de ses assises [12][12] M. Blondel-Pasquier, « Le cas Montesson, une école.... À l’inverse, l’abbé Plaquevent, dans un autre contexte, en « zone libre », crée de toutes pièces, durant l’année 1942-1943, l’école d’éducateurs et le centre d’observation de Toulouse-Saint-Simon, s’inspirant d’un modèle éducatif de type « familial ». Cette réalisation originale sera appréciée de la part de mouvements scouts [13][13] Exemple : M.P. Vie-Klaze, « Refaire des petits d’hommes...., mais, bien qu’aumônier de Guides de France, à Pau, dans les années 1930, Jean Plaquevent ne parle que très peu de Baden-Powell. Des membres de son équipe [14][14] Tels Bernard Durey ou Philippe de Monès. et plusieurs éducateurs de Saint-Simon viennent cependant du scoutisme [15][15] J. Jover, M. Capul, P. Timsit (sous la direction de),.... Peut-être avait-il compris la difficulté, voire l’impossibilité, d’utiliser la méthode scoute dans des établissements spécialisés [16][16] Dans le Registre des élèves, de 1942 à 1947, ne figure... ?

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Ce qui s’est pourtant réalisé en certains endroits. Dans des maisons d’éducation surveillée, comme à Saint-Hilaire, près de Saumur, et Saint-Jodard, près de Roanne, dès fin 1942, pour les garçons ; ou à Cadillac, près de Bordeaux, en 1944, puis à Brécourt, près de Pontoise, en 1947, pour les filles [17][17] J. Bourquin, « La patrouille des renards dans les cages.... Côté associatif, le centre de Ker Goat, près de Dinan, ouvert en juillet 1940, constitue un exemple type. Les trois directeurs qui s’y succèdent pendant la guerre sont respectivement Scout de France, Éclaireur unioniste, Éclaireur de France [18][18] Hubert Noël, Georges Bessis, Paul Lelièvre.. Henri Joubrel, militant pour la cause de L’enfance dite « coupable[19][19] H. et F. Joubrel, Paris, Bloud et Gay, 1946. », se fait le propagandiste de Ker Goat, le salut des enfants perdus[20][20] H. Joubrel, Éditions familiales de France, 1945.. Le film de Jean Dréville, La cage aux rossignols (1944), contribuera à faire connaître cette réalisation éducative auprès du grand public [21][21] Sur le problème de l’enfance délinquante, on peut noter....

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On ne saurait oublier le travail accompli, dans de très dures conditions, par les Éclaireurs israélites de France pour l’aide aux enfants juifs pourchassés durant les « années noires ». C’est le cas, parmi d’autres, de la maison d’enfants de Moissac où la méthode scoute innerve tout le fonctionnement quotidien [22][22] M. Capul, « Une maison d’enfants pendant la guerre.... Des Éclaireurs de France et Éclaireuses aînées ont également participé à cette entreprise de sauvetage [23][23] Une jeunesse engagée. Documents et témoignages sur....

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Après l’engouement pour les mouvements de jeunesse pendant les années Vichy, la rééducation a peut-être bénéficié de l’adieu au scoutisme de la part de jeunes gens qui ont eu vingt ans au sortir de la guerre, accélérant ainsi leur passage à l’âge adulte. Ce qui ne les a pas empêchés, bien au contraire, de retrouver ou de recréer, à l’intérieur même de certaines maisons d’enfants, un peu de cette vie communautaire qu’ils avaient connue dans les organisations de jeunesse. La multiplication de structures pour « l’enfance inadaptée », l’ouverture de nouveaux centres de formation d’éducateurs, ont facilité la candidature de « cadres » issus du scoutisme. D’autant que les différents mouvements scouts, à travers leurs publications, incitent leurs adhérents à s’intéresser au problème de l’« enfance déficiente » et « délinquante [24][24] Exemples : J. Lutier, « L’enfance délinquante », La... ; ils développent aussi leurs activités d’extension », coordonnées par des responsables nationaux spécialisés [25][25] Henri Joubrel (Éclaireurs de France), Jacques Astruc..., et instaurent des sessions de perfectionnement pour les personnels en fonction [26][26] Comme à Marly-le-Roi (Éclaireurs de France) ou Jambville.... Des tentatives d’animation, de la part de « cheftaines », dans des centres fermés pour filles (à Fresnes et Chevilly-Larue, près de Paris), débouchent sur l’institution de clubs de prévention [27][27] Collectif d’acteurs-témoins, De l’impossible à la chaîne.... Signes des temps ? Les bulletins scouts et les revues professionnelles comme Liaisons (aneji) ou Sauvegarde de l’enfance, comportent une rubrique « offres/demandes d’emplois » où l’appartenance au scoutisme est souvent mentionnée ; Henri Joubrel publie en 1951 Le scoutisme dans l’éducation et la rééducation des jeunes, dans la collection « Païdeia » dirigée aux Presses universitaires de France par le professeur Georges Heuyer.

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Il n’est pas encore possible de fournir une estimation quantitative de cet apport de personnes (éducateurs, mais aussi médecins, psychologues, assistantes sociales…), ayant transité par le scoutisme ; les quelques enquêtes effectuées donnent une proportion de 40 % environ [28][28] A. Vilbrod, « Le scoutisme est-il toujours une agence.... Voici deux exemples portant sur les centres de Toulouse et de Vitry qui entretiennent des relations suivies depuis 1948 : la promotion entrée au centre de formation d’éducateurs de Toulouse-Saint-Simon en octobre 1948 comprend douze élèves dont sept viennent du scoutisme [29][29] Registre des élèves, nos 161 à 172, archives arsea... ; entre 1949 et 1954, huit éducateurs formés à Toulouse partent travailler au centre d’observation de Vitry : six d’entre eux sont d’anciens scouts, guides, éclaireurs ou éclaireuses. Cet établissement est dirigé jusqu’en 1950 par Germaine Le Hénaff [30][30] Épouse du Dr Louis Le Guillant., qui est passée des Éclaireurs de France à la délégation nationale des Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (ceméa) ; association créée, à la fin des années 1930, avec l’aide de ce même mouvement scout [31][31] Kergomard, Histoire des Éclaireurs…, op. cit., p. 104-105.... Aux alentours de 1950, la quasi-totalité du personnel éducatif de Vitry a fréquenté des mouvements de jeunesse dont une bonne moitié le scoutisme ; les autres sont, ou ont été, membres des Auberges de jeunesse [32][32] Anciens scouts ou pas, plusieurs éducateurs militent..., des Vaillants et Vaillantes [33][33] Organisation d’enfants proche du Parti communiste., des Jeunesses communistes. Presque tous ont participé à des sessions ceméa pour la formation des moniteurs de colonies de vacances ; leur dénominateur commun est la référence à l’éducation nouvelle, aux méthodes actives ; c’est d’ailleurs la pédagogie d’ensemble du centre d’observation, préludant à la prise en compte de la dimension psychanalytique comme théorie principale mais non pas unique, peu de temps après [34][34] M. Capul, « Des centres d’observation aux centres psychothérapiques.... Les anciens scouts, acteurs à part entière de ce creuset culturel, n’évoquent que rarement, de façon explicite, le scoutisme et leur propre expérience vécue (en qualité souvent de responsables), dans ce mouvement [35][35] Ce cas de figure ne coïncide pas tout à fait avec l’analyse....

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Depuis les débuts du scoutisme, les critiques à son encontre n’ont pas manqué, en France comme ailleurs : émanant des diverses confessions et traversant la totalité de l’arc politique [36][36] H. Viaux, Aux sources du scoutisme français, Paris,.... Si nombre d’auteurs s’accordent à reconnaître son refus de toute discrimination (de « race », de « classe », de « religion » et de « nationalité »), on a peut-être sous-estimé [37][37] Comme Christian Guérin, « De l’élitisme au scoutisme... la portée à long terme de cette vision universaliste qui rend possible une orientation, dès les textes fondateurs du mouvement, en direction des enfants différents.

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Hautement symbolique à cet égard apparaît le camp d’été inaugural de juillet 1907 dans l’île de Brownsea (Angleterre) où Baden-Powell réunit « un groupe de garçons de toutes les classes et de tous les milieux » subdivisé en petites unités [38][38] R. Baden-Powell, À l’école de la vie (1933), Neuchâtel-Paris,... ; son intuition éducative rejoint ici ce que montrent l’histoire et l’ethnologie : la tendance générale des enfants et des adolescents à se rassembler spontanément par groupes d’âge [39][39] R. Baden-Powell, Éclaireurs (1908), Neuchâtel-Paris,.... Peu après, au début des années 1910, le scoutisme s’implante, en ce même pays, dans des lieux accueillant des enfants aveugles, sourds-muets, épileptiques [40][40] J. Sevin, Le scoutisme (1922), Paris, Spes, 1930, p.....

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Dans ses écrits, Baden-Powell insiste sur la nécessité de se débarrasser des préjugés de caste et de classe en « mélangeant » les enfants de catégories sociales différentes [41][41] Baden-Powell, Éclaireurs, op. cit., p. 36, 283-284,... ; il manifeste aussi un vif intérêt à l’égard des « gamins des rues [42][42] Citant l’ouvrage de Charles Stelzle, Les garçons des... », « jusqu’aux pires, jusqu’aux “apaches [43][43] Baden-Powell, Éclaireurs, op. cit., p. 298, 316 ; À...” ». Quant aux enfants « infirmes… grâce au scoutisme, beaucoup d’estropiés, de sourds-muets et d’aveugles acquièrent maintenant plus de santé, de bonheur et d’espoir qu’ils n’en ont jamais eu avant [44][44] Le guide du chef.., op. cit., p. 66-67. ». Dans la mesure où l’« un des buts principaux » du scoutisme, misant sur les potentialités de chacun, « est de développer la personnalité » de l’enfant [45][45] La thèse de Henri Bouchet, qui aborde la question des..., il convient d’« aider non seulement des garçons brillants, plein de promesses, mais aussi et très spécialement, des enfants moins intelligents. Nous voulons leur donner quelque chose de la joie de vivre et, en même temps, quelques-unes des qualités et quelques-uns des moyens qui sont le partage de leurs frères plus favorisés, de façon qu’ils aient, eux aussi, au moins leur part équitable de chances dans la vie [46][46] Baden-Powell, Éclaireurs, op. cit., p. 300, 8. ». Ces extraits d’ouvrages de Baden-Powell [47][47] Il ne s’agit là que d’exemples relevés dans quatre..., succincts mais significatifs dans le contexte de leur époque, permettent de penser qu’ils ne sont sans doute pas étrangers à l’attention grandissante portée par le scoutisme, en France, aux enfants « pas comme les autres », dans les décennies 1930-1950.

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Restent deux questions. L’évolution de la protection de l’enfance, durant cette période, a-t-elle produit des effets sur le scoutisme ? Et, pour ce qui nous intéresse ici, quel a été l’apport exact du scoutisme dans les idées et les pratiques éducatives en faveur des enfants en difficulté [48][48] Des éléments de réponse dans : F. Tétard, « Le métier... ? Sous réserve d’inventaire, il nous semble que, passé le temps d’une illusoire « application » de la méthode scoute dans les établissements spécialisés, l’influence du scoutisme s’est surtout traduite, indirectement, à travers l’engagement d’assez nombreux scouts dans le travail auprès de l’« enfance inadaptée ». Des éducateurs ont su intégrer dans leurs façons de faire bien des techniques expérimentées au cours de leurs activités scoutes : chants, art dramatique, jeux, travaux manuels, camps, randonnées, nature/plein air… Mais ce que le scoutisme leur a peut-être « enseigné » de plus essentiel, c’est le sens du collectif et le souci de l’autre, l’importance d’une existence quotidienne partagée, l’ apprentissage de l’autonomie et l’exercice de la responsabilité [49][49] Tout comme la découverte d’une pratique démocratique... ; c’est la mise en œuvre d’une animation des groupes au sein desquels chaque enfant se voit reconnu comme une personne dans son irréductible singularité.

Notes

[*]

Maurice Capul, 26 impasse Basso Cambo, 31100 Toulouse.

[1]

Côté laïque : P. Kergomard, P. François, Histoire des Éclaireurs de France de 1911 à 1951, Paris, eedf, 1983, p. 32-38 ; côté protestant : A. Baubérot, L’invention d’un scoutisme chrétien, Les Éclaireurs unionistes de 1911 à 1921, Paris, Les bergers et les mages, 1997, p. 25-48 ; des filles laïques et protestantes fondent en 1920 la Fédération française des éclaireuses ; côté catholique : Ph. Laneyrie, Les Scouts de France (créés en 1920), Paris, Cerf, 1985, p. 61-84 ; M.-T. Chéroutre, Le scoutisme au féminin, Les Guides de France 1923-1998, Paris, Cerf, 2002, p. 30-43 ; côté israélite : A. Michel, L’histoire des Éclaireurs israélites de 1923 aux années 1990, Jérusalem, Elkana, 2003, p. 33-39.

[2]

Exemple : R. Hubert, Histoire de la pédagogie, Paris, puf, 1949. Quelques exceptions : ce même auteur, dans son célèbre Traité de pédagogie générale (Paris, puf, 1946), y consacre quatre pages (sur 687) ; M.Debesse et G. Mialaret, dans leur Traité des sciences pédagogiques en huit volumes (Paris, puf, 1969-1978), lui accordent une page et demie ; A. Prost, dans l’Histoire de l’enseignement et de l’éducation en France depuis 1930, t. IV (1981) (Paris, Perrin, 2004), trois pages.

[3]

Exemple : J.J. Gauthé, Le scoutisme en France. Inventaire de la bibliographie et des sources, Montpellier, Centre régional d’histoire des mentalités, université Paul-Valéry, 1997, 444 pages.

[4]

De Georges Pallu et Paul Coze ; le ciné-roman, de G. Moriaud, en est publié aux éditions Tallandier ; ce film a été largement diffusé dans les foyers ruraux, les salles paroissiales et les patronages catholiques.

[5]

G. Saint-Aubin, « Les Scouts de France étaient-ils un mouvement pour tous ? », dans M. Gardet, F. Tétard (sous la direction de), Le scoutisme et la rééducation dans l’immédiat après-guerre…, Paris, injep, 1995, p. 49-50.

[6]

E. Huguenin, Les enfants moralement abandonnés, Paris, Cerf, 1936.

[7]

Élève du professeur Heuyer.

[8]

S. Marcus, Le scoutisme comme méthode de rééducation des troubles du caractère chez l’enfant et l’adolescent, Paris, A. Legrand, 1938, p. 104-106, 116-125 ; réédité en 1940 : Scoutisme et enfants difficiles, ibid.

[9]

Kergomard, Histoire des Éclaireurs…, op. cit., p. 137-141.

[10]

H. Gaillac, Les maisons de correction. 1830-1945, Paris, Cujas, 1971, p. 307-309.

[11]

W.D. Halls, Les jeunes et la politique de Vichy, Paris, Syros, 1988, p. 19-22 ; P. Giolitto, Histoire de la jeunesse sous Vichy, Paris, Perrin, 1991, p. 41-43, 252-253, 334-339.

[12]

M. Blondel-Pasquier, « Le cas Montesson, une école de cadres, 1943-1953 », dans Gardet, Le scoutisme et la rééducation, op. cit., p. 83-92.

[13]

Exemple : M.P. Vie-Klaze, « Refaire des petits d’hommes. Une vocation féminine qui engage. Un reportage à l’Institut pédotechnique, l’école de rééducation de l’“Essor occitan” à Toulouse », Le Routier (Éclaireurs de France), mars 1944, p. 64-70.

[14]

Tels Bernard Durey ou Philippe de Monès.

[15]

J. Jover, M. Capul, P. Timsit (sous la direction de), L’enfance en difficulté dans la France des années 1940. L’exemple de Toulouse-Saint-Simon, Toulouse, érès, 1999, p. 153.

[16]

Dans le Registre des élèves, de 1942 à 1947, ne figure aucune mention de l’appartenance à un mouvement de jeunesse (archives arsea). À noter que l’abbé connaissait l’expérience de Soulins.

[17]

J. Bourquin, « La patrouille des renards dans les cages à poules. L’Éducation surveillée. 1937-1950 », dans Gardet, Le scoutisme et la rééducation, op. cit., p. 101-108.

[18]

Hubert Noël, Georges Bessis, Paul Lelièvre.

[19]

H. et F. Joubrel, Paris, Bloud et Gay, 1946.

[20]

H. Joubrel, Éditions familiales de France, 1945.

[21]

Sur le problème de l’enfance délinquante, on peut noter le succès d’un récit, de Jean-Hubert, Adolescents aux yeux ternis, Paris, Albin Michel, 1945 ; et d’un film, de Léo Joannon, Le carrefour des enfants perdus (1944).

[22]

M. Capul, « Une maison d’enfants pendant la guerre 1939-1945 : Moissac », Empan, 57, mars 2005, p. 20-27.

[23]

Une jeunesse engagée. Documents et témoignages sur le scoutisme laïque pendant la guerre 1939-1945, Millau-Paris, Accent du Sud-aaee, s. d.

[24]

Exemples : J. Lutier, « L’enfance délinquante », La route des Scouts de France, janvier-février 1946, p. 15-17 ; G. Mazo, « L’enfance inadaptée », Feux de France (Guides aînées), mars, avril, mai 1947 ; dans Le Routier, H. Joubrel dénonce le fait qu’« il y a encore des enfants en prison ».

[25]

Henri Joubrel (Éclaireurs de France), Jacques Astruc (Scouts de France), Jacques Rey (Éclaireurs unionistes).

[26]

Comme à Marly-le-Roi (Éclaireurs de France) ou Jambville (Scouts de France). Durant l’un de ces « stages », en 1947, sera fondée l’Association nationale des éducateurs de jeunes inadaptés (aneji).

[27]

Collectif d’acteurs-témoins, De l’impossible à la chaîne d’amitié. 1945-1965, Paris, Équipes d’Amitié, 1991.

[28]

A. Vilbrod, « Le scoutisme est-il toujours une agence de recrutement après les années 1970 ? », dans Gardet, Le scoutisme et la rééducation…, op. cit., p. 186-197 ; ces travaux s’étalent de 1970 à 1995.

[29]

Registre des élèves, nos 161 à 172, archives arsea ; l’appartenance (actuelle ou passée) à un mouvement de jeunesse ne figure dans ce document que pour cette seule promotion. Le Dr Chaurand, médecin-directeur de Saint-Simon, n’a jamais été scout ; Jean Hermann, « chef de stage » à l’école d’éducateurs, est Éclaireur unioniste.

[30]

Épouse du Dr Louis Le Guillant.

[31]

Kergomard, Histoire des Éclaireurs…, op. cit., p. 104-105 ; cf. aussi, J. Pary, L’amour des camarades, Paris, Victor Michon, 1948, p. 111-131. Tous les élèves-éducateurs de Saint-Simon suivent une formation de moniteurs de maisons d’enfants, durant trois semaines, au creps de Lespinet, organisée par les ceméa ; en 1948-1949, cette session est animée par Germaine Le Hénaff et Jean Lagarde, délégué régional des ceméa et ancien responsable toulousain aux Éclaireurs de France.

[32]

Anciens scouts ou pas, plusieurs éducateurs militent aux Auberges de jeunesse.

[33]

Organisation d’enfants proche du Parti communiste.

[34]

M. Capul, « Des centres d’observation aux centres psychothérapiques pour enfants en difficulté : Vitry-sur-Seine et Toulouse-Saint-Simon (1942-1982) », Les dossiers de l’éducation, 14-15, novembre 1988, p. 147-161 ; G. Amado (sous la direction de), Méthodes psychologiques, pédagogiques et sociales en psychiatrie infantile, Paris, Institut national d’hygiène (inserm), 1961, p. 77-156.

[35]

Ce cas de figure ne coïncide pas tout à fait avec l’analyse que donne Michel Chauvière du « transfert du scoutisme à la rééducation » : « L’efficace de Vichy. Deux illustrations en matière de politique de l’enfance inadaptée », dans « Éducation populaire. Jeunesse dans la France de Vichy (1940-1944) », Les cahiers de l’animation, 49-50, 1985, p. 127-146.

[36]

H. Viaux, Aux sources du scoutisme français, Paris, Éditions du Scorpion, 1961, p. 151-169.

[37]

Comme Christian Guérin, « De l’élitisme au scoutisme paradoxal », dans Gardet, Le scoutisme et la rééducation…, op. cit., p. 20.

[38]

R. Baden-Powell, À l’école de la vie (1933), Neuchâtel-Paris, Delachaux-Niestlé, 1935, p. 262-263. Sur ce camp : Ph. Maxence, Baden-Powell. 1857-1941, Paris, Perrin, 2003, p. 237-241.

[39]

R. Baden-Powell, Éclaireurs (1908), Neuchâtel-Paris, Delachaux-Niestlé, 1941, p. 10 (préface de l’édition 1929).

[40]

J. Sevin, Le scoutisme (1922), Paris, Spes, 1930, p. 176-177.

[41]

Baden-Powell, Éclaireurs, op. cit., p. 36, 283-284, 300-302 ; Le guide du chef éclaireur (1919), Neuchâtel, Paris, Delachaux-Niestlé, 1941, p. 85, 100.

[42]

Citant l’ouvrage de Charles Stelzle, Les garçons des rues. Comment les gagner ? ; cf. Éclaireurs, op. cit., 316.

[43]

Baden-Powell, Éclaireurs, op. cit., p. 298, 316 ; À l’école de la vie, op. cit., p. 278 ; Les 1001 activités de l’éclaireur (1921), Neuchâtel-Paris, Delachaux-Niestlé, 1929, p. 15.

[44]

Le guide du chef.., op. cit., p. 66-67.

[45]

La thèse de Henri Bouchet, qui aborde la question des enfants « déficients », porte sur ce thème : Le scoutisme et l’individualité, Paris, Alcan, 1933.

[46]

Baden-Powell, Éclaireurs, op. cit., p. 300, 8.

[47]

Il ne s’agit là que d’exemples relevés dans quatre ouvrages importants de Baden-Powell, dont le plus ancien Éclaireurs ; il serait intéressant de poursuivre cette étude à travers les 35 livres de cet auteur, dont 14 seulement traduits en français.

[48]

Des éléments de réponse dans : F. Tétard, « Le métier d’éducateur : scout’s connection », dans Gardet, Le scoutisme et la rééducation…, op. cit., p. 71-82.

[49]

Tout comme la découverte d’une pratique démocratique à l’intérieur de groupes de pairs.

Résumé

Français

Fondé en 1907 par Baden-Powell, en Angleterre, le scoutisme s’implante en France dès 1911. Les différents mouvements scouts, dans le droit fil de certains de leurs textes fondateurs, s’intéressent, dès les années 1930, au sort de l’enfence « déficiente » et « délinquante ». Des années de guerre aux années 1950, le scoutisme joue un rôle dans ce qui devient « le secteur de l’enfance inadaptée ». Au-delà des aspects quantitatifs, reste à préciser ce que fut son impact sur le plan des idées comme sur celui des pratiques éducatives.

Mots-clés

  • scoutisme
  • éducation nouvelle
  • discrimination
  • éducateur
  • groupe

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