CAIRN.INFO : Matières à réflexion

Psychologue clinicienne, j’ai exercé pendant huit ans auprès d’adolescents incarcérés dans un établissement pénitentiaire pour mineurs, au sein d’une équipe soignante pluridisciplinaire composée de médecins généralistes, de psychiatres et d’infirmières. Afin de penser et mettre en place un dispositif de soins à destination de ce jeune public qui soit adapté à ce contexte carcéral, nous avons dû confronter nos désirs au principe de réalité. Ce travail retranscrit le cheminement de notre réflexion. Dans un premier temps seront évoquées les problématiques à l’œuvre chez ces adolescents. Puis sera développé le cadre thérapeutique proposé, abordant les notions de secret professionnel, de partenariat, de confidentialité et d’intimité. Enfin, nous terminerons par des situations cliniques.
Le milieu carcéral, avec la privation de liberté qu’il occasionne, apporte son lot de souffrances et de mises à l’épreuve des êtres.
Ainsi, l’enfermement est, avant tout, un bannissement de ces jeunes considérés comme menaçants pour la société ou en marge des normes sociales, nécessitant sanction et mesures éducatives d’insertion. La prison, dans sa dimension répressive, a une fonction évidente de contention.
P. Duverger et coll. (2005) distinguent l’enfermement de la solitude, affect dans lequel persiste le maintien de liens, absents mais intériorisés. L’enfermement, quant à lui, « serait à situer du côté de la rupture des liens, depuis l’incommunicable, l’indicible, jusqu’à la désolation, en passant peut-être à chaque fois par un moment prolongé de déliaison psychique » (Duverger et coll…

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Dans une institution où la tendance naturelle serait le secret partagé entre les professionnels s’occupant des adolescents détenus, nous avons choisi de soutenir une position autre. En effet, les paroles des jeunes patients adressées dans l’espace intime du soin restent confidentielles. Cette opacité, dans un lieu où le panoptisme domine, est le garant du cadre thérapeutique que nous posons. Les enjeux sont forts ; que le sujet puisse rejouer les problématiques sous-jacentes au passage à l’acte sur la scène du langage, que cela favorise ses capacités de symbolisation et sa construction identitaire.

Cécile Thomas
Psychologue clinicienne, assistance publique des hôpitaux de Marseille.
Celale.THOMAS@ap-hm.fr
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Mis en ligne sur Cairn.info le 22/10/2019
https://doi.org/10.3917/ep.083.0040
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