CAIRN.INFO : Chercher, repérer, avancer.

L’accompagnement éducatif en MECS par le biais du contrat jeune majeur permettait une prise en charge au-delà de la majorité. Cela laissait du temps, d’une part pour travailler et conforter cette transition vers l’âge adulte, et d’autre part pour assurer une continuité dans le parcours de l’adolescent. Aujourd’hui, à l’heure des budgets restreints et de la rationalisation des coûts, les placements sont réorganisés. Ainsi, un jeune peut être confié à une MECS pour une période de 6 mois avant sa majorité sans poursuivre avec le service à l’issue de cette échéance. Cette réduction du temps de prise en charge vient questionner l’accompagnement en MECS, où les différentes temporalités s’entrechoquent : les temporalités institutionnelles, administratives ainsi que celles du jeune. Les temps d’accueil, de l’observation, de la rencontre s’en voient bousculés. À l’admission d’un mineur, l’équipe prévoit une période dite « d’observation » de 3 mois, inscrit dans le projet éducatif de l’institution afin d’apprendre à connaître le jeune, d’instaurer une relation et de définir au mieux avec lui son projet. Cette période est également un temps qui permet à l’adolescent de tester le cadre, les limites et aussi de se dévoiler. Comment se permettre ce temps d’observation de 3 mois sur 6 mois de prise en charge ? Alors que le passage à l’âge adulte s’envisage par étapes permettant au jeune de tester son autonomie et de pouvoir faire des essais/erreurs, ce travail d’accompagnement progressif se trouve précipité dans le cadre d’un placement tardif…

Français

Dans un contexte de rationalisation guidé par des logiques gestionnaires et comptables, les MECS [1] sont de moins en moins amenées à poursuivre l’accompagnement des jeunes au-delà de la majorité. En effet, le prix de journée conséquent d’une MECS conduit les financeurs à la réorientation des jeunes majeurs vers d’autres dispositifs moins coûteux tels que des FJT [2]. Ces mesures entraînent une réduction de la durée de prise en charge, et questionnent le sens de la pratique éducative notamment lorsque le jeune est confié dans l’année de sa majorité et pour lequel une poursuite au-delà n’est donc plus envisageable. Ces situations viennent d’une part bousculer les temporalités propres à chacun et d’autre part viennent éprouver le sens du travail éducatif en MECS. Des perspectives d’alternatives au placement ou une réorganisation de celles-ci pourraient éviter au jeune de subir un placement à court terme supplémentaire dans son parcours.

Katy Bandel
Éducatrice spécialisée en MECS, DEIS 2018, Nantes.
Cette publication est la plus récente de l'auteur sur Cairn.info.
cet article est en accès conditionnel
Acheter le numéro 8,00€ 72 pages, électronique uniquement
HTML et PDF (par article)
add_shopping_cart Ajouter au panier
Acheter cet article 2,50€ 4 pages, électronique uniquement
HTML et PDF
add_shopping_cart Ajouter au panier
Autre option
Membre d'une institution ? business Authentifiez-vous
Mis en ligne sur Cairn.info le 13/03/2019
https://doi.org/10.3917/forum.156.0050
Pour citer cet article
Distribution électronique Cairn.info pour Champ social © Champ social. Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit.
keyboard_arrow_up
Chargement
Chargement en cours.
Veuillez patienter...