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Revue française d'éthique appliquée

2017/1 (N° 3)

  • Pages : 144
  • ISBN : 9782749253398
  • Éditeur : ERES

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Résumé

Français

Le recours au concept de justice cognitive constitue un cadre de réflexion pour discuter l’acceptabilité des pratiques de stimulation pharmacologique pour l’amélioration de l’attention. Dans ces pouvoirs exercés par les adultes sur des enfants non malades, une théorie de la justice cognitive met en tension :
  • d’une part le sentiment d’une nécessité d’améliorer le fonctionnement cérébral des enfants, pour répondre aux exigences sociales d’un comportement attentif dans une société de performance ;
  • d’autre part la possibilité pour les enfants de ne pas se voir imposer par les adultes des modifications neuronales excessives, notamment au moyen de techniques biomédicales agissant sans la médiation du langage et sans possibilité de contestation.
La thèse développée est que la justice cognitive ne se justifie pas dans la perspective d’avantages sociaux à venir, qui correspondraient à un comportement plus attentif. Elle ne se conjugue pas au futur, car le comportement d’un enfant n’est pas prédictible. Elle ne se réalise pas non plus dans une augmentation des capacités d’attention qui serait sous-tendue par un esprit de compétition, puisque ce dernier correspond à un choix d’existence, un style de vie qui ressortit à la sphère privée. Elle se justifie davantage dans la compensation d’un déficit avéré pour l’adaptation ponctuelle à des exigences sociales.

English

A theory of cognitive justice applies to the development of healthy children’s cerebrals abilities. It can be used to identify criterion of justification for different pharmacological stimulations’methods. Through this authority exercised by adults on children, the concept of cognitive justice can be framed in two opposite directions :
  • on one side the necessity for children to improve their neuronal activities, in order to match the social requirement of an attentive behavior in a performance oriented society ;
  • on the other side the possibility for children not to be imposed excessive neuronal modifications from adults by using biomedical techniques, effective without the use of language nor means of disagreement.
The thesis developed is that cognitive justice cannot be justified within a perspective of future social advantages, due to attentive behavior. A child’s behavior cannot be forecasted. Moreover, it cannot be realized with an increase of attention’s capacities which would be based on a spirit of competition, as this corresponds to a private choice of lifestyle. A theory of cognitive justice is realized through the compensation of an existent deficit, for an adaptation to immediate and measurable social requirements.

Plan de l'article

  1. Une nouvelle inégalité : l’inégalité de la capacité d’attention
  2. Dispositions naturelles et facteurs sociaux
    1. L’interprétation par les capabilités
  3. Le pouvoir pharmacologique d’amélioration de l’attention : un pouvoir contraignant
    1. L’irréversibilité et la disparition de l’espace de contestation
  4. L’anticipation des comportements au prisme de la justice cognitive
    1. L’avenir se construit plus qu’il ne se prédit
  5. L’amélioration de l’attention : de l’adaptation à la compétition
  6. Conclusion

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