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Revue française de psychanalyse

2009/5 (Vol. 73)


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J. André envisage le concept d’après-coup dans le contexte des traumas précoces et souligne la nécessité d’accorder une attention nouvelle au Moi [1][1]  J. André, « L’événement et la temporalité. L’après-coup.... Lorsque le traumatique survient à un stade précoce du développement psychique, le Moi est incapable d’intégrer l’effraction traumatique et le symboliser. Selon Winnicott, l’immaturité du Moi de l’infans requiert que la mère durant un certain temps assure la fonction du Moi auxiliaire. Quand cette fonction est défaillante, résulte alors une détresse extrême ou une agonie primitive. Car « ... le Moi ne peut pas s’organiser contre l’échec de l’environnement dans la mesure où la dépendance fait partie de la vie » [2][2]  D. W. Winnicott, La crainte de l’effondrement, La....

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Winnicott nomme comme « effondrement » (breakdown) l’événement qui a envahi ou empiétiné l’espace psychique du bébé. Autrement dit, il accorde une spécificité conceptuelle au trauma et surtout à l’échec de l’organisation défensive du Moi face à l’événement effracteur. Cet échec est dû à l’immaturité du Moi, qui se trouve incapable d’intégrer l’événement et le signifier. « [...] nous avons besoin d’employer le mot “effondrement” pour décrire l’état de choses impensable qui est sous-jacent à l’organisation d’une défense. » [3][3]  Ibid. La crainte de l’effondrement que le patient éprouve au cours du processus analytique correspond à « la crainte d’un effondrement qui a été déjà éprouvé » [4][4]  Ibid., p. 209.. À certains moments de la cure, il est précis de communiquer au patient que l’effondrement « a déjà eu lieu » [5][5]  Ibid.. Winnicott cherche à distinguer entre l’agonie primitive que le sujet a éprouvée et l’organisation défensive qui a été créée contre une telle menace. Lorsque le patient manifeste cliniquement un syndrome psychotique, celui-ci ne correspond pas à un effondrement mais à une organisation défensive dirigée contre la menace de dissolution.

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La crainte de l’effondrement nous confronte à un paradoxe. Il s’agit d’un événement traumatique qui a eu lieu dans l’histoire du sujet, mais qui n’a pas pu être éprouvé. Car le manque de différenciation entre le Moi et le non-Moi n’a pas pu permettre au sujet de ressentir l’affect correspondant. L’immaturité du Moi a ainsi rendu impossible l’inscription psychique de l’événement. Au défaut d’une telle inscription ou dans l’absence d’un jugement affirmatif qui porterait sur l’événement, la remémoration devient impossible.

« Le patient doit s’en “souvenir”, mais il n’est pas possible de se souvenir de quelque chose qui n’a pas encore eu lieu, et cette chose du passé n’a pas encore eu lieu parce le patient n’était pas là pour que ça ait lieu en lui. Dans ce cas, la seule façon de se souvenir est que le patient fasse pour la première fois, dans le présent, c’est-à-dire dans le transfert, l’épreuve de cette chose passée. Cette chose passée et à venir devient alors une question d’ici-et-maintenant, éprouvée pour la première fois. C’est l’équivalent de la remémoration, et ce dénouement est l’équivalent de la levée du refoulement qui survient dans l’analyse des patients névrosés. » [6][6]  Ibid., p. 212.

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L’après-coup surgit alors comme la possibilité du nouveau, comme potentialité transformatrice d’un effondrement qui peut être éprouvé pour la première fois dans le transfert et s’inscrire. Ainsi, ce processus peut s’ouvrir à l’historisation. Les paradoxes de l’après-coup « ouvrent la clinique des traumas précoces et des blessures narcissiques à l’espoir de l’historisation, l’espoir d’un temps 1, breakdown qui ouvre le temps » [7][7]  J. André, op. cit., p. 72..

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Winnicott précise que la crainte de l’effondrement peut être « une particularité d’une grande portée » chez certains patients mais qu’elle n’est pas valable pour d’autres [8][8]  D. W. Winnicott, op. cit., p. 206.. Pour les patients qui ont subi un effondrement au début de la vie, plusieurs cas de figure sont possibles. Le patient pourrait exprimer la crainte au début de la cure, mais cette éventualité est plus rare. La plupart du temps, le patient se défend contre la possibilité de son surgissement et « il faut des progrès considérables du traitement pour que, chez eux, la crainte de l’effondrement devienne un facteur dominant et occupe le devant de la scène » [9][9]  Ibid.. Cependant cette possibilité dépend non seulement du patient, mais aussi de l’analyste ou plutôt du couple analytique. Car le traumatique, qui se trouve réactivé dans le transfert, concerne une situation interhumaine. L’analyste pourrait ou ne pourrait pas s’engager et accueillir ce qui l’interpelle. « L’après-coup est un événement traumatique tardif en quête de sens et d’interprète, il cristallise une situation interhumaine. » [10][10]  J. André, op. cit., p. 37. Winnicott nous avertit contre la fascination d’une connivence qui pourrait se produire lorsque l’analyste a recours au déni du syndrome psychotique dont le patient souffre. Il donne l’exemple d’un cas où l’analyste et le patient prennent du plaisir à l’analyse d’une névrose, alors qu’il s’agit de la psychose. Le plaisir ici résulte de la connivence. Le processus se révèle faux et interminable tant que le couple analytique ne fait pas l’ « épreuve de la chose redoutée » [11][11]  D. W. Winnicott, op. cit., p. 211.. La condition pour terminer l’analyse dépend de la possibilité de ressentir l’affect correspondant à « la chose redoutée ». Il s’agit d’une épreuve qui concerne tant le patient que l’analyste.

L’ÉPREUVE DE LA CHOSE REDOUTÉE

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Mme Z..., dont la structure psychique était psychotique, souffrait d’accès sévères de dépression. La crainte de « la chose redoutée » était apparue tôt dans sa cure mais l’affect correspondant à l’effondrement ne pouvait être véritablement éprouvé que lors de la phase de terminaison. Au début, la crainte de l’effondrement s’exprima à propos d’un rêve. Il s’agissait d’une femme couchée dans la position d’un mort, entourée par ses proches qui la soignaient. L’angoisse de morcellement suscitée par le rêve devint l’occasion par laquelle elle m’interrogea de façon saisissante, pour savoir si je serais capable de la porter et de la soigner au cas où elle se désintégrerait au cours de la cure. La mise en scène d’une telle crainte par le rêve constitua paradoxalement un tournant dans l’analyse. Le rêve renvoyait à une position passive où elle pouvait se faire soigner par l’analyste et recevoir son attention. C’est justement cette position passive qui était source de conflit, une passivité en tant que « féminité primaire, féminité commune à la mère et l’enfant » [12][12]  A. Green, La mère morte, Narcissisme de vie, narcissisme....

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La mère avait subi la perte traumatique de sa propre mère lors de sa grossesse. Ainsi, l’enfant avait été brutalement l’objet du désinvestissement maternel. Tout ce qui pouvait s’approcher chez la patiente du noyau du conflit central était perçu comme étant très menaçant. Ce lieu était celui d’un trou noir dans la psyché et sans représentation. Alors que le travail analytique se poursuivait à travers les années, j’avais l’impression que sa réalité psychique restait essentiellement clivée. C’est seulement la fin de l’analyse, en réactivant l’effondrement de la patiente, qui permit de façon dramatique l’intégration du trauma inaugural. Vers les dernières années de la cure, elle me disait, presque de façon compulsive, son besoin de terminer l’analyse. Ce vœu se présentait surtout dans les moments où le travail analytique semblait progresser et elle établissait un lien affectif avec moi. Il faudra ajouter que le mode de relation qu’elle entretenait avec moi était mécanique et froid. A. Green souligne l’incapacité d’aimer chez les patients souffrant du complexe de la mère morte. L’amour est « gelé » par le désinvestissement de l’objet, qui est « conservé au froid » [13][13]  Ibid., p. 236..

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À la neuvième année de l’analyse, la patiente signifia de nouveau son besoin de terminaison, qui fut exprimé à travers un rêve. Dans celui-ci, je lui demandais de se lever du divan en lui annonçant la terminaison de l’analyse, ce qui comportait un double sens. D’une part, il s’agissait de l’injonction pour qu’elle se lève symboliquement et soit capable de la verticalité. D’autre part, cet ordre correspondait aussi à des représailles de ma part, comme si je ne voulais plus qu’elle soit mon analysante, en raison de la colère qu’elle avait dirigée vers moi dans la séance précédente. La division déchirante entre son besoin de terminer l’analyse et l’angoisse insupportable que cette séparation provoquait en elle se reproduisit à plusieurs reprises dans les mois suivants.

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Quelques mois plus tard, elle m’annonça de nouveau son besoin de partir, cette fois-ci en précisant la date de terminaison. Cette dernière correspondait à un délai de six mois. De nouveau, un rêve servit à scénifier son vœu, dans lequel je lui demandais de se lever du divan et de s’asseoir sur un fauteuil en face de moi. Son vœu de partir de l’analyse, tel qu’il s’exprimait dans le rêve, s’accompagnait d’un danger de mort scénifié par un deuxième rêve. Je compris alors pour la première fois que la folie inhérente au clivage, que j’éprouvais de façon torturante sur le plan du contre-transfert, pouvait être travaillée sous condition d’une limite établie. La limite temporelle que posait le délai de terminaison pouvait lui garantir qu’elle n’allait pas sombrer dans une régression effrayante. Je devais l’accompagner au cours de ce processus et faciliter son passage vers la terminaison. C’était ce qu’elle me demandait et je lui communiquai que j’étais d’accord avec ce qu’elle me proposait. Mon accord suscita de la confusion, car, à de multiples occasions dans le passé, je m’étais fortement opposée à sa demande.

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À la séance suivante, elle exprima qu’elle voulait changer le type d’assurance qu’elle avait et se rendit compte qu’elle était en train de parler de la fin de l’analyse.

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MOI : « Alors qu’avant je m’opposais à votre souhait de terminer l’analyse, il s’agissait d’une sorte d’assurance pour vous. »

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PATIENTE : « Je ne comprends pas pourquoi vous avez soudainement changé votre position. »

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Je lui signifiai que, tant que je m’opposais à son souhait de terminer, mon refus servait comme quelque chose sur laquelle elle pouvait s’appuyer et j’ajoutai : « Comment travailler maintenant sans que vous me perceviez comme quelqu’un d’hostile ? »

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PATIENTE : « Oui, ce qui était de l’ordre de la persécution correspondait au sel et à l’épice du travail. Maintenant il ne reste plus rien. Avant, vous constituiez une surface vers laquelle je projetais ma frustration et colère. Actuellement, je me sens dans l’air et je ne trouve rien sur quoi m’appuyer. »

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Ces mots de la patiente montrent jusqu’à quel point le mode de relation persécuteur l’avait protégée d’un sens de culpabilité écrasante qui aurait opéré au cours de ses attaques contre l’objet. Percevoir l’objet comme total ainsi que son amour et sa haine vis-à-vis de celui-ci l’aurait placée devant sa responsabilité envers l’objet, donc devant des angoisses dépressives insupportables. Dans les séances suivantes, la patiente fut la proie d’une détresse extrême ou d’une situation « catastrophique », comme elle le qualifiait. Elle sentait qu’elle se débattait sur le divan, ce qui était l’image même de son être alors qu’elle était nourrisson et qu’elle s’était trouvée lâchée par sa mère endeuillée. Le désinvestissement massif de l’objet maternel, précise A. Green, « laisse des traces dans l’inconscient sous la forme des “trous psychiques” » [14][14]  Ibid., p. 226-227.. Le changement brutal dans la vie psychique de la mère entraîne non seulement la perte d’amour, mais aussi « une perte de sens car le bébé ne dispose d’aucune explication pour rendre compte de ce qui s’est produit » [15][15]  Ibid., p. 230..

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La patiente fut alors capable d’établir un lien entre la culpabilité suscitée par ses récentes réussites académiques (elle travaillait à l’Université) et le fait d’avoir survécu à la naissance « contre » le désir de sa mère. « Cette idée m’a semblé effrayante. Dans le passé, j’ai souvent pensé au suicide. »

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MOI : « Ici fréquemment vous aviez exprimé l’idée que vous vouliez partir, surtout au moment où nous travaillions bien. C’était quelque chose de torturant. »

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PATIENTE : « J’ai eu peur que vous me lâchiez de façon prématurée et il valait mieux que je parte avant que vous me lâchiez. »

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Cette séance suscita une perte de repères en elle. Elle exprima dans les séances suivantes qu’elle se sentait perdue, hors de l’ordre du sens. Jusque-là ses capacités intellectuelles, qui comportaient certainement une dimension sublimatoire, assuraient une fonction défensive essentielle dans son économie psychique. L’activité intellectuelle surinvestie était sa façon de surmonter le trou créé par le désinvestissement maternel. J’étais inquiète et je me posais la question de savoir si elle était capable de porter cette vérité ultime qu’elle affrontait et qui se situait aux fondements de sa problématique ainsi que de tout le travail analytique entamé jusque-là. Je lui proposai alors de terminer l’analyse en passant à la modalité face-à-face. Si nous retournons aux rêves où je lui demandais de se lever du divan, nous pourrions les interpréter aussi comme un appel au dispositif en face-à-face. La patiente, tout en percevant ce changement comme un échec, fut sensible à ce qu’elle qualifiait comme une attitude flexible de ma part, dans un moment où elle se sentait en grande détresse. J’avais eu le sentiment que pour celle-ci terminer la dernière séance sur le divan était équivalent au meurtre de l’analyste (l’objet maternel). Cette dernière disparaîtrait sans laisser aucune trace perceptive. Ainsi, ce serait l’effacement de toute mémoire analytique.

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Dans l’une des séances ultérieures, réalisée en face-à-face, elle associa la perte du divan avec la perte du sein. Alors que je l’écoutais, je fus soudainement prise d’un sentiment de chagrin et de l’envie de pleurer. À la séance suivante, elle exprima que durant le week-end elle avait éprouvé une intense douleur psychique. « Avant je pensais me suicider ou je croyais que j’allais devenir folle. Je ne crois plus que je deviendrai folle. » Ses associations d’idées et l’interprétation que je lui proposai nous menèrent à la question de la dépression de la mère. C’est là où je lui communiquai le sentiment de chagrin que j’avais éprouvé à la séance précédente et j’ajoutai : « Après la séance, j’ai pensé à ce que pouvait signifier de pleurer en face de vous. »

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PATIENTE : « Pendant le week-end, je me suis demandée aussi si j’étais capable de pleurer en face de vous. Je me rappelle cette chanson (elle la chantonne) que ma mère chantait tout en pleurant. Elle avait perdu sa mère quand j’étais née. »

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Le dispositif en face-à-face signifiait la perte de l’omnipotence quant à la possession du sein. « Sur le divan, je pouvais créer ma propre construction, ma fantaisie. Je découvre qu’il y a deux lampes au plafond, deux seins. Avant je voyais seulement un sein, maintenant je perçois la totalité de la pièce en me situant plus dans la réalité. Je n’ai jamais pu renoncer au sein. Je n’ai jamais vu ma mère comme je vous vois en face. Je l’ai toujours hallucinée. »

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La patiente avait créé un sein produit de sa fantasmatisation, qui s’opposait à la perception de l’objet et assurait ainsi la fonction de nier son existence. Winnicott établit une distinction entre certains types de fantasmatisation et le rêve ; il souligne dans quelle mesure la fantasmatisation peut servir à nier la réalité (un fragment de la réalité, dirait Freud), alors que rêver, c’est « vivre réellement et être en relation avec des objets réels » [16][16]  D. W. Winnicott, Jeu et réalité, Paris, Gallimard,.... Chez la patiente, le sein fantasmé était venu remplacer le sein maternel, perçu comme étant défaillant et décevant. Ainsi, le renoncement au sein n’avait jamais pu prendre lieu et celui-ci avait été l’objet d’un désinvestissement ayant eu comme conséquence l’abolition de sa représentation. La patiente avait eu recours à l’hallucination négative lorsque la perception de l’analyste avait réactivé la représentation du sein, qui avait été abolie [17][17]  A. Green, Idées directrices pour une psychanalyse....

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L’élaboration du deuil maternel ouvrit la voie d’une désidentification et séparation de l’objet mort, ainsi qu’à la possibilité d’une naissance. Cette dernière avait pris tout son sens à partir du regard d’une analyste vivante. L’importance qu’avait eue le changement dans le cadre dans la phase de terminaison pourrait mener à interroger l’indication d’analyse, que nous avions posée pour ce cas. La cure avait été instaurée après avoir parcouru une phase initiale de psychothérapie. Dès le passage au divan, la patiente avait pu scénifier des expériences traumatiques dont la violence aurait rendu impossible leur élaboration dans une modalité relationnelle de type face-à-face. Le trop de l’excitation sexuelle, la séduction et la persécution auraient empêché une telle symbolisation. Nous avons pu constater jusqu’à quel point, pour la patiente, maintenir le mode persécuteur à l’objet avait été nécessaire. Ce processus nous montre aussi quelque chose de fondamental à propos du temps en analyse. Le temps pour comprendre avait été le produit d’un long processus au cours duquel il avait fallu que la patiente se fasse soigner sur le divan comme un mort. Le temps de conclure correspondit justement au moment où elle pouvait se lever et s’ériger comme un vivant dans le monde réel.

Notes

[1]

J. André, « L’événement et la temporalité. L’après-coup dans la cure », Rapport au 69e Congrès des psychanalystes de langue française, Bulletin de la Société psychanalytique de Paris, no 90, 2008, p. 64.

[2]

D. W. Winnicott, La crainte de l’effondrement, La crainte de l’effondrement et autres situations cliniques, Paris, Gallimard, 2000, p. 207.

[3]

Ibid.

[4]

Ibid., p. 209.

[5]

Ibid.

[6]

Ibid., p. 212.

[7]

J. André, op. cit., p. 72.

[8]

D. W. Winnicott, op. cit., p. 206.

[9]

Ibid.

[10]

J. André, op. cit., p. 37.

[11]

D. W. Winnicott, op. cit., p. 211.

[12]

A. Green, La mère morte, Narcissisme de vie, narcissisme de mort, Paris, Éd. de Minuit, 1983, p. 244.

[13]

Ibid., p. 236.

[14]

Ibid., p. 226-227.

[15]

Ibid., p. 230.

[16]

D. W. Winnicott, Jeu et réalité, Paris, Gallimard, « Folio Essais », 1975, p. 65.

[17]

A. Green, Idées directrices pour une psychanalyse contemporaine, Paris, PUF, 2002, p. 289.

Résumé

Français

L’après-coup s’avère un concept fécond dans l’abord des traumas précoces et requiert que l’on porte une attention nouvelle au Moi. Winnicott nomme comme « effondrement » l’événement qui a empiétiné l’espace psychique du bébé. L’immaturité du Moi n’a pas pu permettre au bébé d’établir une organisation défensive face à l’événement effracteur et l’intégrer. Alors il est précisé que le travail analytique peut mener le patient à faire « l’épreuve de la chose redoutée ». L’analyse reste interminable tant que cette épreuve n’est pas traversée tant par le patient que par l’analyste.

Mots cles

  • Trauma précoce
  • Immaturité du Moi
  • Effondrement

English

Deferred action and the fear of breakdownDeferred action proves to be a productive concept in dealing with early traumas and it sheds a new light on the ego. Winnicott gives the term « breakdown » to the event that has impinged on the baby’s psychic space. The baby’s immature ego has not enabled him to establish a defensive organisation for dealing with the effractive event and integrating it. It is thus clear that analytic work can lead the patient to « test the thing that is feared ». The analysis remains interminable as long as this test is avoided either by the patient or the analyst.

Mots cles

  • Early trauma
  • Immature ego
  • Breakdown

Deutsch

Die « Nachträglichkeit » und die « Angst vor dem Zusammenbruch »Die « Nachträglichkeit » erweist sich als fruchtbares Konzept im Hinblick auf die frühen Traumata und erfordert eine Art neuer Aufmerksamkeit in Bezug auf das Ich. Winnicott benennt mit dem Wort « Zusammenbruch » ein Ereignis, das einen Übergriff oder « Einbruch » in den psychischen Raum des Säuglings darstellt. Die Unreife des Ichs konnte es dem Säugling nicht möglich machen, diesem einbrechenden Ereignis gegenüber eine Abwehr aufzubauen und es zu integrieren. Damit ist klar, dass die analytische Arbeit den Patienten dazu führen kann, die « Erfahrung dieser befürchteten Sache » zu machen. Die Analyse bleibt endlos, solange diese Erfahrung nicht sowohl vom Patienten, als auch vom Analytiker, durchgemacht wird.

Mots cles

  • Frühes Trauma
  • Unreife des Ich
  • Zusammenbruch

Español

La posterioridad y el temor de derrumbamientoLa posterioridad se manifiesta como un concepto fecundo en el tratamiento de los traumas precoces y demanda una atención nueva para el Yo. Winnicott llama « derrumbamiento » al acontecimiento que ha dañado el espacio psíquico del bebé. La inmadurez del Yo no ha permitido al bebe establecer una organización defensiva frente al acontecimiento fracturador e integrarlo. Es necesario entonces que el trabajo analítico sea capaz de lograr que el paciente « enfrente lo temido ». El análisis seguirá siendo interminable hasta que el paciente y el analista no hayan superado dicha prueba.

Mots cles

  • Trauma precoz
  • Inmadurez del Yo
  • Derrumbamiento

Italiano

L’après-coup e la paura del crolloL’après-coup si rivela essere un concetto fecondo nell’approccio dei traumi precoci e richiede che si porti un’attenzione nuova all’Io. Winnicott chiama « crollo » l’avvenimento che ha calpestato lo spazio psichico del neonato. L’immaturità dell’Io non ha consentito al neonato di stabilire un’organizzazione difensiva di fronte all’avvenimento effrattivo e di integrarlo. Allora diventa prezioso che il lavoro analitico possa portare il paziente a « vivere la cosa temuta ». L’analisi diventa interminabile finchè questo vissuto non è stato attraversato sia dal paziente che dall’analista.

Mots cles

  • Trauma precoce
  • Immaturità dell’Io
  • Crollo

Plan de l'article

  1. L’ÉPREUVE DE LA CHOSE REDOUTÉE

Pour citer cet article

Abrevaya Elda, « L'après-coup et la crainte de l'effondrement », Revue française de psychanalyse, 5/2009 (Vol. 73), p. 1705-1711.

URL : http://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2009-5-page-1705.htm
DOI : 10.3917/rfp.735.1705


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