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Dans une communication intitulée : « La guerre d’Algérie revisitée : zones d’ombre, points aveugles » datant de 2002, l’historien Guy Pervillé notait que des événements importants de la guerre d’Algérie restaient « méconnus ou mal connus, soit parce que les enquêtes sérieuses qui ont été faites sont trop peu diffusées et trop peu relayées par les médias, soit parce qu’aucune enquête méthodique n’a pu être faite ». Parmi ces zones d’ombres, il évoquait des événements relatifs à la période qui suit les accords d’Évian. C’est en effet au moment des négociations du cessez-le-feu que le Comité des Affaires Algériennes (CAA) prend la décision de créer une force complètement hybride, aux multiples dénominations dont l’appellation la plus courante est celle de « force locale ». Rares sont les ouvrages sur la guerre d’Algérie qui évoquent son rôle durant la période de transition du pouvoir. Pourtant cette force inédite de par sa composition a connu la période trouble qui s’est déroulée du 19 mars 1962, date de la proclamation du cessez-le-feu en Algérie, aux premiers jours de l’indépendance. De fait durant environ cent cinq jours, le Haut-Commissaire de la République Christian Fouchet et l’Exécutif provisoire, institution mixte dirigée par Abderrahmane Farès s’accordent sur des mesures de maintien de l’ordre, en particulier dans les deux principales villes d’Algérie, Alger et Oran, où l’Organisation Armée Secrète (OAS) conteste activement le cessez-le-feu par une série d’attentats. L’Exécutif provisoire a également la charge d’organiser le scrutin sur l’autodétermination de l’Algéri…

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Composée d’environ 90 % de Musulmans, la « force algérienne » appelée tantôt « force de l’ordre locale » ou « force locale » comprend également des recrues européennes dont des appelés. Sous la houlette de l’Exécutif provisoire, elle est censée représenter l’embryon de la future armée algérienne. Toutefois, dans le contexte de la fin de la guerre d’Algérie, elle peine à s’imposer et ses membres sont victimes d’une « crise d’identité. » Ils ne peuvent pas correctement accomplir leur mission principale : garantir l’ordre. Désertion des « Marsiens » qui rejoignent l’Armée de Libération nationale, Européens qui ont l’impression « d’être livrés à l’ennemi » : la force locale est un échec.

Soraya Laribi
Doctorante
Université Paris-IV-Sorbonne
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Mis en ligne sur Cairn.info le 29/09/2015
https://doi.org/10.3917/gmcc.259.0077
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