CAIRN.INFO : Matières à réflexion
« La technique est la danse magique que le monde contemporain danse. Nous ne pouvons participer à ses vibrations et ses oscillations que si nous comprenons la technique. Sinon, nous restons exclus du jeu. »
Ernst Jünger

1Au fil de la guerre froide, les relations transatlantiques ont été rythmées par les débats relatifs à la stratégie nucléaire et à la crédibilité de la dissuasion. Dans les années 1960, ces débats ont porté sur la « riposte flexible » et le développement de forces nucléaires nationales à l’intérieur de l’Alliance atlantique. Dans les années 1980, la « bataille des euromissiles » a mis à l’épreuve la cohérence de l’OTAN et la capacité des gouvernants à convaincre les gouvernés du bien-fondé de la « double décision » de 1979 (ouverture de négociations sur le retrait des SS-20 et déploiement de nouveaux missiles américains en cas de refus soviétique). C’est dans ce contexte de « guerre fraîche » que Ronald Reagan annonce, le 23 mars 1983, le lancement de l’Initiative de défense stratégique (la « guerre des étoiles »). Un débat s’amorce mais il est bien vite éclipsé par l’accélération des événements et la « victoire froide » des États-Unis et de l’Ouest sur l’URSS.

2Aujourd’hui, les défenses antimissiles posent à nouveau question. Le projet américain de Missile Defense, en cours de réalisation, et le déploiement de systèmes antimissiles en Europe centrale suscitent l’ire des dirigeants russes. Au cours de l’année 2007, Vladimir Poutine et de hauts responsables politiques et militaires russes ont à plusieurs reprises évoqué de possibles frappes accidentelles sur les sites polonais et tchèques, voire menacé directement et ouvertement les pays de l’OTAN. L’intégration des pays européens alliés dans un bouclier spatial transatlantique viendrait certes limiter les perspectives d’une future et incertaine défense européenne mais les pays européens peinent à s’accorder dans leurs instances propres.

3C’est la prolifération des technologies balistiques et nucléaires (Corée du Nord, Inde, Pakistan et Iran, notamment) qui fait à nouveau des systèmes antimissiles une priorité politico-stratégique des États-Unis. En 1998, le Congrès charge le Pentagone de prévoir la protection du territoire des États-Unis et le projet de National Missile Defense est lancé l’année suivante. Parvenue au pouvoir, l’administration Bush privilégie une architecture d’ensemble permettant tout à la fois de répondre aux exigences du Congrès et à celles des alliés des États-Unis, européens notamment, pour éviter un découplage stratégique entre les deux rives de l’océan Atlantique. Étendu à l’Ancien Monde, le projet de National Missile Defense devient la Missile Defense[1]. Schématiquement, la Défense antimissile est une architecture d’ensemble (défense multicouche) capable d’identifier, d’intercepter et de détruire en vol les missiles hypothétiquement lancés par un « État voyou » (expression aujourd’hui remplacée par « État à problème »). Lorsqu’elle sera complètement mise en œuvre, elle se composera de satellites d’alerte, d’une chaîne de radars au sol (alerte et suivi des missiles) et d’intercepteurs déployés au sol, sur mer et dans l’espace, pour attaquer les missiles ennemis dans les différentes phases de leur trajectoire (technique dite « hit to kill » : le « véhicule tueur » entre en collision avec la cible). Des lasers seront ultérieurement intégrés au dispositif.

4Les attaques terroristes du 11 septembre 2001 accélèrent le tempo. Les États-Unis dénoncent le traité ABM (13 décembre 2001) et ils ne sont plus partie prenante depuis le 13 juin 2002. À la fin de cette même année, George W. Bush ordonne le déploiement des premiers éléments de la Missile Defense. Dès 2004, neuf intercepteurs de missiles sont déployés à Fort Greely-Alaska (15 en 2007 et 40 en 2009) et en 2005 une dizaine d’autres intercepteurs le sont sur la base de Vandenberg, en Californie (4 en 2009). En 2005, trois frégates équipées du système de détection Aegis embarquent vingt intercepteurs supplémentaires, pour attaquer les missiles ennemis dès leur première phase de lancement. Des batteries mobiles de Patriot améliorés, les PAC-3, assureront la protection des forces américaines engagées sur des théâtres d’opérations extérieurs. Ce dispositif s’inscrit dans une vaste architecture comprenant une constellation de satellites de surveillance et un réseau de radars d’alerte. Le poste de commandement de ce dispositif – l’US Strategic Command (STRATCOM) – est enfoui dans les Monts Cheyenne, à Colorado Springs (Colorado).

5Les États-Unis s’acheminent donc vers une forme de dissuasion globale fondée sur une combinaison d’armes nucléaires, de capacités de projection et de défenses antimissiles. Au-delà des arguments développés par les uns et les autres, on peut raisonnablement partir du postulat que le développement de ces systèmes d’armes est inéluctable.

6Les technologies des antimissiles mettent aussi à mal le rêve d’une paix nucléaire éternelle fondée sur les vertus supposées de la « destruction mutuelle assurée ». Confrontés aux menaces liées à la prolifération balistique et nucléaire (Pakistan, Inde, Corée, Iran un jour ou l’autre), les États-Unis ont donc mis en œuvre un projet de bouclier spatial, la Missile Defense, projet national ensuite élargi à leurs alliés européens et asiatiques. Les négociations en cours relèvent en tout premier lieu des relations bilatérales entre l’administration Bush d’une part, les gouvernements polonais et tchèque de l’autre.

LA DÉFENSE ANTIMISSILE ET L’EUROPE
La moindre priorité accordée par la « grande stratégie » américaine à l’Europe et le redéploiement militaire en cours – au détriment des grandes bases allemandes et au profit de dispositifs légers en Bulgarie et en Roumanie, sur les bords de la mer Noire – ne doivent pas être interprétés comme les signes avant-coureurs d’un futur désengagement de l’Ancien Monde. Les développements du projet de Défense antimissile, la Missile Defense, le montrent à l’envi. Les États-Unis ont proposé à leurs alliés européens de participer au Missile Defense, lesdits alliés discutant d’un projet plus modeste au sein de l’OTAN (défense antimissile de théâtre). Sur les cinq grands radars déployés au sol, trois le sont sur des territoires européens : il s’agit des sites de Fylingdales (Grande-Bretagne), de Thulé (Groenland, Danemark) et de Vardo (Norvège). Pour contrer les menaces balistiques moyen-orientales, les experts du Pentagone ont de surcroît pensé une troisième composante de ce bouclier spatial, située en Europe centrale. La Pologne et la République tchèque ont été approchées et Washington a officialisé sa demande le 21 janvier 2007, demande agréée par Varsovie et Prague. D’ici 2011, la Pologne pourrait accueillir une dizaine de systèmes d’interception (Patriot PAC-3). Les sites possibles sont Utstka et Zegrze Pomorskie (Poméranie occidentale, à proximité du littoral baltique), Slupsk (également à proximité de la Baltique) et Ortzysz (nord-est du pays). Une station radar de détection devrait être installée en République tchèque, près de la ville de Jince (Bohême centrale), sur le camp militaire de Brdy. Ces deux pays seraient donc les bases avancées de la Missile Defense en Eurasie. Secrétaire d’État adjoint en charge de l’Europe, Daniel Fried explique l’intérêt de ces projets : « Cette infrastructure du bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque va renforcer de manière significative le système de défense de l’Europe unifiée » (cité par Bruno Lesvez, « L’Europe face aux missiles iraniens », Valeurs actuelles, 23 février 2007). La Missile Defense est aussi une machine d’intégration militaire et politique des alliés européens : les centres de décision et de coordination de ce bouclier spatial sont situés aux États-Unis. On se gardera pourtant d’y voir un complot contre la dissuasion nucléaire française... Le 14 juin 2007, la France et l’ensemble des pays membres de l’OTAN, via leurs ministres de la Défense, ont d’ailleurs approuvé l’analyse américaine selon laquelle le programme balistique de l’Iran fait courir des risques à l’Europe et aux États-Unis. Les Alliés ont accepté le principe du bouclier spatial américain et l’OTAN pourrait financer un système antimissile complémentaire destiné à assurer la protection des pays du flanc sud-est de l’OTAN (Grèce, Bulgarie, Roumanie, Turquie), non couverts par le bouclier américain (une étude de juin 2006 sur la « faisabilité » d’un tel système a conclu à l’existence d’une menace balistique et à la nécessité de protéger les populations). Les décisions définitives pourraient être arrêtées au prochain sommet atlantique, à Bucarest, en avril 2008.
LA RUSSIE ET LE RADAR DE GABALA
Bien que les systèmes antimissiles américains déployables en Europe ne menacent pas la force de frappe nucléaire russe, Moscou a fait preuve d’une agressivité certaine à l’encontre des États-Unis et de l’OTAN. Le 3 juin 2007, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, expliquait que son pays serait obligé de « supprimer les menaces potentielles résultant de ce déploiement » de missiles. Il esquisse une ouverture : « Il vaudrait mieux reprendre le travail dans le cadre du Conseil OTAN-Russie sur la création d’un grand théâtre de défense antimissile » (chaîne de télévision Vesti 24). Le lendemain même, Vladimir Poutine menaçait de pointer des missiles russes sur des cibles en Europe (entretien, Le Figaro, 4 juin 2007). Le 7 juin suivant, le président russe jugeait plus habile de formuler une contre-proposition : ouvrir le radar russe de Gabala (nord de l’Azerbaïdjan) aux Américains, invités par ailleurs à déployer leurs intercepteurs en Turquie.
Construit dans les années 1980, le radar de Gabala est une infrastructure héritée de l’URSS, conçue pour détecter une éventuelle salve de missiles américains, tirée depuis l’océan Indien. Bien que couvrant l’ensemble du Moyen-Orient, une partie du territoire iranien échapperait, si l’on en croit nombre d’experts, à sa zone de détection. De surcroît, la définition de ce système d’alerte avancée est insuffisante pour suivre la trajectoire d’un missile. Cette installation fixe ne peut pas même être reciblée, contrairement au système américain envisagé pour la République tchèque. Enfin, la proximité du radar de Gabala le rend vulnérable à une attaque préemptive de l’Iran. Il en irait de même d’intercepteurs américains en Turquie, à portée des missiles iraniens et moins efficaces que des systèmes installés.
Au vrai, le rôle futur du radar de Gabala dans le système d’alerte avancée de la Russie est sujet à caution. Selon les termes de l’accord signé par Moscou et Bakou en janvier 2002, la Russie loue ce site jusqu’en 2012 en contrepartie d’une somme de sept millions de dollars par an. En 2006, les autorités azéries ont évoqué la possibilité de doubler le prix de location au-delà de 2012. À Moscou, certains jugent la chose par trop onéreuse et cherchent une autre solution, plus acceptable en termes de souveraineté. Plus moderne et aux capacités accrues, le futur radar Voronej-M devrait s’imposer. Déployé à Armavir (Caucase Nord), un site sous souveraineté russe, ce système couvrira toute la zone actuellement couverte par le radar de Gabala.
On peut donc raisonnablement juger que l’initiative de Vladimir Poutine vise non pas à ouvrir la voie à une coopération russo-américaine dans le domaine des antimissiles mais à allumer des contre-feux : bloquer le déploiement de systèmes américains en Europe centrale et orientale voire au Caucase-Sud, comme cela a pu être évoqué. Éminemment stratégique, l’enjeu est plus largement géopolitique :
prétendre conserver un droit de regard sur les politiques de défense d’États qui ont recouvré leur souveraineté sur les décombres du soviétisme. Cette prétention n’est pas sans rappeler la doctrine brejnévienne de la « souveraineté limitée ».
La proposition de mettre à disposition le radar de Gabala a par ailleurs validé l’analyse de la menace iranienne, ce qui n’a pas été sans effets sur l’équivoque partenariat Moscou-Téhéran. Toutefois, le sommet de la Caspienne du 17 octobre 2007 a été l’occasion de réaffirmer la continuité de ce partenariat. Jusqu’où ? Le 16 novembre suivant, la Russie a livré un premier lot d’uranium enrichi pour la centrale nucléaire de Bouchehr (sous contrôle de l’AIEA).

Les États-Unis, « puissance européenne »

7Longtemps attentistes, les gouvernements des États membres de l’Union européenne et de l’OTAN ont été quelque peu bousculés par le déploiement, pourtant annoncé, de ce bouclier spatial et ils n’ont pas cherché à accorder leurs positions avant que le projet ne prenne forme. Ce fait est déjà significatif. Désormais, l’exercice consiste à traiter de cette question entre alliés, dans le cadre de l’OTAN, en arguant du nécessaire multilatéralisme atlantique. Avec la Russie, les négociations se mènent simultanément sur le plan bilatéral, entre Moscou et Washington, et sur le plan multilatéral, dans le cadre du Conseil OTAN-Russie (COR) mis en place en mai 2002. Le processus de négociation entre la Russie et les Occidentaux s’inscrit donc dans une très vaste aire géopolitique septentrionale – depuis Vancouver jusqu’à Vladivostok, en passant par l’océan Atlantique – avec pour enjeu la formation d’un système de sécurité panoccidental. Cette « grande transaction » à l’issue encore indéterminée ne laisse guère de place à l’« Europe de la défense » et aux institutions politico-militaires de l’UE (Comité politique et de sécurité, Comité militaire et État-major, sis à Bruxelles). Il semble que la PESD soit cantonnée au civilo-militaire et au « bas Petersberg ».

8De fait, la question éminemment géostratégique du bouclier spatial américain met en évidence la réalité de ce qu’est l’Europe. L’UE ne s’est pas muée en un Commonwill formant un nouveau corps politique sur la scène internationale. Dans les domaines diplomatique et militaire, elle n’est qu’un conglomérat de vingt-sept États nationaux aux projets politiques dispersés et la cohésion de cet ensemble repose en dernière instance sur le leadership américain, la solidité des liens transatlantiques et l’existence de l’OTAN. Cette « Union » est composée d’« États postmodernes » qui pour la plupart se sont volontairement dessaisis de leur souveraineté, au sens altier du terme. À l’intérieur et dans l’exercice de la fonction de justice, l’abolition de la peine de mort marque en effet une rupture avec la philosophie de Thomas Hobbes et de l’État souverain [Manent, 2006, p. 30-40]. À l’extérieur, la fonction de protection s’exerce dans un cadre américanooccidental. Si les choses ont pris ce tour, c’est parce que cette « formule » convient aux gouvernements et aux opinions publiques d’Europe. Les États régaliens d’antan ont en effet laissé place à des Welfare States, centrés sur le « social », au risque d’ailleurs de mettre en péril la vitalité économique et technologique de cette « Europe molle ».

L’impolitique européenne

9Dans son Introduction au siècle des menaces, Philippe Blamont utilise l’expression de « politique de jouissance » pour désigner les choix opérés par les gouvernements et les citoyens-consommateurs européens en faveur du bien-être domestique et leur refus de toute « politique de puissance » [Blamont, 2004, p. 261]. Il faut ici souligner combien cette « politique de jouissance » est « impolitique », selon le mot employé par Chateaubriand. Est impolitique ce qui trahit la vocation du « politique », au sens le plus noble du terme, et ce qui contrevient tant à l’intelligence qu’à la pertinence dans l’action. Rappelons que le politique, en tant qu’essence, a pour fonction d’assurer la concorde intérieure et la sécurité extérieure d’une collectivité humaine [Freund, 1987]. L’incapacité des États membres de l’Union européenne à traiter entre eux des défenses antimissiles et a fortiori à poser des actes de souveraineté illustre l’impolitique de cette structure et du projet censé l’animer.

10De fait, l’Union européenne ne se veut pas l’expression politique et institutionnelle de la communauté de civilisation des nations qui la composent. L’Europe est définie comme un « projet » – une pure construction de la volonté – délesté de tout héritage historique, culturel et religieux. Ce « projet » consisterait à transcrire dans le réel l’illusion selon laquelle, sans autre lien qu’une communauté d’espèce, tout le monde pourrait vivre avec tout le monde. Les illusions ne peuvent en effet dissoudre la dynamique intrinsèque du politique qui implique lutte et conflictualité. La nature ayant horreur du vide, c’est aux États-Unis qu’il revient d’assumer la souveraineté, au sens le plus politique et le plus existentiel du terme, en lieu et place des États européens. La mise en œuvre par les États-Unis d’une défense antimissile et les enjeux que ces systèmes d’armes recouvrent, hic et nunc, donnent une image assez précise des reconfigurations en cours. Poutre maîtresse du système de sécurité transatlantique, l’OTAN demeure la seule instance de défense collective en Europe et les systèmes antimissiles américains viendront renforcer l’intégration des appareils militaires nationaux. La « philosophie » américaine du Space Power, la globalisation et l’affirmation des anciennes périphéries du système mondial conjuguent leurs effets pour donner forme à un bloc de puissance américano-occidental. Cette perspective semble préparer un futur « État universel », forme politique de type impérial qui, sans éliminer les États nationaux, en absorberait le pouvoir principal. Si elle voyait effectivement le jour, cette nouvelle configuration n’irait pas sans évoquer l’œuvre historique du Britannique Arnold Toynbee.

11La « construction européenne » devait inaugurer et préfigurer un « brave new world » apaisé et douceâtre, d’où les volontés de puissance et les affrontements étaient appelés à disparaître. Pourtant, prolifération des technologies de destruction massive, islamo-terrorisme, conflits identitaires et guerres asymétriques se déroulent sous nos yeux et les Européens sont aux avant-postes des affrontements géostratégiques globaux.

12L’évidence doit donc être la loi suprême et s’il permet aux Européens, ou à une part significative d’entre eux, de s’arracher à leurs illusions et à leur dialectique consolante, le pouvoir révélateur des antimissiles s’avérera salutaire. Le bouclier spatial américain pose certes la question des « formats » (UE et OTAN) au moyen desquels les nations européennes peuvent peser sur le cours des choses, décider et agir politiquement; il souligne aussi l’insuffisance des budgets de défense et des capacités militaires des États européens.

Notes

  • [*]
    Chercheur à l’Institut français de géopolitique (Paris-VIII), chercheur associé à l’Institut Thomas-More (Paris-Bruxelles).
  • [1]
    L’Agence de Défense antimissile est dirigée par le général Henry Obering.
Français

Un quart de siècle après l’Initiative de défense stratégique de Ronald Reagan (la «guerre des étoiles»), le possible déploiement de systèmes antimissiles américains en Europe centrale est au cœur des nouvelles tensions entre la Russie et les Occidentaux. Ce débat entre pays membres de l’OTAN révèle la vacuité de la PESD (Politique européenne de sécurité et de défense), limitée au civilomilitaire et à la soft security. Dans l’«ère des Titans»qui se profile, l’Union européenne peine à se muer en un acteur global des relations internationales et l’Alliance transatlantique pourrait être le vecteur d’un bloc de puissance occidental, conformément aux théories d’Arnold Toynbee sur l’État universel comme réponse aux défis de civilisation. Les enjeux liés à la défense antimissile mettent en évidence l’insuffisance des budgets de défense en Europe et, plus encore, des volontés de «persévérer dans l’être».

Bibliographie

  • BLAMONT P., Introduction au siècle des menaces, Odile Jacob, Paris, 2004.
  • ERNST J. (entretiens avec Antonio Gnoli et Franco Volpi), Les Prochains Titans, Grasset, Paris, 1998.
  • FRACHON A. et VERNET D., L’Amérique messianique, Seuil, Paris, 2004.
  • FREUND J., Politique et impolitique, Sirey, Paris, 1987.
  • GIRARD R., Achever Clausewitz, Carnets Nord, Paris, 2007.
  • LACOSTE Y., Géopolitique de la Méditerranée, Armand Colin, Paris, 2006.
  • MANENT P., La Raison des nations. Réflexions sur la démocratie en Europe, Gallimard, Paris, 2006.
  • SLOTERDIJK P., Colère et temps. Essai politico-psychologique, Libella-Maren Sell, Paris, 2007.
  • TOYNBEE A., La Civilisation à l’épreuve, Gallimard, Paris, 1951.
Jean-Sylvestre Mongrenier [*]
  • [*]
    Chercheur à l’Institut français de géopolitique (Paris-VIII), chercheur associé à l’Institut Thomas-More (Paris-Bruxelles).
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Mis en ligne sur Cairn.info le 01/07/2008
https://doi.org/10.3917/her.128.0035
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