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Histoire urbaine

2003/2 (n° 8)


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L’agriculture est-elle seulement une figure de la campagne ? La ville, réalité et image, est-elle incompatible avec les formes et les fonctions des champs, des matériels et bâtiments agricoles et des animaux des fermes ? Telles sont les questions nouvelles que posent aujourd’hui les relations entre les villes et les campagnes. Les historiens de la France rurale et urbaine [1][1] G. Duby et A. Wallon (édité par), Histoire de la France... ont fait, en effet, de l’opposition de la ville et de la campagne un principe essentiel du changement social et spatial, comme d’ailleurs les géographes et les démographes [2][2] H. Le Bras, « La ville des démographes », dans T. Paquot.... Des différences entre les sociétés urbaines et agraires sont ainsi nées les mobilités qui ont permis la croissance des agglomérations et leur hypertrophie contemporaine, leur diversification comme leur dilatation spatiale et leur étalement (péri-urbanisation).

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Or la ville, qui est construite le plus souvent aux dépens de l’espace ouvert périphérique agricole ou non, n’expulse pas l’agriculture aussi facilement qu’il y paraît. Dans les pays en voie de développement, l’approvisionnement en produits frais, indispensables à ceux qui n’accèdent pas facilement au marché local, se traduit par la persistance d’une agriculture dans et autour des villes. Dans les pays développés, en revanche, la recherche du bien être social, et pas seulement des produits frais, tend à conserver les espaces agricoles autant pour des raisons d’urbanisme (limiter l’étalement urbain) que sociales (sécurité alimentaire, loisirs, pédagogie, cadre résidentiel, etc.). Devenu une valeur politique, le vert urbain n’est plus seulement celui des parcs et jardins publics, mais aussi celui des espaces agricoles, forestiers et naturels.

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Dans ces conditions nouvelles, le tissu urbain n’est plus construit seulement sur le modèle d’une opposition entre les valeurs citadines et agraires, mais aussi sur celui d’une association bénéfique entre les formes et les fonctions rurales et la vie citadine. Les campagnes deviennent des parties de la ville, parfois de manière pérenne si les actions publiques et les agriculteurs convergent dans un même projet agri-urbain [3][3] Ce néologisme est apparu en France, à la fin des années....

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Cette histoire a pris naissance, avec la localisation des cultures (légumes, vergers, vignes) et des élevages, en deçà et au-delà (ceinture maraîchère) des remparts des villes. Sous toutes les latitudes, « la ville a fait naître à ses portes une zone de cultures spécialisées destinées à l’approvisionner en produits frais » [4][4] M. Phlipponneau, La vie rurale de la banlieue parisienne,.... Puis le développement du commerce international, dès la fin du XVIIIe siècle en Europe (avec les céréales par exemple), et au XIXe siècle pour les produits frais, a concurrencé les productions périurbaines.

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Dans les années 1950, les conditions socio-politiques de production étaient de fait très différentes selon les pays. Aux grandes exploitations légumières de Londres, issues des domaines aristocratiques, s’opposaient les petites fermes néerlandaises (cultures sous serres) ou celles de la colonisation française pour produire les primeurs sur le littoral algérois [5][5] Ibidem..

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À la fin du XXe siècle, l’urbanisation de la société mondiale a fait sortir l’agriculture des villes de la marginalisation, car la survie de dizaines de millions de citadins en dépendait. En 1996, le Programme de développement des Nations-Unies a défini l’agriculture urbaine (urban agriculture) comme « une industrie qui produit des biens alimentaires et énergétiques, pour répondre surtout à la demande quotidienne des consommateurs urbains. Ces activités ont recours à des techniques intensives d’utilisation des ressources naturelles et des déchets urbains pour produire une large gamme de produits végétaux et animaux » [6][6] PNUD, Urban Agriculture, Food, Jobs and Sustainable.... Parallèlement, nous avons élargi cette définition, pour les pays développés, à la production de services d’intérêt général répondant à une demande sociale ou politique (espaces ouverts, récréation de plein air, corridors écologiques, pédagogie, insertion sociale, valorisation immobilière, etc.) [7][7] A. Fleury et P. Donadieu, « De l’agriculture périurbaine.... La notion de multifonctionnalité, développée récemment par le sociologue et président de l’Inra, B. Hervieu [8][8] B. Hervieu, « LOA et multifonctionnalité de l’agriculture »,..., a servi ensuite de cadre conceptuel à l’étude comparée de différentes situations dans le monde.

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Nous analyserons successivement la construction du modèle urbain de la ville-campagne, puis les processus et les acteurs de sa production, matérielle et immatérielle. Rappelons que selon le PNUD (1996), 800 millions de personnes sont, surtout pour des raisons alimentaires, directement concernées par l’agriculture urbaine, ainsi que 200 millions d’agriculteurs, souvent à temps partiel [9][9] Ces chiffres ont été repris dans le rapport agriculture....

Le modèle de la ville-campagne

LES FIGURES HÉRITÉES

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Le lien qui tient ensemble la ville et la campagne est ancien et repose sur des attentes sociales et politiques différentes, mais non exclusives.

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La première figure de la ville et de « sa campagne », formalisée par les travaux anciens de Von Thü nen (1826) indique que la ville induit, théoriquement, la formation de couronnes agricoles dont l’intensité productive diminue du centre vers la périphérie (des cultures sous abris jusqu’à l’élevage extensif et la forêt). Dans les autres modèles qui suivirent (notamment celui de W. Christaller : la théorie des lieux centraux en 1924), l’espace agricole disparaît de la représentation urbaine, car la ville tend à s’affranchir de sa dépendance alimentaire et énergétique, grâce aux transports (trains, canaux, camions, avions, etc.) et aux techniques de conservation et de conditionnement. Devenue système fonctionnel, la ville a été ensuite incluse dans une logique de systèmes de villes, où se joue, à l’échelle nationale ou internationale, leur complémentarité ou leur concurrence [10][10] A. Jouve et alii, La France des villes, le temps des....

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Avec la disparition du monopole dont jouissait le producteur de banlieue et la concurrence des producteurs du monde entier produisant à plus bas prix, les agriculteurs intraurbains et périurbains ne doivent, dans un contexte de spéculation foncière forte, leur survie que, soit à une rentabilisation élevée de l’usage du foncier, soit à des actions publiques rigoureuses et durables. Dans le premier cas, le maintien des serres autour de Rotterdam ou de quelques vignobles réputés dans l’agglomération de Bordeaux est un exemple notable. Dans le second cas, la planification efficace du territoire comme dans la Randstadt « Holland », dans la région Île-de-France ou à la périphérie de Milan (parco agricola), en Italie, apparaît comme une condition indispensable au maintien des terres agricoles et des agriculteurs.

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La seconde figure du lien positif entre la ville et la campagne repose sur une représentation urbaine de la campagne en tant que lieu idéalisé mais réel de vie. Depuis les auteurs latins de l’Antiquité, le modèle de la « vie à la campagne », de la ville-nature à l’agritourisme contemporain, présente la vie et l’espace des champs, non comme le lieu des logiques économiques des agriculteurs, mais comme celui d’un agrément bucolique, inspiré par l’imaginaire de « l’éternelle Pastorale ».

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Selon cette aspiration sociale, très apparentée à celle du jardin d’agré-ment, la campagne devrait être produite pour le plaisir des sens et ressembler, par exemple, aux images touristiques, gastronomiques ou historiques de la Toscane, de la Provence, ou bien de la Cornouaille ou du Pays de Galles.

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Cependant, ces images pittoresques de l’espace agricole sont aujourd’hui concurrencées par celle de la nature non cultivée – la forêt, les étangs, les fleuves, les landes, maquis et garrigues – du fait d’une évolution des goûts [11][11] Y. Luginbü hl, La demande sociale de nature et de paysage,... et de la suspicion qui pèse sur les produits issus de l’agriculture trop intensive. Même esthétisée, la campagne d’aujourd’hui ne fait pas toujours recette. Parce qu’ils évoquent la mémoire de pratiques sociales et de paysages disparus ou menacés, les bocages, les prairies et les vergers surgissent ou subsistent dans les villes, alors qu’ils n’ont plus de fonctions ni d’usages marchands agricoles évidents [12][12] S. Perichon, « L’avenir de l’arbre périurbain autour.... C’est le cas en Europe du Nord, aux Pays-Bas et en Allemagne, sous la forme du hobby farming et des paysages culturels (kulturlandschaft).

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La ville-campagne, qui se construit ici à l’interface des valeurs marchandes et non marchandes de l’agriculture, n’est donc pas une ville à la campagne. L’opposition formelle entre la ville et la campagne est autant son paradigme fondateur que la rencontre possible entre les demandes sociales urbaines et les offres des acteurs ruraux. L’explication de cette contradiction tient au fait que la ruralité occidentale n’est plus aujourd’hui celle de la civilisation agraire décrite par M. Bloch dans les Caractères originaux de l’histoire rurale française (1931 ) ou par Gaston Bachelard dans Histoire de la campagne française (1939). Le désir de campagne est fondé sur des valeurs urbaines, privilégiant l’art urbain de vivre ensemble (la partie de campagne ou le pique-nique familial par exemple) dans un cadre pittoresque et confortable (la maison de campagne). Mais en même temps, les pratiques agricoles tendent souvent à s’aligner sur le modèle de l’entreprise industrielle qui porte sa propre logique de production des espaces : approvisionner le marché mondial avec l’aide des É tats pour les denrées les plus géostratégiques (céréales et oléoprotéagineux).

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Ces deux modes de production de l’espace périurbain agricole, au pôle économique (le marché) ou au pôle social (le cadre de vie, la qualité des paysages), ont engendré des organisations différentes des espaces ouverts dans et autour des agglomérations.

DES FORMES SUCCESSIVES D’URBANITÉ

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Pour les géographes de la fin du XXe siècle, l’espace urbain est construit à partir des notions d’espace central dominant et d’espaces périphériques dominés. Ces derniers, nommés successivement faubourg, banlieue, couronne, puis espace périurbain (ou rurbain [13][13] G. Bauer et J.-M. Roux, La rurbanisation, ou la ville... ) ont connu, notamment en France, depuis un siècle, une croissance à la fois spatiale (étalement du tissu urbain) et démographique. Mais l’image et la réalité des périphéries changent encore aujourd’hui.

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Jusque dans les années 1970 en France, la ville-centre a rejeté sur ses limites, les usines, les infrastructures, les cimetières, les stations d’épuration et les gares de triage, en bref, tout ce qui n’était pas compatible avec l’image prestigieuse de la ville-centre. Parallèlement, ont été refoulées vers les périphéries les populations les plus modestes incapables d’accéder aux loyers du centre des villes. À partir des années 1980, les banlieues françaises restent le seul espace géographique à connaître encore un accroissement démographique. De 1982 à 1990, elles ont gagné plus de 880 000 habitants [14][14] M. Jouve et alii, op. cit., p. 85., alors que les centres-villes étaient stables ou décroissaient.

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Dans les nouvelles périphéries, réinvesties par les citadins et longtemps considérées comme des banlieues-dortoirs, émergent au cours des années 1990 de nouvelles centralités secondaires (la ville « émergente » – edge city – des sociologues G. Dubois-Taine et Y. Chalas [15][15] G. Dubois-Taine et Y. Chalas (édité par), La ville... ). Des centres commerciaux, sportifs, universitaires et culturels apparaissent à côté des lotissements résidentiels et des infrastructures de transport. Avec l’accroissement du temps libre, les usages récréatifs des espaces extérieurs se développent avec des équipements spécialisés publics et privés (bases de loisirs, forêts de loisirs, centres équestres, campings, terrains de golf, etc.).

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Dans ce contexte nouveau d’urbanisation et de migrations régulières des citadins entre lieux de travail, d’habitat et de loisir, les formes spatiales de ségrégation sociale changent. À la fin du XIXe siècle, la séparation des classes sociales était surtout verticale. Les domestiques étaient logés sous les toits alors que les étages étaient réservés aux plus fortunés. Un siècle après, suivant en partie en cela les pratiques périodiques de « vie à la campagne » des plus aisées, la ségrégation sociale devient de plus en plus horizontale. Cela se traduit par des phénomènes de communautarisation comme les Chinatown de mégalopoles telles Londres, Paris ou Montréal, ainsi que par la localisation des immigrés pauvres dans les quartiers centraux vétustes ou dans les grands ensembles de banlieue. Mais les « ghettos » concernent autant les plus riches que les plus pauvres, comme en témoigne le regroupement à caractère exclusif des habitants des gated communities, fermement protégés de toute intrusion extérieure. Chaque groupe tend alors à s’enfermer dans son territoire. Entre la violence ordinaire des vols et du vandalisme, et les révoltes sporadiques des uns, et l’aspiration au confort et à la paix des autres, l’enjeu principal pour les élus urbains est de reconstruire de nouvelles formes d’urbanité, c’est-à-dire des manières de vivre ensemble en limitant l’exclusion sociale aux formes tolérables.

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De ce point de vue, persiste encore le modèle haussmannien de rationalisation de l’espace urbain au nom des valeurs d’hygiène, de sécurité civile et de circulation. Celui-ci fut remplacé par le projet moderniste (Le Corbusier) qui supprimait la rue et préconisait l’espace vert comme forme symbolique du rapport à la nature. L’impasse de la ville fonctionnaliste et sectorisée fut révélée par les inconvénients de « l’éclatement urbain ». En fragments (ou en miettes selon les métaphores), la ville réduite à « l’urbain » [16][16] Voir de T. Paquot, « É tudes urbaines ou sciences de..., ou à la fois urbaine et rurale, « downtown » et « suburb », « métapole [17][17] F. Ascher, Metapolis, ou l’avenir des villes, Paris,... » et « agglomération » a progressivement changé sa nature (compacte et homogène). Elle est devenue, entre autres possibilités pour le sociologue Y. Chalas, la « ville-nature » [18][18] Y. Chalas, Villes contemporaines, Paris, Cercle d’art,....

LA VILLE-NATURE ET LA VILLE-CAMPAGNE

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Yves Chalas distingue sept grandes figures constitutives des villes contemporaines, qui prennent le relais des anciennes figures urbaines [19][19] Y. Chalas, op. cit., p. 7. Selon des logiques non dualistes, elles associent, paradoxalement, « le rural et l’urbain, le centre et la périphérie, la ville et la non-ville, le plein et le vide, etc. ». Parmi ces villes, la ville-nature, écrit le sociologue, ne se réduit ni aux parcs et aux jardins de l’ornementation classique, ni aux espaces verts de l’hygiénisme moderne [20][20] Ibidem, p. 84.. Cette ville n’est ni totalement verte, ni étalée dans les campagnes, ni nostalgique ou « verdolâtre ». Elle est le résultat d’un double mouvement : une urbanisation des milieux naturels et agricoles, et une ruralisation/naturalisation de la ville.

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Toutefois il faut bien séparer les natures non agricoles et agricoles, sans ou avec les agriculteurs et les jardiniers, en tant qu’elles font (la) ville, comme cohérence perceptible, liens et nouvelles centralités du tissu urbain. La ville-nature est donc une ville ayant naturalisé l’espace agricole autant que les milieux sans agriculteurs (mais pas sans acteurs), comme les forêts ou les lacs. L’espace ouvert, vert ou bleu (aquatique), n’est plus alors un délaissé ou un faire-valoir, mais une forme urbaine, vivante et évolutive. Il fait voir la ville, parce qu’il n’est pas construit et ne s’oppose pas à la pénétration du regard. Il peut être pensé comme un vide non-construit faisant (la) ville et produisant son image, autant qu’une réalité matérielle de lieux de production de biens alimentaires, énergétiques ou écologiques.

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La ville-nature est donc – aussi – une ville-campagne, où la prairie, la rizière, le verger, la vigne, la serre, le champ de maïs ou de carottes, peuvent être à la fois « identitaires et fédérateurs ». C’est du moins ce que recherchent les projets agri-urbains en France qui affirment que la rupture du bâti par l’agriculture est préférable à sa continuité.

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Une ville pourrait-elle préserver ou inaugurer un « côté campagne » autant que des « côtés jardins, forêts, mers ou étangs » ? Peut-on envisager de parler de villes maraîchères, de villes vergers, de villes viticoles ou céréalières ? S’agit-il d’utopies ou déjà de réalités ?

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Dans la planification urbaine, européenne et nord-américaine, ces « côtés » sont appelés coupures vertes ou espaces ouverts et font parties des conditions du développement durable des villes. Cependant, vides réhabilités comme promesse de bien-être social urbain, les espaces agricoles ne peuvent devenir agri-urbains que s’ils sont transformés en lieux vécus et appropriés par les citadins, au moins symboliquement.

Les processus et les acteurs des villes-campagnes

LA DIVERSITÉ DES FORMES AGRICOLES

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La diversité des formes agricoles dans la ville est à l’origine des multiples images de la ville-campagne. Certaines formes sont produites par d’authentiques entrepreneurs agricoles, et d’autres relèvent des agricultures de subsistance ou de plaisance (hobby farming), ou bien des techniques de gestion des espaces publics végétalisés ou aquatiques.

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Sur des surfaces très variables, de quelques centaines de mètres carrés à plusieurs centaines d’hectares, dans le tissu urbain ou dans son voisinage immédiat, l’exploitant peut être à la tête d’exploitations très différentes [21][21] PNUD, 1996, op. cit., p. 4. : de produits de pêche ou de pisciculture d’eau douce ou salée, de légumes, de fruits, de céréales, de viande ou de lait, dans des fermes péri ou intraurbaines (par exemple, dans des zones inconstructibles comme les axes d’atterrissage des avions, les passages de lignes électriques à haute tension et les zones inondables). Il peut aussi s’agir de petits élevages urbains (volailles, cochons et lapins), de cultures hydroponiques sur les toits d’immeubles, ou de jardins vivriers le long des routes et autoroutes. Commercialisant les produits sur un marché, forain ou non, l’agriculture urbaine, le plus souvent intensive – et donc consommatrice de fertilisants sous des formes variées – est localisée dans les vides urbains, et cherche à économiser l’eau souvent coûteuse. Elle peut aussi occuper de vastes espaces céréaliers et périurbains sans vendre sa production directement à la ville proche, mais en la dirigeant vers les silos des régions portuaires. L’agriculture périurbaine est donc, soit liée aux marchés urbains qu’elle approvisionne ou, hors marché, au groupe social/familial qui la produit, soit étrangère à la ville qui l’a rejointe, en alimentant les marchés mondiaux.

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La seconde forme d’agriculture urbaine témoigne d’une évolution vers des pratiques de moins en moins marchandes et de plus en plus urbaines. Le hobby-farming, activité de plaisance rurale, répandue dans tous les pays du monde, suppose de cultiver la terre avec des finalités à la fois marchandes et de loisirs. Dans de nombreux cas, le seuil de non-rentabilité est atteint, ce qui suppose d’autres sources de revenus pour conserver les formes agricoles à la manière des parcs et des jardins d’agréments. C’est le cas des domaines et des fermes, petits ou grands, autour des grandes agglomérations européennes où sont cultivés, par exemple, des vergers de pommiers, d’oliviers, d’amandiers ou d’agrumes, ou bien des prairies accueillant des chevaux d’équitation ou autres élevages de plaisance (ânes, poneys, moutons) [22][22] Aux Pays-Bas, la moitié des 100 000 agriculteurs sont....

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Les troisièmes formes agricoles ou horticoles sont les produits des services publics urbains. Elles peuvent s’inscrire dans une activité marchande (par exemple les vignes urbaines de Montmartre et de Suresnes à Paris). Mais elles peuvent aussi dépendre en partie ou totalement des financements des municipalités, rémunérant un service social rendu par une organisation. C’est le cas des jardins familiaux loués à des tarifs très modiques ou des jardins communautaires (d’insertion sociale ou de convivialité de quartier) [23][23] De nombreux travaux existent sur le sujet, notamment :....

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En pratique, et à l’échelle d’une typologie mondiale, il faut distinguer l’agriculture urbaine des pays en voie de développement où dominent les formes marchandes et d’autosubsistance, et celle des pays développés où coexistent des formes marchandes, non-marchandes ou mixtes. La distinction entre agriculture (avec des agriculteurs, des viticulteurs, des maraîchers ou des arboriculteurs) et jardinage (avec des jardiniers) est importante, au moins dans les pays développés, car elle sépare les professionnels de l’agriculture de ceux qui n’ont pas nécessairement ce statut, mais poursuivent d’autres finalités marchandes ou non (loisirs, hôtellerie, restauration, insertion sociale, subsistance, etc.).

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Selon les propriétaires et les types de mises en valeur du sol – des systèmes techniques de production pour les agronomes –, selon aussi la nature des actions publiques, l’évolution des formes agricoles peut être très variable.

LES PROCESSUS ÉVOLUTIFS

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En 1956, le géographe M. Phlipponneau avait souligné, en région parisienne, le rôle décisif du propriétaire : « Pour le capitaliste parisien, la terre n’a qu’une valeur de placement (...). Au contraire, pour le petit proprié-taire, la terre a une valeur de production, il maintient ses cultures en zone bâtie aussi longtemps qu’il tire de son exploitation un revenu supérieur à celui qu’il obtiendrait du capital foncier » [24][24] M. Phlipponneau, op. cit., p. 550.. Ce raisonnement explique en grande partie les évolutions urbaines des paysages agricoles urbains si les pouvoirs publics ne jouent pas un rôle de régulation. C’est pourquoi, pour la plupart des acteurs des espaces ouverts périurbains, propriétaires, exploitants agricoles et élus, la terre agricole, fertile ou de peu de valeur, est d’abord une réserve foncière. Le propriétaire attend l’heure de la vente comme l’agriculteur qui anticipe ce mouvement en achetant des terres plus éloignées de la ville, qu’il soit propriétaire ou non.

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Pour que ce processus, qui lie l’évolution des formes agricoles à la seule rente foncière, puisse être infléchi, des régulations de natures politique ou sociale ont été mises en place dans de nombreux pays, surtout développés.

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Certains pays ou régions comme la Suisse ou le Québec ont protégé strictement leurs terres agricoles, relativement rares, pour des raisons de sécurité alimentaire nationale. C’est le cas aussi au Japon; les terres cultivables y sont rares et celles qui sont en régions urbaines (rizières) sont conservées par des incitations fiscales, mais aussi par des contributions directes des consommateurs.

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En revanche, en Afrique, l’intervention des pouvoirs publics est faible, en dépit des besoins manifestes des citadins en produits frais. Selon le PNUD [25][25] Op. cit., p. 39., de nombreux parcs publics ou espaces ouverts ont été transformés en « paysages productifs » dans des périodes de fortes contraintes économiques [26][26] En Europe, le même phénomène a été observé au XXe siècle.... Dans la plupart des cas, l’agriculture urbaine appartient, sauf actions structurantes d’organisations non gouvernementales (ONG), à la catégorie des économies « informelles » à faible productivité qui occupent des espaces vacants. Néanmoins, peuvent se développer, avec parfois accès aux prêts bancaires (ou d’autres origines) et aux techniques modernes, des productions pour les marchés solvables (volailles, légumes européens, agrumes et fleurs). Ce modèle était celui des pays développés, il y a un siècle.

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En Asie, comme en Afrique tropicale, les formes d’agriculture urbaine sont très diversifiées et traduisent souvent une réelle multifonctionnalité. Les travaux réalisés au CIRAD (Hanoi) et dans le cadre du groupe d’agriculture périurbaine de l’INRA [27][27] Unité mixte d’enseignement et de recherche SADAPT. (Antananarivo), montrent d’une part des productions rizicoles à fonction d’autosubsistance, d’autre part des activités orientées vers les marchés urbains (maraîchage, élevage, pisciculture, etc.) et contribuant, par la maîtrise hydraulique de l’espace à la régulation des crues, voire même à la production d’aménités touristiques et patrimoniales [28][28] Travaux de P. Moustier et H. De Bon à Hanoï, et C.....

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En Europe et en Amérique du Nord, en revanche, et hors des cas particuliers déjà cités, la sécurité alimentaire n’est plus en général une priorité parce que la part des budgets familiaux qui est consacrée à la nourriture est relativement faible (1 /5 à 1 /3), et surtout du fait de l’accessibilité et de la qualité des produits. Pour ces raisons, l’agriculture périurbaine n’est pas aidée en tant que telle depuis son déclin à la fin du XIXe siècle.

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Un regain d’intérêt pour l’agriculture urbaine s’est manifesté tardivement dans les années 1980 avec le développement du jardinage familial, notamment en Europe centrale (80 000 jardiniers à Berlin, selon le PNUD) et les règles de planification territoriale conservant l’agriculture, par exemple dans la Randstadt de Rotterdam à Amsterdam et Utrecht. En France, outre les documents d’urbanisme (Plan local d’urbanisme et schéma de cohérence territoriale), depuis la loi d’orientation agricole de 1999, il est possible de protéger l’activité agricole dans des zones périurbaines (Zone d’agriculture protégée, indemnité compensatrice de handicap urbain des anciens contrats territoriaux d’exploitation). Des initiatives déjà anciennes, dans des communes pionnières à Grenoble comme à Aubagne, ont permis à des municipalités de racheter des terres agricoles et de promouvoir des filières courtes de commercialisation des produits locaux. Plus récemment (2001 ), le ministère de l’Agriculture et la DATAR ont mis en avant l’intérêt des projets agri-urbains pour illustrer la politique de multifonctionnalité de l’agriculture en France.

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Il existe donc différents niveaux d’actions publique et privée qui tendent à installer ou à maintenir l’activité agricole dans les espaces ouverts au lieu de la laisser à l’urbanisation ou aux espaces verts. Les uns sont à l’échelle des organisations locales (agriculteurs, ONG, associations), les autres à celle des municipalités (planification, achat de terres, organisation des producteurs), des É tats (lois) ou des institutions internationales (PNUD, FAO).

LES VILLES-CAMPAGNES ET SES ACTEURS EN EUROPE

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Le modèle de la ceinture verte maraîchère du XIXe siècle, dont la production n’était possible qu’avec les eaux usées, les fumiers ou autres déchets urbains n’est pas révolu. Il se retrouve dans les pratiques agricoles observées dans les villes des pays en voie de développement, notamment en Asie et en Afrique tropicale.

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En Europe, en revanche, les scénarios périurbains restent flous en dépit des politiques publiques vertes (plan vert, ceinture verte, cœur vert, corridor vert, réseau vert, etc.) qui cherchent à conserver l’agriculture (et la forêt) dans les collectivités urbaines. Or, ces agricultures, soumises aux règles de la rente du capital foncier ne sont pas vraiment fiables. Les unes, comme les cultures céréalières et d’oléo-protéagineux dépendent des prix fixés par la Politique Agricole Commune (PAC) à Bruxelles et qui sont tendanciellement en baisse depuis 10 ans. Les autres, comme les surfaces en herbe, sont liées aux subventions menacées de la PAC. Quant aux productions laitières et légumières, leur présence dans la périphérie des villes dépend directement des prix pratiqués sur le marché et des politiques attractives pour le consommateur (AOC, label d’agriculture biologique, etc.). Sans doute des aides publiques à des pratiques plus respectueuses de la qualité de l’environnement (mesures agrienvironnementales, contrats territoriaux d’exploitation, contrats d’agriculture durable depuis 2002 en France) sont-elles apportées, mais rien dans les débats européens ne vient, en 2003, garantir leur pérennité, notamment dans les régions sensibles comme les espaces périurbains.

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Face à ces conditions instables, où les Régions d’Europe jouent parfois un rôle politique et financier décisif pour stabiliser les agriculteurs, les villes peuvent-elles faire le pari des projets agriurbains ? Les incertitudes économiques pourraient leur faire préférer des projets sylvo-urbains. Les quartiers de bois et de parcs urbains ne sont-ils pas très recherchés par les citadins ? Il y a cependant plusieurs objections à ce scénario peu coûteux et très fiable d’installation de la ville-nature par le préverdissement :

  1. Les ambiances boisées ne sont supportables qu’avec des clairières ou avec de larges espaces ouverts qui donnent accès à l’horizon.

  2. La croissance d’une forêt est lente, 50 à 100 ans, ce qui est long à l’échelle d’un mandat électoral.

  3. Les risques d’insécurité alimentaire tendent à augmenter avec une productivité accrue, même avec des règles d’agriculture raisonnée.

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L’alternative agricole urbaine vaut donc surtout par sa dimension sociale et économique, pour autant que le projet soit agri-urbain (à la fois économique, récréatif, résidentiel, pédagogique, écologique, etc.) et non seulement agricole; parce qu’également le coût de la création et de l’entretien des espaces verts, traditionnels, devient trop élevé pour la collectivité, même si les pratiques de jardinage sont pourvoyeuses d’emplois non ou peu spécialisés.

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Dire que des fractions de territoire urbains vont devenir ou rester agricoles, c’est, pour les élus, admettre que l’image de leur ville puisse être attachée à celle d’un ou de plusieurs produits ou paysages emblématiques. L’image céréalière d’Amiens peut-elle succéder à celle, moribonde, des célèbres hortillonnages ? La ville de Palerme en Sicile peut-elle reconquérir la réalité et l’image de ses vergers d’agrumes abandonnés ? Les rizières du parc agricole de Milan peuvent-elle être associées à la réputation économique de la capitale lombarde ? Dans les sociétés marchandes, les villes se vendent comme n’importe quel objet, c’est-à-dire avec des images. Parmi celles-ci, la ville-campagne, promesse de bien-être social, individuel et collectif, n’est cependant qu’une option dans les figures de la ville.

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Au centre de cette incertitude, les agriculteurs sont partagés entre leur identité d’entrepreneur agricole tourné vers la campagne rurale, et les perspectives singulières ouvertes par la ville, ses marchés renouvelés, ses services culturels et commerciaux et les multiples possibilités de revenus complémentaires (vente de compost, cueillette directe, locations de bâtiments, visites, agri-tourisme, travaux et emplois des conjoints, etc.).

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De leur côté, les élus ont des interlocuteurs de nature tellement variée et en général peu organisés face aux enjeux urbains, qu’ils hésitent à formuler des projets qui mettent résolument en relation les sociétés agricole et urbaine.

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La construction d’une agriculture urbaine multifonctionnelle est de fait un projet audacieux, surtout s’il est formulé avec des finalités sociales et économiques : mieux vivre la ville ensemble. En pratique, se mettent aujourd’hui en place des pratiques agricoles diversifiées qui répondent aux choix et aux contraintes de chaque exploitant. Vivre ou non avec les marchés urbains est la question essentielle pour l’agriculteur; il y répond différemment selon sa situation familiale, son âge, les systèmes techniques qu’il maîtrise et sa capacité à s’adapter à l’attente citadine.

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Là où les agriculteurs sont défaillants, il appartient alors aux collectivités de trouver d’autres partenaires ou de choisir d’autres formes de gestion, forestière ou de parcs publics ou privés, qui garantissent la pérennité des espaces ouverts de la ville-campagne. L’alternative est, on le sait, dans la poursuite de l’étalement urbain, mais à condition qu’il existe toujours un marché de la construction et que les É tats, les Régions ou les communes ne l’aient pas considérablement limité ou cadré (densification).

Conclusion

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Dans la ville-nature, écrit Y. Chalas, il n’est pas nécessaire que le végétal soit abondant ou qu’il se plie à une mise en scène décorative. Seul compte le fait qu’il organise l’espace à jeu égal avec le construit.

50

Dans la ville-campagne, qui est un cas de figure agricole de la villenature, c’est l’agriculteur ou le jardinier qui est à l’origine de la production des formes du paysage, avec ou sans le cadre des règles imposées par les citadins, ou concertées avec eux. Ces règles supposent, de fait, un contrat social entre la ville et les agriculteurs, contrat qui fait de l’espace agricole une véritable infrastructure urbaine [29][29] A. Fleury, « Agriculture as an urban infrastructure.... En d’autres termes, la production des aménités des paysages agricoles périurbains devient une pratique aussi importante que celle des biens alimentaires.

51

Le consommateur de paysages, qui bénéficie d’un droit de regard sur les périphéries urbaines – ou le revendique –, (re) devient alors un acteur citoyen de la construction urbaine. Les natures visibles qui lui sont offertes pour construire « sa ville » relève autant des espaces « sauvages » ou cultivés que du jardin public ou privé.

52

Les périphéries des villes occidentales sont donc sans doute conduites à se partager entre deux formes d’agriculture, comme aux Pays-Bas [30][30] G. Kolkman et alii, op. cit., p. 922.. L’une est une agro-industrie seulement orientée vers les marchés mondiaux, l’autre une agriculture locale, multifonctionnelle, déterminée par les services urbains (consommation de paysages et de biens de nature, d’aliments sécurisés, de calme et de tranquillité). La première est résolument engagée dans les logiques libérales de l’entreprise (plus ou moins soutenues par les É tats). La seconde, en tant qu’agriculture sociale, ou socialisée, peut répondre aux attentes citadines si la non-constructibilité du sol est prise en charge par les règles publiques. Le passage de l’une à l’autre, ou le mélange des deux agricultures, peut alors s’opérer en fonction des contextes locaux ou nationaux, soit dans le sens d’une multifonctionnalisation (avec diversification plus ou moins marquée), soit dans le sens d’une spécialisation accompagnée de ségrégations spatiale et sociale plus ou moins prononcées.

Notes

[1]

G. Duby et A. Wallon (édité par), Histoire de la France rurale, Paris, Seuil, 4 tomes, 1975-1977 ; G. Duby (édité par), Histoire de la France urbaine, Paris, Seuil, 5 tomes, 1980-1985.

[2]

H. Le Bras, « La ville des démographes », dans T. Paquot et alii (sous la direction de), La ville et l’urbain, L’état des savoirs, Paris, La Découverte, 2000; M. Lussault, « La ville des géographes », dans T. Paquot et alii (sous la direction de), La ville et l’urbain, L’état des savoirs », op. cit.

[3]

Ce néologisme est apparu en France, à la fin des années 1990, dans les réflexions de la Direction de l’espace rural et de la forêt du ministère de l’agriculture à la suite du rapport du sénateur Larcher sur les questions périurbaines (1999). Il désigne une action publique visant à mettre en œuvre un projet à la fois agricole et urbain. Les échelles de travail peuvent être aussi bien celle des exploitations agricoles que celles d’une commune ou d’un groupe de communes.

[4]

M. Phlipponneau, La vie rurale de la banlieue parisienne, Paris, A. Colin, 1956, p. 17.

[5]

Ibidem.

[6]

PNUD, Urban Agriculture, Food, Jobs and Sustainable Cities, volume 1,1996, New-York, p. 3.

[7]

A. Fleury et P. Donadieu, « De l’agriculture périurbaine à l’agriculture urbaine », Le Courrier de l’environnement de l’INRA, no 31,1997 ; P. Donadieu, Campagnes urbaines, Paris, Actes Sud, 1998. Les chercheurs en France n’ont reconnu la singularité de l’agriculture urbaine que depuis 10 ans. Ils mettent en avant plusieurs critères : le coût élevé du foncier, les handicaps agricoles, la haute valeur ajoutée, la raréfaction des élevages et des cultures pérennes, la diversification des productions, etc.

[8]

B. Hervieu, « LOA et multifonctionnalité de l’agriculture », Parlons-en, no 114-01, p. 4-9.

[9]

Ces chiffres ont été repris dans le rapport agriculture urbaine et périurbain de la FAO en 1999.

[10]

A. Jouve et alii, La France des villes, le temps des métropoles, Rosny, Breal, 1996, p. 25-26.

[11]

Y. Luginbü hl, La demande sociale de nature et de paysage, Conseil national du paysage, Min. de l’aménagement du territoire et de l’environnement, 2001.

[12]

S. Perichon, « L’avenir de l’arbre périurbain autour de Rennes – entre utilités économiques et symbolique identitaire des agriculteurs », Aménagement et nature, 143, à paraître.

[13]

G. Bauer et J.-M. Roux, La rurbanisation, ou la ville éparpillée, Paris, Seuil, 1976.

[14]

M. Jouve et alii, op. cit., p. 85.

[15]

G. Dubois-Taine et Y. Chalas (édité par), La ville émergente, La Tour d’Aigues, L’Aube, 1997.

[16]

Voir de T. Paquot, « É tudes urbaines ou sciences de la ville et des territoires ? », dans T. Paquot et alii (sous la direction de), La ville et l’urbain, l’É tat des savoirs, Paris, La Découverte, 2000.

[17]

F. Ascher, Metapolis, ou l’avenir des villes, Paris, Odile Jacob, 1995.

[18]

Y. Chalas, Villes contemporaines, Paris, Cercle d’art, 2001.

[19]

Y. Chalas, op. cit., p. 7.

[20]

Ibidem, p. 84.

[21]

PNUD, 1996, op. cit., p. 4.

[22]

Aux Pays-Bas, la moitié des 100 000 agriculteurs sont des résidential units et/ou des hobby farms. Ils ne produisent que 10 % de la production nationale; voir G. Kolkman et alii « Renewed link between urban and rural areas », dans The sustainable city II, Advances in architecture, 14, Southampton, Witpress, 2002, p. 923.

[23]

De nombreux travaux existent sur le sujet, notamment : F. Dubost, Les jardins ordinaires, Paris, l’Harmattan, 1997 ; H. Brunon (édité par), Le jardin notre double, sagesse et déraison, Autrement, no 184; P. Donadieu et A. Fleury, « Les jardiniers restaurent notre monde », Les Carnets du paysage, no 9,2003.

[24]

M. Phlipponneau, op. cit., p. 550.

[25]

Op. cit., p. 39.

[26]

En Europe, le même phénomène a été observé au XXe siècle pendant les périodes de guerre.

[27]

Unité mixte d’enseignement et de recherche SADAPT.

[28]

Travaux de P. Moustier et H. De Bon à Hanoï, et C. Aubry à Madagascar (séminaire sur la multifonctionnalité dans les territoires périurbains, Paris, 2003)

[29]

A. Fleury, « Agriculture as an urban infrastructure a new social contact », dans The sustainable city II, Advances in architecture, 14, Southampton, Witpress, 2002.

[30]

G. Kolkman et alii, op. cit., p. 922.

Résumé

Français

Inspirées par plusieurs modèles historiques, les relations entre la ville et la campagne sont des constructions sociale et spatiale variables avec les sociétés et leur culture. Deux formes d’agriculture apparaissent aujourd’hui autour des villes. L’une, liée aux logiques libérales des entreprises agricoles, ignorent la présence urbaine; l’autre cherche à maintenir ou à créer des relations avec la demande urbaine de biens alimentaires et de services liés à la présence d’espaces agricoles dans le territoire de la ville.

English

The building of the town-country. From utopia to realities Relations between city and countryside are social and spatial constructions. They depend on historical patterns and can change according to culturals features of societies. Two types of agriculture can be noted around urban areas. One is only related with agricultural stuffs global market, the other is aware of city dwellers needs, such as rural goods and services or open spaces.

Plan de l'article

  1. Le modèle de la ville-campagne
    1. LES FIGURES HÉRITÉES
    2. DES FORMES SUCCESSIVES D’URBANITÉ
    3. LA VILLE-NATURE ET LA VILLE-CAMPAGNE
  2. Les processus et les acteurs des villes-campagnes
    1. LA DIVERSITÉ DES FORMES AGRICOLES
    2. LES PROCESSUS ÉVOLUTIFS
    3. LES VILLES-CAMPAGNES ET SES ACTEURS EN EUROPE
  3. Conclusion

Pour citer cet article

Donadieu Pierre, « La construction actuelle des villes-campagnes. De l'utopie aux réalités », Histoire urbaine, 2/2003 (n° 8), p. 157-170.

URL : http://www.cairn.info/revue-histoire-urbaine-2003-2-page-157.htm
DOI : 10.3917/rhu.008.0157


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