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Informations sociales

2008/1 (n° 145)


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Emmanuel Mounier, Le personnalisme, Paris, PUF, coll. “Que sais-je ?”, n° 395, 17e éd., 2001. Alain Leroux, Une société à vivre. Refonder le personnalisme, Paris, PUF, 1999

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La consultation attentive des manuels et des dictionnaires de philosophie ne permet pas de découvrir facilement ce que serait une définition du personnalisme.

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La raison en est qu’il ne s’agit pas, à proprement parler, d’une théorie dont on apprendrait ce qu’elle propose comme vérité ou ce qu’elle préconise comme principes. Le personnalisme n’a jamais fait non plus l’objet d’un manifeste moral ou d’un exposé épistémologique ; il n’est pas davantage une idéologie ou un système prétendant expliquer l’état et le devenir du monde à partir de lois à vocation universelle.

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Il serait plutôt un paradigme, c’est-à-dire, ici, un état d’esprit et une éthique du comportement assez proches de ce que les Allemands appellent Weltanschauung : une représentation du monde qui détermine une manière de concevoir et de mener son existence. Emmanuel Mounier écrivait d’ailleurs, en 1947 : “Le meilleur sort qui puisse arriver au personnalisme, c’est qu’ayant réveillé chez assez d’hommes le sens total de l’homme, il disparaisse sans laisser de traces, tant il se confondra avec l’allure quotidienne des jours.”

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S’il se découvre quelques sources dans la pensée de Charles Renouvier (1815-1903), c’est à travers la réflexion trop tôt interrompue par la maladie d’Emmanuel Mounier (1905-1950), puis grâce à l’activité intellectuelle de Jean-Marie Domenach (1922-1997) et d’Alexandre Marc (1904-2000) que le “personnalisme communautaire” – ainsi le dénommait Mounier – s’est affirmé comme l’un des grands mouvements de pensée qui ont façonné le XXe siècle. Beaucoup considèrent également qu’il a joué un rôle considérable dans la mise en place de l’Union européenne, au moins en inspirant quelques-uns de ceux qui en ont été les acteurs.

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Il faut donc considérer le personnalisme d’abord comme une pratique à la recherche méthodique de sa propre cohérence. En refusant la carrière universitaire à laquelle son agrégation de philosophie le destinait, Emmanuel Mounier choisissait, dès 1930, la voie de l’action associée à la réflexion et donnait rapidement à son ambition le moyen opérationnel d’une revue aujourd’hui encore prestigieuse : Esprit.

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C’est en effet autour de ce titre, en 1932, date de sa fondation par Mounier, que le personnalisme s’est exprimé comme “une théorie du citoyen actif qui donne un sens à ses engagements”. Lieu de débats entre des hommes différents par leur culture et leur croyance mais animés par la conviction que l’individu prime à la fois sur l’État et sur le marché, la mouvance personnaliste s’est évidemment dressée contre les totalitarismes qui ont défiguré le XXe siècle. Elle continue aujourd’hui d’être un des modèles philosophiques à l’œuvre dans la construction européenne et inspire, au niveau de la gestion de la vie quotidienne, un grand nombre de groupes en recherche d’alternatives aux excès du libéralisme.

Titres recensés

  1. Emmanuel Mounier, Le personnalisme, Paris, PUF, coll. “Que sais-je ?”, n° 395, 17e éd., 2001. Alain Leroux, Une société à vivre. Refonder le personnalisme, Paris, PUF, 1999

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