Accueil Revues Revue Numéro Article

Informations sociales

2012/3 (n° 171)


ALERTES EMAIL - REVUE Informations sociales

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 53 - 62 Article suivant
1

S’il est un état de fait dans un pays où la population croît plus par l’immigration que par la natalité, le multiculturalisme australien est aussi une politique qui continue de faire débat. Outre sa définition imprécise, il lui est entre autres reproché d’institutionnaliser la différence, de privilégier tacitement la culture angliciste majoritaire ou de servir de variable d’ajustement économique.

2

En 1998, le sociologue Nathan Glazer déclare : « Nous sommes tous des multiculturalistes » et, un an plus tard, le philosophe Will Kymlicka écrit : « Les multiculturalistes ont gagné la partie ». Néanmoins, les journalistes et les chercheurs en sciences sociales questionnent les fondations du multiculturalisme et son établissement en tant que politique publique. Jacob Levy (2000), en particulier, suggère que la diversité culturelle est davantage un fait inévitable du monde moderne qu’un objectif qui doit être poursuivi par les politiques publiques. Les études sur le multiculturalisme en tant que politique citent souvent l’Australie en exemple. Si l’histoire du multiculturalisme australien est agitée, bien que brève, et sa conceptualisation dite confuse ou même maladroite, néanmoins la diversité culturelle reste une des pierres de touche de la société australienne. En 1988, le bicentenaire de l’Australie célèbre le multiculturalisme comme l’un des piliers de la nation. En 1995, le pays compte plus de 100 groupes ethniques et sa population parle 80 langues étrangères et 150 dialectes aborigènes (Chan, 1997). En termes de contribution critique à ce numéro, nous étudions le multiculturalisme dans le contexte du discours politique australien, de son histoire et des politiques publiques qui, selon les autorités, définissent l’identité politique et sociale australienne. Cet article (et le Focus p. 64, qui l’accompagne) examine le multiculturalisme australien au fil de son histoire, et s’interroge sur son avenir au vu de récents développements politiques.

Immigration et multiculturalisme en chiffres

3

Avant de nous lancer dans une critique du multiculturalisme australien, il est important de comprendre la composition culturelle et ethnique de l’Australie et la composition de la démographie australienne, dans laquelle l’immigration joue un rôle important. L’Australian Bureau of Statistics (ABS) publie une mise à jour biannuelle de certaines données sociales. Cependant, pour une meilleure compréhension du tissu social australien, on se réfère généralement aux recensements effectués tous les cinq ans par le gouvernement.

4

L’ABS indique qu’en 2010, la démographie naturelle (naissances/décès) et l’immigration contribuent respectivement pour 47 % et 53 % de la croissance démographique (ABS, 2011, Population Growth Rates). Les taux d’immigration « nets » [1][1] Le taux « net » d’immigration consiste en la différence... (arrivées/départs) contribuent depuis plusieurs années à plus de la moitié de la croissance démographique pour toute l’Australie, comme l’indique le graphique 1. En 2008-2009, ce taux a représenté 66 % de la croissance et 57 % en 2009-2010, contre 17 % en 1992-1993. En bref, l’Australie doit largement sa croissance démographique actuelle à l’immigration.

 - Graphique 1Graphique 1

Vue simplifiée des facteurs contribuant à la croissance démographique australienne (n)

Source : d’après les statistiques de l’ABS, 2011.
5

Au 30 juin 2010, les statistiques sur la diversité socio-ethnique révèlent que 27 % de la population est née outre-mer (soit 6 millions de personnes) et que « les personnes nées au Royaume-Uni constituent 5,3 % de la population suivies, des personnes provenant de Nouvelle-Zélande (2,4 %), de Chine (1,7 %), d’Inde (1,5 %) et d’Italie (1 %) ». Depuis dix ans, ces taux tendent à légèrement évoluer. Ils montrent une évolution lente mais régulière des vagues migratoires, par une baisse progressive de l’immigration européenne et davantage d’arrivées des pays d’Asie (voir graphique 2). Entre juin 2000 et juin 2010, « le taux de croissance des résidents australiens nés en Australie est stable, et augmente de 1 % en moyenne par an, contre une augmentation annuelle moyenne de 3,1 % pour les résidents nés à l’étranger » (ABS, 2011, p. 42) [2][2] Citations traduites de l’anglais par l’auteur, source....

 - Graphique 2Graphique 2

Population australienne née outre-mer ( 5 principaux pays d’origine) 2000-2010, en %

Source : d’après les statistiques de l’ABS, 2011.
6

Le recensement australien comporte des questions liées à l’héritage culturel des résidents. L’un des indicateurs de la diversité sociale et culturelle en Australie est la réponse à la question n° 16 : « Parlez-vous une langue autre que l’anglais à la maison ? Si vous en parlez plus d’une, indiquez celle qui est utilisée le plus couramment ». En 1996, 85 % des résidents australiens indiquaient ne parler que l’anglais et 1 % ne pas connaître l’anglais du tout. Les 15 % de la population parlant une autre langue que l’anglais (2,5 millions d’individus) se partageaient plus de 160 langues et dialectes. Le graphique 3 montre l’évolution du classement des dix premières langues étrangères de 1996 à 2006, et le tableau qui suit détaille la répartition des dix premières langues étrangères parlées dans les foyers par État et Territoire en 2006 [3][3] Pour un tableau complet des diverses langues parlées....

 - Graphique 3Graphique 3

Les dix principales langues étrangères parlées en Australie 1996, 2001 et 2006 en % de la population

Source : d’après les statistiques de l’ABS, 2006 Census.
Tableau 1 - Dix premières langues étrangères parlées dans les foyers en 2006 (d’après ABS, recensement 2006), par État et TerritoireTableau 1

Les définitions du multiculturalisme

7

Notre perspective définit le multiculturalisme en tant que doctrine d’intégration migratoire (Joppke, 2004). La section précédente illustre l’importance de l’immigration dans le développement du tissu social, ainsi que son impact sur la diversité culturelle.

8

En Australie, le multiculturalisme, en tant que mode de gestion ethnique fondé sur la reconnaissance de la différence, est établi comme cadre de référence pour les politiques publiques depuis le début des années 1970 (Germov et Poole, 2011, p. 260). Comme dans toute région colonisée, les débats sur le multiculturalisme s’articulent autour d’une question commune : comment gérer la différence ethnique engendrée par l’afflux migratoire ? En Australie, le gouvernement reconnaît qu’une politique dynamique est nécessaire pour gérer une société australienne cosmopolite et plurielle (Ho, 1990, p. 260). L’argument du Commonwealth en faveur du multiculturalisme en tant que politique publique se fonde sur quatre hypothèses : 1) le multiculturalisme sert les intérêts de la nation ; 2) le multiculturalisme est porteur de bénéfices sociaux, culturels et économiques ; 3) selon le principe de justice sociale apporté par le multiculturalisme, la société devrait être plus juste ; 4) la cohésion sociale ne peut être atteinte que si le gouvernement surmonte les différences en embrassant la diversité. La critique principale à l’encontre du multiculturalisme porte, elle, sur sa nature même : il met en relief la différence et ses politiques semblent favoriser les « étrangers » au détriment des « Australiens ».

9

Le multiculturalisme divise donc, malgré son inévitabilité (l’histoire de l’Australie fait de cette dernière un pays fondamentalement divers sur les plans historiques et économiques, entre la colonisation, plusieurs vagues migratoires distinctes et une dynamique de marché orientée vers la mondialisation). Les sondages d’opinion montrent qu’il porte à confusion plus qu’à la raison. Bien que des politiques plus représentatives de la diversité sociale et des mouvements globaux soient essentielles, les débats font rage et les manifestations, bien que rares, témoignent des doutes de l’opinion publique australienne.

Une critique du multiculturalisme en Australie au prisme de la doctrine migratoire…

10

L’influence des politiques migratoires sur la diversité sociale est le sujet majeur de toute discussion du multiculturalisme australien. La critique principale du multiculturalisme en tant que politique publique est qu’il n’a pas été mûrement réfléchi. Il a davantage suivi les hoquets démographiques et les besoins économiques, et tend à la précipitation politique plutôt qu’à l’établissement d’une philosophie sociale attentive. Un des effets importants de ce genre de politique est l’inévitable effet de séparation des populations « différentes » (Ho, 1990) et de ghettoïsation des quartiers, observable tant en Australie qu’ailleurs (certains scientifiques parlent aussi de balkanisation ethnique, voir Chiswick et Miller, 1999, p. 378). De plus, comme avec toute politique qui vise la diversité dans le « maintien culturel et l’institutionnalisation de la différence ethnique, la désapprobation de l’opinion publique fait surface » (Joppke, 2004), parfois de manière abrupte. En témoignent les émeutes de Cronulla en décembre 2005 (une petite ville côtière de l’Ouest de la Nouvelle-Galles du Sud, au sud de Sydney) ou les sondages d’opinion, dans lesquels le public avoue ne pas comprendre les raisons du multiculturalisme et se montre hésitant devant les stéréotypes ethniques ou devant les effets possibles de telles politiques (comme le retrait des emplois aux « vrais » Australiens, la hausse de la criminalité… ; voir Chiswick et Miller, 1999 ; Ho, 1990). Les attitudes envers les « étrangers » et les représentations sociales sont partagées (Goot et Watson, 2005). En Australie, le désaccord se fonde sur le fait que le multiculturalisme n’est pas vraiment une autorisation pour un individu à exprimer son appartenance culturelle, mais s’impose plutôt comme une désignation identitaire pour tous les Australiens. La différence est grande.

11

Depuis quelques années, la question des personnes sans papiers préoccupe les pouvoirs publics et ternit les débats sur l’Australie « pays d’accueil ». Bien qu’ils ne représentent qu’un faible pourcentage de la migration australienne, les réfugiés qui essaient d’atteindre l’Australie illégalement par bateau sont souvent qualifiés de « menace à la cohésion sociale » par les pouvoirs politiques, malgré les accords de relocalisation négociés avec les Nations unies (depuis 2009, l’Australie reçoit 13 750 nouveaux visas chaque année, sous l’égide de la relocalisation humanitaire des réfugiés internationaux – voir Commonwealth of Australia, 2011). Depuis 2007, la droite, menée par Tony Abbott, agite le slogan « Il faut arrêter les bateaux ! » (We’ve got to stop the boats !). Le programme, qualifié de simpliste ou de naïf par les spécialistes de la sécurité (d’après eux, l’allocation de gardes-côtes aux frontières maritimes pour endiguer l’arrivée des bateaux est insuffisante et les solutions devraient être plus sophistiquées), se révèle pourtant porteur au plan électoral, et ressurgit régulièrement dans le discours de la coalition.

12

Ce n’est pas pour autant que la gauche sait quoi faire pour apaiser les esprits ou pour aborder la question de l’immigration illégale. Le gouvernement de Julia Gillard a récemment vu la High Court d’Australie rejeter une proposition de triage off-shore des réfugiés, sous prétexte que le pays partenaire, la Malaisie, n’est pas signataire des accords avec les Nations unies. L’argument est important. L’expérience exténuante et traumatisante des réfugiés humanitaires qui errent de camp en camp sous la mitraille dans les horreurs des conflits civils ou religieux ne milite pas en faveur d’une solution qui consisterait à relocaliser des individus ou des familles dans un énième camp qui ne garantit ni un traitement décent ni le respect des droits de la personne par les autorités. Depuis le rejet de la proposition par la High Court, le Parlement examine à nouveau ses possibilités. Mais l’impact politique sur le thème du multiculturalisme n’en a pas été moindre et continue de diviser l’opinion.

13

Néanmoins, le multiculturalisme a un côté pragmatique inévitable. La nécessité du multiculturalisme s’observe dans le souci d’attirer une main-d’œuvre qualifiée et diverse, sous le prétexte que la globalisation requiert des employés capables de répondre aux demandes des marchés mondiaux, quel que soit leur domaine de spécialisation. Le multiculturalisme se défend donc en tant qu’ajustement fondamental au développement global, et aux accords économiques internationaux (Chiswick et Miller, 1999).

… et au prisme de la doctrine aborigène ?

14

Une des spécificités du multiculturalisme australien est l’influence du mouvement aborigène dans sa conceptualisation, laquelle par ailleurs laisse à désirer. Les Aborigènes ne gagnent leur reconnaissance comme des membres à part entière de la société que très tard dans l’histoire australienne. Les années 1960 et 1970 voient le mouvement aborigène gagner en intensité, avec l’accord du droit de vote (1949 pour les soldats ; 1962 pour tous les autochtones), puis la célébration du cas Mabo (1982) [4][4] Dans le jugement du cas Mabo, la Haute Cour décrète..., dans un climat mondial d’activisme politique sur les droits civiques et la décolonisation. Les politiques gouvernementales, depuis les années 1970, s’écartent des pratiques assimilationnistes au profit du multiculturalisme et encouragent la réconciliation entre autochtones et descendants des colons. Entre 1997 et 2001, la dénonciation des pratiques anti-Aborigènes, ainsi que les excuses des États et des Territoires australiens à la Génération volée (une pratique qui aura duré près de cent ans ; voir également l’article de Gwénaëlle Hamel dans ce numéro p. 70) [5][5] Entre 1869 et 1969, les enfants d’origine aborigène... et, plus récemment, en 2007, les excuses du gouvernement par Kevin Rudd juste après son élection marquent l’importance du mouvement aborigène dans l’évolution du multiculturalisme australien.

15

L’histoire agitée et la spécificité aborigène en Australie devraient justifier une discussion extensive de son impact sur les pratiques multiculturalistes du pays. Néanmoins, cette discussion est délicate car les Aborigènes refusent d’être amalgamés au mouvement multiculturel australien. Leurs justifications donnent à réfléchir : pour les Aborigènes, leur inclusion aux discussions multiculturalistes réduit leur statut à celui d’une « minorité comme les autres » qui ne tient compte ni de leur spécificité historique – celle du premier peuple australien –, ni de leurs souffrances liées à la colonisation, ni du pardon qui leur est dû. Les membres proéminents de la communauté aborigène et leurs groupes de soutien favorisent ainsi l’existence d’une identité distincte des autres mouvements culturels, qui leur acquiert une attention politique spécifique et totale.

Quel avenir pour le multiculturalisme australien dans une économie mondialisée ?

16

Le terme « multiculturalisme » est souvent utilisé pour qualifier la réalité contemporaine d’une Australie diverse sur les plans culturels et linguistiques. Il voit son apogée à l’époque du bicentenaire de l’Australie, au cours duquel les chefs politiques prônent la diversité comme le fondement même de l’identité nationale australienne. Aujourd’hui, le contexte politique rend le thème particulièrement sensible, et certains slogans politiques résonnent de manière négative dans les discussions sur la diversité.

17

Les décisions polarisantes du gouvernement actuel laissent perplexes et le débat sur le multiculturalisme a récemment refait surface dans les médias. Certains jeunes immigrants semblant ne pas bien s’intégrer à la société, la solution, selon Nicholas Kotsiras, ministre des Affaires multiculturelles et de la Citoyenneté de l’État de Victoria, est de faire chanter l’hymne national dans les écoles une fois par semaine : « Ma politique veut préserver notre identité culturelle, tout en nous unifiant comme Victoriens, Australiens ». Selon M. Kotsiras, il s’agit d’étendre un geste de bienvenue aux enfants qui ont un héritage différent et de faire en sorte qu’ils se sentent accueillis. Ainsi, on éviterait l’enracinement de l’extrémisme. La terminologie utilisée résonne en termes d’« assimilation », ce qui entraîne l’opposition des groupes de pression et des sociologues.

18

Il faut donc rester très réaliste devant l’avenir du multiculturalisme en tant que politique publique. Tout d’abord, le multiculturalisme australien est essentiellement résiduel (Chiswick et Miller, 1999) : dans l’attribution des visas, la préférence va aux demandeurs qui prouvent leur capacité à lire, écrire et parler l’anglais. De plus, cette capacité est indispensable dans l’éducation, l’administration et la communication. Au fond, le multiculturalisme en tant que politique reste un accord qui, tacitement, privilégie la culture majoritaire (angliciste). Par exemple, il n’envisage pas vraiment la diffusion d’éléments « non anglophones » au sein de la vie sociale (à part les quelques journées annuelles qui célèbrent la diversité et l’harmonie sociale par le sport, la gastronomie et les Arts) et du système de valeurs et de normes communes (voir le récent refus d’inclure certains éléments de loi Shia’h dans le droit australien). Le multiculturalisme est également un placement symbolique : politiquement, il respecte les cultures internationales et favorise la pratique antidiscriminatoire. Enfin, le multiculturalisme en Australie restera toujours un multiculturalisme de fait. La mondialisation favorise les flux migratoires et les spéculations économiques qui incluent l’échange des ressources humaines. Par ailleurs, la situation économique australienne, particulièrement épargnée par la récente crise économique, fait de ce pays une terre d’opportunités notée par les pouvoirs économiques mondiaux. Il est donc probable que la situation financière de l’Australie lui vaille de devenir un lieu de relocalisation privilégié, susceptible d’attirer les investissements étrangers et l’emploi dans un avenir proche.


Bibliographie

  • ? Australian Bureau of Statistics, 2011, Migration ; 2006 Census.
  • ? Australian Institute of Multicultural Affairs, 1982, « Evaluation of Post Arrival Programs and Services : A summary ».
  • ? Bennett J., 2011, « Minister Wants Students to Sing National Anthem », Prime News, 22 novembre 2011.
  • ? Bulbeck C., 1993, Social Sciences in Australia : An Introduction, Sydney, Harcourt Brace Jovanovich.
  • ? Chan J., 1997, Changing Police Culture : Policing in a Multicultural Society, Cambridge, Cambridge UP.
  • ? Chiswick B. R. et Miller P. W., 1999, « Immigration, Language and Multiculturalism in Australia », The Australian Economic Review, vol. 32, n° 4, p. 369-385.
  • ? Commonwealth of Australia, 2011, Refugee and Humanitarian Issues : Australia’s Response, Barton, ACT, Australian Government.
  • ? Fraser M., 1981, « Multiculturalism : Australia’s Unique Achievement », Inaugural Address to the Institute of Multicultural Affairs, Melbourne, Commonwealth Government Printer.
  • ? Germov J. et Poole M., 2011, Public Sociology : an Introduction to Australian Society (2e éd.), Sydney, Allen & Unwin.
  • ? Glazer N., 1998, We Are All Multiculturalists Now, Cambridge, Harvard UP.
  • ? Goot M. et Watson I., 2005, « Immigration, Multiculturalism and National Identity », in Wilson S., Meagher G., Gibson R., Denemark D. et Western M. (dir.), Australian Social Attitudes : The First Report, Sydney, University of New South Wales Press, p. 182-203.
  • ? Ho R., 1990, « Multiculturalism in Australia : A Survey of Attitudes », Human Relations, n°43(3), p. 259-272.
  • ? Jamrozik A., 2005, Social Policy in the Post-Welfare State : the Australian Society in the 21st century, Frenchs Forest, Pearson Education Australia.
  • ? Joppke C., 2004, « The retreat of multiculturalism in the liberal state : Theory and Policy », The British Journal of Sociology, vol. 55, n° 2, p. 237-257.
  • ? Levy J., 2000, The Multiculturalism of Fear, Oxford, Oxford University Press.
  • ? Smolicz J., 1984, « Multiculturalism and an Overarching Framework of Values : Some Educational Responses for Ethnically Plural Societies », European Journal of Education, vol. 19, n° 1, p. 11-23.
  • ? Uberoi V., 2008, « Do Policies of Multiculturalism Change National Identities ? », The Political Quarterly, vol. 79, n° 3, p. 404-417.

Notes

[1]

Le taux « net » d’immigration consiste en la différence entre les arrivées et les départs du territoire australien. Ces calculs incluent les détenteurs de visas temporaires et étudiants qui, en 2010, contribuent respectivement à 62 % et 29 % de l’immigration australienne totale. Pour plus de détails, nous renvoyons les lecteurs au rapport complet de l’ABS, publié en 2011.

[2]

Citations traduites de l’anglais par l’auteur, source ABS 2011, Australia’s Diverse Population.

[3]

Pour un tableau complet des diverses langues parlées en Australie, voir ABSAustralian Social trends, ou le 2006 Australian Census (www.abs.gov.au).

[4]

Dans le jugement du cas Mabo, la Haute Cour décrète la doctrine du droit à la terre dans la loi australienne et la généralise à tous les peuples autochtones d’Australie. Le droit à la terre annule la doctrine de terra nullus, revendiquée par les colons britanniques à leur arrivée sur l’île.

[5]

Entre 1869 et 1969, les enfants d’origine aborigène sont retirés de leur famille, sous des prétextes douteux, au nom de la protection de la jeunesse et des pratiques sociales de la White Australia Policy.

Résumé

Français

Alors que l’Australie est souvent citée en exemple dans les études sur le multiculturalisme, les débats sur le sujet sont réguliers dans le pays. Qu’est-ce que le multiculturalisme ? À quoi sert-il ? Cet article analyse le phénomène aux prismes des doctrines migratoire et aborigène, et porte un regard critique sur les pratiques sociales qui ont agité les politiques locales et fédérales depuis deux siècles.

Plan de l'article

  1. Immigration et multiculturalisme en chiffres
  2. Les définitions du multiculturalisme
  3. Une critique du multiculturalisme en Australie au prisme de la doctrine migratoire…
  4. … et au prisme de la doctrine aborigène ?
  5. Quel avenir pour le multiculturalisme australien dans une économie mondialisée ?

Pour citer cet article

Bartkowiak-Théron Isabelle, « Regard critique sur le multiculturalisme australien », Informations sociales, 3/2012 (n° 171), p. 53-62.

URL : http://www.cairn.info/revue-informations-sociales-2012-3-page-53.htm


Article précédent Pages 53 - 62 Article suivant
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback