CAIRN.INFO : Matières à réflexion

Introduction

1Dans les années soixante émergent aux États-Unis des projets visant à réduire l’échec scolaire dans les milieux défavorisés, tels Head Start et Home Start (Dudzinski et Peters (1977). Les résultats de ces expériences relatifs aux progrès des enfants sont très souvent associés à l’implication des parents dans le programme d’intervention (Bronfenbrenner, 1975).

2En 1978, le programme d’animation Passe-Partout (Ministère de l’Éducation du Québec, 2003), inspiré des réalisations américaines dans le cadre d’Head Start, était mis en place dans des écoles au Québec. Les actions privilégiaient des interventions auprès des enfants de quatre ans des milieux défavorisés et se préoccupaient du soutien à la compétence parentale. Plus tard, en 1991, l’ouvrage un Québec fou de ses enfants (Ministère de la Santé et des Services Sociaux, 1991) est le fruit d’un groupe de travail qui a pour mandat de dresser un portrait des besoins des jeunes de zéro à dix-huit ans dans le but de proposer des pistes pouvant diminuer la négligence et les incidences de la pauvreté dans le vécu de l’enfant et de sa famille. Une prise de conscience sera faite quant à la nécessité que tous les partenaires soient concernés par le développement harmonieux des enfants du Québec.

3Au cours de ces années et jusqu’en 1990, l’égalité des chances en éducation est devenue une préoccupation majeure afin de contrer l’échec scolaire en développant des conditions favorables d’entrée à l’école. Plusieurs projets voient le jour, dont les programmes Opération Renouveau et École Montréalaise (Commission scolaire de Montréal, 2009) qui ont, toutefois, été pilotés uniquement par le milieu scolaire. De nouvelles réalités de nature culturelle et sociale, comme la venue de nouveaux arrivants et la montée de la précarité dans l’emploi, conduisent les acteurs de ces projets à relever de plus en plus de défis.

4Jusque-là, le discours portait sur l’échec scolaire et il incombait à l’école d’assurer l’égalité des chances de réussir pour tous. Ce n’est que plus tard, qu’est apparue la préoccupation des milieux scolaires pour la réussite éducative. Cette orientation apporte une nouvelle vision quant à la responsabilité qui doit être partagée par les différents acteurs de la communauté. C’est dans cette même perspective qu’est née l’Association Internationale des Villes Éducatrices (Réseau français des villes éducatrices, 2004) dont l’objectif est d’impliquer activement tous les citoyens dans des projets et des activités destinés à améliorer la qualité de vie.

5Au Québec, vers la fin de la décennie 2000, un rapport intitulé Savoir pour pouvoir : un chantier national pour la persévérance scolaire est publié (Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaire au Québec, 2009). Ce chantier mis sur pied par une initiative citoyenne présidée par Jacques Ménard, président de la Banque de Montréal (BMO), groupe financier, illustre l’implication du monde des affaires dans la question de la réussite éducative et de la persévérance scolaire. Ce chantier national propose de mettre en place des partenariats durables à l’échelle du Québec, où chacun aura son rôle et où seront associés les ministères, les commissions scolaires, les Instances Régionales de Concertation (IRC), les écoles, les organismes communautaires, les instances municipales et le milieu des affaires. L’importance du partenariat entre tous les acteurs est dorénavant davantage reconnue et déborde largement le cadre de l’école.

6Il est important d’expliquer que le Québec et l’Europe ont deux modes différents d’organisation des services. Au Québec, l’État offre une structure de services (éducatifs, sociaux, de santé et autres) organisés et subventionnés par chaque ministère dans un contexte de régionalisation. Ces structures de services « en silos » ne favorisent pas l’intervention en partenariat où les municipalités, par exemple, n’ont aucune responsabilité en matière d’éducation. À toute fin pratique, il y a absence de passerelle entre les services scolaires et la municipalité. En Europe, la commune réfère au principe de gouvernance de « l’autorité locale » où celle-ci prélève des impôts et gère un ensemble de services (éducation, affaires sociales, santé, autres). Cette structure est favorable à un plus grand partenariat entre les intervenants et les familles. C’est pourquoi, la proposition d’une « Cité de l’Éducation » conçue par l’équipe du professeur Pourtois impliquant les composantes politique, pédagogique et scientifique s’avère une structure plus facilitante pour la mobilisation partenariale.

7Nous assistons actuellement tant au Québec qu’en Europe à une prise de conscience de l’importance de développer des partenariats et de créer de la reliance entre les services et les intervenants afin d’assurer la réussite de l’entrée scolaire des jeunes enfants en associant leurs parents mais aussi toute la communauté. L’école n’est dorénavant plus la seule responsable de la réussite éducative des enfants mais cette responsabilité engage tous les acteurs.

8Cet article présente une expérience développée dans une région du sud-est du Québec, soit le Bas St-Laurent et, notamment, dans la municipalité Rimouski-Neigette, où les pouvoirs politiques, pédagogiques et scientifiques se sont associés pour favoriser la réussite éducative des citoyens de la conception à trente ans en reconnaissant surtout les parents comme étant les partenaires essentiels et la famille comme le premier lieu d’éducation. La Communauté ouverte et solidaire pour un monde outillé, scolarisé et en santé (COSMOSS) est une démarche régionale et locale qui vise à assurer la réussite éducative de tous ces jeunes.

9COSMOSS est une démarche pour « améliorer la continuité, la complémentarité et la cohérence des services offerts aux jeunes » (Lachapelle et Bourque, 2011, p. 3). Ce regroupement vise essentiellement la concertation des gestionnaires des divers services du milieu pour organiser autour des jeunes un réseau solide de soutien, pour faciliter leur développement et leur intégration sociale. Elle repose sur le constat d’une certaine impuissance de chaque institution ou organisme à régler seul des problèmes complexes et elle mise sur la responsabilité de la communauté en appui à la personne en devenir.

10L’initiative prise en 2003 avec pour horizon l’année 2015 est le fruit d’une vision des partenaires bas-laurentiens (Agence de santé, Conférence régionale des élus, ministère de l’Éducation, ministère de l’Emploi) de faire de leur région un milieu inclusif pour les enfants et leurs parents provenant de milieux vulnérables sur les plans économique, social et culturel (Giguère, 2007). La dernière entente de partenariat visant à soutenir la démarche COSMOSS (phase 3, 2010-2012) a pour mission la collaboration entre les partenaires et la continuité de services pour « l’amélioration des conditions de vie des jeunes, de la grossesse à 30 ans, afin de leur fournir un passeport pour l’inclusion sociale et économique et de contrer la reproduction intergénérationnelle de conditions limitant leur capacité à devenir des citoyens actifs et contributifs » (Lachapelle et Bourque, 2011, p. 3).

11Afin d’illustrer de façon concrète les réalisations de COSMOSS Rimouski-Neigette (CRN), et de souligner ses modalités de travail co-éducatives dans une perspective de reliance entre les sphères politique, pédagogique et scientifique, il sera question dans cet article de l’un de ses objets de mobilisation partenariale, soit l’entrée scolaire réussie des enfants au préscolaire et du comité Petite Enfance.

Le démarrage du projet

12Le comité Petite Enfance a amorcé ses activités en octobre 2009, suite à une décision du Comité Local de Coordination (CLC) [2]. Son mandat initial était clair, à savoir arrimer les travaux de COSMOSS à ceux d’Avenir d’Enfants[3] autour d’un objectif commun : favoriser une entrée scolaire réussie pour les enfants de la municipalité Régionale de Comté (MRC) [4] de Rimouski-Neigette. Plutôt que de créer un comité Petite Enfance et un comité soutenu par Avenir d’enfants, un effort devait être fourni par chacun des acteurs impliqués afin d’harmoniser les travaux, que ce soit au niveau des réflexions, des orientations, des décisions ou encore de la gestion par l’intermédiaire d’un comité conjoint qui fut nommé comité Petite Enfance de CRN. Le plus important était de rendre le processus suffisamment fluide pour créer une cohésion forte au sein du groupe de travail. Ce n’est que grâce à cette base relationnelle solide que l’entreprise destinée à assurer une entrée scolaire mieux réussie des enfants pouvait être mise en route.

13Dans un premier temps, il s’agissait de créer une mobilisation des acteurs clés œuvrant dans la sphère de la petite enfance sur le territoire : éducation, formation, recherche, santé, service de garde, municipalité et tous les autres organismes reliés à la famille. Une fois chacune de ces organisations représentées, un portrait de la MRC selon la clientèle visée, soit les enfants de cinq ans et moins et leurs familles a été réalisé (Encadré 1).

Encadré 1

Données du portrait de la MRC de Rimouski-Neigette

Encadré 1
Nom de la MRC Rimouski-Neigette Superficie 2 762 km2 Population totale (2009) 53 956 habitants Population de la conception à 5 ans (2010) 3001 enfants Nombre de municipalités 10 Répartition de la population urbaine et rurale 80% de la population en milieu urbain, avec la ville de Rimouski, 20% en milieu rural, dans des villages de 260 à 3000 habitants Revenu moyen (2009) 24 395 $ par personne Pourcentage de la population active (2009) 71,8% (beaucoup de travailleurs saisonniers) Taux de diplomation au secondaire Total : 75,7% Garçons : 66,2% ; Filles : 85,4% Nombre de maisons d’enseignement 16 écoles, 1 CEGEP, 1 Université Nombre de places en service de garde (2010) 9 Centres de la Petite Enfance : 550 places Garderie en milieu familial : 1045 places Places à combler en service de garde : environ 800 Principaux constats du portrait et de son analyse Manque d’intervenants spécialisés pour les besoins spécifiques du développement de l’enfant : orthophonie, psychomotricité, ergothérapie, psycho-pédiatrie - difficulté d’accès aux services à la petite enfance pour les personnes en dehors de la zone urbaine - manque de places en service de garde - manque de passerelles entre les organismes et les écoles

Données du portrait de la MRC de Rimouski-Neigette

14Les données recueillies ont ensuite été analysées pour identifier et expliquer les forces et les faiblesses du territoire en vue du développement de ces jeunes enfants. Il s’ensuivit une identification des grands axes d’intervention, soit la vision et la mission des partenaires de même que des priorités d’action échelonnées sur trois ans (voir tableau 1).

Tableau 1

Vision, mission et priorités du comité Petite Enfance Rimouski-Neigette pour la planification triennale 2011-2014

Tableau 1
Vision : les partenaires doivent se mobiliser et agir en concertation pour que les enfants développent leur potentiel optimal, en vue d’un parcours scolaire réussi. Mission : travailler sur les facteurs de vulnérabilité ; éviter les ghettos et la marginalisation ; accompagner le développement de l’enfant ; valoriser les habiletés des parents ; favoriser l’appropriation des compétences par les parents, dans une visée d’autonomie et de responsabilisation. Priorité 1 : Valoriser et renforcer les habiletés des parents des enfants d’âge préscolaire Priorité 2 : Développer la maturité affective ainsi que le développement cognitif et langagier des enfants d’âge préscolaire Priorité 3 : Maintenir, développer, et renforcer les collaborations entre les organismes intervenant auprès des enfants d’âge préscolaire Priorité 4 : S’assurer de rejoindre davantage les familles en situation de besoin

Vision, mission et priorités du comité Petite Enfance Rimouski-Neigette pour la planification triennale 2011-2014

15La démarche du comité Petite Enfance semblait a priori tout à fait logique en théorie, mais elle s’est révélée beaucoup plus exigeante dans la pratique. Il s’agissait à travers ce processus devant conduire à la réalisation d’un portrait de la situation de la petite enfance, de favoriser une réflexion collective par les partenaires de COSMOSS. Nous parlons ici d’organismes et surtout des personnes qui travaillent tous les jours avec les enfants et leurs familles ou encore sont à leur service.

Le développement d’une vision commune

16Une des premières tâches des membres du comité Petite Enfance était d’apprendre à dialoguer ensemble autour de ce sujet commun qu’est l’entrée scolaire réussie des enfants. Chemin faisant, un point d’appui pour les discussions a été l’Instrument de Mesure du Développement de la Petite Enfance (IMDPE) (Offord et Janus, 2005) L’IMPDE est une enquête d’observation menée auprès des enseignantes de maternelle cinq ans en février 2009 afin d’évaluer le niveau de développement des enfants du territoire bas-laurentien selon cinq indicateurs : 1) la maturité affective, 2) le développement cognitif et langagier, 3) la santé physique et le bien-être, 4) les compétences sociales et 5) la communication et les connaissances générales. Croisés avec quelques autres données socio-sanitaires (population, indice de milieu socio-économique, taux de décrochage scolaire…), ces renseignements ont constitué des objets signifiants de discussions au sein du comité Petite Enfance autour de questions telles celles-ci : que retenir des résultats de l’enquête ? Quelle analyse peut en être faite ? Quelles sont les forces et les faiblesses des enfants du territoire, etc.

17De cette enquête, des constats frappants ont été faits : sur les cinq domaines de développement, deux ressortent comme plus problématiques pour le territoire de Rimouski-Neigette (tableau 2). Ainsi, 35,2% des enfants de maternelle concernés par l’enquête ne seraient pas prêts à entrer en 1ère année pour le domaine de la maturité affective, soit un enfant sur trois, tandis que 31,9% des enfants de maternelle sont considérés comme non prêts à entrer en 1re année pour ce qui a trait au développement cognitif et langagier. Afin d’assurer une entrée scolaire en 1ère année mieux réussie pour la majorité des enfants, le déploiement d’interventions en amont, pourrait être ultérieurement favorable à plus de persévérance scolaire et à une augmentation du taux de diplomation.

Tableau 2

Présentation des résultats de l’IMDPE pour Rimouski-Neigette

Tableau 2
Domaines de développement Indicateurs de mesure Enfants vulnérables % Enfants fragiles % Vulnérables + fragiles % Santé physique et bien-être Préparation de la journée pour l’école (alimentation, habillement) Développement physique général Motricité fine et globale Propreté, ponctualité, état d’éveil 6,6 % 15,3 % 21,9 % Compétences sociales Respect des règles et des routines de classe Habiletés sociales Confiance en soi Curiosité Sens des responsabilités Habitudes de travail et autonomie Respects des pairs et des adultes 9,3 % 16,1 % 25,4 % Maturité affective Comportement pro-social et entraide Crainte et anxiété Comportement agressif Hyperactivité et inattention Expression des émotions 13,1 % 22,1 % 35,2 % Développement cognitif et langagier Intérêts et habiletés en lecture, écriture et mathématiques Utilisation adéquate du langage 12,4 % 19,5 % 31,9 %
Tableau 2
Communication et connaissance générale Capacité à communiquer de façon à être compris Capacité à comprendre les autres Articulation claire Connaissances générales 7,4 % 10,7 % 18,1 %

Présentation des résultats de l’IMDPE pour Rimouski-Neigette

18Grâce à un dialogue riche entre la recherche et la pratique, il a été possible de dresser un portrait suffisamment fidèle destiné à identifier des enjeux majeurs, des actions à mettre en œuvre ainsi que des pistes de solutions s’appuyant sur des forces de la communauté et des pratiques déjà existantes jugées efficaces.

19Mais plus important encore, ces échanges ont permis aux partenaires de déterminer des valeurs communes, posant ainsi les bases de la vision et de la mission du comité Petite Enfance. L’une de ces valeurs se résume en un mot : la co-éducation, un concept introduit dans les réflexions et inspiré par les travaux de recherche effectués en Belgique par le Centre de Recherche et d’Innovation en socio-pédagogie familiale et scolaire (CERIS) de l’Université de Mons. Si nous voulons que les enfants se développent mieux, tout le monde autour d’eux doit apprendre également, que ce soit les parents, les familles, les intervenants, les organisations, les municipalités ou encore le monde politique ; autrement dit, tous les acteurs existant autour des enfants. Pour cela, il devenait important de sortir d’une posture d’expert afin de reconnaître que chaque personne peut et doit apprendre elle-même à travers ses efforts pour favoriser le bien-être et le développement des enfants.

20C’est à travers cette question : « quel est notre rêve à long terme en ce qui concerne la petite enfance sur le territoire de la MRC de Rimouski-Neigette ? » que s’est concrétisée la vision du comité Petite Enfance, dans une phrase : « Que les communautés de la MRC de Rimouski-Neigette se mobilisent et agissent en concertation pour que les enfants développent leur potentiel optimal, en vue d’un parcours scolaire réussi ». Le ton était donné, les enfants restaient toujours la cible principale, mais il n’était guère question de travailler uniquement avec eux mais aussi avec leur famille et les ressources de l’entourage. Les communautés de notre territoire devaient également s’impliquer pour favoriser le développement de leurs enfants. À de nombreuses reprises, le célèbre proverbe africain fut cité : « il faut tout un village pour élever un enfant ». Dans une visée d’autonomie et de responsabilisation, ce proverbe a été accompagné de propositions posant les balises générales pour la suite des réflexions, à savoir : travailler sur les facteurs de vulnérabilité des enfants et de leur famille, éviter la ségrégation et la marginalisation, accompagner le développement de l’enfant, valoriser les habiletés des parents et favoriser l’appropriation des compétences par les parents,

21Une dernière idée forte ressortait des discussions : le concept de pérennisation, soit cette volonté de prise en charge par le milieu, à plus ou moins long terme, des initiatives mises en place afin qu’elles perdurent dans le temps. Pour cela, les notions d’appropriation (« empowerment »), de coopération, de concertation et de partenariat apparaissent des facteurs clés vers l’atteinte de cet objectif.

De l’utopie au concret : un chemin de cohérence

22L’orientation générale du chantier étant partagée par tous, il fallait désormais se rapprocher graduellement de l’action. Encore une fois, ce sont diverses questions qui ont guidé les discussions du groupe : qu’allions-nous faire et comment ? Le principal sujet de discussion du comité a été le rôle des parents dans la mise en route d’actions pour une entrée scolaire réussie des enfants. Puisque la co-éducation était mise de l’avant, l’intention était de créer de la reliance avec les parents et entre ces derniers. L’une des croyances fortes du comité était que les parents sont les experts de l’éducation de leurs enfants. Pourquoi ne pas leur donner une place pour se réaliser et s’exprimer ? Voici pourquoi la première priorité de travail a été formulée ainsi : « valoriser et renforcer les habiletés des parents d’enfants d’âge préscolaire ».

23Cette posture de reconnaissance a donné le ton aux trois autres priorités d’interventions. L’IMDPE avait révélé qu’un enfant sur trois n’était pas prêt à rentrer à l’école selon des indicateurs de la maturité affective ainsi que du développement cognitif et langagier. Plutôt que de chercher à imposer des façons de faire, la première étape a été d’aller à la rencontre des intervenants et des organisations pour savoir quelles étaient leurs pratiques concernant ces deux indicateurs, pour ensuite leur demander ce qu’ils avaient besoin de bonifier ou d’enrichir en termes de pratiques. La deuxième priorité : « Développer la maturité affective ainsi que le développement cognitif et langagier des enfants d’âge préscolaire » est un défi qui a pu se réaliser grâce à une relation saine entre les différents acteurs impliqués dès le départ.

24Pour soutenir ces deux premières priorités, il était important de ne pas oublier de travailler à la concertation entre les organisations. La concertation dans la MRC de Rimouski-Neigette étant présente depuis déjà de nombreuses années, les partenaires ont tenu à énoncer leur troisième priorité : « Maintenir, développer et renforcer les collaborations entre les organismes intervenant auprès des enfants d’âge préscolaire ».

25Enfin, il apparaissait important de ne pas oublier la cible principale de toutes ces interventions : les familles en situation de besoin. Si Avenir d’Enfants porte essentiellement son action sur les familles en situation de pauvreté, le comité était sensible au fait qu’au niveau du développement de l’enfant, les difficultés peuvent être de toutes sortes. Par exemple, des familles éloignées de la ville principale, Rimouski, sont privées des points de services importants. Pour cela, il apparaissait nécessaire, comme quatrième priorité, de « s’assurer de rejoindre davantage les familles en situation de besoin » en s’associant avec les municipalités du territoire, en vue de bonifier et d’enrichir ce qu’elles proposaient déjà aux familles.

26Pour la première année d’action, neuf projets ont été mis en place, répartis selon les priorités de travail identifiées. Afin d’illustrer concrètement les résultats de toutes ces réflexions, nous explorerons une des actions majeures de l’année 2011-2012 pour le comité Petite Enfance : « la Voix des parents ».

Donner la parole aux premiers concernés

27L’intention derrière le projet la Voix des parents est simple : avant de proposer des activités ou des actions aux parents de la MRC, il convient dans un premier temps de leur donner la parole, pour leur permettre de s’exprimer et ainsi de savoir quelle est leur réalité en tant que parents sur ce territoire. Que vivent-ils avec leur enfant ? Quelles sont leurs difficultés ? Quels sont leurs souhaits d’amélioration ? Il s’agissait ici d’aller interroger directement les parents plutôt que d’apporter des réponses à leur place.

28À cette fin, Avenir d’Enfants a aidé le comité, grâce à une démarche de recherche-action déjà réalisée ailleurs au Québec : « La Voix des Parents » (Avenir d’enfants, 2010). Il s’agit d’un processus de consultation effectuée par des parents pour des parents. Concrètement, un groupe d’une dizaine de parents ayant des enfants de cinq ans et moins est recruté partout sur le territoire, chacun représentant des caractéristiques différentes permettant de représenter les parents de la communauté (homme/femme, milieu rural/urbain, monoparentalité…). Ce groupe a pour mandat d’aller consulter d’autres parents de la MRC. Pour cela, une animation leur est proposée afin de les accompagner dans un processus étalé sur une quinzaine de rencontres, pour une durée totale de six mois, découpés en quatre phases : 1) préparation : présentation du projet, création d’un comité de démarrage/suivi, recrutement de l’animateur, recrutement des parents ; 2) exploration : création du groupe de parents, activités d’exploration pour leur permettre de nommer leurs réalités ; 3) consultation : détermination des thèmes de consultation, sondage pour identifier trois thèmes prioritaires, forum communautaire pour que des parents échangent sur ces trois thèmes ; 4) collaboration : analyse des données recueillies lors de la consultation, collaboration avec le milieu pour créer des projets de développement pour les enfants.

29La démarche a tout de suite séduit les partenaires du comité, qui y ont vu une bonne opportunité de réaliser leur intention de consultation des parents, sans avoir à réinventer une nouvelle façon de faire, celle proposée par Avenir d’Enfants leur apparaissait très novatrice. Grâce au soutien financier et à l’accompagnement d’Avenir d’Enfants, ainsi qu’à l’implication des partenaires, le projet a pu démarrer en novembre 2011, pour se terminer en avril 2012. Les parents se sont rencontrés à 16 reprises, à raison d’une rencontre par semaine environ. Un sous-comité de suivi composé de partenaires du comité Petite Enfance a été mis en place dès le départ et il ne jouait qu’un rôle d’encadrement puisque les parents ne devaient d’aucune façon être influencés par les réflexions du comité. Pour s’en assurer, la rédaction des documents se faisait par l’animatrice du projet et leur validation impliquait les parents et non les partenaires du comité. Cependant, afin de favoriser une rencontre entre les différents acteurs, deux repas/rencontres ont été organisés afin que chacun puisse présenter le fruit de son travail : les parents avec les thèmes émergeant de leurs rencontres et les partenaires avec leur planification triennale. Ces moments étaient tout aussi importants que les démarches elles-mêmes, celle des parents et celle des partenaires, afin de favoriser un dialogue autour d’un but commun : améliorer la communauté pour favoriser le développement des enfants. Le tableau 3 expose les résultats de la consultation menée par les parents responsables auprès d’autres parents de la municipalité.

Tableau 3

Résultats de la consultation des parents de la MRC Rimouski-Neigette

Tableau 3
Nombre de parents responsables de la La Voix des Parents 10 Nombre de rencontres des responsables 16 Priorités choisies pour la consultation parc et activités soutien aux familles santé Outils de collecte sondage web forum de consultation Participation sondage : 116 répondants forum : 33 participants Pistes de solutions Projet de centralisation de l’information - création d’un bottin des ressources - création d’un site web Projet parcs et activités - aménagement et sécurité des parcs extérieurs - création d’un parc intérieur pour les 0-5 ans Projet soutien aux familles - groupes de soutien aux parents - accès et accueil des familles dans différents milieux - accès plus rapide aux services de santé Projet appuis politiques - trouver des appuis dans les municipalités de la MRC de Rimouski-Neigette - participer à des comités de politique familiale dans chacune des municipalités de la MRC

Résultats de la consultation des parents de la MRC Rimouski-Neigette

30Ces projets s’organisent autour des quatre thèmes de travail suivants : 1) soutien aux familles, 2) amélioration des parcs pour la petite enfance, 3) centralisation de l’information pour faciliter l’accès aux familles et 4) recherche d’appuis politiques pour soutenir les familles. Nous pouvons voir dans ces thèmes une volonté de mise en place de projets par des parents pour des parents et leurs enfants, répondant à des besoins très concrets. Plus particulièrement dans le premier thème, soutien aux familles, il est question de mettre en place des groupes de soutien pour les parents, afin de leur donner accès à de la formation et à des moments d’échange sur leur réalité. C’est dans ces groupes que des éléments de contenu, théoriques et pratiques, concernant la maturité affective ou le développement cognitif et langagier seront apportés aux parents.

31Après quelques réunions, analyses et discussions, nous avons pu constater l’efficacité de la démarche, tel l’engouement du monde municipal dès le début du projet. Des municipalités en révision de leur politique familiale ont rapidement demandé à recevoir les résultats de la consultation, voire à intégrer des parents du comité de travail pour leur exercice de révision. De plus, les différents acteurs impliqués (parents, intervenants, directions, municipalité) ont apprécié cette démarche pour la reconduire l’année suivante, sous une autre forme. C’est ainsi que la Voix des parents est devenue la Voie des parents, marquant le pas vers des actions concrètes dans la communauté, issues des résultats de la consultation des parents de la MRC Rimouski-Neigette exposés supra.

La formation et le transfert des connaissances

32Outre la mobilisation des parents de la MRC Rimouski-Neigette, les partenaires du comité Petite Enfance tenaient à approfondir les discussions sur la maturité affective ainsi que sur le développement cognitif et langagier. Un travail de définitions a donc commencé, afin d’en arriver à une compréhension commune de ces deux domaines de développement en vue de proposer des formations à un bassin plus large de ressources du milieu (éducatrices en service de garde, intervenantes dans le réseau de la santé, enseignantes de maternelle), de développer un langage commun et favoriser une pratique complémentaire entre ces différents réseaux. La formation devient ainsi un moment pour parfaire ses connaissances, mais aussi augmenter la collaboration entre les organisations.

Une route à poursuivre

33Après deux ans et demi de travail du comité Petite Enfance, il est possible d’affirmer que l’atteinte de la vision commune est en bonne voie. Au vu du nombre important de rencontres (51 rencontres sur une période de 9 mois), de discussions, de planifications et de décisions, le constat est sans équivoque : la démarche proposée par COSMOSS, en collaboration avec Avenir d’Enfants, crée de la relation entre tous les acteurs impliqués dans le développement des enfants de la communauté. Ce n’est qu’un premier pas, car maintenant que ces liens sont tissés, il convient de les renforcer par le dialogue et le renouvellement des pratiques, où chacun peut en apprendre un peu plus sur le développement des enfants, sur la façon de faire de l’autre, et surtout sur la sienne.

En conclusion

34Ce projet essaie d’atténuer au Québec, les effets « silos » des services à l’enfance et à la famille en perçant des brèches dans les structures sectorielles assez hermétiques pour établir des passerelles. Celles-ci permettent de développer des partenariats et de la reliance entre les acteurs y compris les parents. Il est intéressant de constater que depuis plus d’une décennie, le vocabulaire de l’échec scolaire est devenu celui de la réussite éducative qui élargit aussi le débat en dehors de l’école et responsabilise la communauté dans cette question de réussite.

35Un autre constat important et prometteur est le développement d’un mouvement international qui établit de nouvelles balises de la réussite éducative indépendamment de la structure et de la gouvernance institutionnelle des services dans chaque pays.

36COSMOSS constitue un exemple de partenariat qui réunit toutes les ressources des différents milieux et les acteurs en vue d’assurer à chaque enfant une entrée scolaire réussie. Le modèle de fonctionnement de COSMOSS ouvre la voie à de nouvelles pratiques en matière de développement et d’éducation de l’enfant, d’implication des parents en valorisant au maximum leurs compétences et aussi de responsabilisation des organismes politiques tant municipaux que sociaux. On passe de la verticalité du savoir et du pouvoir vers leur horizontalité dans un va-et-vient qui permet de puiser dans toutes les ressources selon les besoins identifiés par les acteurs. De plus, le projet COSMOSS confirme un étroit lien de partenariat entre le milieu universitaire et les milieux de pratique.

37Ce projet ouvre la voie à des méthodologies de recherche qui se concentrent sur les données apportées, dans un premier temps, par les acteurs mais dont les résultats retournent aux acteurs ayant un effet de spirale dans l’évolution du projet ; l’action alimentant les activités de recherche et ces dernières orientant et consolidant l’action. En somme, ce projet offre un nouveau regard sur nos pratiques et nous invite à penser et à agir autrement tant au niveau personnel, professionnel qu’institutionnel.

Notes

  • [1]
    Jean-Yves Levesque, Professeur associé, Université du Québec à Rimouski, 300, Allée des Ursulines, Rimouski, Québec, Canada, G5L 3A1 –
    Contact : jean-yves_levesque@uqar.qc.ca ;
    Alain Castonguay, Coordinateur COSMOSS Rimouski-Neigette, 58 saint-Louis, Rivière-du-Loup, Québec, Canada, G5R 2V6 –
    Contact : acastonguay16@gmail.com ;
    Ludovic Decoret, Agent de liaison, COSMOSS Rimouski-Neigette, 250 BD Arthur-Buis Ouest, Rimouski, Québec, Canada, G5L 7A7 –
    Contact : ldecoret@hotmail.com ;
    Raymonde Simard, Chargée de cours, Université du Québec à Rimouski, 300, Allée des Ursulines, Rimouski, Québec, Canada, G5L 3A1 –
    Contact : raymonde_simard@uqar.qc.ca ;
    Jean-Marie Bouchard, Professeur associé, Université du Québec à Montréal, 709 rue Principale, Sainte-Dorothée, Laval, Québec, Canada H7X 1E3 –
    Contact : bouchardjeanmarie@gmail.com ;
  • [2]
    Le comité local de coordination est composé de partenaires du milieu. Il s’engage à soutenir les jeunes dans leur parcours, ainsi qu’à assurer une plus grande cohésion et complémentarité des services destinés aux jeunes. Le CLC est soutenu par des comités de travail formés de professionnels et de décideurs de différents réseaux qui contribuent à la réalisation d’un plan d’action local concerté.
  • [3]
    Avenir d’Enfants est un Organisme Sans But Lucratif (OSBL) créé pour administrer le Fonds dédié au développement des jeunes enfants, fruit de la collaboration entre la Fondation Lucie et André Chagnon (2012) et le gouvernement du Québec.
  • [4]
    Une MRC regroupe toutes les municipalités d’un même territoire d’appartenance formant une entité administrative qui est une municipalité au sens que l’entend la Loi québécoise sur l’organisation territoriale municipale.
Français

Cet article présente une expérience développée dans la municipalité Rimouski-Neigette (région du sud-est du Québec) où les pouvoirs politiques, pédagogiques et scientifiques se sont associés pour favoriser la réussite de l’entrée scolaire des enfants au préscolaire en reconnaissant surtout les parents comme étant les partenaires essentiels et la famille comme le premier lieu d’éducation. Cette démarche de recherche-action illustre et s’appuie sur le projet COSMOSS (Communauté ouverte et solidaire pour un monde outillé, scolarisé et en santé), regroupement régional et local crée en 2004 qui vise la concertation des gestionnaires des divers services du milieu pour organiser autour des jeunes un réseau solide de soutien et pour faciliter leur développement et leur intégration sociale.

Mots-clés

  • communauté
  • mutualisation des ressources
  • entrée scolaire réussie
  • parents
  • co-éducation
  • préscolaire
  • recherche action

Références bibliographiques

  • Avenir d’enfants. Des communautés engagées (2010). Voix des parents. [En ligne]. Accès : http://www.avenirdenfant.org/partagedesconnaissances/activités-de-partage/le-projet-voix-des=parents.aspx
  • Bronfenbrenner, U. (1975). Is early Intervention Effective ? Dans P.Z. Friedlander (dir.), Exceptional Infant : Assesment and Intervention, (p. 449-475). New York : Brunner and Mazel Inc.
  • Commission scolaire de Montréal (2009). Plan réussir. Pour la réussite et la persévérance scolaire. [En ligne]. Accès : http://www.csdm.qc.ca/Reussir/InterventionMilieuMontrealais.aspx
  • En ligneDudzinski, D. et Peters, L. D. (1977). Home Based Program : A Growing Alternative. Child Care Quaterly, 6(1), 61-71.
  • Giguère, R. (2007). Évaluation de la démarche COSMOSS 2003-2006. Québec : Agence de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent.
  • Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaire au Québec. (2009). Savoir pour pouvoir : un chantier national pour la persévérance scolaire. Québec : Banque de Montréal.
  • Lachapelle, R. et Bourque, D. (2011). COSMOSS, Une démarche de concertation régionale en développement social. Québec : Chaire de recherche du Canada en organisation communautaire.
  • Ministère de l’éducation du Québec (2003). Passe partout. Un soutien à la compétence parentale. [En ligne]. Accès : http://www.mels.gouv.qc.ca/dgfj/dp/programme_de_formation/primaire/pdf/ docsupport/prescolaire/13-1005.pdf
  • Ministère de la Santé et des Services Sociaux (1991). Un Québec fou de ses enfants – Rapport du groupe de travail pour les jeunes. Québec : Gouvernement du Québec.
  • Offord, D. et Janus, M. (2005). Instrument de mesure du développement de la petite enfance. Ontario : Offord Centre for child Studies, Mc Master University.
  • Réseau français des villes éducatrices (2004). Charte des villes éducatrices. [En ligne]. Accès : http://www.villeseducatrices.fr
Jean-Yves Levesque [1]
  • [1]
    Jean-Yves Levesque, Professeur associé, Université du Québec à Rimouski, 300, Allée des Ursulines, Rimouski, Québec, Canada, G5L 3A1 –
    Contact : jean-yves_levesque@uqar.qc.ca ;
    Alain Castonguay, Coordinateur COSMOSS Rimouski-Neigette, 58 saint-Louis, Rivière-du-Loup, Québec, Canada, G5R 2V6 –
    Contact : acastonguay16@gmail.com ;
    Ludovic Decoret, Agent de liaison, COSMOSS Rimouski-Neigette, 250 BD Arthur-Buis Ouest, Rimouski, Québec, Canada, G5L 7A7 –
    Contact : ldecoret@hotmail.com ;
    Raymonde Simard, Chargée de cours, Université du Québec à Rimouski, 300, Allée des Ursulines, Rimouski, Québec, Canada, G5L 3A1 –
    Contact : raymonde_simard@uqar.qc.ca ;
    Jean-Marie Bouchard, Professeur associé, Université du Québec à Montréal, 709 rue Principale, Sainte-Dorothée, Laval, Québec, Canada H7X 1E3 –
    Contact : bouchardjeanmarie@gmail.com ;
Alain Castonguay [1]
  • [1]
    Jean-Yves Levesque, Professeur associé, Université du Québec à Rimouski, 300, Allée des Ursulines, Rimouski, Québec, Canada, G5L 3A1 –
    Contact : jean-yves_levesque@uqar.qc.ca ;
    Alain Castonguay, Coordinateur COSMOSS Rimouski-Neigette, 58 saint-Louis, Rivière-du-Loup, Québec, Canada, G5R 2V6 –
    Contact : acastonguay16@gmail.com ;
    Ludovic Decoret, Agent de liaison, COSMOSS Rimouski-Neigette, 250 BD Arthur-Buis Ouest, Rimouski, Québec, Canada, G5L 7A7 –
    Contact : ldecoret@hotmail.com ;
    Raymonde Simard, Chargée de cours, Université du Québec à Rimouski, 300, Allée des Ursulines, Rimouski, Québec, Canada, G5L 3A1 –
    Contact : raymonde_simard@uqar.qc.ca ;
    Jean-Marie Bouchard, Professeur associé, Université du Québec à Montréal, 709 rue Principale, Sainte-Dorothée, Laval, Québec, Canada H7X 1E3 –
    Contact : bouchardjeanmarie@gmail.com ;
Ludovic Decoret [1]
  • [1]
    Jean-Yves Levesque, Professeur associé, Université du Québec à Rimouski, 300, Allée des Ursulines, Rimouski, Québec, Canada, G5L 3A1 –
    Contact : jean-yves_levesque@uqar.qc.ca ;
    Alain Castonguay, Coordinateur COSMOSS Rimouski-Neigette, 58 saint-Louis, Rivière-du-Loup, Québec, Canada, G5R 2V6 –
    Contact : acastonguay16@gmail.com ;
    Ludovic Decoret, Agent de liaison, COSMOSS Rimouski-Neigette, 250 BD Arthur-Buis Ouest, Rimouski, Québec, Canada, G5L 7A7 –
    Contact : ldecoret@hotmail.com ;
    Raymonde Simard, Chargée de cours, Université du Québec à Rimouski, 300, Allée des Ursulines, Rimouski, Québec, Canada, G5L 3A1 –
    Contact : raymonde_simard@uqar.qc.ca ;
    Jean-Marie Bouchard, Professeur associé, Université du Québec à Montréal, 709 rue Principale, Sainte-Dorothée, Laval, Québec, Canada H7X 1E3 –
    Contact : bouchardjeanmarie@gmail.com ;
Raymonde Simard [1]
  • [1]
    Jean-Yves Levesque, Professeur associé, Université du Québec à Rimouski, 300, Allée des Ursulines, Rimouski, Québec, Canada, G5L 3A1 –
    Contact : jean-yves_levesque@uqar.qc.ca ;
    Alain Castonguay, Coordinateur COSMOSS Rimouski-Neigette, 58 saint-Louis, Rivière-du-Loup, Québec, Canada, G5R 2V6 –
    Contact : acastonguay16@gmail.com ;
    Ludovic Decoret, Agent de liaison, COSMOSS Rimouski-Neigette, 250 BD Arthur-Buis Ouest, Rimouski, Québec, Canada, G5L 7A7 –
    Contact : ldecoret@hotmail.com ;
    Raymonde Simard, Chargée de cours, Université du Québec à Rimouski, 300, Allée des Ursulines, Rimouski, Québec, Canada, G5L 3A1 –
    Contact : raymonde_simard@uqar.qc.ca ;
    Jean-Marie Bouchard, Professeur associé, Université du Québec à Montréal, 709 rue Principale, Sainte-Dorothée, Laval, Québec, Canada H7X 1E3 –
    Contact : bouchardjeanmarie@gmail.com ;
Jean-Marie Bouchard [1]
  • [1]
    Jean-Yves Levesque, Professeur associé, Université du Québec à Rimouski, 300, Allée des Ursulines, Rimouski, Québec, Canada, G5L 3A1 –
    Contact : jean-yves_levesque@uqar.qc.ca ;
    Alain Castonguay, Coordinateur COSMOSS Rimouski-Neigette, 58 saint-Louis, Rivière-du-Loup, Québec, Canada, G5R 2V6 –
    Contact : acastonguay16@gmail.com ;
    Ludovic Decoret, Agent de liaison, COSMOSS Rimouski-Neigette, 250 BD Arthur-Buis Ouest, Rimouski, Québec, Canada, G5L 7A7 –
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    Raymonde Simard, Chargée de cours, Université du Québec à Rimouski, 300, Allée des Ursulines, Rimouski, Québec, Canada, G5L 3A1 –
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    Jean-Marie Bouchard, Professeur associé, Université du Québec à Montréal, 709 rue Principale, Sainte-Dorothée, Laval, Québec, Canada H7X 1E3 –
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Mis en ligne sur Cairn.info le 10/03/2014
https://doi.org/10.3917/rief.034.0067
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