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Le Courrier des pays de l'Est

2007/2 (n° 1060)


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Résumé

Français

Malgré l’existence des Centuries noires, responsables de 700 pogroms anti-juifs en 1905-1906, les positions ouvertement pro-nazies de certains cercles d’émigrés russes, ou encore le mouvement nationaliste et antisémite Pamiat (Mémoire) des années Gorbatchev, la Russie n’a pas, historiquement, de véritable tradition fascisante nationale. Les diverses tentatives pour implanter un mouvement extrémiste de masse ont échoué, ne recueillant l’adhésion que d’une minorité. Dans le contexte particulier de l’effondrement de l’empire soviétique, vécu comme une tragédie, des mouvements extrémistes organisés ou des groupuscules vont se revendiquer de l’idéologie nazie, national-bolchevique ou encore eurasiste, tout en se militarisant et en passant à l’acte contre les non-Slaves, sous l’œil souvent bienveillant des médias, évoquant la menace de colonisation du territoire par les Caucasiens, Asiatiques ou Musulmans, etc. Cette tendance est favorisée par la banalisation du discours nationaliste, commun à l’ensemble des grandes formations politiques. Ces mouvements ont par ailleurs infiltré les structures étatiques, notamment celles de force (Défense, Intérieur et Sécurité), expliquant l’apparente facilité avec laquelle ils s’arment et s’entraînent dans des camps. La faiblesse de la répression policière et judiciaire donne l’impression qu’il est aujourd’hui possible d’inciter à la haine raciale et de traduire ses idées en actes, dans une quasi-impunité. La réponse des autorités aux émeutes raciales contre des Tchétchènes, dans une ville du nord de la Russie, impulsées par le Mouvement contre l’immigration illégale, fut ainsi d’interdire tout simplement, sur tout le territoire russe, aux étrangers (Caucasiens notamment) de vendre sur les marchés, alors qu’ils y étaient jusque-là nettement les plus nombreux. Les cibles des extrémistes (des skinheads en particulier) sont aussi plus largement les démocrates et les libéraux, dits ennemis de la nation, la liste de ceux désignés comme «à abattre» figurant sur internet. Néanmoins, le Parti nationalbolchevique, spécialiste des opérations hostiles à V. Poutine, aux représentants de l’autorité ou aux oligarques, et dont de nombreux militants sont en prison, est, lui, officiellement interdit, parce qu’il menace l’autorité de l’Etat...

English

Extremist Movements in Russia Despite the Black Hundreds which carried out 700 anti-Jewish pogroms in 1905-1906, the openly pro-Nazi stance of some Russian émigré circles, the nationalist movement and the antisemitic Pamiat (Memory) of the Gorbachev years, historically Russia does not have a real national proto-fascist tradition. Various attempts to establish a mass extremist movement have failed, attracting only a minority. Within the context of the collapse of the Soviet empire, experienced as a tragedy, organized extremist movements or groups have endeavoured to espouse a Nazi, national Bolshevik or Eurasist ideology, becoming militarized or going so far as to attack non-Slaves, and evoking the threat of territorial colonization by Caucasians, Asians or Moslems, etc., often under the benevolent eye of the media. This tendency is aided by the generalization of nationalist discourse across the political spectrum. These movements have also infiltrated state structures, including, in particular, the Defense, Interior and Security ministries which explains the relative ease with which they arm themselves and train in camps. Weak police and judicial control gives the impression that it is now possible to incite racial hatred and to transform these ideas into acts with near impunity. Official response to race riots, set off by the Movement against Illegal Immigration, against Chechens in a city in Russia’s north, was simply a nation-wide ban on foreigners (Caucasians in particular) selling in markets where they previously constituted a large majority. Extremist targets (skinheads in particular) extend more generally to democrats and the liberals, considered to be enemies of the state, with a list of those “to be culled”, on the internet. However, the National-Bolshevik Party which specializes in actions adverse to V. Putin, the authorities and the oligarchs, with many militants in prison, is officially banned as a threat to the state authority...

Plan de l'article

  1. La genèse des mouvements extrémistes
    1. ? Les Centuries noires
    2. ? Les cercles issus de l’émigration
    3. ? Les organisations clandestines de la période soviétique
    4. ? Pamiat
  2. Panorama contemporain
    1. ? Rousskoe natsionalnoe edinstvo ?? Unité nationale russe
    2. ? Natsional bolchevistskaïa partia ?? Parti national bolchevique
    3. ? Les skinheads
    4. ? Dvijenie protiv nelegalnoï immigratsii ?? Mouvement contre l’immigration illégale
  3. Modes opératoires, idéologies et propagande
    1. ? National-socialisme et héritage hitlérien
    2. ? Nationalisme et extrême gauche
    3. ? Cibler et éliminer les ennemis de la nation
  4. Soutiens, financements et relais politiques
    1. ? Les ministères et structures de force
    2. ? Une classe politique « sympathisante » ?

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