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Les Cahiers Sirice

2016/1 (N° 15)


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La réconciliation franco-allemande qui s’est opérée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale est souvent décrite comme « une formidable leçon de tolérance, de solidarité qui peut et doit rester un exemple [1][1] Stephan Martens, « La réconciliation franco-allemande... », voire comme le « miracle des relations internationales d’après-1945 [2][2] Serge Sur, Un monde en miettes. Les relations internationales... ». En comparaison, l’expérience du rapprochement franco-allemand dans les années 1920, au lendemain de la terrible hécatombe de 1914-1918, fait figure de réconciliation inaboutie, ratée ou illusoire. Son souvenir n’est donc que rarement mobilisé par les protagonistes du dialogue franco-allemand. Le chancelier Helmut Kohl a toutefois fait allusion, le 22 janvier 1988, au rôle pionnier joué par Aristide Briand et Gustav Stresemann dans les années 1920, lorsqu’il énumère les personnalités ayant contribué au rapprochement des deux nations, mais quinze ans plus tard, Gerhardt Schröder évoque un prix Nobel qui leur aurait été attribué « un peu trop hâtivement » [3][3] Cf. Corine Defrance, « Construction et déconstruction.... Plus récemment, Angela Merkel a célébré leur rôle pionnier dans la réconciliation entre la France et l’Allemagne : ainsi en 2009, lorsqu’elle a été le premier chef de gouvernement allemand à participer aux cérémonies du 11-Novembre à l’Arc de Triomphe de Paris, elle a loué « la force de la réconciliation » franco-allemande et rendu hommage à « la stature et à la clairvoyance d’hommes d’État tels que Briand, Stresemann et de Gaulle, Adenauer, Monnet et Robert Schuman » [4][4] http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/11/12/le..., inscrivant explicitement le rapprochement entre les pays dans la seconde moitié du xxe siècle dans la continuité des efforts de l’entre-deux-guerres ; à nouveau, le 8 juillet 2012, à l’occasion de la célébration à Reims du cinquantième anniversaire de la rencontre entre le général de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer, elle a affirmé que « l’espoir de la réconciliation franco-allemande était déjà présent en germe à la fin de [la Première Guerre mondiale]. Des hommes comme Aristide Briand et Gustav Stresemann ont tenté cette réconciliation » [5][5] http://www.elysee.fr/declarations/article/discours-du-president-de-la-republique-et-de-mme-angela-merkel-chanceliere....

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Si l’histoire de la réconciliation franco-allemande ne saurait être décrite comme un processus inéluctable se poursuivant d’un après-guerre à l’autre, elle peut néanmoins gagner à être davantage attentive aux efforts menés en sa faveur au cours des années 1920, car non seulement ceux-ci étaient encore bien vivants dans le souvenir des acteurs du rapprochement franco-allemand après la Seconde Guerre mondiale, mais aussi parce qu’ils permettent de brosser un récit plus complexe des relations franco-allemandes, dépassant le constat d’une seule et même « guerre de Trente ans » entre 1914 et 1945. Au même titre que les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale ou la fin de la guerre froide, les lendemains de la Grande Guerre constituent, en effet, l’un des véritables tournants du xxe siècle : « une autre Europe s’est tissée durant ces trois périodes d’après-guerre, une Europe qui a fini par s’imposer à cause de ses forces de reconstruction et de ses capacités de réconciliation » [6][6] John Horne, « Guerres et réconciliations européennes....

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Ce terme de « réconciliation » entre anciens belligérants, dans le sens où l’entend l’historien John Horne, c’est-à-dire celui de « la démobilisation des mentalités du temps de guerre, le démantèlement de la figure de l’ennemi et la recherche de terrains d’entente [7][7] Ibid., p. 8. », est d’un usage fréquent dans les années 1920, même si les contemporains emploient également assez volontiers la formule de « désarmement moral », vu comme le prélude au désarmement matériel inscrit au programme de la Société des Nations : « Le désarmement militaire […] ne peut provenir que du désarmement moral, de la restauration d’une saine confiance réciproque » [8][8] L’Homme Libre, 13 octobre 1926, p. 1. , écrit par exemple le quotidien L’Homme Libre en 1926.

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En concentrant notre réflexion sur le cas des rapports franco-allemands, qui constituent pour la plupart des contemporains la clef de voûte de la paix en Europe au lendemain de la Grande Guerre, nous essaierons de montrer de quelle manière et sur quelles bases s’enclenche à partir de la seconde moitié des années 1920 une dynamique de réconciliation entre Français et Allemands. Nous tenterons d’en présenter les acteurs, d’en montrer l’ampleur réelle tout en soulignant ses fragilités afin de mieux comprendre pourquoi ce processus s’est alors progressivement enrayé au tournant des années 1930.

Un difficile « désarmement des haines »

L’action pionnière des mouvements pacifistes

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La France et l’Allemagne entretiennent au début des années 1920 des rapports particulièrement tendus que l’on qualifie souvent de « guerre froide franco-allemande » [9][9] Cf. Jacques Bariéty et Raymond Poidevin, Les relations..., voire de « continuation de la guerre après la guerre » [10][10] Cf. Nicolas Beaupré, « Occuper l’Allemagne après 1918 »,.... Alors que les autorités françaises souhaitent, en effet, l’exécution intégrale du traité de Versailles, les Allemands sont ulcérés par ce « traité de la honte » (Schandvertrag), dont l’article 231 rend l’Allemagne responsable du déclenchement du conflit. Cette paix « dictée » par les Alliés a également démantelé une partie de leur territoire et leur impose de lourdes obligations (désarmement, occupation alliée en Rhénanie, réparations, etc.). Il serait toutefois excessif d’en faire un obstacle insurmontable à toute tentative de réconciliation franco-allemande, voire de le rendre responsable du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale vingt ans plus tard. Bien plus flexible qu’on ne l’admet souvent, il autorisait, comme le souligne Georges-Henri Soutou, tout aussi bien

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« une “politique d’exécution” stricte, comme celle que Paris a suivie jusqu’en 1924, [qu’] une politique plus conciliante, celle qui triompha à Locarno en 1925 et conduisit à l’évacuation anticipée de la rive gauche du Rhin dès 1930 » [11][11] Georges-Henri Soutou, La Grande illusion. Quand la....

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Au début des années 1920, les voix prêchant la réconciliation des deux anciens belligérants sont nécessairement isolées, du fait notamment que les communautés pacifistes des deux rives du Rhin ont été profondément divisées par le conflit et que les militants français font de l’aveu de culpabilité de l’Allemagne le préalable à toute reprise de dialogue. On trouve néanmoins dans certains groupes féministes radicaux le désir précoce de travailler à la réconciliation franco-allemande, dans la continuité du Congrès international des femmes pour la paix tenue à La Haye en 1915 : ainsi, lors de conférence fondatrice de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté organisée à Zurich du 12 au 19 mai 1919, l’Allemande Lida Gustava Heymann accueille spontanément la Française Jeanne Mélin avec un bouquet de roses en lui déclarant : « Une femme allemande tend la main à une femme française » [12][12] Cité dans Leila J. Rupp, Worlds of Women: The making.... Paroles auxquelles la pacifiste française, pourtant originaire de la région dévastée des Ardennes, répond : « Je donne la main à mes soeurs allemandes ; ensemble, nous allons travailler, dorénavant, non pas contre les hommes, mais pour eux [13][13] Mona L. Siegel, “International Congress of Women: Antiwar... ».

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Sur le sol français, le premier congrès de l’Internationale démocratique organisé à Paris du 4 au 11 décembre 1921 à l’initiative du catholique Marc Sangnier est l’occasion d’un premier rapprochement franco-allemand : lors du meeting de clôture, le leader de la Jeune-République donne symboliquement la parole à l’abbé badois Metzger et « c’est la première fois qu’un Allemand parle ainsi publiquement à Paris depuis 1914 » [14][14] Olivier Prat, « “La Paix par la jeunesse”. Marc Sangnier.... Pour assurer le succès de ce rassemblement des représentants de 21 nations dont 9 Allemands et 3 Autrichiens, Sangnier a dû toutefois s’engager ne pas aborder la question des responsabilités de la guerre. La déclaration finale du Congrès, votée le 11 décembre, considère « que la première des conditions morales de la paix, avant même le désarmement matériel des nations, est le désarmement des haines [15][15] Cité dans Olivier Prat, « Marc Sangnier et la paix :... ».

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Ce congrès va marquer le début d’un infléchissement de l’intransigeance des pacifistes français, même si ceux-ci restent convaincus de la culpabilité allemande : « Il est temps que les hommes de vraie bonne foi et de vraie bonne volonté se réunissent pour chercher en commun les moyens de rétablir la paix », écrit ainsi le pacifiste Paul D’Estournelles de Constant à l’Allemand Hellmut von Gerlach, président de la Ligue de la Patrie Nouvelle (Bund Neues Vaterland) [16][16] Lettre du 1er décembre 1921, citée dans Sophie Lorrain,.... Le congrès est aussi l’occasion d’une prise de contact entre les délégués hongrois, allemands et autrichiens et le comité central de Ligue des Droits de l’Homme qui les reçoit à titre privé, le 12 décembre, chez Aline Ménard-Dorian : « c’est la première fois, depuis la guerre, que des ennemis d’hier se réunissent librement pour se dire la vérité [17][17] Cité dans Ilde Gorguet, Les mouvements pacifistes et... ». Les pacifistes français sont, en effet, inquiets de la montée du nationalisme outre-Rhin et ils comprennent que l’intérêt de la France est désormais de soutenir la jeune et fragile démocratie allemande.

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Dans ce dialogue officieux qui s’engage entre Français et Allemands, la Ligue des droits de l’homme (LDH) joue donc un rôle central en tissant des liens privilégiés avec la « Ligue de la Patrie Nouvelle », qui prend en 1922 le sous-titre de « Ligue allemande des droits de l’homme ». En janvier de cette même année, Hellmut von Gerlach rend une visite officielle à la LDH, à Paris, accompagné du professeur Georg Friedrich Nicolai et d’Otto Lehmann-Rußbüldt : cette rencontre débouche sur l’adoption d’un « Appel aux deux démocraties », signé par tous les membres du comité central de la LDH et certains députés de gauche, ainsi que par une centaine de personnalités allemandes, dont Eduard Bernstein, Karl Kausky, Otto Nuschke, Albert Einstein, Heinrich Mann, Carl von Ossietzky ou Kurt Tucholsky [18][18] Ibid., p. 25.. Ce texte reconnaît notamment le devoir moral de l’Allemagne de réparer les dommages causés à la France et de la nécessité d’une reprise des relations entre les deux peuples, la question des responsabilités de la guerre devant être réglée ultérieurement par l’ouverture des archives et l’étude des documents par des « hommes indépendants et impartiaux ». Au mois de juin suivant, c’est au tour d’une délégation française de la LDH, dirigée par Ferdinand Buisson, de se rendre à Berlin et dans le bassin de la Ruhr dans l’espoir de dissiper les malentendus qui se sont accumulés entre les deux pays depuis la fin de la guerre. Les délégués français sont notamment accueillis au Reichstag de Berlin et peuvent ainsi délivrer directement leur message de réconciliation aux ministres et hommes politiques allemands venus à leur rencontre.

La poursuite du dialogue, malgré la crise de la Ruhr

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L’occupation de la Ruhr par les troupes franco-belges à partir de janvier 1923 aboutit progressivement à une certaine prise de distance des pacifistes français à l’égard de la politique menée par leur gouvernement et n’empêche pas la poursuite du dialogue entre les pacifistes des deux côtés du Rhin. Le 10 juillet 1923, la LDH donne ainsi la parole à Hellmut von Gerlach qui réaffirme « la solidarité des démocrates des deux bords du Rhin face à une crise qui ne saurait remettre le processus de réconciliation en cause » [19][19] I. Gorguet, Les mouvements pacifistes…, op. cit., .... Les Ligues des Droits de l’Homme française et allemande développent alors une intense coopération, réclament l’entrée de l’Allemagne à la Société des Nations et le recours à une instance internationale telle que la Cour de justice de La Haye pour examiner le problème des réparations.

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De son côté, l’Internationale démocratique de Marc Sangnier décide, en pleine occupation de la Ruhr, de tenir son 3e congrès à Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne, du 4 au 10 août 1923, sur les thèmes du « nationalisme et du désarmement », en s’efforçant, autant que possible, de ne pas trop s’aventurer sur le terrain de l’actualité immédiate. La soirée du 8 août est notamment marquée par un émouvant « sacrifice de réconciliation », au cours de laquelle les délégués français se voient remettre les dons (majoritairement des bijoux) collectés par la section allemande de la LIPL afin de manifester la volonté du peuple allemand de s’acquitter de son obligation morale de réparer les régions dévastées du nord de la France. Germaine Malaterre-Sellier, vice-présidente de la Jeune-République, accepte alors ce geste « comme symbole de [leur] ardent désir de fraternelle réconciliation » [20][20] O. Prat, Marc Sangnier…, op. cit., p. 262. Voir également.... Condamnant les « méthodes de contrainte » de Poincaré, les déclarations finales du Congrès témoignent d’un esprit de compromis entre délégués français et allemands : elles expriment le désir que la question des réparations, dont la légitimité est nettement réaffirmée, soit déférée à la Société des Nations, élargie à l’Allemagne, et que l’occupation de la Ruhr soit « réduite » aussitôt que l’Allemagne aura fourni des « garanties pour l’exécution de ses obligations » [21][21] O. Prat, Marc Sangnier…, op. cit., p. 263.. Ce congrès ayant laissé un profond souvenir dans l’esprit de ses participants, la municipalité de Fribourg prendra bientôt la décision d’expédier en France deux sapins de la Forêt Noire qui serviront à édifier à l’automne 1923, à Bierville, en région parisienne, dans la propriété de Marc Sangnier, une « croix de la réconciliation », croix de bois massive enracinée dans un socle de pierre sur lequel est apposé une grande plaque de marbre offerte par Georges, le prince héritier de Saxe à l’occasion de son entrée en religion.

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On repère cet esprit de réconciliation dans d’autres congrès pacifistes organisés l’année suivante. D’abord le congrès annuel de l’Union des Associations pour la SDN, groupement à laquelle la Ligue allemande pour la SDN appartient depuis 1921 : organisé pour la première fois en France, à Lyon, du 27 juin au 2 juillet 1924, il se prononce à nouveau pour l’admission de l’Allemagne à la Société des Nations, avec siège permanent au Conseil. En octobre de la même année, se tient à Berlin le XXIIIe congrès universel de la paix.

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Au total, on peut penser avec Sophie Lorrain que ces contacts officieux entre pacifistes français et allemands « n’ont pas été sans influence sur la politique menée par Briand et Stresemann » [22][22] S. Lorrain, Des pacifistes français…, op. cit., p.... dans la seconde moitié des années 1920. Ces efforts seront d’ailleurs distingués, en 1927, par l’attribution conjointe du prix Nobel de la Paix à deux militants de la paix, le Français Ferdinand Buisson, ancien président de la LDH, et l’Allemand Ludwig Quidde, fondateur de la Société allemande de la paix.

Londres, Locarno, Genève : les chemins de la réconciliation officielle

La naissance d’un premier couple franco-allemand

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Alors que la « bataille de la Ruhr » menace le Reich d’un véritable effondrement, les États-Unis décident de sortir de leur passivité et parviennent à faire accepter par la France, à l’automne 1923, la réunion d’une commission d’experts internationaux chargée d’évaluer les réelles capacités de paiement de l’Allemagne. Ses travaux débouchent sur le plan Dawes qui règle provisoirement la question des réparations, grâce notamment au lancement d’un grand emprunt international, essentiellement souscrit par des capitaux américains. Ce plan est définitivement adopté lors de la conférence de Londres (16 juillet-16 août 1924), où les Allemands sont invités pour la première fois depuis la guerre à discuter avec les Alliés sur un pied d’égalité. Pour sa part, la France doit s’engager à évacuer la Ruhr dans un délai d’un an. Les Anglo-Américains ont ainsi joué un rôle essentiel dans la résolution de la crise de la Ruhr et cette « pax anglo-americana » [23][23] Patrick O. Cohrs, The Unfinished Peace after World... crée désormais les conditions favorables à une réconciliation franco-allemande.

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C’est le chef de la diplomatie allemande, Gustav Stresemann, qui prend alors une « initiative spectaculaire » [24][24] René Girault et Robert Frank, Turbulente Europe et... en annonçant que son pays est prêt à reconnaître ses frontières occidentales et en proposant aux Alliés un pacte de sécurité régionale (mémorandum du 9 février 1925). Si la France n’y donne pas suite dans l’immédiat, Aristide Briand, devenu entre-temps ministre des Affaires étrangères, accepte d’engager des discussions préliminaires. Celles-ci débouchent sur l’organisation d’une conférence réunissant les deux ministres des Affaires étrangères français et allemand – qui se rencontrent alors pour la première fois –, l’Anglais Chamberlain, le Belge Vandervelde et l’Italien Mussolini (qui n’arriva qu’à la veille de la clôture de la conférence), ainsi que les représentants de la Pologne et de la Tchécoslovaquie, pays alliés de la France. Ouverte le 5 octobre, la conférence de Locarno (Suisse) – qui a pour cadre les rives enchanteresses du Lac Majeur – aboutit le 16 à la signature de neuf traités et conventions d’arbitrage, dont le célèbre « Pacte rhénan », par lequel la France, l’Allemagne et la Belgique se garantissent mutuellement leurs frontières, ainsi que la démilitarisation de la Rhénanie, avec la garantie de la Grande-Bretagne et de l’Italie. Locarno a ainsi été, selon la formule de Bertrand de Jouvenel, le lieu de la

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« théâtrale réconciliation de la France et de l’Allemagne, cette idylle au bord du lac, ce bras dessus bras dessous de Briand et de Stresemann posant devant les photographes, comme une noce » [25][25] Bertrand de Jouvenel, Vers les Etats-Unis d’Europe,....

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Locarno a fortement contribué à faire pénétrer le langage de la réconciliation dans les échanges diplomatiques. À la veille de l’ouverture de la conférence, une déclaration du gouvernement allemand a évoqué « le but de l’entente et de la réconciliation sincère des peuples » [26][26] « Déclaration verbale annexe », 26 septembre 1925,.... Quant au protocole final de Locarno, il fait état de la « ferme conviction » des gouvernements signataires que « l’entrée en vigueur de ces Traités et Conventions contribuera grandement à amener une détente morale entre les nations » [27][27] Protocole final de la conférence de Locarno, 16 octobre.... Plus tard, lors de la cérémonie officielle de signature des accords de Locarno, organisée à Londres le 1er décembre 1925, Stresemann n’hésitera pas à se faire le héraut d’une Europe réconciliée : « Si donc nous croyons à l’avenir de nos peuples, ne vivons pas en mésintelligence, tendons-nous les mains, agissons en commun » [28][28] Les Papiers de Stresemann, t. II, Paris, Plon, 1932,.... Briand voit, lui aussi, dans les accords de Locarno « l’ébauche de la constitution d’une famille européenne au sein de la Société des Nations  [29][29] Le Temps, 3 décembre 1925, p. 1. ».

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Leur entrée en vigueur est, en effet, liée à l’entrée de l’Allemagne à la SDN qui a lieu officiellement le 10 septembre 1926. Celle-ci revêt d’ailleurs une forte dimension franco-allemande, car après le discours prononcé par Gustav Stresemann, appelant à la collaboration pacifique des États, à l’abaissement des barrières douanières et à la nécessité du désarmement général, le premier délégué de la France, Aristide Briand, lui répond dans un esprit de réconciliation qui frappera durablement les opinions publiques :

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« Messieurs, la paix, pour l’Allemagne et pour la France, cela veut dire : c’en est fini de la série des rencontres douloureuses et sanglantes dont toutes les pages de l’Histoire sont tachées ; c’en est fini de longs voiles de deuil sur des souffrances qui ne s’apaiseront jamais ; plus de guerres, plus de solutions brutales et sanglantes à nos différends ! […] Arrière les fusils, les mitrailleuses, les canons ! Place à la conciliation, à l’arbitrage, à la paix ! » [30][30] Journal Officiel de la SDN, 11 septembre 1926..

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Quelques jours plus tard, les deux ministres des Affaires étrangères se retrouvent pour déjeuner en toute intimité, non loin de Genève, à l’auberge de Thoiry, petit village du Jura français.

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« Une image d’amitié entre Briand et Stresemann émergea. […] Démanteler l’ennemi voulait dire le rencontrer en personne et s’adonner au rituel du manger ensemble » [31][31] John Horne, « Locarno et la politique de démobilisation....

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Briand et Stresemann semblèrent alors incarner une nouvelle figure de la mythologie politique, celle du couple franco-allemand. Cette volonté de réconciliation franco-allemande, publiquement affichée, souleva alors de grands espoirs dans le monde entier, comme en témoigne l’attribution du prix Nobel de la paix, fin 1926, aux deux ministres des Affaires étrangères.

Une réconciliation au service des intérêts nationaux

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Il est certain toutefois que cette réconciliation répondait avant tout à un choix tactique de la part des deux hommes et qu’elle leur paraissait la manière la plus efficace de servir les intérêts de leur nation respective. Si Stresemann souhaite le rapprochement avec la France, c’est qu’il espère en effet redonner à son pays une position d’influence internationale (à l’image du siège de membre permanent qu’il a obtenu au Conseil de la SDN) et ainsi œuvrer pacifiquement à la révision des traités de 1919. Il est persuadé que le potentiel de l’Allemagne (sur le plan démographique, économique, culturel) lui permettra à moyen terme, à travers une politique de coopération européenne, de peser sur l’évolution du vieux continent et de travailler à la création d’un État allemand qui engloberait toutes les populations germanophones d’Europe centrale. Les avantages qu’il escompte d’une détente des rapports franco-allemands apparaissent nettement dès le lendemain de l’adhésion de l’Allemagne à la SDN, lorsqu’il déjeune avec Briand à Thoiry (17 septembre 1926) et qu’il lui propose, en échange d’une importante aide qui serait accordée à la France (afin de lui permettre de sortir des difficultés financières et monétaires qu’elle traverse alors), une révision de certaines clauses du traité de Versailles : la restitution immédiate de la Sarre à l’Allemagne (sans référendum), la suppression de la Commission interalliée de contrôle militaire en Allemagne, l’évacuation des troupes d’occupation de la rive gauche du Rhin dans un délai d’un an, l’acceptation du retour au Reich des cantons d’Eupen et Malmédy que l’Allemagne a dû céder à la Belgique en 1919. Selon le témoignage de l’interprète de Briand, Oswald Hesnard, qui est le seul à avoir participé à ce déjeuner, le ministre français aurait alors fait preuve d’une attitude « fort réservée sur le fond, cordiale dans la forme », voyant l’Allemagne comme

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« un pays auquel il ne fait pas bon se frotter, qui exploite les choses, organise les hommes, est imbattable dans la science appliquée à l’industrie, qui est sorti de la plus terrible passe financière en créant d’un seul coup le mark-or avec quasiment rien ; qui reprend sa place, trouve le moyen d’avoir des appuis, des complices, s’arrange avec la Russie sans crier gare ; enfin un pays qui n’est pas drôle, impose à ses voisins des efforts incessants de diplomatie, d’adaptation économique, de progrès industriels et commercial et qui, avec le temps, va déterminer l’orientation de l’Occident. Briand en conclut volontiers que dans cinquante ans “la vie ne sera pas drôle” » [32][32] Jacques Bariéty (ed.), À la recherche de la paix France-Allemagne,....

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Loin d’une prétendue naïveté dont ses adversaires politiques l’accableront, Briand est en réalité convaincu depuis longtemps que l’avenir de la relation franco-allemande se fera au détriment de la France et que l’Allemagne retrouvera bientôt toute sa puissance. C’est pourquoi sa politique consiste à enserrer l’Allemagne « dans un réseau de liens et d’engagements internationaux limitant sa marge de manœuvre révisionniste » [33][33] R. Girault et R. Frank, Turbulente Europe…, op. cit.,....

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Si le gouvernement français n’a pas besoin de donner suite à la proposition allemande formulée à Thoiry, Poincaré parvenant à stabiliser le franc dans les semaines suivantes, Stresemann regrettera néanmoins jusqu’à sa mort, en 1929, l’échec de ce plan qui lui paraissait avoir brisé la dynamique du rapprochement franco-allemand [34][34] Jacques Bariéty, « Finances et relations internationales :....

Une réconciliation fragile

Des sociétés française et allemande inégalement touchées

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Cette dynamique profite grandement du contexte intérieur de stabilité politique et de prospérité économique que connaissent alors les deux pays : on peut ainsi parler pour l’Allemagne d’un « quinquennat d’or » [35][35] Johann Chapoutot, Histoire de l’Allemagne (1806 à nos... entre 1925 à 1929. L’aspiration à la paix semble toutefois moins profonde en Allemagne qu’en France, où elle est notamment portée par plusieurs millions d’anciens combattants qui entretiennent dans le pays une profonde haine de la guerre : la Fédération nationale des combattants républicains se dit par exemple convaincue, en 1925, que les « anciens combattants qui ont le plus souffert de la guerre ont le devoir moral d’être les premiers à donner l’exemple de cette réconciliation » [36][36] Le Poilu républicain, novembre 1925, p. 1.. En Allemagne, où

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« l’idéologie conservatrice et nationaliste [reste] dominante » [37][37] Gilbert Merlio, « Le pacifisme en Allemagne et en France..., le pacifisme ne rencontre pas le même écho : il « demeura un corps étranger rejeté et fortement marginalisé au sein de la société allemande » [38][38] I. Gorguet, Les mouvements pacifistes…, op. cit., ....

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Un certain nombre d’individus et de groupements s’affairent néanmoins à travailler des deux côtés du Rhin au renforcement du dialogue. Un Comité franco-allemand d’études et de documentation est ainsi fondé en 1926 à l’instigation de l’industriel Émile Mayrisch, dans le but de favoriser les contacts entre personnalités françaises et allemandes représentant le monde de l’économie, la vie intellectuelle, l’administration et la presse. Il permet notamment un rapprochement entre industriels de l’acier français et allemands à travers la création d’une Entente internationale de l’Acier. Sur le plan intellectuel, sont fondées en 1927-1928 la Deutsch-Französiche Gesellschaft (DFG) et la Ligue d’études germaniques qui s’adressent aux professeurs du secondaire et des Universités enseignant et étudiant la langue et la civilisation de l’autre pays. Elles publient des mensuels, organisent des voyages en groupe, des tournées de conférenciers, des échanges d’élèves et d’étudiants. Durant les cinq années de leur existence, elles réunissent 27 000 adhérents en Allemagne et 3 000 à 4 000 membres en France.

Le nécessaire oubli du passé

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Le processus de réconciliation continue néanmoins de butter sur l’épineux problème des responsabilités de la guerre, les Allemands refusant catégoriquement de reconnaître toute culpabilité unilatérale : en septembre 1925, à la veille de Locarno, la diplomatie allemande entend indiquer clairement qu’une éventuelle entrée du Reich à la SDN ne saurait être comprise comme une reconnaissance du

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« bien-fondé de certaines affirmations avancées pour justifier les obligations internationales de l'Allemagne, affirmations qui impliquent une charge morale pour le peuple allemand » [39][39] Déclaration verbale annexe à la note allemande du 26....

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Pour avancer dans la voie de la réconciliation, les autorités françaises et allemandes n’ont d’autre choix que d’éluder le passé récent au profit de la construction d’un avenir commun. Désormais, comme le résume le juriste et homme politique Joseph Barthélemy :

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« il s’agit en somme de regarder vers l’avenir et d’oublier le passé[40][40] C’est nous qui soulignons., de renoncer à la haine, de fraterniser avec l’ennemi d’hier ; de déclencher un souffle de sérénité pour déblayer l’horizon européen des derniers nuages, de faire commencer une ère de grande réconciliation, de détente, de collaboration, de confiance » [41][41] Joseph Barthélemy, « Après Locarno : vers les États-Unis....

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On ne retient donc de la guerre que les souffrances qu’elle a causées et qui permettent de réunir les deux pays dans une même expérience douloureuse. Comme l’écrit l’historien Nicolas Beaupré, « il faut entretenir l’idée d’une guerre certes horrible, mais symétrique, où victimes et héros sont les soldats des deux camps » [42][42] Nicolas Beaupré, Le traumatisme de la Grande Guerre,....

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D’où l’émergence, pour sortir de l’antagonisme franco-allemand, d’une rhétorique européenne qui se développe fortement dans la seconde moitié des années 1920 :

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« Nous avons le droit de parler d’un esprit européen, déclare Stresemann lors de la signature officielle des accords de Locarno à Londres en décembre 1925. L’Europe, après les douloureux sacrifices qu’elle a faits pendant la dernière guerre, ne risque-t-elle pas maintenant de perdre, par les conséquences de cette guerre, la place qui lui revient dans le monde de par son développement historique ? […] Ainsi nous avons été ébranlés ensemble et un même sort nous est fait et nous lie les uns aux autres. Nous périrons ensemble, ou bien nous nous relèverons ensemble, si nous unissons nos efforts au lieu de nous combattre » [43][43] Les Papiers Stresemann, tome II, op.cit., p. 189-1....

Le raidissement de la politique allemande

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Cette ère de confiance semble atteindre son apogée à la fin des années 1920. La conférence internationale de La Haye « pour la liquidation de la guerre » réunie en août 1929 permet en effet de trouver une solution définitive au problème des réparations avec l’adoption du plan Young qui fixe le solde de la dette allemande à 109,6 milliards de Reichsmarks, dont le remboursement est prévu sur 59 ans (c’est-à-dire jusqu’en 1988 !), mais seuls 22,6 milliards doivent être payés de manière inconditionnelle, le reste des sommes n’étant exigible que si les États-Unis continue de réclamer à ses anciens alliés le remboursement de ses créances. D’autre part, toutes les troupes alliées devront avoir évacué la Rhénanie avant le 30 juin 1930 et la France renonce ainsi au principal moyen dont elle disposait pour maintenir sa pression sur l’Allemagne. Pour Stresemann, qui meurt le 3 octobre 1929, les accords de La Haye sont un dernier succès diplomatique ; mais le plan Young déchaîne l’agitation nationaliste en Allemagne : le parti national-populaire allemand (DNVP) fait campagne commune avec le parti national-socialiste de Hitler, des représentants du Stahlhelm, de la ligue pangermanistes et des représentants de la grande industrie, pour la tenue d’un plébiscite « contre le plan Young et le mensonge des dettes de guerre ». Parvenant à réunir les signatures de 10 % du corps électoral, le gouvernement est contraint d’organiser un plébiscite, largement perdu le 22 décembre 1929 [44][44] Nicolas Beaupré, Le traumatisme…, op. cit., p. 93..

39

Afin d’encadrer le danger allemand, Briand tente alors une ultime manœuvre et propose à la tribune de la SDN, le 5 septembre 1929, d’instituer « une sorte de lien fédéral » entre les nations européennes. Le projet français est plutôt bien accueilli dans l’immédiat et les 27 États européens membres de la Société des Nations chargent Briand de rédiger un mémorandum qui servira de base à la consultation des gouvernements. Mais après la mort de Stresemann, le nouveau ministre allemand des Affaires étrangères, Curtius, et le secrétaire d’État Bernhard von Bülow sont partisans d’une politique de révision rapide afin d’apporter des satisfactions à l’opinion nationaliste. Craignant que le projet de Briand ne favorise le statu quo, ils œuvrent pour lui assurer un « enterrement de première classe ». Comble de malchance pour Briand, la crise boursière américaine atteint l’Allemagne dès l’automne 1929, celle-ci étant très dépendante des capitaux américains, et provoque aussitôt un fort chômage (14 % de la population active dès janvier 1930). « Locarno avait ouvert une fenêtre d’opportunité qui était en train de se refermer » [45][45] Zara Steiner, The Lights that Failed, European International...… Le processus de réconciliation devait s’en retrouver d’autant contrarié.

40

En se démarquant de toute illusion rétrospective, on est néanmoins frappé par le caractère relativement semblable des processus de réconciliation franco-allemande à l’œuvre au lendemain des deux conflits mondiaux. On remarque d’abord que leur chronologie est assez voisine, puisque dans les deux cas c’est environ cinq années après la fin de la guerre que le rapprochement démarre officiellement, en 1924-1925 avec les conférences de Londres et de Locarno, en 1950 avec le plan Schuman de Haute Autorité du charbon et de l’acier. Dans les deux cas, on constate que l’esprit de réconciliation a été diffusé de manière pionnière par certains secteurs de la société civile. Ensuite, il a été endossé par un couple de dirigeants français et allemand dont l’entente personnelle s’est révélée d’une importance considérable : Briand-Stresemann dans les années 1920 ou Schuman-Adenauer dans les années 1950. À chaque fois, les intérêts nationaux ont constitué un facteur décisif du rapprochement, l’Allemagne y voyant notamment le moyen d’atténuer les conséquences de sa défaite. Les pressions extérieures ont également beaucoup pesé en faveur du rapprochement, influence anglo-américaine dans les années 1920, plus proprement américaine après 1945. Constatons enfin, d’un après-guerre à l’autre, la volonté d’inscrire la réconciliation franco-allemande dans un cadre européen : tentative avortée de Briand de créer une Union fédérale européenne à la fin des années 1920, construction réussie d’une Europe communautaire après 1950. Tous ces éléments doivent donc renforcer notre conviction : les processus à l’œuvre en faveur de la réconciliation franco-allemande après l’hécatombe de 1914-1918 n’étaient pas inévitablement vouées à l’échec même s’ils étaient nécessairement fragiles. Notons de surcroît, avec Ilde Gorguet, que « ceux qui [ont] participé à l’ébauche d’un dialogue dans les années 1920 poursuivirent dans plus d’un cas leur action au sortir de la guerre de 1945 [46][46] I. Gorguet, Les mouvements pacifistes…, op. cit., ... ».

Notes

[1]

Stephan Martens, « La réconciliation franco-allemande comme leçon historique », dans Stephan Martens, Michel De Waele (dir.), Vivre ensemble, vivre avec les autres. Conflits et résolutions de conflits à travers les âges, Villeneuve d’Ascq, Presses du Septentrion, 2012, p. 158.

[2]

Serge Sur, Un monde en miettes. Les relations internationales à l’aube du xxe siècle, Paris, La Documentation française, 2010, p. 225.

[3]

Cf. Corine Defrance, « Construction et déconstruction du mythe de la réconciliation franco-allemande au 20e siècle », dans Ulrich Pfeil (dir.), Mythes et tabous des relations franco-allemandes au vingtième siècle, Berne, Peter Lang, 2012, p. 75-76.

[6]

John Horne, « Guerres et réconciliations européennes au 20e siècle », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, nº 104, 4-2009, p. 3.

[7]

Ibid., p. 8.

[8]

L’Homme Libre, 13 octobre 1926, p. 1.

[9]

Cf. Jacques Bariéty et Raymond Poidevin, Les relations franco-allemandes 1815-1975, Paris, Armand Colin, 1977.

[10]

Cf. Nicolas Beaupré, « Occuper l’Allemagne après 1918 », Revue historique des armées, nº254, 2009, p. 9-19.

[11]

Georges-Henri Soutou, La Grande illusion. Quand la France perdait la paix, 1914-1920, Paris, Tallandier, 2015, p. 350.

[12]

Cité dans Leila J. Rupp, Worlds of Women: The making of an International Women’s movement, Princeton, Princeton University Press, 1997 p. 118.

[13]

Mona L. Siegel, “International Congress of Women: Antiwar Protest of Women in World War I”, dans Bernard A. Cook, Women and War: A Historical Encyclopedia from Antiquity to the Present, Santa Barbara, ABC-Clio, 2006, p. 304.

[14]

Olivier Prat, « “La Paix par la jeunesse”. Marc Sangnier et la réconciliation franco-allemande, 1921-1939 », Histoire@Politique, nº10, 1/2010, [en ligne] www.cairn.info/revue-histoire-politique-2010-1-page-4.htm.

[15]

Cité dans Olivier Prat, « Marc Sangnier et la paix : Bierville et les Congrès démocratiques (1921-1932) », thèse de doctorat en histoire, université Paris-Sorbonne, 2003, p. 189.

[16]

Lettre du 1er décembre 1921, citée dans Sophie Lorrain, Des pacifistes français et allemands, pionniers de l’entente franco-allemande (1871-1925), Paris, L’Harmattan, 1999, p. 193.

[17]

Cité dans Ilde Gorguet, Les mouvements pacifistes et la réconciliation franco-allemande dans les années vingt (1919-1931), Berne, Peter Lang, 1999, p. 23.

[18]

Ibid., p. 25.

[19]

I. Gorguet, Les mouvements pacifistes…, op. cit., p. 42-43.

[20]

O. Prat, Marc Sangnier…, op. cit., p. 262. Voir également Gearóid Barry, The disarmament of hatred. Marc Sangnier, French Catholicism and the legacy of the First World War, 1914-45, New York, Palgrave Macmillan, 2012, p. 96.

[21]

O. Prat, Marc Sangnier…, op. cit., p. 263.

[22]

S. Lorrain, Des pacifistes français…, op. cit., p. 221.

[23]

Patrick O. Cohrs, The Unfinished Peace after World War I. America, Britain and the Stabilisation of Europe, 1919-1932, Cambridge, Cambridge University Press, 2006.

[24]

René Girault et Robert Frank, Turbulente Europe et nouveaux mondes, 1914-1941, Paris, Payot, 2004, p. 258.

[25]

Bertrand de Jouvenel, Vers les Etats-Unis d’Europe, Paris, Valois, 1930, p. 144.

[26]

« Déclaration verbale annexe », 26 septembre 1925, reproduit dans Ministère des Affaires étrangères, Pacte de sécurité, vol. II, Paris, Imprimerie des Journaux officiels, 1925, p. 11.

[27]

Protocole final de la conférence de Locarno, 16 octobre 1925, reproduit dans Ministère des Affaires étrangères, op. cit., p. 16.

[28]

Les Papiers de Stresemann, t. II, Paris, Plon, 1932, p. 190.

[29]

Le Temps, 3 décembre 1925, p. 1.

[30]

Journal Officiel de la SDN, 11 septembre 1926.

[31]

John Horne, « Locarno et la politique de démobilisation culturelle : 1925-1930 », dans 14-18 aujourd’hui, Paris, Noesis, 2002, p. 77.

[32]

Jacques Bariéty (ed.), À la recherche de la paix France-Allemagne, Les carnets d’Oswald Hesnard (1919-1931), Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, 2011, p. 249-250 [vendredi 17 septembre 1926].

[33]

R. Girault et R. Frank, Turbulente Europe…, op. cit., p. 260.

[34]

Jacques Bariéty, « Finances et relations internationales : à propos du “plan de Thoiry” (septembre 1926) », Relations internationales, 1980, nº 21, p. 51-70.

[35]

Johann Chapoutot, Histoire de l’Allemagne (1806 à nos jours), Paris, PUF, 2014, p. 74.

[36]

Le Poilu républicain, novembre 1925, p. 1.

[37]

Gilbert Merlio, « Le pacifisme en Allemagne et en France entre les deux guerres mondiales », Les cahiers Irice, nº 8, 2-2011, p. 47, http://www.cairn.info/revue-les-cahiers-irice-2011-2-page-39.htm.

[38]

I. Gorguet, Les mouvements pacifistes…, op. cit., p. 281.

[39]

Déclaration verbale annexe à la note allemande du 26 septembre 1925, reproduite dans Ministère des Affaires étrangères, Pacte de sécurité, vol. II, Paris, Imprimerie des journaux officiels, 1925, p. 11.

[40]

C’est nous qui soulignons.

[41]

Joseph Barthélemy, « Après Locarno : vers les États-Unis d’Europe », Revue politique et parlementaire, 10 novembre 1925, p. 239.

[42]

Nicolas Beaupré, Le traumatisme de la Grande Guerre, 1918-1933, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2012, p. 213.

[43]

Les Papiers Stresemann, tome II, op.cit., p. 189-190.

[44]

Nicolas Beaupré, Le traumatisme…, op. cit., p. 93.

[45]

Zara Steiner, The Lights that Failed, European International History, 1919-1933, Oxford, Oxford University Press, 2005. p. 632.

[46]

I. Gorguet, Les mouvements pacifistes…, op. cit., p. 297.

Plan de l'article

  1. Un difficile « désarmement des haines »
    1. L’action pionnière des mouvements pacifistes
    2. La poursuite du dialogue, malgré la crise de la Ruhr
  2. Londres, Locarno, Genève : les chemins de la réconciliation officielle
    1. La naissance d’un premier couple franco-allemand
    2. Une réconciliation au service des intérêts nationaux
  3. Une réconciliation fragile
    1. Des sociétés française et allemande inégalement touchées
    2. Le nécessaire oubli du passé
    3. Le raidissement de la politique allemande

Pour citer cet article

Guieu Jean-Michel, « Le rapprochement franco-allemand dans les années 1920 : esquisse d’une véritable réconciliation ou entente illusoire ? », Les Cahiers Sirice, 1/2016 (N° 15), p. 25-40.

URL : http://www.cairn.info/revue-les-cahiers-sirice-2016-1-page-25.htm


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