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Matériaux pour l’histoire de notre temps

2006/2 (N° 82)

  • Pages : 138
  • Éditeur : BDIC

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I l catalogo è questo

(Leporello)
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1 « Par pur hasard, ou plutôt selon la règle qui préside la recherche de l’inconnu » : Il y a longtemps, ces paroles de Carlo Dionisotti semblèrent à Adriano Prosperi et à l’auteur de ces lignes appropriées pour introduire, au terme d’un travail mené en commun sur un texte religieux du XVIe siècle, quelques considérations sur le croisement du hasard et des présupposés (idéologiques ou autre) au cours de la recherche historique [1][1] C. Dionisotti, « Resoconto di una ricerca interrota », Annales.... Je reviens sur le même thème depuis un quart de siècle, marqué entre autre par la diffusion massive de l’informatique. Je tenterai ainsi de réfléchir sur un usage particulier (parmi les nombreux possibles) de l’ordinateur.

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Orion (prononcer à l’anglaise Oraion) est le nom du logiciel qu’utilise le catalogue en ligne de la Research Library de l’Université de Californie à Los Angeles (Ucla). Par extension, Orion — aujourd’hui remplacé par une version qui prétend être plus avancée, Orion [2][2] Cf. G.P. Landow, L’ipertesto. Tecnologie digitali e... — a fini par désigner le catalogue lui-même. En ce qui concerne l’informatique, je suis malheureusement un analphabète. Ma pratique d’Orion repose sur quelques commandes de base peut-être mal effectuées. Je dis « peut-être » car j’ai l’impression que les catalogues de bibliothèque (les catalogues électroniques ne dérogent pas à la règle) ont été conçus de tout temps pour permettre à ceux qui les utilisent de ne trouver que ce qu’ils cherchent. Moi-même, je les utilise ainsi. Mais je les utilise également très souvent dans un objectif autre, sinon opposé : celui de trouver ce que je ne cherche pas du tout, voire même ce dont je ne soupçonne pas l’existence.

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Il s’agit de quelque chose d’assez évident. Si le hasard, comme nous le rappelle avec autorité Dionisotti, est la règle qui préside la recherche de l’inconnu, il semble évident que le chercheur doive s’efforcer de multiplier les possibilités en procédant à tâtons. J’ignore combien de chercheurs ont consacré une part considérable de leur temps en flânant au hasard des catalogues électroniques, ou catalogues-papier, des bibliothèques. Mais étant donné que je fais partie de ce groupe, peu importe qu’il soit petit ou grand, je tenterai d’expliquer les conséquences et les avantages possibles de cette manière de procéder.

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2 Commençons par rendre explicite un présupposé tacite parce que (pour changer un peu) évident. Au cours de la recherche, le hasard absolu n’existe pas car aucune recherche ne part de zéro. Le hasard a des limites avant tout liées au travail de sélection que d’autres ont fait auparavant. Celui qui recourt à un répertoire quel qu’il soit — dictionnaire, annuaire téléphonique ou catalogues des ouvrages d’une bibliothèque — sait déjà avec certitude ce qu’il ne pourra pas y trouver. Mais ces limites préliminaires peuvent être tracées ultérieurement. Je prendrai deux exemples tirés de ma propre expérience. Au début des années 1960, j’ai mené une recherche sur le fonds du Saint-Office aux Archives d’État de Venise. Ce que je recherchais ne m’était pas clair ; je savais simplement qu’il s’agissait de procès en sorcelleries. L’inventaire manuscrit du fonds vénitien du Saint-Office rédigé à la fin du XIXe siècle me permit de repérer un nombre important de procès classés (parfois de manière inexacte) sous des rubriques comme « sorcellerie », « ensorcellement », « magie », « superstition ». Il aurait fallu des mois, peut-être même des années, pour tous les examiner. Ne pouvant rester à Venise qu’un peu plus d’une semaine, je décidais de consulter chaque jour trois fichiers au hasard (c’était, à cette période, le nombre maximum de recherches autorisées). Comme je l’ai raconté ailleurs, c’est à partir de cette recherche effectuée à tâtons qu’apparurent les Benandanti auxquels j’ai consacré un livre [3][3] C. Ginzburg, Les batailles nocturnes. Sorcellerie et... dix années plus tard. Au cours de l’étude déjà mentionnée, menée en collaboration avec Adriano Prosperi, nous nous sommes mis à éplucher les catalogues de bibliothèque disponibles à la recherche de mots comme « livre » ou « traité », ou de noms tels que Francesco, Domenico, Marco et ainsi de suite — des auteurs qui avaient pu appartenir aux ordres religieux [4][4] C. Ginzburg, A. Prosperi, Giochi di pazienza, Torino,....

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Le point commun entre ces deux exemples est le recours au hasard, à partir d’hypothèses raisonnables, pour faire face au déséquilibre entre une masse documentaire considérable et un temps humain limité : ars longa vita brevis. De même, celui qui est prêt à explorer systématiquement un fonds d’archives ressentira comme absurde l’idée d’examiner de manière systématique tous les livres d’une grande bibliothèque — ensemble par définition hétérogène. Mais préciser un thème de recherche générique comme « la sorcellerie » à travers une série de sondages archivistiques effectués au hasard est en soi plutôt banal. La tentative de délimiter, à force de coups lancés à l’aveuglette comme au jeu des enfants de la bataille navale, un objet aux contours encore inconnus, est plus intéressante : l’ensemble dans lequel insérer un texte religieux à grand succès comme le « Trattato utilissimo del beneficio di Giesu Christo ».

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Les catalogues en ligne offrent d’autres possibilités : parmi elles, la découverte (inventio), grâce au hasard, d’un nouvel objet de recherche. J’utiliserai un exemple tiré encore une fois de mon propre travail.

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3 Il y a deux ans, tandis que j’écrivais un essai sur Voltaire (qui sera bientôt publié), je tentais une petite expérience. Je choisis un passage au hasard, situé presque au début du Traité de métaphysique de Voltaire. Un être provenant d’une étoile très lointaine, qui rejoint la terre, s’exprime en ces termes : « […] descendu sur ce petit amas de boue, et n’ayant pas plus de notion de l’homme que l’homme n’en a des habitants de Mars ou de Jupiter, je débarque vers les côtes de l’océan, dans le pays de la Cafrérie et d’abord je me mets à chercher un homme. Je vois des singes, des éléphants, des nègres, qui semblent tous avoir quelque lueur d’une raison imparfaite[5][5] Voltaire, Mélanges, préface de E. Beri sous la direction.... »

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Pour Voltaire et ses lecteurs, chaque mot de ce passage renvoyait à un ensemble de références et associations que l’on ne connaît qu’imparfaitement. Peut-être (pensais-je) le catalogue en ligne de la bibliothèque d’Ucla pourrait-il m’aider à repérer, pour le moins de manière conjecturale, quelques éléments moins connus de ce réseau. Je décidais de circonscrire la recherche en partant d’un nom propre, plus précisément du nom propre le moins banal parmi les noms récurrents dans le passage : Cafrerie. Puisque le thème de mon essai était la tolérance, et donc également le rapport de Voltaire à l’esclavage, on pourrait m’objecter qu’en jouant mon va-tout sur un nom de pays africain, je jouais avec des dés partiellement pipés. Je l’admets, même si — comme on le verra — cela n’a pas invalidé les résultats de mon expérience. Je demandais à Orion « fnt Cafrerie » e « fkw Cafrerie », à savoir : quels livres du catalogue d’Ucla présentaient, soit dans leurs titres, soit comme nom d’auteur, le mot « Cafrerie ». (Les sigles signifiaient « finds name and title », « finds key words ») [6][6] La requête « fnt » a disparu de la dernière version.... À chaque fois la réponse fut nulle. Je retentai une nouvelle fois avec le mot « Cafres ». Treize résultats apparurent sur l’écran. La référence la plus ancienne était : Jean-Pierre Purry, Mémoire sur le pais des Cafres et la terre de Nuyts, Amsterdam 1718. Ce titre m’intrigua, l’auteur m’était parfaitement inconnu. Je cherchais le livre parmi les étagères : il s’agissait d’une photocopie de l’édition originale, accompagnée d’un autre texte, du même auteur, lui aussi photocopié, intitulé : Second mémoire sur le Pais des Cafres, et la terre de Nuyts, Amsterdam, 1718. En parcourant les pages du livre, je pensais que l’auteur, très vraisemblablement un protestant, était un partisan de l’expansion coloniale européenne et un test idéal pour la thèse de Max Weber sur l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme. Dix minutes environ s’écoulèrent jusqu’à l’apparition du titre du premier Mémoire sur l’écran de Orion. La possibilité que Voltaire ait pu tomber sur ces pages m’était immédiatement et pour toujours sortie de l’esprit. Ces dernières m’ont intrigué et depuis n’ont cessé de me hanter. Un premier compte-rendu de ma recherche est sorti depuis peu, dans les Actes d’un congrès sur la globalisation tenu à Istanbul et je travaille en ce moment à une version plus large, qui je l’espère, deviendra un petit livre.

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Je ne chercherais pas à présenter sous forme abrégée des résultats encore provisoires (je dirais seulement que la proposition de soumettre à vérification la thèse de Weber s’est beaucoup compliquée chemin faisant). Ce qui m’intéresse ici est le procédé qui a déclenché ma recherche.

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4 En cherchant au hasard, j’avais trouvé le titre d’un livre qui m’était inconnu, écrit par un auteur qui me l’était tout autant : un fait établi (Tatsache) à partir duquel il était possible d’inférer certains faits à vérifier, à commencer par le premier et le plus évident — l’existence du livre en question. D’autres éléments, eux aussi à vérifier, émergèrent de la lecture des Mémoires de Purry. N’importe quelle enquête historique procède plus ou moins de cette façon. L’idée de provoquer délibérément la phase, qui peut être également très brève, entre l’apparition du hasard et la formulation des premières hypothèses de recherche, est toutefois moins attendue. Mais les catalogues en ligne nous offrent la possibilité d’« exploiter le hasard » en faisant apparaître une multitude de faits avérés non « médiatisées » (c’est-à-dire non contaminées) par des catégories déjà établies. Dans un catalogue par sujet, j’aurais dû chercher des mots comme « esclavage », « colonialisme », « impérialisme » : le catalogue en ligne me permettait de faire apparaître sur l’écran une liste fortuite de livres que possédait la bibliothèque de l’Ucla qui contenaient dans leur titre le mot « Cafres ». Si j’étais parti d’un nom commun — par exemple « singes », ou « lueur », pour rester à l’intérieur de l’extrait du texte de Voltaire — l’ensemble se serait révélé encore plus hétérogène. L’ordinateur démultiplie la possibilité de nous surprendre par un fait établi imprévu. Mais cette surprise est-elle intellectuellement féconde ? Et dans ce cas, pour quelles raisons ?

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La réponse à la première question ne pourra venir que de résultats obtenus selon la stratégie de recherche que je suis en train de décrire. Je ne chercherai à répondre ici qu’à la seconde en clarifiant les pré-conditions du recours au hasard. Ce qui signifie tenir pour d’une évidence décisive les questions posées à la documentation : mais cela complique aussi le dialogue en introduisant les éléments, qui correspondent à des faits avérés, et qui perturbent — ceux qu’on ne cherche pas, ou plutôt ceux dont on ne soupçonne même pas l’existence. Cette stratégie permet en premier lieu de contourner ne seraient-ce que les hypothèses de départ. Le catalogue en ligne, interrogé de manière opportune, se fait l’avocat du diable. Bien sûr, le trouble peut durer une fraction de seconde : généralement, les questions, les prémices reprennent immédiatement la situation en main. Mais il faut continuer de s’interroger sur la question qui n’a pas été prévue. Dans la recherche, de même qu’aux échecs, les ouvertures sont importantes, parfois décisives. Et dans chaque cas, elles ont des conséquences décisives [7][7] Sur ce point je vous renvoie à C. Ginzburg, A. Prosperi,....

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Les philosophes de l’Antiquité nous ont enseigné que l’étonnement, la surprise engendrent la connaissance. Les ré-élaborations modernes de ce thème ont souligné l’importance de l’éloignement qui peut aider à atteindre une connaissance moins superficielle [8][8] C. Ginzburg, Ochiali di legno, Milano, 1998, pp. 1.... Le recours délibéré au hasard comme moteur de recherche peut être comparé aux frottages de Max Ernst : des images qui partent d’un ensemble plus ou moins fortuit d’objets naturels. La poétique de la recherche que je suis en train de décrire est certainement indirectement inspirée de la poétique du XXe siècle (principalement surréaliste) de L’objet trouvé. Mais comme on le sait, cette dernière a des racines bien plus anciennes : de l’image née par hasard qui est au centre d’une fameuse anecdote rapportée par Pline, au passage non moins fameux dans lequel Leonard de Vinci suggérait au peintre de s’inspirer des taches laissées sur les murs par l’humidité [9][9] E.H. Gombrich, Art and illusion, London 1960 (« The.... La tache sur le mur est comparable au titre apparu de façon tout à fait fortuite sur l’écran du catalogue en ligne. Dans un monde comme le nôtre que le savoir ne parvient plus à dominer (ainsi que l’écrivait Erich Auerbach il y a cinquante ans), la recherche ne doit pas partir de grandes catégories conceptuelles mais de points de départ (Ansatzpunkte) concrets, saisis intuitivement, puis approfondis peu à peu [10][10] E. Auerbach, « Philology and Weltiteratur », The centennial.... Concrets, et j’ajouterais volontiers : hasardeux. Mais naturellement je ne pense pas du tout que cela puisse être érigé en règle.

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5 Dans le paragraphe précédent, j’ai avancé d’une manière purement théorique la possibilité de prolonger l’expérience sur le passage de Voltaire, sélectionné au hasard, en suivant une autre piste : à partir non plus d’un nom propre mais d’un nom commun, par exemple « lueur ». Je n’ai pas résisté à la curiosité et j’ai consulté le catalogue en ligne de l’Ucla sur Internet. Sous le mot clé « lueur », 16 titres sont répertoriés. Encore une fois je me suis attardé sur le plus ancien, un opuscule anonyme conservé dans les collections spéciales de la bibliothèque : Dialogue des morts : le trois pour cent, le droit d’aînesse, et la loi d’amour : conversation infernale, sténographiée le 17 avril 1827, à la lueur des lampions.

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Pourquoi est-ce précisément cet extrait qui a attiré mon attention ? Je crois avoir pensé (mais entre temps j’avais déjà cliqué pour consulter les informations typographiques : Paris, Marchands de nouveauté, 1827, 50 p., 11 cm) aux illustrations de Delacroix pour le Faust de Goethe et à la Peau de chagrin de Balzac, une autre variation française sur le thème de Faust (1831). Je n’ai pas pensé au renvoi implicite à Fontenelle et à Lucien contenu dans le titre (Dialogue des morts). Je me suis mis en revanche à songer à ce qui semble être un pamphlet pour la défense des privilèges des rentiers, formulé en plaisantant dans le langage démoniaque à la mode de cette période. Infernale, lampions, sténographiée : un beau mélange romantique sur lequel Balzac aurait peut-être jeté un coup d’œil [11][11] C. Ginzburg, No Island is an Island, New York, 2000,.... Soyons clair, je ne pense pas du tout à une étude limitée aux seuls titres, travail qui ne risquerait pas d’inventer l’eau tiède comme cela s’est vu par le passé [12][12] Livre et société dans la France du XVIIIe siècle, Paris,.... Il faudrait lire le pamphlet Dialogue des morts en découvrant peut-être qu’il s’agit d’un texte parfaitement inintéressant. Mais le catalogue en ligne offre d’autres voies, à explorer éventuellement. Le mot clé « trois » me donne 4 415 titres, que je décide d’ignorer. Mais en réduisant la recherche aux mots clé « trois pour cent », 21 titres apparaissent. Parmi eux, cinq sérieux et plaisants, anonymes ou non, tous parus les mêmes années, correspondent à autant de voies qui permettraient de reconstituer le contexte du pamphlet dont ils sont (ou mieux dont ils ne sont pas encore) issus :

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  • Bonnardin. Oraison funèbre de Vinfortuné trois pour cent, mort à la fleur de son âge, 1825 ;

  • Des trois pour cent de Vindemnité de la conversation des cinq pour cent, du remboursement [1825 ?] ;

  • Cyprien Desmarais, Épître au trois pour cent, 1825 ;

  • Armand Séguin, De la création des trois pour cent et de Vannihilation des rachats de rentes, dans leurs rapports avec les rentiers, les indemnisés, les contribuables et l’État, 1827.

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À ce point, quelqu’un objectera que ma fatigue a été légère et inutile : n’importe quelle histoire de la politique financière de la France durant la Restauration aurait pu m’éclairer immédiatement sur le contexte de cet opuscule polémique. Mais partant du contexte, je ne serais jamais arrivé au Dialogue des morts, qu’il me reste encore à lire. Si jamais je le lis, je le ferai en pensant à Balzac et à la Peau de Chagrin : en partant de questions (et de présupposés) qui n’auraient jamais pu me mener à ce texte.

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6 Beaucoup de ce qui précède est évident. Je conclurai par une autre évidence : tant l’empirisme radical que l’anti-empirisme (ou l’hyper constructivisme) radical sont des simplifications abusives. Dans l’activité de recherche, le va et vient entre faits établis et prémices est bien plus complexe, comme j’ai tenté de le démontrer en partant d’un point de vue très restreint. C.G.

Notes

(Traduction Olivier Ouzilou et David Victor)

[1]

C. Dionisotti, « Resoconto di una ricerca interrota », Annales de l’École normale supérieure de Pise, Classe de lettre et philosophie, s. II, vol XXXVII (1968), p. 259 (cit. in C. Ginzburg et A. Prosperi, Giochi di pazienza. Un seminario sul “Beneficio del Cristo”, Torino, 1975, p. 125).

[2]

Cf. G.P. Landow, L’ipertesto. Tecnologie digitali e critica letteraria, sous la direction de P. Ferri, Milano 1998 (Hypertext 2, Baltimore 1994) pp. 155 sgg., notamment p. 161 avec une référence à un article que je n’ai pas pu lire : G.P. Landow-P. Khan, « The pleasures of possibility : What is disorientation in hypertext », Journal of Computing in higher education, 4 (1993), pp. 57-78.

[3]

C. Ginzburg, Les batailles nocturnes. Sorcellerie et rituels agraires en Frioul, XVIe et XVIIe siècles, traduit de l’italien par Giordana Charuty, Verdier, 1980. « Witches and Shamans », New Left Review, 200, July-August 1993, pp. 75-85.

[4]

C. Ginzburg, A. Prosperi, Giochi di pazienza, Torino, 1975.

[5]

Voltaire, Mélanges, préface de E. Beri sous la direction de J. van den Heuvel, Paris, 1961, pp. 159-60.

[6]

La requête « fnt » a disparu de la dernière version de Orion 2.

[7]

Sur ce point je vous renvoie à C. Ginzburg, A. Prosperi, Giochi di pazienza (op. cit.), même si aujourd’hui j’accorderais moins d’importance au contrôle exercé par les prémices de la recherche.

[8]

C. Ginzburg, Ochiali di legno, Milano, 1998, pp. 15-39.

[9]

E.H. Gombrich, Art and illusion, London 1960 (« The image made by chance »).

[10]

E. Auerbach, « Philology and Weltiteratur », The centennial Review, 13, 1969, pp. 1-17 (« Philologie der Weltiteratur », in Weltliteratur. Festgabe für Fritz Strich, a cura di W. Hensen, W. Muschg, E. Staiger, Bern, 1952, pp. 39-50).

[11]

C. Ginzburg, No Island is an Island, New York, 2000, pp. 73-75. En français : Nulle île n’est une île. Quatre regards sur la littérature anglaise. Traduit de l’italien par Martin Rueff, Verdier, 2005.

[12]

Livre et société dans la France du XVIIIe siècle, Paris, 1965.

Résumé

Français

Le catalogue en ligne, habilement interrogé, se fait l’avocat du diable. Ce que nous obtenons peut surprendre. Mais cet étonnement ne durera pas plus d’une minute. Généralement les questions, en particulier les prémisses idéologiques, reprennent immédiatement la situation en main. Mais il faut continuer de s’interroger sur la question qui jaillit de façon imprévisible par hasard. Dans la recherche, comme aux échecs, les ouvertures sont importantes, voire décisives.

English

Conversation with Orion – the on-line catalogue of the UCLA library The online catalogue, if properly questioned, plays the role of the devil’s advocate. What we get may initially seem puzzling. Yet, this bewilderment will only last for a minute. Generally, premises (in particular, ideological premises) immediately regain control of the situation. However, we still have to deal with the unforeseen question raised by random choice. Like in chess, openings in research are important, at times decisive.

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