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Le 13 novembre 2015, à 22h59, sept minutes après le début de l’édition spéciale de LCI-TF1, la présentatrice lance : « C’est horrible, on a l’impression de revivre un peu ce qu’on avait vécu au moment des attentats de janvier. Cette fois, je crois que c’est clair, on parlera des attentats du 13 novembre 2015 ». Cette capacité à nommer l’événement, alors que son étendue et sa portée sont à peine appréhendées, et à le sérialiser, en le situant par rapport à des événements antérieurs de même nature, montre que ce qui vient de survenir ce 13 novembre se produit dans une société qui se conçoit et se perçoit déjà comme une société post-attentats, capable, au-delà du choc, de faire fonctionner des mécanismes discursifs et des catégories de sens pour traiter l’événement et y faire face aussi bien cognitivement que normativement et émotionnellement.
Au cours des années 2000, selon le baromètre de la menace terroriste de l’IFOP, un Français sur deux en moyenne considérait la menace terroriste comme « élevée ». Après l’affaire Merah en 2012, ce ressenti touche désormais les trois quarts des enquêtés. Mais le taux bondit vraiment après les attentats de janvier 2015, quand il devient supérieur à 90 %. Surtout, la répartition entre ceux qui, parmi les enquêtés, pensent que la menace terroriste est « très élevée » et ceux qui pensent qu’elle est seulement « élevée » – jusqu’alors majoritaires – s’inverse pour la première fois. Initié en 2001 après le 11-Septembre, ce baromètre de la menace terroriste renvoie l’image d’une société française qui, à partir de 2012, semble avoir intégré majoritairement l’idée de devoir vivre avec une menace terroriste aiguë et permanente…

Français

À partir d’une analyse de contenu et de discours des éditions télévisées spéciales des 13 et 14 novembre 2015, cet article analyse comment l’hétérogénéité des mises en récit de l’événement terroriste façonne des cadres interprétatifs distincts. Intégrant en partie des phénomènes prédiscursifs, les discours énoncés en direct contiennent les sédiments de récits antérieurs et à venir. L’étude de cet ensemble discursif invite à s’interroger sur la définition d’une société « post-attentats ».

  • télévision
  • discours médiatique
  • information
  • terrorisme
  • attentats du 13 novembre 2015
Español

Los atentados del 13 de noviembre en vivo en la televisión: las narraciones del evento y de sus ramificaciones

‪Basado en un análisis de contenido de ediciones especiales de televisión del 13 y 14 de noviembre de 2015, este artículo analiza cómo la heterogeneidad de la narración del evento terrorista forma distintos marcos interpretativos. Integrando parcialmente fenómenos prediscursivos, los discursos enunciados en vivo contienen los sedimentos de relatos pasados y futuros. El análisis de este discursos nos invita a cuestionar la definición de una sociedad «post-atentado».‪

  • televisión
  • discurso mediático
  • terrorismo
  • información
  • atentado del 13-Noviembre
Pierre Lefébure
Université Paris 13, IRISSO
Émilie Roche
Université Paris 3, CIM-ERCOMES
Claire Sécail
CNRS, IRISSO
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Mis en ligne sur Cairn.info le 15/11/2018
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