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En 1986, Médecins du monde (MDM) ouvrait un centre de soins gratuits rue de la Clef dans le 5e arrondissement de Paris. Un an plus tard, Médecins sans frontières (MSF) inaugurait un centre médico-social à Saint-Denis, en proche banlieue parisienne. Trente ans plus tard, ces organisations sont toujours présentes sur le sol national et leurs interventions sont couramment appelées « missions France ». Elles furent intermittentes pour MSF : après avoir suspendu ses activités en 2004, l’ONG ouvrait un centre médico-psychologique pour demandeur.ses d’asile à Paris en 2007 avant de le fermer en 2012. Des consultations aux couleurs de l’association sont menées entre 2015 et 2016 dans les camps de migrant.es à Calais, Coquelles, Sangatte et Grande-Synthe. En novembre 2017, un centre d’accueil pour les mineur.es étranger.ères non accompagné.es est inauguré à Pantin. Pour MDM, la présence en France est continue depuis les années 1980 : quinze Centres d’accueil, de soins et d’orientation (Caso), héritiers du dispensaire de la rue de la Clef, sont toujours actifs en France après un pic à plus de vingt dans la seconde moitié des années 2000, auxquels il faut ajouter une cinquantaine de programmes hors centres, en prison, itinérants ou encore dans des « déserts médicaux ». En 2016, l’association s’est illustrée par une campagne d’affichage dénonçant les prix particulièrement élevés des nouveaux médicaments pris en charge par la Sécurité sociale.
Quelle signification donner à cette irruption dans leur pays d’origine d’organisations humanitaires internationales, qui s’étaient initialement illustrées par leurs opérations, parfois spectaculaires, dans les pays du Sud …

Français

Ouvrir des dispensaires en France ? Pour des organisations humanitaires spécialistes de l’intervention d’urgence dans les pays du Sud global, la proposition n’avait rien d’évident. C’est pourtant ce choix qu’ont fait Médecins du monde et Médecins sans frontières à la fin des années 1980. Dans cet article, Caroline Izambert interroge les relations entre ces actions « à domicile » et l’expérience de l’urgence et de la pénurie dans les Suds qu’avaient ces ONG. Comment ces circulations Sud-Nord ont-elles sensibilisé aux conséquences sanitaires de la précarité et contribué à définir le travail d’organisation de l’accès aux soins et l’action politique de ces ONG – qui ont joué un rôle important dans la mise en place de la Couverture maladie universelle et de l’Aide médicale d’État pour les migrant.es ?

Caroline Izambert
Responsable plaidoyer et mobilisations citoyennes de l’association de lutte contre le sida AIDES, Caroline Izambert a soutenu une thèse sur l’accès des étranger.ères à la couverture maladie, depuis les années 1980 jusqu’à nos jours.
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Mis en ligne sur Cairn.info le 07/06/2019
https://doi.org/10.3917/mouv.098.0095
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