CAIRN.INFO : Matières à réflexion

L’engouement actuel, tant académique que militant, pour le thème du « municipalisme » conduit, sans surprise, à un grand mélange d’expériences de toute nature, partageant un petit dénominateur commun : celui de repolitiser l’échelle locale, a priori municipale, en proposant d’en faire un espace de rupture plus ou moins radical avec l’ordre politique et économique actuel, allant d’une démocratisation des institutions à la production de politiques publiques sortant du dogme néolibéral. Cheminer dans les débats sur le municipalisme, c’est donc se trouver face à plusieurs nœuds à démêler : celui du degré de « radicalité » face aux institutions existantes, celui du projet d’ensemble dans lequel s’inscrivent la production d’alternatives municipales (anticapitalisme ? démocratie radicale ? environnementalisme ?) mais également celui de « l’échelle » (du quartier ? de la commune ? de la ville ? de la grande ville ? de la région ?) dans laquelle se matérialisent ces aspirations aux alternatives. Ce dernier nœud semble évident, mais mérite d’être explicité, tant il se formule de manière persistante dans les réseaux de citoyen.nes aujourd’hui à pied d’œuvre pour « prendre leur ville », sans toujours être débattu explicitement. Pourtant la question se pose inévitablement : une fois à la tête de leur ville, que pèseront-ils dans un contexte d’accélération du transfert de compétences aux intercommunalités et aux mécanismes de recentralisation ?
Lorsqu’on évoque, en France, la formulation d’un projet « municipaliste », les exemples mobilisés sont bel et bien… communaux, dans le sens où ils correspondent souvent à la gestion de petites communes, apparentant de manière implicite le projet municipaliste à la reconquête du pouvoir municipal par une « communauté » citoyenne, physiquement capable de se connaitre et de se voir…

Français

Les aspirations au « municipalisme », quel que soit leur degré de radicalité politique, se confrontent tôt ou tard à la réalité d’une gestion intercommunale des affaires locales, dont la constitution récente des Métropoles marque une étape importante. Ce changement d’échelle du pouvoir local interpelle : faut-il penser le municipalisme comme un moyen de s’y opposer ou comme un levier de « politisation » des politiques intercommunales et/ou métropolitaines ? Cet article propose de penser ce que pourrait être un municipalisme de coalition, pensé et pratiqué au-delà de la seule échelle communale.

Guillaume Gourgues
Maître de conférences en science politique à l’université Lyon 2.
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Mis en ligne sur Cairn.info le 03/03/2020
https://doi.org/10.3917/mouv.101.0049
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