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1Depuis le XIXe siècle, « l’affaire des masques mortuaires de Napoléon » fait partie des mystères ou pseudo-mystères qui entourent Napoléon Ier en tant que personnage historique et populaire. Cette affaire est un imbroglio historique où des masques très di?érents les uns des autres, tant par le matériau utilisé que par le visage reproduit, surgissent brusquement sur la scène médiatique napoléonienne, pour parfois disparaître tout aussi soudainement dans de mystérieuse collection privée. La certitude historique ne peut s’appuyer que sur de rares témoignages très partiels, et parfois partiaux. La reconstitution du cheminement de ces masques, potentiellement authentiques, jusqu’à nos jours repose dès lors sur des suppositions, voire des intimes convictions.

2La liste des principaux masques distingue trois matériaux de base.

  1. Les masques de plâtre (les plus nombreux)
    • Le masque Antommarchi-Burghersh (Musée de l’Armée, Invalides, Paris)
    • Les deux masques con?és au pasteur Boys, (dont le masque Sankey en dépôt à la Maison française de l’Université d’Oxford)
    • Les masques Gilley 1 et Gilley 2 (Maison Bonaparte, Ajaccio)
    • Le masque d’Exter (Musée d’Exter, Grande-Bretagne)
    • Le masque donné au comte Bertrand (surmoulage du masque Antommarchi ?) (Musée de Malmaison) dénommé parfois Masque de Malmaison
    • Le masque du roi Joseph (surmoulage du masque Bertrand ?) (Musée de Malmaison) dénommé lui aussi, parfois, Masque de Malmaison
    • Le masque Démido? ou Rosebery (surmoulage du masque Antommarchi ?) (Dernier propriétaire recensé : Octave Aubry)
    • Le masque Rusi (Royal United Service Museum), puis Corso (Collection privée américaine inconnue)
    • Le masque « Lebendmaske » (Musée de Baden, Autriche)
    • Les masques conservés en Amérique du Sud, par les héritiers du Dr Antommarchi mort à Santiago de Cuba en 1838 (Masques localisés à des périodes di?érentes à Bogota (Colombie), Caracas (Venezuela), ou Santiago de Cuba)
    • Un masque de cire, décliné en plusieurs copies
    • Exemplaire de Munich (on perd sa trace à la ?n de la Seconde guerre mondiale)
    • Le masque de Noverraz (Musée cantonal de Lausanne, Suisse)
    • Et même un masque de papier mâché !
    • Le masque en papier mâché du comte Passolini ou Pasolini (localisation inconnue)
    La bibliographie qui vous est proposée suit cet ordre de classement en y insérant des références d’ouvrages, d’articles ou de brochures en plusieurs langues, accompagnés de commentaires et d’extraits de ces textes.

I – Les masques de plâtre

A – Première énigme : qui a réalisé le masque original en plâtre ? Le docteur Burton ou le docteur Antommarchi ?

i – Récits des témoins oculaires

Comte Henri Gatien BERTRAND

3« 6 mai. À huit heures, on devait faire le plâtre de la ?gure de l’Empereur, mais on n’avait pas ce qu’il fallait. »

4« 7 mai. À quatre heures, on a fait le plâtre de la ?gure de l’Empereur, qui était tout dé?guré et exhalait une très mauvaise odeur. »

5BERTRAND (Henri-Gatien – souvent écrit Henri-Gratien – comte, général), Cahiers de Sainte-Hélène : Janvier 1821 – Mai 1821. Journal du général Bertrand, Grand Maréchal du Palais, manuscrit déchi?ré et annoté par Paul Fleuriot de Langle, Tome : 1816-1817, Paris : Éditions Sulliver, 1951, p. 196 et p. 199. Réédition aux éditions Robert La?ont en 1981, Napoléon à Sainte-Hélène par les quatre évangélistes, comm. de Jean Tulard.

6[Compte-rendu succinct, où les « on », malheureusement, ne renseignent pas sur les auteurs du masque.]

Louis MARCHAND, premier valet de chambre

75 mai 1821. « Il [le Gouverneur] proposa au Dr Antommarchi un de ses médecins très habile à prendre les plâtres pour l’aider à prendre celui de l’Empereur ; le docteur répondit qu’il n’avait besoin que de plâtre et point d’aide pour cette opération. »

87 mai 1821. « Le Dr Burton s’étant procuré le plâtre nécessaire, le Dr Antommarchi aidé de lui et d’Archambault qui soutenait la tête de l’Empereur, prit en notre présence le masque dont le moulage réussit très bien. »

9MARCHAND (Louis-Joseph), Mémoires de Marchand : premier valet de chambre et exécuteur testamentaire de l’Empereur, publiés d’après le manuscrit original par Jean Bourguignon, Paris, Plon, 1955, Tome II, p. 337 et p. 341. Rééditions aux éditions Tallandier en 1985, 1991 et 2003.

10[Travail en collaboration entre les deux médecins.]

Mameluck ALI, premier chasseur

117 mai 1821. « Dans la matinée, Mme Bertrand ayant eu l’idée qu’il serait convenable qu’on eût l’empreinte de la ?gure de l’Empereur, un médecin anglais, M. Burton, était allé à la recherche de quelque pierre calcaire propre à faire du plâtre. Le médecin, étant parvenu avec quelque peine à trouver ce qu’il désirait, revint à Longwood avec un peu de mauvais plâtre qu’il avait obtenu de la cuisson. Dès que le public s’en fut allé, lui et Antommarchi se mirent à l’œuvre. Pour faciliter l’opération, on dégagea le cou de l’Empereur, en ôtant le col et la cravate et en ouvrant la chemise. De plus, on coupa les cheveux qui garnissaient encore le front et les côtés. Malgré ma mauvaise qualité du plâtre, Antommarchi et Burton réussirent fort heureusement à tirer le moule de la face et ensuite de l’autre partie de la tête. » Notes de bas de page : « Ce que je sais, c’est que le docteur, après avoir tiré une épreuve du moule de la face, a détruit celui-ci pour qu’il ne fût pas possible d’en avoir d’autres épreuves. Le moule de l’autre partie de la tête, il est présumable, a eu le même sort que celui dont nous déplorons la perte. Antommarchi a tout brisé. »

12ALI (Louis-Étienne SAINT-DENIS, dit Mameluck Ali), Souvenirs du Mameluck Ali sur l’Empereur Napoléon, Paris, Payot, 1926, p. 289. Réédition aux éditions Arléa en 2000.

13[Travail en commun, puis destruction de l’original par Antommarchi.]

Docteur ANTOMMARCHI

14« 5 mai. [Hudson Lowe] Vous m’avez demander du plâtre pour prendre le masque du défunt ; un de me chirurgiens est fort habile dans ces sortes d’opérations, il vous aidera ». Je remerciai Son Excellence ; le moulage est une chose si facile que je pouvais me passer d’aide. Mais je manquais de plâtre. Mme Bertrand n’avait reçu, malgré ses instances, qu’une espèce de chaux. Je ne savais comment faire, lorsque le docteur Burton nous indiqua un gisement où se trouvait du gypse. Le contre-amiral donna aussitôt des ordres, une chaloupe mit en mer et rapporta quelques heures après des fragments qu’on ?t calciner. J’avais du plâtre, je moulai la ?gure et procédai à l’autopsie. »

15ANTOMMACHI (François), Mémoires du docteur F. Antommarchi, ou Les derniers momens de Napoléon, Paris, Barrois l’aîné, 1825, Tome 2, p. 156-157.

16[Antommarchi s’arroge la paternité totale du masque.]

17[Tome 2 : ] http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k204910m

Major Gideon GORREQUER

18Lettre à sir Georges Bingham, « Diverses tentatives pour sa ressemblance (some attemps at likeness) furent faites avant et après qu’il fut habillé ; je n’en ai cependant vu aucune vraiment telle. Un masque de plâtre de Paris fut aussi pris de lui et un buste fait de ce masque, qui est maintenant dans la possession de Mme Bertrand ».

19BINGHAM (Georges Rideout, général), HARRISON (major), GORREQUER (Gideon, colonel), « More light on Saint-Helena, from the papers of sir G. Bingham, major Harrison and colonel Gorrequer », Cornhill Magazine (London), 1901 January-February, p. 169.

DARLING, tapissier-décorateur à Sainte-Hélène

205 mai 1821. « Je repris donc mon cheval, descendis à Jamestown, achetai 150 petites statuettes et les ?s réduire en poudre par mon personnel. J’avais deux Chinois en attente qui partirent à Longwood avec la poudre. »

217 mai 1821. « Pour la prise d’un moulage le 7 mai par les docteurs Burton et Antommarchi, masque qui était très beau si on considère le temps qui s’était écoulé depuis la mort et la nature grossière du matériau utilisé. Il fut empaqueté et emporté par Antommarchi dans l’intention, selon madame Bertrand, de l’envoyer à Canova en modèle pour un buste en marbre. »

22DARLING (Andrew), « Napoleon’s funeral: a lost record », Member’s Bulletin of the Napoleonic Society of America (Clearwater, Florida, United States), 1995, n° 46, p. 8-9.

23DARLING (Andrew), MACÉ (Jacques), « Les obsèques de Napoléon : journal d’Andrew Darling, tapissier à Jamestown : publié par The Times Literacy Supplement, London, Thursday, September 30, 1915 », Revue du Souvenir napoléonien (Paris), février-mars 2003, n° 445, p. 46-49.

ii – Les défenseurs du docteur Burton

24« Napoleon Buonaparte [Dr Burton wrote to a Count to have his promised copy of the bust], The Times, 1821 September 7. “Dr Burton … in order to obtain the bust, as he conceived he had a right to it, he having furnished the materials, and executed it. (…) Count Bertrand had, it seems, o?ered a pecuniary compensation to Dr Burton for his trouble, but was rather indignantly refused by the Doctor.”

25[Dés son retour à Londres, le Dr Burton intente une action en justice pour obtenir une copie du masque.]

26Traduction en français dans : MASSON (Frédéric), « Le cas du chirurgien Antommarchi », dans Autour de Sainte-Hélène, Première Série, p. 127-170, Paris, Lib. Paul Ollendor?, 1909].

27GRAVES (R.J., prof.), “The mask of Napoleon not made by Antommarchi (extract from a lecture by Dr Graves)”, The London Medical and Surgical Journal (London), 1835 July 18, p. 784-826.

28[Un parent du Dr Burton prend la défense de celui-ci, décédé en 1828 sans avoir obtenu gain de cause auprès des Français.]

29Première traduction en français dans : Revue des Autographes, décembre 1886.

30[Traduction reprise par : MASSON (Frédéric), « Le cas du chirurgien Antommarchi », dans Autour de Sainte-Hélène, Première Série, p. 127-170, Paris, Lib. Paul Ollendor?, 1909].

31ST POL (baron de), “The wax cast of the face of Napoleon. The strange history of a precious relic”, McClure’s Magazine (New York), 1895 February.

32WATSON (George Leo de St. M.), The story of Napoleon’s deathmask, told from the original documents, London, John Lane, 1915.

33[Ouvrage de référence dans cette affaire de « droit d’auteur » qui démontre que seul le Dr Burton a réalisé le masque mortuaire, avant que celui-ci soit subtilisé par Mme Bertrand au pro?t d’Antommarchi. L’auteur établit la ?liation de ce moule de 1821 à 1914, et de ses nombreuses copies.]

34VIVIE DE REGIE (René de), « Histoire du masque mortuaire de Napoléon », Institut Napoléon. Recueil de travaux et documents (Paris), 1943, n° 3, p. 34-41.

35[Jugement très sévère sur Antommarchi et « son caractère retors » et lui dénie toute intervention sur le masque.]

36MILLIAT (Robert), « L’énigme des masques mortuaires de l’Empereur », Bulletin de l’institut Napoléon (Paris), juillet 1951, n° 40, p. 3-5.

37BEAUCOUR (Fernand), « Le masque de Napoléon et sa trouble histoire », Études napoléoniennes : Revue historique de la Société de sauvegarde du château impérial de Pont-de-Briques (Wimereux), 1997-1998, n° 35-36-37-38, p. 531-542.
[À partir de la traduction de la lettre du lieutenant anglais F.C. Trench, présent à Sainte-Hélène, en 1821 et qui fut publié dans Dublin University Magazine en 1843 en faveur du Dr Burton, l’auteur relate de manière convaincante l’élimination du médecin irlandais par le clan français.]

iii – Les défenseurs d’Antommarchi

38ANTOMARCHI (Pascal) [un descendant ?], Le masque mortuaire de Napoléon, les légendes, la vérité, Marseille, Société anonyme du Sémaphore de Marseille, 1938.

39[L’auteur dénie à Burton toute collaboration.]

40PAOLI (François, docteur), Le Dr Antommarchi, ou le secret du masque du Napoléon, Paris, Publisud, 1996.

B – Deuxième énigme : Un ou plusieurs masques originaux ?

i – Les masques en bronze de la souscription Antommarchi, 1833

41Antommarchi présente ce masque en août 1833 à Paris et lance une souscription nationale pour la duplication en série. Il vend par la suite la licence aux fondeurs Richard et Quesnel.

42Ce masque éveille la suspicion des contemporains.

43La première chose qui frappe au premier coup d’œil jeté sur cette e?gie du grand homme, c’est son peu de ressemblance avec tous les bustes, portraits et médailles que nous avons », Gazette médicale de Paris, numéro du 12 juillet 1834

44«It possesses little in common with those portraits on which a cold, repulsive, and morose character is too universally stamped”, The Times, 1834 May 16.

45La phrénologie est une théorie popularisée par le docteur Gall : les bosses du crâne correspondent à des aptitudes ou des traits de caractère bien spéci?ques. Serait-ce le moyen de prouver la véracité du masque ?

46OMBROS (A., docteur, pseud. du Docteur Fleury-Imbert), Étude phrénologique du masque de Napoléon (Lettre à Monsieur A.D.), Lyon, Impr. G. Rossony, 1834.

47À consulter également, en juillet 1834, les articles du Dr FUSTER dans Revue du Progrès social, les articles du Dr PEISSE dans le National, les articles de RICHARD (David) dans le Journal de la Société phrénologique.

ii – Le masque Antommarchi - Burghersh

48Il s’agit de l’exemplaire destiné au sculpteur Canova, qui à la mort de celui-ci, devient la propriété de Lord Burghersh, ministre anglais à Florence et ami d’Antommarchi.

49En 1929, une correspondance parue dans le Times localise ce masque en Angleterre.

50The Times, 1929 October, 18 [Un masque mortuaire provenant de la collection Wellington est-il celui de Napoléon ?].

51The Times, 1929 October 23 [Courrier d’un lecteur : masque peu ressemblant].

52The Times, 1929 October, 28 [Courrier d’un lecteur : il existe déjà un masque dans les collections du Prince Napoléon].

53The Times, 1929 November, 22 [Courrier d’un lecteur : le vrai masque est celui de mon grand-père Lord Burghersh, par son petit-?ls J.W. Weigall].

54The Times, 1929 November, 26 [Article du correspondant de Paris : un masque aux Invalides, donné par le chirurgien Larrey, un masque en possession du Prince Napoléon légué par la ?lle de la comtesse Bertrand, et un troisième masque qui est resté un certain temps en possession d’Antommarchi].

55The Times, 1929 December, 13 [Courrier d’un lecteur : Précision sur la ?liation du masque Burghersh].

56Ce masque fut acheté en 1951 par Mme de Veauce par enchères publiques d’Ascot (Angleterre) aux héritiers de lord Burgersh. Il fut exposé à partir de novembre 1953 au Musée de l’Armée, Invalides (Paris), puis acheté en 1989 par la Fondation Napoléon qui en ?t don au Musée.

57La théorie du « masque faciale immuable et le caractère apocryphe de presque toute la périphérie » Antommarchi n’aurait pris que le bloc facial réalisé par le docteur Burton, c’est-à-dire le moulage de la bouche, du nez et des yeux, et aurait réalisé, avec l’aide d’un artiste anglais de passage les parties manquantes (menton, front, oreilles) ce qui expliquerait la non-conformité de ces éléments d’après les portraits de l’empereur.

58Cette théorie est développée par le baron de Veauce, à partir des travaux de deux savants allemands, Skircheisen et Stadtmüller de l’Université de Göttingen.

59JOUSSET (Jacques), STADMULLER (Franz), « Considérations sur les masques mortuaires de Napoléon Ier [introduction de Jacques Jousset, suivi du texte de l’expertise du Professeur Dr Franz Stadtmüller] », La Science historique (Paris), 1954, n. sér., n° 3, p. 129-140.

60VEAUCE (Eugène de), « La partie périphérique du masque de l’Empereur », Bulletin de la Société des Amis du Musée de l’Armée (Paris), 1955, n° 57, p. 28-36.

61JOUSSET (Jacques), [Conservateur du Musée de l’Armée] « Les masques de l’Empereur », Revue de la Société des Amis du Musée de l’Armée (Paris), 1953, n° 56, p. 65-76.

62PAOLETTI (L.-V.), « Controverses sur l’original de l’e?gie mortuaire de Napoléon Ier », Tunis-Soir, 4 janvier 1955.

63VEAUCE (Eugène de), « Qui est l’auteur du masque mortuaire de Napoléon Ier ? », La Science historique (Paris), 1956, n° 9, p. 258-267.

64VEAUCE (Eugène de), « Controversy over his death-mask », French studies: a quarterly review (Oxford), 1957, vol. XII, p. 272.

65JOUSSET (Jacques), « L’affaire du masque de Napoléon [compte-rendu du livre d’E. de Veauce », Revue de l’Institut Napoléon (Paris), juillet 1957, n° 64, p. 100-106.

66VEAUCE (Eugène de), « E?gies napoléoniennes : un nouveau masque Antommarchi », Bulletin de la Société belge d’études napoléoniennes (Bruxelles), 1957, n° 22, p. 29-35.

67VEAUCE (Eugène de), « L’affaire du masque de Napoléon », Avec une introduction de Paul Fleuriot de Langle. Lyon, Impr. Bosc frères, 1957.

68VEAUCE (Eugène de), « Napoléon post-mortem », Miroir de l’histoire (Paris), 1957, n° 87, p. 371-379.

69JOUSSET (Jacques), « Les masques de l’Empereur », La Science historique (Paris), 1956, n° 9, p. 247-257.

70VEAUCE (Eugène de), JOUSSET (Jacques), Napoléon post mortem. Deux articles sur le masque mortuaire de l’empereur, suivis d’une analyse, par Jacques Jousset, de « L’affaire du masque de Napoléon ». Avec un postcriptum et des notes, Lyon, impr. Bosc, 1958.

71MOUSSET (Albert), Le masque de Napoléon est-il authentique ?, [À propos du livre du baron Veauce]¸ Le monde, 2 janvier 1958.

72CHAPIER (Georges), « Le masque de l’Empereur », Le Tout Lyon, 1959, n° 334, p. 5.

73JOUSSET (Jacques), « Le masque mortuaire de Napoléon », Le Fureteur. Littéraire, historique, médical, scienti?que (Paris), 1959.

74VEAUCE (Eugène de), « Les faux masques de Napoléon », Ruban rouge, Association des membres de la Légion d’honneur décorés au Péril de leur vie (Paris), 1964, n° 21, p. 53-60.

75VEAUCE (Eugène de), « Le masque mortuaire de Napoléon exposé aux Invalides », Revue de la Société des Amis du Musée de l’Armée (Paris), 1968, n° 72, p. 48-50.
VEAUCE (Eugène de), Les masques mortuaires de Napoléon : le point de la question. Avec une introduction inédite de Paul Fleuriot de Langle. Paris, La pensée universelle, 1971.
« Le masque de Napoléon », Le Souvenir napoléonien (Nice, Paris), décembre 1989, n° 368, p. 22-23, ill.

iii – Les deux masques con?és au révérend Boys, le masque Sankey

76Ramenés en Angleterre en 1829 par le pasteur de Sainte-Hélène.

77L’un est connu sous le nom de masque Sankey (du nom marital d’une des ?lles du révérend) et est en dépôt à la Maison française de l’Université d’Oxford.

78Le second est nommé Masque Boys.

iv – Les masques Gilley 1 et Gilley 2

79Ces masques auraient appartenu à Hudson Lowe avant de devenir la propriété du lieutenant Thomas Gilley. Ils seraient des moulages exécutés d’après un premier positif détruit à Saint-Hélène.

80Ils sont conservés à la Maison Bonaparte à Ajaccio.

v – Le masque d’Exter

81Il aurait été rapporté de Sainte-Hélène par le docteur Arnott à qui Antommarchi l’avait donné.

82VEAUCE (Eugène de), « Une relique de Sainte-Hélène : le masque de la City Library d’Exeter. » Floréal An X (Paris), 1972, n° 13, p. 4-11.

vi – Le masque de Malmaison, donné au comte Bertrand (surmoulage du masque Antommarchi ? ou original Antommarchi ?)

83A-t-il été moulé à Sainte-Hélène ou dans le port de Portsmouth pour la comtesse Bertrand ?

84Ce masque fut mis en dépôt au Musée de Malmaison en 1921 par Édouard Azémar, petit-neveu du docteur Antommarchi. Il fut acheté par l’État français en 1944.

85MASSON (Frédéric), « Le cas du chirurgien Antommarchi », dans Autour de Sainte-Hélène, Première Série, p. 127-170, Paris, Lib. Paul Ollendor?, 1909.

86[Un seul masque authentique : le masque Bertrand, celui de Malmaison. Le masque Burghersh est une copie.]

87AZEMAR (Gérard), Napoléon. Révélations sur son vrai masque mortuaire. Les causes de sa mort. Son dernier docteur, Paris, Éditions des Écrivains, 2002.

88Écrit par un arrière-petit-neveu du docteur Antommarchi, c’est un réquisitoire contre le masque conservé aux Invalides. Selon l’auteur, le seul et unique masque mortuaire de Napoléon est celui de son grand-père conservé au Château de Malmaison.

vii – Le masque du roi Joseph (surmoulage du masque Bertrand ?)

89Il provient de la famille Antommarchi. Puis il fut envoyé à Joseph Bonaparte alors en exil aux États-Unis en 1822.

90Il est conservé au musée de Malmaison.

viii – Le masque Démido? ou Rosebery (surmoulage du masque Antommarchi ?)

91Il a appartenu au prince Démido?, époux de Mathilde Bonaparte, puis à lord Rosebery, puis à Octave Aubry.

ix – Le masque Rusi (Royal United Service Museum) ou Corso

92Ce masque a appartenu en 1939 à Charles Adler qui l’a acheté à un nommé Louis-Charles de Bourbon, qui prétendait l’avoir acquis auprès du Prince d’Essling, qui a fermement démenti toute présence d’un tel masque dans ses collections.

93Il fut conservé au Royal United Service Museum entre 1947 et 1972.

94Il aurait été détourné par un conservateur en 1973 et revendu en 1986 au collectionneur américain Corso, qui le revendit en 2004 à un acquéreur resté inconnu.

95Les tenants de la substitution du corps de Napoléon se servent de la diversité des masques pour étayer leur théorie

96Ainsi le masque Burghersh aurait été moulé sur le visage de Cipriani, maître d’hôtel de l’Empereur, décédé en 1818, ce qui prouverait ainsi la substitution des corps par les Anglais. Par contre un masque aurait bien été moulé sur le visage de Napoléon vivant : le masque Rusi ou Corso

97ROY-HENRI (Bruno), L’affaire du masque mortuaire dans Napoléon : l’énigme de l’exhumé de 1840, Paris, L’Archipel, 2000, p. 69-101.

x – Le masque du musée de Baden, près de Vienne : le « Lebendmaske »

98Ce masque aurait été moulé du vivant de l’Empereur pour être o?ert à son ?ls, le Roi de Rome. Antommarchi l’aurait apporté à Marie-Louise, qui a préféré le donner comme jouet à ses enfants. Devenu la propriété du médecin de l’ex-impératrice, son ?ls en ?t don au musée de Baden.

99PILLS (Franz), « Die beiden napoleonmasken des badner rollett-museums“ [Les deux masques de

100Napoléon au Musée Rollett de Baden], Unsere Heimat (Autriche), 1981, n° 3, p. 200-207.

101HOLLER (Gerd), « Der Wundartz Anton Rollett. Neue Badener Blätter“ dans Neue Badener Blätter, 3 Jahrgang, nummer V, 1992.

102OUVRARD (Robert), Les masques de Napoléon au musée Rollett de Baden (Autriche), Site : Histoire du Consulat et du Premier Empire.
http://www.histoire-empire.org/articles/masque/masque_baden.htm

xi – Les masques conservés en Amérique du Sud, par les héritiers du Dr Antommarchi mort à Santiago de Cuba en 1838

103Des copies auraient été localisées à Bogota (Colombie), Caracas (Venezuela) ou Santiago de Cuba.

104ROJAS (Aristide), Notice sur les objets historiques que possède Caracas [Le masque de Napoléon le Grand], Paris, Impr. de Martinet, 1873.

105DRIAULT (Édouard), « Le moulage du masque de Napoléon par Antommarchi », Revue des Études napoléoniennes (Paris), juillet-décembre 1922, t. XIX, p. 77-78.

106[Où est l’original du masque ? Dans les collections du prince Napoléon ? En Angleterre ? À Cuba, chez le général Lacret-Morlot ? Précisions sur la ?liation du masque en Amérique du Sud.]

107FERNEL (docteur), « Napoléon posthume : le masque mortuaire de Napoléon, l’exhumation de l’Empereur, un procès-verbal historique, Napoléon et la phrénologie », Revue Thérapeutique des Alcaloïdes (Paris), juin 1925, n° 42, p. 6-15.

108[L’original serait à Santa-Fé de Bogota, chez les descendants de la veuve du frère cadet d’Antommarchi, et une copie en plâtre, une autre copie en bronze serait entre les mains de la famille Antommarchi en Corse.]

II – Masques de cire

A – Les masques du Dr Arnott

109Dans la nuit du 5 au 6 mai 1821 ; le Dr Arnott, chargé de garder le corps de Napoléon, aurait réalisé un masque de cire.

110ARNOTT (Archibald, docteur), An Account of the Last Illness, decease, and post mortem appearances, of Napoleon Bonaparte … To which is added a letter from Dr. Arnott to … Sir Hudson Lowe, giving a succinct statement of Napoleon Bonaparte’s disease and demise, London, John Murray, 1822.

111ARNOTT (Archibald), Napoleon Bonaparte‘s Krankheit, Tod und Leiche [Texte imprimé]nach der Beschreibung und dem Berichte seines Leibarztes Dr Archibald Arnott nebst der vollständigen Berichte über die Leichenö?nung und einem Auszuge aus Dr Arnott‘s Brief an Sir Hudson Lowe. Aus dem Englischen [An account of the last illness, decease and post mortem appearances of Napoleon Bonarparte.], Leipzig, Rein, 1823.

112Masque de l’Empereur Napoléon Ier moulé sur nature, en cire massive, à Ste-Hélène, dans la nuit du 5 au 6 mai, par le Dr Arnot, chirurgien du 20e Régiment d’infanterie anglaise, Paris, Typ. Dubois et Édouard Vert (Pathi-Belin), [1860, cachet du dépôt légal de la Bibliothèque Impériale], 1 p.

113Sous-titre : Au Docteur Arnot fut con?é par ordre du Gouverneur de Sainte-Hélène la garde du défunt Empereur dans la nuit du 5 au 6 mai 1821.

114[Feuillet qui retrace l’historique du masque : il fut apporté en Angleterre et vendu dans ce pays à un agent diplomatique russe, qui le destinait à l’Empereur Alexandre Ier. Mais le tsar mourut avant le retour du diplomate qui n’eut lieu qu’en 1825. Le masque fut alors acheté par un Hollandais résidant à Saint-Pétersbourg, Veenstna Van Vlietz, qui avait une grande collection de curiosités d’art. Avec son associé Johann Zolm, il vendit le masque en 1831 à un capitaine bavarois, Pierre de Hartz, habitant Landau. Ce dernier le céda en 1833 à Bamberg, propriétaire actuel.

115La feuille de présentation précise qu’une reproduction par photographie, con?ée à un certain Henri Badié, est disponible auprès du propriétaire.]

116Exemplaire de Munich

117Le masque de cire aurait été ramené en Angleterre, puis vendu en 1822 à un agent diplomatique russe qui le destinait à Alexandre Ier. Mais celui-ci mourut et le masque fut acquis par un collectionneur de Saint-Pétersbourg. En 1833, on le retrouve en Bavière, chez un certain Bamberg. Après la seconde guerre mondiale, ce masque serait devenu la propriété d’un antiquaire de Munich. On perd sa trace.

118Exemplaire de Cannes

119Il a été également vendu en 1822 au roi Guillaume de Wurtemberg. En 1827, il devient la propriété de Jérôme Bonaparte. Volé, il réapparaît à Londres en 1855. Napoléon III l’achète. Il disparaît en 1871. Il réapparaît en 1923 à Paris, disparaît de nouveau et devient la propriété de la famille franco-américaine Pardee en 1932. Il fut mis un temps en dépôt au musée Masséna (Nice). Il serait aujourd’hui conservé aux États-Unis.

120[Première reproduction du masque] Illustrated London News, 1855 April 14, p. 352

121ST POL, baron de, Le masque en cire de la ?gure de Napoléon. L’étrange histoire d’une relique précieuse, Mc Clure Magazine, 1895 February, p. 232-233.

122[L’écrivain a vu ce masque dans les collections du prince Jérôme, puis aux Tuileries dans les collections de Napoléon III.]

123VIVIE DE REGIE, René, « Un masque « authentique » de Napoléon ? » [Chronique napoléonienne], Revue des études napoléoniennes. [21] Douzième année, Tome XXI, juillet-décembre 1923, p. 233-236

124[Un naturaliste de la rue de l’École de Médecine à Paris présente dans sa vitrine un masque de cire de Napoléon moulé par le docteur Arnot ou Arnott.]

125PARDEE (Marie Antoinette Ruelle, Mme), L’étrange histoire d’après des documents authentiques du vrai et unique masque de Napoléon le Grand pris en secret à Sainte-Hélène, à l’aube du 6 mai 1821 par le Docteur Archibald Arnott, chrirugien du 20e Régiment chargé par Sir Hudson Lowe de ne pas quitter un instant l’Empereur mort, jusqu’à sa mise en bière, Cannes, Impr. de F. Robaudy, 1932.

126[En annexe : Le masque en cire de la ?gure de Napoléon. L’étrange histoire d’une relique précieuse, du baron de Saint Pol.]

127PARDEE (Marie Antoinette Ruelle, Mme), Autour des masques de Napoléon, pour faire suite à l’étrange histoire d’après des documents authentiques du vrai et unique masque de Napoléon le Grand puis en secret à Sainte-Hélène à l’aube du 6 mai 1821, par le Dr Archibald Arnotte, Cannes, Édition privée (Presses de F. Robaudy), 1933.
PARDEE (Marie Antoinette Ruelle, Mme), Le masque authentique de Napoléon, son étrange histoire de 1821 à nos jours, les possesseurs successifs de cette précieuse relique, faisant suite à « L’étrange histoire des documents authentiques du vrai et unique masque de Napoléon le Grand », édition privée, publiée en avril 1932, et « Autour des masques de Napoléon », édition privée, publiée en janvier 1933 [Cannes ?], s.n., 1933.
JOUSSET (Jacques), « L’énigme du masque Arnott », Revue de la Société des Amis du Musée de l’Armée (Paris), 1957 et 1958 1er trimestre, n° 60, p. 45-50.

B – Le masque dit de Noverraz

128Ce masque est apparu en Suisse et aurait appartenu au valet suisse Noverraz, présent à Sainte-Hélène. Il est au musée cantonal de Lausanne.

129EYNARD (Jean), « Noverraz, citoyen de Genève, détiendrait-il un authentique masque mortuaire de Napoléon ? », Souvenir napoléonien (Nice, Paris), juin 1949, n° 13, p. 7.

130« Le masque de cire de Napoléon dans un grenier suisse », Paris Match (Paris), 31 octobre 1953, p. 71, photogr.

III – Masque en papier mâché (trempé dans du lait)

131Le masque en papier mâché du comte Passolini ou Pasolini

132Dans l’attente du plâtre, quelqu’un aurait pris l’empreinte du visage de Napoléon grâce à du papier mâché. Ce masque fut acheté par le comte Pasolini aux héritiers d’un certain Général Lechi.

IV – Essais de synthèse

133LINDEN (Louise), « Histoire des masques de l’empereur Napoléon Ier », Souvenir napoléonien (Nice, Paris), 1986, n° 346, p. 2-9.

134[Pour l’auteur, deux masques sont identiques : le masque-burton-Antommarchi en plâtre et le masque Arnott en cire, par contre le masque Sankey-mask est un faux. Le masque Arnott pris dans la nuit du 5 au 6 mai reprend les traits non altérés de l’empereur. Le masque Burton-Antommarchi ne fut réalisé que le 7 mai alors que la chaleur avait commencé son œuvre de décomposition, ce qui expliquerait l’a?aissement des chairs.]

135BEAUCOUR (Fernand), « Le masque de Napoléon et sa trouble histoire », Études napoléoniennes : Revue historique de la Société de sauvegarde du château impérial de Pont-de-Briques (Wimereux), 1997-1998, n° 35-36-37-38, p. 531-542.

136BEAUCOUR (Fernand), « Masque mortuaire de Napoléon (le) », dans Dictionnaire Napoléon, sous la direction de Jean Tulard, Paris, Fayard, 199, Tome 2, p. 285-287.

137[Relation de manière précise les faits connus relatifs au moulage du masque mortuaire, la polémique qui en a suivi et dresse une liste de masques connus.]

138MACE (Jacques), « Masques mortuaires de Napoléon » dans Dictionnaire historique de Sainte-Hélène, Paris, Tallandier, 2004, p. 310-314

139[L’auteur fait le point sur le déroulement des faits à Longwood entre le 5 et le 7 mai en ce qui concerne la prise du masque et sur les ?liations des di?érents masques. Il relie la polémique née dans les années 1970 à celle de la substitution présumée du corps de Napoléon.]

Français

Résumé

Depuis le XIXe siècle, « l’affaire des masques mortuaires de Napoléon » fait partie des mystères ou pseudo-mystères qui entourent Napoléon Ier en tant que personnage historique et populaire. Cette affaire est un imbroglio historique où des masques très di?érents les uns des autres, tant par le matériau utilisé que par le visage reproduit, surgissent brusquement sur la scène médiatique napoléonienne, pour parfois disparaître tout aussi soudainement dans de mystérieuse collection privée. La certitude historique ne peut s’appuyer que sur de rares témoignages très partiels, et parfois partiaux. La reconstitution du cheminement de ces masques, potentiellement authentiques, jusqu’à nos jours repose dès lors sur des suppositions, voire des intimes convictions.

Chantal Lheureux-Prévot [*]
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    Chantal LHEUREUX-PRÉVOT est bibliothécaire à la Fondation Napoléon.
Cette publication est la plus récente de l'auteur sur Cairn.info.
Mis en ligne sur Cairn.info le 01/05/2010
https://doi.org/10.3917/napo.083.0004
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