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Nouvelle revue de psychosociologie

2013/2 (n° 16)

  • Pages : 268
  • ISBN : 9782749239262
  • DOI : 10.3917/nrp.016.0251
  • Éditeur : ERES

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Vincent de Gaulejac, La recherche malade du management, 2012, Paris, Quæ Éditions

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Cette publication, parue aux éditions Quæ fin 2012, reprend la conférence-débat prononcée par Vincent de Gaulejac, organisée par Sciences en question à l’Inra en 2011 et 2012. Le titre est un rappel d’un autre ouvrage de Vincent de Gaulejac La société malade de la gestion. Le propos tout aussi percutant est une analyse critique des méfaits du new management, cette fois dans les institutions et particulièrement l’institution universitaire qui a pour mission de promouvoir l’enseignement et la recherche. La première partie du livre reprend les analyses qui avaient été faites dans les travaux antérieurs et notamment La société malade de la gestion, où étaient analysées les distorsions introduites dans l’expérience du travail par une gestion qui se veut rationnelle, oubliant que ce sont des hommes qui travaillent et non des outils performants dont on mesure l’efficacité en termes de rentabilité.

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Derrière un discours qui promeut la responsabilité, l’innovation et l’autonomie, se cache mal la destruction des solidarités, de la reconnaissance de soi dans le travail, du sens donné à un acte dont le salarié n’est plus que l’instrument. Les mots d’ordre de l’excellence associés à celui de l’urgence ont pour effet de dresser les individus les uns contre les autres dans une compétition acharnée qui défait le collectif et entraîne l’isolement de chacun. On peut considérer que c’est un gâchis des « ressources humaines » qui se lit en termes de « souffrance au travail » pouvant aller pour certains, et comme l’actualité l’a montré, jusqu’au suicide. Il ne suffit sans doute pas de baptiser « risques sociaux » des situations qui sont le fruit d’une idéologie de la rationalité néolibérale affectant massivement les organisations modernes.

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Les autres pages traitent de ce que le titre annonce : la recherche, telle qu’elle s’avère aux prises avec les mêmes impératifs. En effet, les institutions qui structurent une société ont en principe pour mission d’en maintenir les valeurs et les finalités, alors que l’organisation privilégie les objectifs et les moyens. Les institutions relèvent de l’intérêt public alors que les organisations ont le souci des intérêts économiques, gage de leur survie. La recherche plus spécifiquement ne peut s’inscrire dans le cadre de la concurrence puisqu’elle institue un travail scientifique qui est d’abord de réflexion et de confrontation de ses avancées entre pairs, mais qui est aussi garante d’une marge de manœuvre qui ne saurait être compatible avec la rentabilité et ses classements comptables.

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À côté ou au sein de l’université qui répond à l’enseignement, la transmission et la promotion des connaissances, la recherche, instituée, soutenue par des organismes publics, œuvre à l’exploration et au renouvellement de ces connaissances. Soumettre l’une et l’autre à ce que l’auteur appelle la “quantophrénie”, la maladie de la mesure, en termes de rentabilité et de concurrence, comme y invitent de façon expresse le système d’évaluation des chercheurs et les codifications qui les manifestent (classement de Shangaï), c’est en dénaturer le sens. Cette conception du management appliquée aux sciences sociales et humaines brise la créativité et les modes d’investissements des chercheurs qui doivent faire le choix entre leur carrière, leur impact factor et l’approfondissement de leurs travaux. À leur tour, ils tombent malades du management.

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Les débats qui suivent la conférence sont l’occasion d’y revenir et d’approfondir la pensée de l’auteur. Les dernières pages dont le ton est quasiment lyrique répondent à la question « que faire ? » en incitant à s’indigner, à se joindre à des mouvements comme l’Appel des appels qui solidarisent les membres des institutions atteintes par le mal d’une idéologie contagieuse issue du néolibéralisme.

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Ce livre a l’intérêt de reprendre une analyse déjà développée dans les ouvrages précédents en faisant porter cette fois l’éclairage critique sur la recherche universitaire dont l’auteur est particulièrement au fait, vivant de très près ses avatars dans le Laboratoire de changement social et à l’université Paris 7-Denis Diderot. Ce petit livre témoigne de ce que l’auteur ne ménage pas sa peine pour dénoncer la maladie dont les sociétés modernes sont atteintes jusque dans leurs institutions vouées au savoir.

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Jacqueline Barus-Michel

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Professeur émérite Paris 7

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Laboratoire de changement social

Banksy (réalisateur), Faites le mur ! (Exit Through the Gift Shop), Documentaire (1 h 26), sorti en décembre 2010 en France

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À l’occasion de la sortie de ce numéro sur le thème de la croyance et de la persuasion, c’est d’un ouvrage spécial que je souhaiterais rendre compte, puisqu’il s’agit de celui d’un film documentaire sur le graffiti [1][1] Cf. glossaire. et le street-art[2][2] Cf. glossaire., réalisé par l’un de ses représentants les plus influents sur la scène internationale, Banksy[3][3] Artiste illustre et subversif de la scène street-art....

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Nominé à plusieurs reprises (notamment aux Oscars 2011), et consacré comme le « meilleur documentaire » par l’Independant Spirit Awards [4][4] Festival du long-métrage qui se tient chaque année... en 2011, ce film, sorti en France en décembre 2010, n’a cependant pas eu toute l’attention qui aurait dû lui être réservée.

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En effet, en prétendant dénoncer la facilité de construction/déconstruction d’une carrière dans un monde qui se réclame d’une certaine contre-culture – celui du graffiti et du street-art –, c’est tout un pan de l’humanité que ce documentaire ridiculise en montrant que la crédulité et la perméabilité aux stratégies manipulatoires des publicitaires, « faux ? »-artistes, et autres escrocs en tout genre, ne sont pas que l’apanage des plus faibles culturellement, socialement et psychologiquement, mais peuvent aussi, très facilement, toucher une élite qui s’affirme justement assez forte, cultivée et indépendante d’esprit pour résister à ces pressions ; élite que nous pouvons qualifier, et ce malgré toutes les précautions d’usage qu’impose l’utilisation d’un tel « sociotype fourre-tout [5][5] S. Delaunay, « Alléluia ! La mort du “hipster”, ce... », de hipsters[6][6] Cf. glossaire..

Le pitch

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Le film retrace l’itinéraire d’un self-made-man français, Thierry Guetta, qui est à la fois narrateur et protagoniste du film – en apparence du moins…

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Parti vivre à Los Angeles avec sa famille, Thierry Guetta s’essaie d’abord à l’industrie du textile en créant des tee-shirts à messages qui font fureur auprès d’une clientèle californienne jeune et branchée. Il est par ailleurs passionné de vidéo et raconte avoir pris l’habitude de filmer, depuis son plus jeune âge, les moindres détails de sa vie, aussi bien intime que professionnelle. C’est au cours d’un séjour familial à Paris qu’il se laisse embarquer, la caméra au poing, dans les aventures nocturnes de son cousin, célèbre graffeur, connu sous le blaze [7][7] Cf. glossaire (à « graffeur »). d’Invader[8][8] Cf. glossaire.. De là, va naître chez Thierry une passion pour le graff, et l’idée d’une grande entreprise : celle de réaliser un film documentaire sur l’histoire de cet art, entreprise facilitée par sa proximité avec Invader, qui va l’introduire dans un milieu difficilement pénétrable par un non-initié. C’est ainsi qu’au fil de ces voyages et rencontres avec les grands noms du milieu, notamment une rencontre déterminante avec Frank Shephard Fairey, alias Obey[9][9] Cf. glossaire., Thierry va peu à peu réussir à imposer sa caméra dans le monde très fermé et codifié du graffiti, jusqu’à la concrétisation d’un rêve, celui de rencontrer et de « faire un mur [10][10] « Faire un mur » est l’expression utilisée par les... » avec Banksy.

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Plus qu’un aboutissement, cette rencontre est finalement le point de départ d’une nouvelle aventure pour Thierry qui, après une première tentative de montage du film raté, préfère passer de l’autre côté de la caméra et prendre ses « bombes » (de peinture) pour faire son propre mur. De fil en aiguille, et sous la caution de Banksy qui vante ses mérites à la presse, Thierry va se faire rapidement un nom auprès de la jeunesse branchée californienne, sous le blaze de Brainwash. Il réussit avec brio le passage du graffiti – illégal –, au street-art – autorisé – et potentiellement rémunérateur, en organisant sa propre exposition, qu’il parvient à médiatiser comme l’événement street-art de l’année à Los Angeles. Cette exposition va attirer des foules, le consacrer en tant que street-artist, et lui laisser de quoi vivre confortablement au soleil pendant des années… C’est sur ces notes positives que s’achève le documentaire.

Le message

Dénouement optimiste ?

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Oui, pour le spectateur moyen qui ne s’autorise pas à voir et à penser au-delà de ce que l’écran lui donne à voir : la success-story d’un autodidacte qui arrive, par son talent de « marketeur visionnaire » plus que par celui d’artiste, à percer dans le monde très fermé du street-art. À noter que la majorité des critiques parues dans la presse sur ce documentaire, et celles qu’on peut lire de la part du grand public sur les forums Internet de type Allociné, s’en tiennent à ce niveau de lecture…

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Certainement pas, pour le spectateur qui décide d’aller au-delà de cette première lecture et cherche à comprendre les intentions réelles du réalisateur (ou du collectif de graffeurs) à l’origine de ce projet.

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Car rien de plus affligeant que cette séquence finale où l’on voit Brainwash partir de rien et fabriquer, en quelques jours seulement, et avec le secours d’une poignée d’hommes, de quoi meubler un grand hall d’exposition, soit une centaine de pièces environ. La caméra s’attarde d’abord sur ses complices qui, tels des ouvriers tayloristes, s’affairent autour des pots de peinture pour entacher les toiles vierges de quelques gouttes de couleur qui vont faire « œuvre ». La caméra file ensuite sur Brainwash qui, la jambe cassée, dans son fauteuil, roule de toiles en toiles, pour y apposer la touche finale, sa signature. Spectacle doublement affligeant quand la caméra montre qu’à peine trois heures avant l’inauguration de l’exposition, alors que Brainwash est occupé à donner interviews sur interviews auprès de journalistes en quête de la révélation de l’année, les complices se demandent encore où accrocher les toiles et à quel prix. Inutile de préciser qu’aucun plan d’exposition n’a été prévu. Cette exposition est de toute façon une imposture, et les victimes ne s’en rendront peut-être jamais compte, à moins qu’elles ne regardent quelques années plus tard ce documentaire et qu’elles en acceptent la triste conclusion : elles ont été victimes d’une imposture… En attendant, ces victimes-hipsters affluent en masse le jour de l’inauguration, et s’arrachent à prix d’or ces postiches de Brainwash dont le seul génie aura été de se dire qu’il pourrait y avoir des gens assez bêtes pour les acheter.

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De là à se dire que non seulement l’exposition, mais que tout ce documentaire, est une imposture, il n’y a, à mon avis, qu’un pas. Sa proximité avec le milieu du graffiti pourrait laisser penser que Thierry Guetta, alias Brainwash, est graffeur depuis plus longtemps que ce qu’il prétend dans le documentaire. On peut supposer qu’il s’agit d’un proche collaborateur de Banksy et de son collectif – une sorte de vitrine. Ensemble, ils pourraient avoir orchestré un projet de longue haleine visant à dénoncer la bêtise de tous ceux qui préfèrent « croire que penser », et dont cette vraie-fausse exposition, puis ce vrai-faux documentaire, en seraient l’aboutissement. Plusieurs indices pourraient en effet mettre le spectateur sur cette voie. Le choix du blaze de Thierry Guetta, Brainwash, est déjà, à mon sens, très évocateur : ne nous crie-t-il pas « je vous lave le cerveau » ?… Le fait que Banksy lui-même, d’autre part, soit le réalisateur de ce film nous indique qu’il est bien présent autour de ce projet, et qu’il n’est pas seulement un acteur « secondaire », comme on pourrait le croire dans le documentaire. Enfin, le caractère iconoclaste et subversif des œuvres précédentes de Banksy et de son groupe nous montre que ce collectif dispose de courage et de ressources créatives suffisantes pour réaliser une telle prouesse et nous mettre en garde : « Avec peu de moyens et beaucoup d’esbroufe, on peut vous faire croire que ces tableaux sont l’œuvre d’un génie, que vous êtes parmi les premiers et les seuls à reconnaître le génie dans cette œuvre, et on peut vous faire payer des sommes astronomiques pour ça. Réveillez-vous et arrêtez de croire tout ce qu’on vous dit ! »

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Mais se réveiller suffit-il ? À lire les critiques qui ont accompagné la sortie du documentaire, il semblerait que non. Car il ne suffit pas de reconnaître la duperie, il faut aussi l’accepter. Le coût psychique de maintenir le mensonge est sans doute moins lourd que celui d’aveu de faiblesse. Un consensus collectif pour s’interdire de dévoiler au grand jour l’imposture semble agir. Les hipsters et la presse s’en veulent sûrement de leur crédulité, mais préfèrent taire l’évidence, et se contenter d’applaudir le destin merveilleux de Thierry Guetta retranscrit dans ce documentaire brillant. Banksy and co. n’ont donc qu’à moitié réussi leur entreprise…

Conclusion

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À travers ce documentaire, Banksy and co. s’attaquent à la question épineuse du principe d’attribution de valeur à une œuvre d’art : doit-il se fonder sur ce qui est, ou sur ce que les gens croient ? Quels sont les dangers d’une valeur attribuée uniquement à partir d’une croyance médiatiquement construite ? Banksy and co. dénoncent un monde de l’art de plus en plus déconnecté de la réalité du travail de l’artiste, de l’effort, de la sueur, du processus créatif, bref de tous les ingrédients charnels et réels qui devraient être à la base de la détermination de la valeur d’une œuvre, sans nier pour autant la part de subjectivité inhérente à l’appréciation de toute œuvre d’art. Ils nous demandent de ne pas fonder notre jugement uniquement sur notre subjectivité, cette dernière étant inévitablement empreinte de toutes sortes de croyances héritées de l’extérieur, et dont les plus dangereuses, pour le monde de l’art a minima, seraient celles fomentées par les médias. Ils ne nous demandent pas de devenir des balances ultrarationnelles, mais seulement de réintroduire un peu de rationalité dans notre processus d’évaluation. Pour le moins, prenons le temps de la réflexion. Autorisons-nous à douter, à ne pas croire sur parole ou sur image tout ce qu’on nous dit ou nous montre.

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Un conseil qui ne devrait pas rester confiné au monde de l’art… Est-il nécessaire de rappeler qu’un rat, qu’un singe ou qu’un enfant qui boursicotent obtiennent de meilleurs rendements boursiers qu’un trader [11][11] Cf. notamment, à ce sujet, l’article de P. Picq, « Les... ? Et pourquoi cela ? Parce que ces êtres naïfs et vierges de toutes croyances sont imperméables aux phénomènes de mode qui conduisent les traders vers des choix d’investissement encore moins bons que ceux du hasard…

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Pauline Perez

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Doctorante, hec Paris

Glossaire

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Banksy : personnage mythique de la scène graffiti, Banksy est identifié comme étant un troubadour des temps modernes. Illustre artiste revendicateur, aucun fait social ne sait lui résister tant il est incisif et décoiffant dans son art. Banksy possède aujourd’hui sa place parmi les grands de ce monde par ses innombrables actes répréhensibles mais ô combien subversifs ! Il adore provoquer, choquer, voire perturber la société, et c’est ce qui fait toute l’importance de son œuvre. Malgré sa capacité à transgresser les règles, il demeure à ce jour un vrai mystère puisque sa vraie identité n’a jamais été dévoilée. Selon toute vraisemblance, Banksy serait un artiste du street-art (graffiti) originaire de Bristol, en Angleterre. Philanthrope, antiguerre et révolutionnaire, l’artiste prend son art comme médium de communication pour scander haut et fort son mécontentement envers certains faits de société, certaines situations politiques ou, carrément, certaines décisions adoptées par les leaders mondiaux. Né en principe en 1974, ce n’est qu’au cours des années 1980 qu’il commence à manier la bombe, après avoir complété une formation de boucher. Mais c’est entre 1992 et 1994 qu’il devient véritablement artiste graff, au sein d’un groupe appelé le Bristol’s DrybreadZ Crew (DBZ), assistant ses collègues Kato et Tes (sources : http://www.banksy-art.com/).

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Graffiti : nom générique donné aux dessins ou inscriptions calligraphiées, peintes, ou tracées de diverses manières sur un support qui n’est pas prévu pour cela. Certains considèrent le graffiti comme une forme d’art qui mérite d’être exposée dans des galeries, tandis que d’autres le perçoivent comme indésirable. Dans ses formes les plus élaborées, le graffiti est également une forme d’art graphique. Tag : c’est une signature. Il est soit apposé pour signer un graff soit utilisé seul et pour lui-même. Flop : c’est un lettrage en forme de bulle élaboré généralement d’un seul trait. Ce procédé étant assez difficile à réaliser, certains graffeurs préfèrent les peindre lettre par lettre (sources : Wikipedia).

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Graffeur : nom donné aux auteurs de graffitis. Ces graffeurs se font connaître en apposant leur signature, communément appelée « blaze », ou celle du collectif (généralement appelé posse, crew ou squad) auquel ils appartiennent, sous leurs œuvres, les murs, les métros ou encore les camions.

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Hipster : hipster est « un terme des années 1940 qui désignait à l’origine les amateurs de jazz (en particulier du bebop) et devint populaire dans ces années-là. Le hipster adoptait le mode de vie du musicien de jazz, notamment la manière de se vêtir, l’argot, l’usage de drogues, l’attitude détendue (“cool”), l’humour sarcastique, la pauvreté de rigueur et des codes de conduite sexuelle libre. […] Aujourd’hui, les jeunes adultes hipsters s’intéressent à la culture et la mode non-mainstream (bien qu’en réalité ils soient justement le côté mainstream de la culture underground), souvent en provenance des milieux indépendants anglo-saxons. Cela comprend plus spécifiquement le rock indépendant, la musique alternative et électronique ; les films d’auteurs ; les tendances culturelles émergentes en matière de jeux, de sites Internet ; et une bonne connaissance littéraire et artistique » (sources : Wikipedia). Pour en savoir plus à ce sujet : « Pister le hipster », 2010, Slate.fr [en ligne : http://www.slate.fr/story/30473/pister-le-hipster].

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Invader : Invader a fait ses études à l’école des beaux-arts de Rouen. Artiste secret, il apparaît le visage pixélisé ou caché par un masque, ou bien de dos. Il est connu, depuis la toute fin des années 1990, pour s’être immiscé peu à peu dans les interstices de l’espace urbain ou périurbain de mégalopoles comme Los Angeles ou Hong Kong, de capitales comme Paris ou Berne, mais aussi de villes plus modestes comme Grenoble en décembre 1999 ou Avignon en juin 2000 en posant de petites mosaïques inspirées de jeux vidéo des années 1970-1980, dont en particulier Space Invaders, à des endroits la plupart du temps peu accessibles. La pose de ces figures, mi-vaisseaux, mi-visages, effectuée le plus souvent sans accord formel préalable avec le propriétaire de l’espace concerné, constitue ce qu’il appelle l’« invasion » (sources : Wikipedia).

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Obey : Frank Shepard Fairey, alias Obey (né le 15 février 1970 à Charleston en Caroline du Sud), est un artiste américain, sérigraphe, fresquiste et illustrateur. Issu de la scène du skateboard, il s’est d’abord fait connaître par les autocollants « André the Giant Has a Posse », qui a donné la campagne Obey Giant. Son travail est devenu mondialement célèbre lors de la campagne présidentielle américaine de 2008, avec la création du poster hope de Barack Obama qui deviendra une image-icône de la campagne. L’institut d’art contemporain de Boston le considère comme un des plus connus, des meilleurs et des plus influents artistes de street-art du moment (sources : Wikipedia).

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Street-art (ou art-urbain) : mouvement artistique contemporain. Il regroupe toutes les formes d’art réalisées dans la rue, ou dans des endroits publics, et englobe diverses techniques telles que le graffiti, le pochoir, la mosaïque, les stickers, l’affichage, voire le yarn bombing ou les installations. C’est principalement un art éphémère vu par un très grand public (sources : Wikipedia). Pour aller plus loin, cf. Stéphanie Lemoine, L’art urbain – Du graffiti au street-art, Paris, Gallimard, 2012.

Eugène Enriquez, Les tumultes de l’amour, Paris, Parangon, coll. « Situations et critiques », 2012

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Eugène Enriquez nous livre enfin ce livre audacieux sur le thème qui le taraudait depuis longtemps : l’amour. A-t-il ainsi voulu, en fin de compte, tempérer (voire modifier) la représentation qu’ont nombre de ses lecteurs de sa posture « critique » face aux phénomènes sociaux dont il a brillamment démasqué la face obscure ? Comme il le reconnaît lui-même en introduction, il a en effet « plus écrit sur la haine et la pulsion de mort que sur l’amour » (p. 9) et certains, au courant de son projet, s’attendaient peut-être à saluer enfin, avec lui, la victoire d’Éros. Peine perdue : sans « tumultes », l’amour ne mérite pas son nom. Fidèle à lui-même, l’auteur nous offre un approfondissement éclairant et sans concessions de l’inlassable tension entre la pulsion de vie et la pulsion de mort, à propos de cette expérience humaine fondamentale qui donne lieu à tant d’écrits lénifiants.

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En revendiquant d’emblée « un discours impliqué » (p. 9) – illustré dans chaque chapitre de poésies personnelles souvent très belles – celui d’un homme amoureux des femmes qui avait envie d’en parler à la première personne, Enriquez nous conduit, au gré de ses réflexions très construites (même si elles sont souvent agrémentées d’associations très libres dans des horizons variés) et de ses références aux poètes, psychanalystes, sociologues, philosophes et ethnologues, au cœur de son expérience de l’amour, de sa vision de l’amour authentique (« la belle amour, la vraie amour », comme l’idéalisait déjà la chanteuse Esther Lekain à l’orée du siècle dernier). Car le leitmotiv de son propos est bien de dignifier (et promouvoir ?) ce vrai amour.

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Qu’est-il donc ?

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Avant de le spécifier, Enriquez retourne aux sources de l’humanité et au crime originaire : celui commis ensemble par les frères conjurés contre le père de la horde qui, en confisquant le pouvoir sur les femmes, leur refusait l’amour et les réduisait au statut d’enfant. Ainsi, crime et amour, indissolublement liés, représenteraient d’emblée les deux versants de la pulsion de vie, bien que Thanatos précède Éros. À la différence des sociologues « scientifiques », les précurseurs de la sociologie ont accordé à l’amour « un rôle essentiel dans la constitution et la permanence du lien social » (p. 24), Auguste Comte ajoutant l’amour à son projet « ordre et progrès » (qui orne le drapeau brésilien… sans l’amour), Simmel associant amour et liberté, Fourier, obsédé par l’harmonie, appelant la société à être régie par « l’attraction passionnelle », d’où la création du phalanstère.

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Enriquez tient ensuite à dénoncer les « infidèles » visages de l’amour, c’est-à-dire le coup de foudre et l’amour fou. Le premier ne peut en effet qu’être assorti de l’idéalisation de l’être aimé, elle-même impliquant l’idéalisation de soi-même, la négation d’autrui et, contrairement aux apparences, la recherche d’une nouvelle sécurité à travers un amour inextinguible. Cette dernière qualité spécifierait d’ailleurs l’amour-passion, inscrit dans une temporalité plus longue que le coup de foudre. Cet amour « fou » exigerait l’exclusivité, serait articulé sur la (seule ?) reviviscence d’êtres aimés et serait toujours accompagné d’une jalousie morbide. Produit d’un « surinvestissement », il conduirait à une aliénation pathologique, à la rencontre du vide et du « contre-investissement ».

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S’appuyant sur la notion freudienne d’« inquiétante étrangeté », l’auteur nous introduit alors à l’amour authentique (bien que ce qualificatif ne lui convienne pas vraiment) : fait de symétrie, de réciprocité, d’absence d’exclusivité, d’exotisme (Segalen), d’excentricité, d’incertitudes sans cesse renaissantes, de conflictualité. Cette dernière dimension, au cœur de toute son œuvre, donne lieu à un chapitre dans lequel il rappelle l’inévitable ambivalence des sentiments, la force d’attraction toujours combattue par la force de répulsion, l’autre constituant « un obstacle dirimant à notre narcissisme et à notre paranoïa » (p. 68). Encore convient-il de distinguer – Enriquez y revient souvent dans ses écrits – narcissisme primaire et narcissisme normal. Le premier, issu du sentiment océanique, moment de la « monade psychique » (Castoriadis) qui veut tout, tout de suite, devient, s’il se prolonge, narcissisme pathologique et empêche l’amour véritable qui requiert un narcissisme normal, c’est-à-dire un amour modéré de soi-même. L’amour serait ainsi « l’avènement de deux êtres charmés […] par leur singularité » (p. 75), deux conquistadors permanents, constamment à la recherche de l’autre comme de soi-même et créant ensemble, par là-même, « le tiers ». Ce tiers toujours menacé par l’intrusion dans le domaine secret de chacun et l’inévitable épreuve de la quotidienneté qui implique toutes sortes de déceptions. Aussi conviendrait-il de passer d’un être idéalisé à un être « sublimé » (p. 99).

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Enriquez qualifie par ailleurs l’amoureux d’« homme sain », non au sens d’homme adapté et conforme, mais au contraire, suivant en cela Canguilhem, d’individu « normatif », c’est-à-dire apte à poser ses propres normes. Aimer, comme l’indiquait Freud, serait alors un antidote à la maladie.

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Enriquez évoque ensuite l’homologie entre « trouble de pensée » et trouble apporté par l’amour. « La seule pensée exigeante, écrit-il, est à même de nous faire vaciller, seul l’amour authentique suscite crainte et tremblement » (p. 128). Pour devenir objet réel, l’autre devrait alors devenir objet à « mentaliser » car « aimer vraiment ne peut advenir sans mentalisation et sans symbolisation d’autrui » (p. 134).

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À noter, à l’intérieur d’un chapitre consacré aux liens entre jouissance, sublimation et érotisme, un développement original sur la sublimation comme perversion réussie et la perversion comme sublimation ratée (p. 163).

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De retour au contexte social, l’auteur tient à souligner que la proximité sociale et culturelle (qui donne lieu généralement au choix du conjoint) n’offre aucune garantie absolue tant l’amour est à construire au jour le jour. La vicinité peut alors, au mieux, constituer un refuge précaire et provisoire.

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Enfin, plus globalement, Enriquez tient à stigmatiser notre société néolibérale actuelle, qui ne semble pas marquée par l’amour, loin de là. L’individualisme à couleur mégalomaniaque, la stimulation de l’ego grandiose, de la centration, voire du repli sur soi, l’attachement aliéné à des entités groupales, l’insécurité économique, ne favoriseraient pas la « lutte d’amour », c’est-à-dire le travail constant pour maintenir une relation vivante. Un certain degré d’héroïsme (au sens freudien) serait donc nécessaire pour s’abstraire de la masse et de ses contraintes.

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Si l’amour est subversif, c’est qu’il est opposé à la civilisation telle qu’elle se serait réalisée jusqu’à présent, faisant prévaloir « le sociétal » (« empreint de mensonge, d’hypocrisie, de travestissement », p. 110) sur le culturel (la Kulturarbeit de Freud). L’amour est donc subversion dans la mesure où il prend le parti de la vie, de la création contre la force d’inertie et la répétition.

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Dans un épilogue réflexif, Enriquez tient à terminer son ouvrage en insistant à nouveau sur le double visage de l’amour, à la fois bénédiction (grâce à la rencontre de deux êtres libres porteurs d’un monde « où le visage de l’autre est celui d’un prochain ») et malédiction (en raison du coût psychique de l’absence et de la nécessité d’être sans cesse sur le qui-vive) mais malédiction nécessaire pour éviter la simple « rencontre bêtifiante entre deux êtres insignifiants. »

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Ce bref résumé ne peut, bien entendu, rendre compte de la richesse du propos, des résonances personnelles qu’il sollicite, ni du plaisir pris à naviguer d’une rive à l’autre grâce aux références pluridisciplinaires, aux clins d’œil, aux mouvements d’humeur qui parsèment ce très beau texte.

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Toutefois, au terme de ce parcours, plusieurs remarques et questions nous viennent à l’esprit. En premier lieu, nous avons parfois été gêné par l’aspect « plaidoyer » quelque peu moral du livre, même si nous partageons largement, à titre personnel, la vision de l’auteur. On se souvient que Joyce Mc Dougall, dans son célèbre article sur « l’anormalité », plaidait alors pour une « certaine » anormalité. Enriquez se situe dans cette même lignée mais, selon moi, de façon plus radicale, bien qu’il s’efforce de tempérer çà et là une sorte de normalisation qui a figure d’idéal. Il ne s’agit pas ici de jeter la pierre au rêve, dont les vertus vitales sont indéniables, mais de pointer plutôt la négligence volontaire des expériences subjectives de l’amour qui n’entrent pas dans les canons définis par l’auteur. Ainsi peut-on noter, entre autres exemples, que de nombreux couples n’ont pas besoin d’une reconquête permanente tant l’admiration (non nécessairement teintée d’idéalisation), le respect, les expériences partagées fournissent un socle solide au sentiment d’amour, en dépit des vicissitudes du quotidien qui viennent l’ébranler parfois. De même, certains rituels, une certaine routine, loin d’être les émanations de la seule pulsion de mort, peuvent-ils constituer, pour certains couples, une base de sécurité vivante de nature à autoriser un exotisme par ailleurs, voire symboliser simplement le sentiment d’amour qui les unit. Le psychanalyste Jean Lemaire, dans son ouvrage de référence Le couple, sa vie, sa mort (dont le sous-titre « ça vit, ça mord » fait écho au propos d’Enriquez) a développé à ce sujet, sur la base d’un matériau clinique choisi, les multiples aspects et sources de la relation amoureuse, confirmant ainsi l’extrême subjectivité de ce lien existentiel.

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Plusieurs affirmations, centrales semble-t-il, laissent par ailleurs perplexe. L’amour est-il « toujours confrontation avec l’altérité, l’étrangeté la plus radicale » (p. 58) ? Un amour « authentique » ne peut-il reposer sur d’importants éléments de similitude (Enriquez y fait une allusion rapide) tout en autorisant une expérience réelle de l’altérité (sur certains plans, par conséquent) ? Pourquoi prétendre qu’« au début, tout amour est un amour fou » (p. 138) ? Qu’en est-il alors de cet amour construit ou émergeant patiemment, parfois à l’insu des protagonistes eux-mêmes ? Ne serait-ce pas du vrai amour ? Pourquoi mépriser à ce point la jalousie ? L’absence totale de jalousie n’est-elle pas aussi suspecte que la jalousie « morbide » ? Enfin, l’insistance sur la pulsion de mort comme donnée structurelle et réalité psychique permanente dans l’amour (« au plus profond de l’amour gît toujours la pulsion de mort », p. 85, « quand l’amour croît, la haine croît de même », p. 177, « si Éros parle encore à voix basse, l’on entend beaucoup mieux les clameurs de Thanatos », p. 184) entame, à mon avis, le recours à son usage. Car, même si l’on admet la dualité psychique pulsion de vie/pulsion de mort, ce qui nous semble intéressant c’est d’explorer le contexte de l’occurrence de chacune d’elles, voire leur présence simultanée dans la psyché de l’un ou l’autre des amoureux (ou des deux) sur la base de l’expérience intime.

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Finalement, je me demande si Eugène Enriquez, à travers ce texte très personnel et très profond, n’a pas voulu forcer le trait volontairement, son mépris pour la relation médiocre, aseptisée, étant à la mesure de son aspiration vitale au triomphe (toujours provisoire) d’Éros pour lequel il conserve un secret espoir, faisant ainsi écho à l’injonction de Plutarque (dont il aurait pu aisément se réclamer) de ne jamais cesser d’aimer, injonction qu’Enriquez assortirait sans doute de la nécessaire complexité qui fait de l’amour l’aventure la plus « passionnante » de la vie.

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Il y a donc, tout au long de cet ouvrage et de son propos savamment étayé, au-delà de sa fertilité, un vrai cri du cœur qui le rend si attachant.

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Gilles Amado

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Laboratoire greghec-cnrs

Jacqueline Barus-Michel, Eugène Enriquez et André Lévy (sous la direction de), Vocabulaire de psychosociologie : références et positions (Nouvelle édition augmentée), 2013, Toulouse, érès

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La nouvelle édition française [12][12] Le Vocabulaire est traduit en portugais, espagnol et... du Vocabulaire de psychosociologie succède à la première datée de 2002, suivie d’une réédition en 2006 qui a été épuisée au début de l’année 2012. Ce succès témoigne de la part importante de la psychosociologie dans les sciences humaines, tant dans les pratiques que dans la pensée, l’enseignement, les recherches et les interventions.

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Le moment a semblé venu de procéder à des ajouts rendus nécessaires par des changements intervenus quant aux collaborateurs, aux institutions et à l’histoire. Ceci est visible dans l’introduction et dans le répertoire des auteurs.

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Pour répondre au souci constant de poursuivre à travers de multiples travaux la mise en lumière du lien étroit entre processus psychiques et processus sociaux, qui fait la spécificité de la psychosociologie, nous avions invité des auteurs venus de divers horizons à écrire des articles dans les trois parties concernant les Objets et processus, les Démarches et les pratiques, enfin les Auteurs dont la pensée et les travaux ont servi de fondements à la psychosociologie et l’ont nourrie.

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La psychosociologie actuelle est de plus en plus attentive à l’évolution sociale générale et aux formes nouvelles de la modernité. Telle que nous la présentons dans cette nouvelle édition, elle s’est enrichie de problématiques qui n’avaient pas été abordées dans la précédente livraison (la modernité, la démarche critique). Des articles présentant de nouveaux auteurs dont la pensée sert de référence et qui ont proposé des démarches originales d’intervention ont été ajoutés : D. Anzieu, L. Festinger, M. Foucault, E. Jaques, G. Lapassade, G. Mendel, G. Palmade, R. Sainsaulieu. Quelle que soit leur discipline, ils témoignent de la pluridisciplinarité qui inspire la démarche de cette psychosociologie appuyée sur une clinique soucieuse d’explorer au plus près des situations vécues.

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Complexité, pluridisciplinarité, subjectivité, expérience du terrain sont des axes demeurés vivants au cours de ces années. Le registre de l’inconscient et le registre du politique en tension l’un avec l’autre se nouent dans les situations sociales, d’où la nécessité d’une analyse critique portant sur les processus d’élaboration de la pensée et des effets qu’elle produit, ce qui permet à des sujets de se réapproprier leur expérience, collective et personnelle.

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Certes, il manquera toujours des auteurs, des références et des problématiques à ce Vocabulaire, qu’il faut penser comme un work in progress toujours inachevé.

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Il est, depuis sa première parution, un outil indispensable pour des étudiants, des praticiens et des chercheurs. Nous souhaitons qu’il reste ainsi dans l’actualité et continue à contribuer au développement de la psychosociologie dans la perspective la plus humaniste.

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Jacqueline Barus-Michel

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Professeur émérite Paris 7

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Laboratoire de changement social

Notes

[1]

Cf. glossaire.

[2]

Cf. glossaire.

[3]

Artiste illustre et subversif de la scène street-art internationale, www.banksy-art.com (cf. glossaire en fin de document).

[4]

Festival du long-métrage qui se tient chaque année en février à Los Angeles, et qui récompense les films non-mainstream.

[5]

S. Delaunay, « Alléluia ! La mort du “hipster”, ce subversif de pacotille, est imminente », Rue 89 [consultable en ligne : http://www.rue89.com/rue89-culture/2011/12/19/alleluia-la-mort-du-hipster-ce-subversif-de-pacotille-est-imminente-227661].

[6]

Cf. glossaire.

[7]

Cf. glossaire (à « graffeur »).

[8]

Cf. glossaire.

[9]

Cf. glossaire.

[10]

« Faire un mur » est l’expression utilisée par les graffeurs lorsqu’ils partent en expédition pour peindre sur un support « offert par la rue » mais sans autorisation (le plus souvent un mur, mais il peut s’agir des rames de trains, des camions…). Le titre du documentaire est un jeu de mots qui renvoie à cette expression issue du monde du graff, tout en faisant allusion à l’expression commune « faire le mur » qui renferme, elle, l’idée de l’acte interdit réalisé dans le dos de quelqu’un.

[11]

Cf. notamment, à ce sujet, l’article de P. Picq, « Les grands singes et la bourse », Les Échos.fr, 22 avril 2013.

[12]

Le Vocabulaire est traduit en portugais, espagnol et italien.

Titres recensés

  1. Vincent de Gaulejac, La recherche malade du management, 2012, Paris, Quæ Éditions
  2. Banksy (réalisateur), Faites le mur ! (Exit Through the Gift Shop), Documentaire (1 h 26), sorti en décembre 2010 en France
    1. Le pitch
    2. Le message
      1. Dénouement optimiste ?
    3. Conclusion
    4. Glossaire
  3. Eugène Enriquez, Les tumultes de l’amour, Paris, Parangon, coll. « Situations et critiques », 2012
  4. Jacqueline Barus-Michel, Eugène Enriquez et André Lévy (sous la direction de), Vocabulaire de psychosociologie : références et positions (Nouvelle édition augmentée), 2013, Toulouse, érès

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