Accueil Revues Revue Numéro Article

Outre-Terre

2007/1 (n° 18)

  • Pages : 430
  • ISBN : 9782749208268
  • DOI : 10.3917/oute.018.0337
  • Éditeur : Outre-terre

ALERTES EMAIL - REVUE Outre-Terre

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 337 - 344 Article suivant

Te lo prometió Martí y Fidel te lo cumplió; Ay Cuba, ya se acabó, se acabó, por siempre aquí, se acabó, el cuero de manatí con que el yanqui te pegó [1][1] « Martí te l’a promis et Fidel l’a accompli pour toi :....

1

Comprendre la société cubaine exige que soit fait référence à la dialectique entre continuité nationale et rupture révolutionnaire. L’expression lo nacional revolucionario[2][2] Ce qui est national révolutionnaire. résume bien la façon dont la communauté imaginée cubaine s’est élaborée [3][3] Benedict Anderson, Imagined Communities, Londres, Verso,.... En plus de l’indéniable tabula rasa produite par la Révolution, l’action politique contemporaine y est délibérément située dans la continuité du processus de libération nationale initié avec les guerres d’Indépendance (1868-1878 et 1895-1898). Derrière l’apparente homogénéité de la Révolution cubaine, il faut considérer son évolution depuis l’intérieur, ses contradictions internes, de même que son propre processus de remise en question. De la guérilla des années 1950 au processus de rectification des années 1980, la société cubaine a traversé différents types de changements et de continuité à tous les niveaux : politique, culture, social et économie. La Révolution cubaine provoque en outre différents types de sentiments qui vont du romantisme révolutionnaire à l’opposition parfois haineuse. Le contexte spécifique dans lequel a pris forme la Révolution cubaine contribue à susciter cette confusion des sentiments et à produire de nombreux discours stéréotypés sur ce qui constitue en fait un type de processus de construction sociale. Il ne s’agit en définitive ni d’un processus de changement social imposé d’en haut ni du résultat exclusif de mouvements populaires spontanés, mais plutôt de l’agencement à un moment socio-historique donné de conditions, à la fois extérieures et intérieures, allant dans le sens du processus révolutionnaire.

2

En tout état de cause, on ne peut appréhender le processus révolutionnaire, qu’il s’agisse de sa longévité ou de son système de valeurs sociales et morales, sans prendre en considération la légitimité du projet et de l’imaginaire de la Revolución ainsi que la spécificité de la relation entre les Cubains et Fidel Castro, soit le binôme « Fidel-Pueblo » [Fidel et le peuple] [4][4] Revolución, 11 avr. 1959 ; cité par Marifeli Pérez-Stable,.... Aujourd’hui, en dehors des conversations avec des étrangers, l’expression « Fidel Castro » n’est pas d’usage courant. Il est plus habituel et familier d’entendre parler de « Fidel », d’« El Fifo », de « Nuestro Comandante en Jefe » ou encore du « papa de los Cubanos ». L’usage du prénom ou d’un surnom, d’un adjectif possessif et de diminutifs pour désigner le chef de l’État illustre la spécificité de la relation politique. Car Fidel Castro incarne la figure du leader charismatique.

3

Après l’attaque de la caserne de la Moncada, le 26 juillet 1953, la phraséologie utilisée par le Lider Máximo peut être envisagée à la fois comme produit culturel et comme création propre. Conçue et construite dans le texte de sa défense lors du procès qui lui fut intenté pour cet acte de rébellion, la phraséologie révolutionnaire en question met en scène une façon de parler propre à Fidel Castro, mais qui fait partie d’une culture politique dont les prémisses s’ancrent dans la période de l’indépendance. En outre, la désignation de José Martí, le héros national cubain, comme auteur intellectuel de sa défense intitulée plus tard La historia me absolverá[5][5] Fidel Castro, La historia me absolverá, La Havane,... n’est pas anodine. Il s’agit d’un des fondements majeurs de la culture politique cubaine contemporaine.

4

De plus, la légitimité de la Révolution cubaine, malgré des remises en cause internes, repose sur l’impact positif du processus révolutionnaire sur les couches populaires de la société. Les réformes sociales mises en œuvre juste après le triomphe de la Révolution, le 1er janvier 1959, en constituent sans doute la meilleure illustration. Les réformes agraire et urbaine, tout comme les nationalisations, ont eu des effets directs sur l’accès populaire au logement, à l’alimentation, à la santé, à l’éducation et en général à la dignité.

5

La période dite de soviétisation de la révolution cubaine reste dans les mémoires, malgré des écarts identitaires très nets entre les façons de penser la politique chez les Cubains et les Soviétiques, un temps de vacas gordas [de vaches grasses], d’abondance, où les magasins étaient approvisionnés en biens de consommation courante et où l’argent cubain et les salaires valaient quelque chose. L’institution de la Période spéciale, destinée à pallier les effets des nouveaux accords commerciaux avec l’ex-Union soviétique et les pays de l’Est, désormais fondés sur les prix du marché et non plus sur ceux du Conseil d’aide économique mutuelle, a initié une période d’insécurité sociale et de pénurie. L’introduction de modes capitalistiques de gestion de l’économie au sein d’une économie planifiée ne pouvait s’effectuer sans conséquences socio-écono-miques de grande ampleur. La coexistence de deux monnaies, le peso national et le dollar, puis le peso convertible, de même que l’accès de certains à une rémunération en devise, ont creusé une brèche dans le système égalitariste cubain et ont déconnecté la population du système socialiste d’avancement au mérite, d’émulation, de rétributions matérielles et symboliques.

L’éthique cubaine de la résistance : entre tradition nationale révolutionnaire et rhétorique des pratiques

6

Par « rhétorique des pratiques », Michel de Certeau entendait « l’homologie des pratiques et des mouvements rhétoriques [6][6] Michel De Certeau, L’invention du quotidien. 1. Arts... », une métaphore qui permet de comprendre l’interaction permanente, continue et récurrente de la phraséologie et de la praxis. Ce qui passe à Cuba par la notion de lucha [lutte] présente deux dimensions : éthique et résistance. Dès les débuts de la Révolution cubaine, la relation entre Cuba et les États-Unis fluctue au gré de l’aggravation des tensions. Le blocus imposé à Cuba dessine le contexte géopolitique dans lequel la phraséologie obsidionale de la lutte a émergé. Le conflit fait de la sorte partie de l’identité. La guerre et la résistance sont en effet devenues des préoccupations de premier ordre pour le nouveau gouvernement révolutionnaire ainsi que pour les individus engagés dans les Milicias, les Comites de Defensa de la Revolución et autres organisations de masse.

7

Cet état de fait ne résulte d’ailleurs pas seulement de la révolution contemporaine, il naît de la période d’occupation américaine à la fin de la seconde guerre d’Indépendance (1898). Les sentiments d’hostilité aux « Yankees » étaient déjà très enracinés, mais ils coexistaient souvent avec le rêve américain. L’idée de la guerre « nécessaire » contre le « monstre » n’en fut pas moins inspirée par José Martí en personne. La lutte des Cubains contre leur ennemi historique fait ainsi partie de leur culture politique [7][7] Nelson P. Valdés, « Cuban political culture. Between..., avec en contrepoint majeur l’opposition entre le Bien et le Mal. En dehors de l’affrontement idéologique et du contexte bipolaire, ce moment dans l’élaboration de la communauté imaginée cubaine en train de se construire en tant que nation indépendante est essentiel. Il y a là un indice précieux pour apprécier le poids de la Révolution dans l’imaginaire collectif. Depuis le cas de l’enfant Elián, naufragé rescapé de la traversée du détroit de Floride et retenu en Floride contre la règle de la patria potestad [droit paternel], soit l’octroi du droit de garde de l’enfant au dernier parent vivant, habitant en l’occurrence Cuba, la Batalla de Ideas est devenue à partir de 2000 un leitmotiv de la rhétorique cubaine de la lutte. Le terme de « lutte » comprend un grand nombre de pratiques sociopolitiques s’inscrivant notamment dans la construction d’un habitus de défense et d’un type de citoyenneté militaire et militante [8][8] Hernán Yanes, « Fuerzas armadas y política revolucionaria :.... C’est également en ce sens que les logros [acquis sociaux] révolutionnaires sont des trésors à défendre à tout prix.

8

La notion de lutte peut aussi participer de la vie quotidienne. L’expression ahí en la lucha [on se débrouille] [9][9] Littéralement : « Là, en lutte ». peut être prononcée en réponse à « comment ça va ? ». Elle est de plus en plus employée depuis le début de la Période spéciale. En effet, les nouvelles conditions socio-économiques ont impliqué des adaptations du discours politique de la lutte. Ainsi la lucha quotidienne consiste-t-elle en une résistance sociopsychologique quotidienne face aux difficultés matérielles et aux transformations symboliques. Les biens de consommation courante qu’on se procure avec la libreta [carnet de rationnement] ont été réduits de moitié et l’effort constant pour seguir adelante, aller de l’avant, ont fait de la vie quotidienne un vrai combat à la fois social et intérieur. Ainsi, lutter est devenu une façon de faire au quotidien et même une façon d’être, comme l’atteste l’usage du verbe estar qui lui est parfois associé pour décrire et exprimer un mode de résolution des problèmes : estoy en la lucha [je me démène]. La notion de lutte passe ainsi d’une tradition inventée à une forme intégrée d’éthique des pratiques.

De l’historicité de la Période spéciale

9

Afin de comprendre les récents événements survenus à Cuba, il faut revenir sur l’analyse de la fameuse Période spéciale en temps de paix, l’expression se référant au statut juridique de l’état d’urgence, de la « Période spéciale en temps de guerre ». L’adaptation de cette expression au contexte spécifique du début des années 1990 met en relief la spécificité de ce temps vécu à travers l’institutionnalisation d’un nouveau mode de faire de la politique ainsi que de nouveaux modes de faire et d’être au quotidien. On assiste par ailleurs à un processus d’appropriation et de réattribution du sens du temps dans les pratiques sociales, la Période spéciale devenant un référent de l’expérience quotidienne.

10

La « Période spéciale » comporte deux aspects. Elle participe d’abord de l’institutionnalisation d’un changement politique et économique radical. Ensuite, le caractère progressif de la proclamation de cette « Période spéciale » dans le fil des discours de Fidel Castro [10][10] Fidel Castro, « Inauguración del Combine de Construcción... a contribué à l’émergence d’effets identitaires. La situation en Europe de l’Est et en Union soviétique, la nouvelle configuration géopolitique et ses conséquences sur la vie quotidienne à Cuba, étaient autant d’éléments pour identifier le temps à venir ; il y a eu interprétation, puis appropriation, enfin adaptation.

11

Analyser la Période spéciale dans le cadre du fait nacional revolucionario a de nombreuses implications. Cette phase est imprégnée de l’imaginaire politique du changement abrupt propre aux contextes révolutionnaires. Chez les révolutionnaires cubains, la rupture avec le passé permet de distinguer une période d’une autre, mais joue également un rôle d’intégration. Semblable rupture construit la séparation entre un passé valide et un autre passé, indésirable celui-là [11][11] Lorraine Karnoouh, Un miroir de patience : analyse.... La rupture du XIXe siècle, à Cuba, c’est la guerre des Dix Ans, première tentative d’indépendance où s’initie un processus d’inclusion/exclusion par l’imaginaire national de certains protagonistes historiques. Les membres de la bourgeoisie créole qui participèrent à la guerre d’indépendance appartiennent à un passé révolutionnaire positif ; ceux de l’administration espagnole résidant sur l’île, ou qui agirent en faveur de l’annexion de Cuba aux États-Unis, sont rejetés en tant que représentations négatives d’un passé qui n’appartient pas au temps historique national.

12

La « Période spéciale » a en ce sens aussi une fonction intégrative. Certains protagonistes qui avaient été exclus sont alors en mesure d’être réintégrés dans la communauté imaginée en tant qu’acteurs sociaux positifs. Par exemple les santeros, paleros… Depuis le IVe Congrès du Parti communiste cubain, la religión[12][12] Principalement des pratiques yoruba et congo, celles... n’est plus un motif suffisant pour rejeter une candidature comme membre du parti. La réhabilitation de la religión en tant que possible identité sociale faisant partie de la culture nationale participe de cette dynamique de réinsertion nationale. De même vis-à-vis des exilés et des émigrés cubains de Floride. Les conférences initiées en 1994 sur La Nación y la Emigración ont de la sorte pris le relais du Diálogo del 1978. On distingue de la même façon entre le gouvernement nord-américain et le peuple des États-Unis, mettant l’accent sur une forme de lutte politique et idéologique nationale qui ne se confond ni avec une idéologie xénophobe ni avec une préférence nationale.

13

Mais la « Période spéciale » s’inscrit également dans une continuité de l’imaginaire national révolutionnaire cubain. Les circonstances difficiles constituent des espaces-temps où les Cubains, en tant que principaux protagonistes, sont des héros. Souffrance et résistance agissent alors comme des forces de rédemption. Il est dès lors fait appel à chaque élément constitutif du mythe national cubain. Fidel Castro continue d’y jouer le rôle du Sauveur, les premières années de la Révolution celui d’un Âge d’or qui doit être préservé, l’Unité du Peuple cubain étant plus que jamais nécessaire. Mais quelle est finalement la nature temporelle de la Période spéciale ? S’agit-il d’une période, d’un événement ou d’une transition telle que l’interprètent les observateurs occidentaux ? En fait, elle est à la fois une période, un événement et une transition. Le caractère périodique lui donne son identité profonde et première. En tant qu’institution légale, elle est censée s’étendre sur une durée déterminée. Pourtant, elle est aussi vécue comme un instant de rupture entre un avant et un après. Enfin, elle constitue une transition, comme le furent les mesures du Processus de rectification de février 1986 à contre-courant de la libéralisation économique et politique initiée en URSSpar Mikhaïl Gorbatchev et comme l’est d’ailleurs toujours la Révolution à proprement parler.

Conclusion ouverte

14

La Période spéciale n’est donc pas un moment clos mais une phase durant laquelle des changements ont déjà eu lieu. L’homogénéité sociale produite par un accès égalitaire aux biens et aux services sociaux a en partie été remise en question par la légalisation et l’expansion du système à deux monnaies et la promotion du tourisme de masse à Cuba. L’usage déclinant du terme compañero[13][13] Camarade et/ou compagnon. est ici un symptôme. L’autorisation des remesas, ces envois de sommes d’argent par les familles émigrées, contribuent également à la déstabilisation de l’égalitarisme social. Les difficultés matérielles nourrissent d’ailleurs des sentiments de désespoir. L’interrogation principale porte sans doute sur ce que la génération de Cuba postmoderne retiendra de ces années de révolution et ce qui en perdurera en tant que pratiques sociales. Le processus est au demeurant déjà en cours. Des traditions révolutionnaires perdurent ou peuvent faire l’objet de réappropriation sociale (exemple de la lucha); d’autres déclinent, comme l’engagement militant. Alors que, dans les années 1970-1980, être membre de l’Union des jeunes communistes ou du PCC constituait un honneur, même si cela peut être encore le cas aujourd’hui, on constate que la pratique militante ne satisfait plus la jeune génération. À cela s’ajoute la dévaluation de la monnaie nationale, le peso, et la hausse des prix des biens de consommation courante, le tout entraînant une crise des valeurs morales et éthiques. Alors qu’un médecin gagne entre 400 et 500 pesos cubains par mois, un travailleur du tourisme ou du marché noir peut en gagner au moins le double par jour.

15

Le « postcastrisme » est déjà en soi une expression problématique. D’abord parce que l’expression « castrisme » vient traditionnellement des milieux de l’opposition contre-révolutionnaire de Floride. La terminologie doit donc être maniée avec précaution, même lorsque l’on parle à partir d’Europe de « l’anticastrisme » de la Fundación Nacional Cubano Americana [14][14] Fondation nationale cubano-américaine. , par exemple. À Cuba, le terme « castrisme » n’appartient pas à la pratique langagière courante, non pas en raison d’une quelconque interdiction mais plus du fait d’un déficit de sens dans le contexte social cubain. On y parle plutôt de « fidélisme », ce qui est totalement différent. L’expression fait référence à la relation de familiarité qui lie les Cubains à leur leader (pour le meilleur et pour le pire). Alors que le « castrisme » peut renvoyer à une forme d’aliénation par un dictateur autoritaire, le « fidélisme » traduit plutôt un sentiment d’allégeance émotionnelle face à un leader respecté. De nombreux Cubains affirment encore aujourd’hui : « Nosotros los cubanos no somos comunistas somos fidelistas » [nous, les Cubains, nous ne sommes pas communistes, nous sommes fidélistes].

16

La question du « post », elle, place au centre de l’analyse des changements sociaux la mort de Fidel Castro, qui constitue effectivement, du point de vue (ou mieux d’aveuglement) occidental, le facteur clef d’un éventuel changement politique et social à Cuba. Le champ et le temps social se ramènent à une conception de l’histoire fondée sur l’événement et la détermination macrologique. Mais cette question reste légitime dans la mesure où elle prend effectivement en considération la dimension émotionnelle de la relation au chef. Les derniers événements et le retrait relatif de Fidel Castro montrent, d’une part, que les changements et la continuité ne dépendent pas exclusivement de lui et, de l’autre, que des changements profonds ont déjà eu lieu dans la société cubaine depuis 1991 tout comme lors de périodes précédentes [15][15] Susan Eva Eckstein, Back from the future. Cuba under..., des changements qui avaient d’ailleurs été pensés et appliqués par Fidel Castro lui-même et les membres des différentes instances ad hoc. Il serait d’ailleurs quelque peu naïf de penser qu’un leader politique tel que Fidel Castro n’a pas envisagé sa propre succession et que tout s’écroulera le jour de son décès. De plus, si le charisme de Raúl Castro est loin d’être comparable à celui de son frère, les choses semblent suivre leur cours en « Cuba de Raúl ». Ainsi le passé proche et le présent qui se nomment « Période spéciale » peuvent-ils s’entendre comme une période d’adaptation et d’alternative à l’entrée dans le nouvel ordre mondial, une période de préparation aux temps à venir ainsi qu’à la redécouverte de Cuba depuis l’extérieur. La fin de vie de Fidel Castro est et sera indubitablement un événement traumatique pour les Cubains, pour ses amis comme pour ses ennemis.

Notes

[1]

« Martí te l’a promis et Fidel l’a accompli pour toi : Ah ! Cuba, c’est fini, maintenant, c’est fini, ici, pour toujours c’est fini, le fouet en peau de lion de mer avec lequel le Yankee te battait […] » ; voir Nicolas Guillén, « Se acabó », Tengo, El libro de los sones, La Havane, Editorial Letras Cubanas, 1999, p. 136 (trad. de l’auteur).

[2]

Ce qui est national révolutionnaire.

[3]

Benedict Anderson, Imagined Communities, Londres, Verso, 1983.

[4]

Revolución, 11 avr. 1959 ; cité par Marifeli Pérez-Stable, La Revolución cubana, Barcelone, Editorial Colibrí, 1993, p. 134.

[5]

Fidel Castro, La historia me absolverá, La Havane, Ediciones políticas, 1967, Año del Viet Nam Heróico.

[6]

Michel De Certeau, L’invention du quotidien. 1. Arts de faire, Gallimard, (Folio/essais), Paris, 1990, p. 64.

[7]

Nelson P. Valdés, « Cuban political culture. Between Betrayal and Death », in Sandor Halebsky, John M. Kirk (éd.), Cuba in transition. Crisis and Transformation, Boulder, Westview Press (Latin American Perspectives Series, n° 9), 1992, p. 207-228.

[8]

Hernán Yanes, « Fuerzas armadas y política revolucionaria : el caso de Cuba de 1959 a los años 90 », <www. webstc. com>,s.d.

[9]

Littéralement : « Là, en lutte ».

[10]

Fidel Castro, « Inauguración del Combine de Construcción “Roberto Milian Milian” », San Miguel del Padrón, 7 novembre 1989; « Clausura del Congreso de la CTC », La Havane, 28 février 1990; « Clausura del V° Congreso de la FMC », La Havane, 7 mars 1990; « Acto Central por el XXX° Aniversario de los Comites de Defensa de la Revolución, La Havane, 28 septembre 1990 ; « Acto por el Tercer Aniversario de la Creación del Contingente “Blas Roca Calderio” », Candelaria, Pinar del Rio, 1er octobre 1990 ; « Clausura del IV° Congreso de la FEU, La Havane, 20 décembre 1990, <www. cuba. cu/ gobierno/ discursos/ >.

[11]

Lorraine Karnoouh, Un miroir de patience : analyse de l’identité cubaine au regard de la Permanence du Même dans le Temps, doctorat de sociologie, université de Paris VII–Denis Diderot, 2007.

[12]

Principalement des pratiques yoruba et congo, celles du catholicisme espagnol populaire et du spiritisme.

[13]

Camarade et/ou compagnon.

[14]

Fondation nationale cubano-américaine.

[15]

Susan Eva Eckstein, Back from the future. Cuba under Castro, Princeton University Press, 1994.

Plan de l'article

  1. L’éthique cubaine de la résistance : entre tradition nationale révolutionnaire et rhétorique des pratiques
  2. De l’historicité de la Période spéciale
  3. Conclusion ouverte

Pour citer cet article

Karnoouh Lorraine, « À propos de la permanence et du changement dans la Cuba contemporaine : un essai sur la " Période spéciale " », Outre-Terre, 1/2007 (n° 18), p. 337-344.

URL : http://www.cairn.info/revue-outre-terre1-2007-1-page-337.htm
DOI : 10.3917/oute.018.0337


Article précédent Pages 337 - 344 Article suivant
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback