CAIRN.INFO : Matières à réflexion

1 Dans quelle mesure les investissements directs étrangers (IDE) en Afrique centrale participent-ils à l’amélioration de l’attractivité des pays d’accueil ? Notre hypothèse est que ces IDE ne devraient pas être entravés par la crise actuelle et pourraient, sous réserve d’une meilleure gouvernance économique et sociale des pays récipiendaires, contribuer à leur développement durable.

L’INTERNATIONALISATION DES MULTINATIONALES CHINOISES OPÉRANT EN AFRIQUE CENTRALE

TENDANCES DANS LA RÉPARTITION RÉGIONALE ET SECTORIELLE DES IDE CHINOIS

2 Les IDE chinois deviennent significatifs à partir de 2000 (cf. annexe statistique du volume). En moyenne annuelle, les flux d’IDE sortants (IDEs) qui n’étaient que de 2,1 milliards de dollars sur la période 1990-2000 et allaient atteindre les 56,5 milliards de dollars en 2009. On prévoit qu’ils continueront d’augmenter vu que la Chine ne cesse d’accumuler d’importants excédents de sa balance courante et d’énormes réserves de change [2]. Depuis 2007, Beijing a créé d’un fonds souverain à vocation internationale, la China Investment Corp. (CIC), doté d’un capital de 200 milliards de dollars et alimenté par un transfert partiel des réserves de la Banque centrale pour une gestion plus active de ses surplus via la diversification de ses actifs à l’étranger. La CIC cohabite avec la State Administration of Foreign Exchange (SAFE) qui relève de la Banque centrale et est chargée de gérer les vastes réserves de change en procédant en son nom à des investissements à l’étranger ; la SAFE est ainsi entrée en 2007 dans le capital de Total et de BP, des investissements en portefeuille qui, à l’avenir, pourraient se transformer en investissements directs (de longue durée, d’un montant supérieur ou égal à 10 % de l’entreprise-cible selon la définition de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et du FMI). En termes de stocks, la Chine détenait fin 2007 à travers le monde un encours de 96 milliards de dollars d’IDE, contre à peine 29 milliards à l’Inde, cette dernière étant aussi un grand pays émergent investisseur sur le continent africain.

3 En termes d’orientation géographique, il ressort que l’Asie reste la première destination des IDE chinois avec 50,4 % du total sur la période 2003-2007, l’Amérique latine et les Caraïbes occupant le second rang avec 37,4 % ; l’Afrique occupe pour sa part le troisième rang avec 4,2 %, ce qui la situe néanmoins devant l’Amérique du Nord et l’Europe.

4 Fin 2007, plus de 7 000 firmes multinationales (FMN) chinoises avaient réalisé des IDE à travers 173 pays du monde, créant au moins 10 000 entreprise à l’étranger dont 1 000 implantées en Afrique. La part de l’IDE chinois en Afrique n’a cessé de croître ; elle a plus que doublé sur cinq ans, passant de 2,6 % en 2003 à 6 % en 2007 [3], les IDE chinois en direction du continent africain ayant progressé plus vite que ceux qui provenaient d’autres pays [4].

5 Les firmes chinoises investissent d’abord dans le secteur primaire (énergie et matières premières) à hauteur de 44 %, puis dans l’industrie – 26 %, enfin les services (commerce, distribution, technologies de l’information et de la communication – 23 % [5]. Ceci y compris en pleine crise financière mondiale : Chinalco a acquis 12 % du capital du groupe minier australo-britannique Rio Tinto PLC pour un montant record de 14 milliards de dollars. Parmi le « top 20 » des pays africains récipiendaires on dénombre six pays pétroliers et miniers d’Afrique centrale : Angola, République démocratique du Congo, Congo-Brazzaville, Guinée équatoriale, Gabon, Tchad. Mais les données nationales montrent que la gamme sectorielle des IDE chinois tend à s’élargir au profit du secteur manufacturier et des services [6].

L’IDE CHINOIS DANS LA COMMUNAUTÉ ÉCONOMIQUE DES ÉTATS D’AFRIQUE CENTRALE (CEEAC)

6 La CEEAC qui compte quelque 115 millions d’habitants a été créée en 1983 ; elle comprend 10 pays : Angola, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo-Brazzaville, République démocratique du Congo (RDC), Gabon, Guinée équatoriale, Sao Tomé-et-Principe, Tchad. La quête de ressources naturelles y reste le mobile majeur de l’internationalisation des FMN chinoise. Un phénomène corroboré par la situation des IDE chinois pour l’essentiel destinés au secteur des industries extractives. Il apparaît (cf. tableau 1) que les trois principales compagnies pétrolières chinoises à capitaux publics ont investi dans tous les pays pétroliers d’Afrique centrale en fonction de leur spécialisation : China National Petroleum Corporation (CNPC) pour l’exploration/production onshore ; Sinopec (China Petroleum & Chemical Corporation Limited) pour le raffinage et la pétrochimie ; China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) pour l’exploration/production offshore. Elles déploient semble-t-il trois types de stratégies managériales sur le continent africain [7]. D’abord une stratégie d’approvisionnement et d’intégration verticale, comme la Sinopec qui a largement investi en Angola, ainsi qu’au Congo-Brazzaville et au Gabon ; c’est aussi le cas de la CNPC qui a investi en amont et en aval de la filière énergétique au Gabon et surtout au Tchad où elle a construit la première raffinerie du pays parallèlement à ses activités de prospection et de forage. Ensuite une stratégie de sécurité énergétique de l’État chinois qui cherche (y compris à travers ses fonds souverains) à acquérir des actifs énergétiques à l’étranger, notamment en Afrique, en Amérique latine et au Moyen-Orient. Dès lors, le gouvernement chinois appuie directement ses FMN au plan financier et lie ce soutien aux projets de développement (l’aide-projet), intervenant éventuellement auprès des dirigeants politiques des pays-cibles. Enfin une stratégie de partenariats et de coentreprises permettant aux entreprises chinoises de s’associer aux entreprises locales et/ou à celles des pays occidentaux sur les marchés étrangers en vue d’un apprentissage technologique et managérial – à l’instar de la coentreprise SSI établie en Angola entre Sinopec (55 %) et Sonangol (45 %), la firme publique angolaise de pétrole (cf. infra). La première a également acquis pour 7,2 milliards de dollars le groupe canadien ADDAX[8] implanté aussi au Gabon et au Congo-Brazzaville, de façon à bénéficier de l’expertise de ce dernier dans l’exploration offshore en eau très profonde ; elle en a d’ailleurs conservé la direction et les équipes techniques.

7 Dans le secteur minier, les IDE chinois sont également surtout le fait des entreprises publiques – Chinalco, Sinosteel, China National Machinery (CMC) ; des partenariats interentreprises avec les États d’accueil sont privilégiés, mais toujours avec une participation chinoise majoritaire de façon à pouvoir contrôler la stratégie de ces coentreprises. C’est le cas de la RDC où a été constituée en 2008 la Socomines (voir infra). Comme dans le cas du pétrole, les entreprises publiques chinoises visent à garantir l’approvisionnement en produits miniers dont Pékin est de plus en plus dépendant. On sait que la Chine qui occupe le second rang mondial après les États-Unis en tant que pays consommateur de pétrole (10 % en 2008) est devenue importateur net de pétrole depuis 1993 et que l’Afrique pèse actuellement pour près de 35 % dans ses importations de produits pétroliers (contre 20 % en 2005 et 9 % en 1995). De plus, la structure des importations chinoises émanant d’Afrique indique une prépondérance des produits pétroliers à hauteur de 73 %, le reste étant surtout constitué par les produits miniers (fer, cuivre, cobalt, manganèse, platine, diamants…) et le bois. La Chine qui dépend à 50 % des importations de pétrole et qui en dépendra à 75 % en 2020 a signé des contrats avec tous les pays africains ayant au moins 0,5 milliard de barils de réserves prouvées [9]. Il est en définitive logique qu’au sein du « top 20 » des pays africains récipiendaires de 90 % des IDE chinois figurent pour l’essentiel des pays richement dotés en ressources naturelles (notamment le pétrole et les produits miniers) comme ceux d’Afrique centrale. En effet, pour un total des importations chinoises en provenance d’Afrique qui a été de 55,8 milliards de dollars en 2008, on compte dans le « top 10 » des fournisseurs africains de la Chine cinq pays de la CEEAC ayant assuré 57 % des importations chinoises émanant d’Afrique [10] : 1er, Angola (40 %) ; 4e, Congo-Brazzaville (6,7 %) ; 6e, Guinée équatoriale (4,1 %) ; 7e, Gabon (3,2 %) ; 8e, RDC (2,8 %).

8 Dans le cadre de la recherche de débouchés extérieurs, certaines entreprises chinoises ont néanmoins récemment investi en Afrique centrale dans le secteur manufacturier (cf. tableau 2) ainsi que dans le secteur des services (cf. tableau 3). Conformément à la tendance générale des IDE chinois dans le monde, les fusions-acquisitions (par opposition aux créations ex-nihilo) constituent leur mode privilégié d’implantation dans le secteur manufacturier en Afrique centrale. Apparaît de la sorte une certaine concentration géographique des IDE dans deux pays ayant les PIB les plus élevés de la CEEAC et qui sont peuplés, chacun, de plus de 15 millions d’habitants : l’Angola – 17 millions d’habitants, PIB de 58 milliards de dollars en 2007 – et le Cameroun – 18,5 millions d’habitants, PIB de 20 milliards de dollars en 2007- ; ces derniers disposent d’un marché intérieur important et présentent un risque relativement moins élevé que d’autres pays de la CEEAC. La recherche de débouchés extérieurs répond, comme pour le Cha Group de Hong-Kong dans le textile-habillement, à une stratégie consistant à profiter des avantages résultant de l’accès préférentiel des pays africains aux marchés des pays du Nord ; le démantèlement de l’accord multifibre amorcé en 2005 a dû précipiter la cessation en 2006 des activités de sa filiale Congotex en RDC qui, de surcroît, s’est trouvée incapable de résister à la concurrence souvent déloyale (dumping) des produits textiles asiatiques sur l’important marché intérieur de 65 millions de consommateurs. Dans d’autres cas, la recherche de marchés extérieurs se justifie par la désir de valoriser une technologie compétitive et adaptée aux besoins des pays d’accueil (cas des IDE chinois dans l’automobile et le matériel électrique en Angola, ou bien dans la métallurgie et les motocyclettes au Cameroun (tableau 2). Contrairement au secteur primaire dans lequel les investissements sont par la force des choses le plus souvent dispersés, dans le secteur manufacturier les entreprises sont incitées à concentrer géographiquement leur implantation afin de bénéficier d’économies d’échelle et externes. Ce qui exige une forte densité d’infrastructures de bonne qualité et de capital humain bien formé. Or, on a pu montrer que de ce point de vue et sur la période 1980-2002 les pays pétroliers et miniers de la CEEAC n’étaient pas attractifs pour les IDE dans secteur manufacturier [11]. D’où l’intérêt stratégique des investissements chinois en infrastructures opérés à partir des années 2000.

PROJETS CHINOIS D’INFRASTRUCTURE EN CEEAC ET ATTRACTIVITÉ DES TERRITOIRES

LE « MODÈLE ANGOLAIS » LIANT L’AIDE AUX PAYS EN DÉVELOPPEMENT À L’IDE CHINOIS

9 Le « modèle angolais » est un package deal, un processus complexe de compensation mis en œuvre par la Chine afin de mieux gérer le risque pays en Afrique. Il lie l’aide au développement, le commerce et les investissements effectués par les entreprises publiques chinoises dans les pays d’accueil dotés d’importantes ressources pétrolières et minières. Aucune somme n’est directement prêtée au gouvernement africain, mais le gouvernement chinois mandate une firme publique de construction – recevant en général le soutien financier de l’Exim Bank (China Export-Import Bank) – pour réaliser des projets d’infrastructure avec l’accord du gouvernement africain concerné [12]. Ensuite, en contrepartie de la provision de ces infrastructures, le gouvernement africain accorde aux entreprises chinoises le droit d’exploiter des ressources naturelles dans le pays d’accueil via l’acquisition de parts dans une entreprise publique nationale sous forme de coentreprise ou de licences de production (cf. figure infra).

LE « MODÈLE ANGOLAIS »

tableau im1

LE « MODÈLE ANGOLAIS »

FINANCIER FOR AFRICA, WASHINGTON, THE WORLD BANK/PPIAF, 2008
VIVIEN FOSTER ET ALII, BUILDING BRIDGES : CHINA’S GROWING ROLE AS INFRASTRUCTURE

10 C’est ainsi qu’a été formée la SSI – Sonangol, 45 % ; Sinopec, 55% en 2006 – qui a permis au groupe chinois de sécuriser ses approvisionnements en pétrole brut tout en s’insérant dans une stratégie d’intégration verticale étant donné qu’était prévue, outre l’exploitation du pétrole brut, la construction d’une seconde raffinerie de pétrole à Lobito, la Sonaref, d’un coût de 3,5 milliards de dollars, toujours sous forme de coentreprise entre Sonangol (70 %) et Sinopec (30 %). Certes, les négociations portant sur ce dernier projet ont été suspendues en 2007, l’Angola ayant décidé par patriotisme économique de réaliser seul un projet susceptible de réduire sa dépendance en matière de carburants importés qui est actuellement de l’ordre de 60 % [13] ; mais en échange de ces contrats pétroliers, l’Angola a bénéficié de prêts concessionnels faisant de la Chine le premier bailleur bilatéral de l’Angola, notamment de la part de l’Exim Bank, pour financer des projets d’infrastructures dont les entreprises chinoises de construction ont acquis 70 % des contrats contre 30 % au secteur privé local.

11 De même, l’accord de prêt concessionnel chinois de 8,5 milliards de dollars à la RDC a été conclu en 2007 conformément au « modèle angolais » : contrats miniers contre infrastructures et coentreprises. A été constituée une co-entreprise minière, Socomines, entre l’entreprise publique locale Gecamines (32 %), et un consortium de cinq entreprises chinoises (68 %) : China Railway Group Ltd, Sinohydro Corporation, China Railway Sino-Congo Mining Ltd, Sinohydro Harbour Co Ltd, China Railway Resources Development Ltd. En contrepartie du prêt de l’Exim Bank, un contrat d’exploitation des ressources minières – réserves de 10 616 070 tonnes de cuivre, de 626 619 tonnes de cobalt et, pour un tonnage restant à déterminer, toutes substances minérales valorisables – a été accordé à la Chine [14]. Sur 25 ans la Socomines devra produire près de 10 millions de tonnes de cuivre et 600 000 tonnes de cobalt pour une valeur de 12 milliards de dollars et ainsi rembourser des investissements dont le coût serait de 6 milliards de dollars : entre autres le transport ferroviaire (3 milliards de dollars) et routier (2 milliards de dollars), des projets sociaux dont deux universités, 32 hôpitaux, 5 000 logements sociaux (758 millions de dollars). La réalisation de ces projets a été réservée aux firmes chinoises de construction qui devraient sous-traiter 10 à 12 % des travaux aux entreprises nationales de la RDC. En 2009, ce contrat a été modifié pour répondre aux exigences du FMI : la partie chinoise avait initialement demandé à la RDC de garantir le remboursement des investissements au cas où les bénéfices du projet minier seraient insuffisants ; cette garantie a été retirée.

12 Autre exemple d’application du « modèle angolais » au Gabon où le consortium CMEC (China Machinery Engineering Corporation)/Sinosteel, bénéficiant d’un financement concessionnel de l’Exim Bank, a obtenu depuis 2006 les droits exclusifs d’exploitation de la mine de fer de la région de Belinga. Ce projet représente un investissement de 3,5 milliards de dollars soit 30 % du PIB gabonais et le coût requis pour la réalisation des infrastructures nécessaires à l’extraction du minerai de fer s’élèverait à 590 millions de dollars [15]. Cet IDE devrait générer dans le pays d’accueil près de 30 000 emplois dont 80 % pour les nationaux. En contre partie, la China National Machinery and Equipment Corporation (CMEC) – actionnaire majoritaire (85 %) dans la coentreprise avec des capitaux publics gabonais (15 %) – va construire un chemin de fer de 560 km entre Belinga et Santa Clara (un port en eau profonde sur l’océan Atlantique) ainsi qu’un barrage hydroélectrique pour la fourniture d’électricité à l’exploitation minière et autres activités. Ce projet dont la mise en service est prévue pour 2011 devrait s’étaler sur 20 ans pour l’exploitation de la mine de fer et d’autres produits connexes. La Chine s’est engagée à acheter tout le minerai extrait à Belinga via un contrat de compensation.

13 En résumé, on observe une utilisation inhabituelle des partenariats et des coentreprises en vue de sécuriser un accès aux matières premières. Les dirigeants chinois espèrent qu’en devenant copropriétaires de mines et de gisements de pétrole dans les pays riches en ressources naturelles, leurs entreprises seront prioritaires au cas où la demande viendrait à excéder de beaucoup l’offre [16].

PROJETS D’INFRASTRUCTURES ET TRANSFERT DE CONNAISSANCES

14 Selon une étude du Centre for Chinese Studies (2007) la majorité des entreprises chinoises de construction opérant en Afrique sont des groupes publics – China Overseas Engineering Corporation, China Roads and Bridges Corporation, China Railway Construction, etc. – qui bénéficient en conséquence d’importants soutiens gouvernementaux, en particulier au plan politique et financier dans le cadre de l’aide publique au développement. Pour remporter des appels d’offres, ces entreprises misent d’abord sur la compétitivité de leurs prix, inférieurs de 30 % à ceux de leurs concurrents, en raison du faible coût de leur main-d’œuvre et des équipements qu’elles importent de Chine [17]. De plus, elles bénéficient aussi parfois du soutien des bailleurs internationaux tant multilatéraux que bilatéraux via des accords de cofinancement (Banque mondiale, Banque africaine de développement, Kuwaiti Foundation…). En Afrique, ces entreprises de construction chinoises occupent le second rang avec 21,6 % du marché (chiffre de 2005) derrière les groupes européens à 49,3 % – dont 23,9 % pour les groupes français [18]. Le tableau 3 recense les principaux projets confiés à des entreprises chinoises dans les pays de la CEEAC avec l’appui financier de l’Exim Bank. En termes de spécialisation fonctionnelle , les groupes chinois de construction implantés en Afrique opèrent d’abord dans le bâtiment (36,4 %), ensuite dans la fourniture d’eau potable (20,7 %), puis dans le transport (13 %), et enfin dans l’énergie (9,8 %).

15 Quelle est la situation ? Hors Afrique du Sud, il n’y a pas pour les groupes chinois de concurrence sérieuse en raison de la faible capacité technique et financière des firmes locales et du manque de main-d’œuvre qualifiée ; ce qui limite par ailleurs l’incitation au partenariat de type coentreprise avec les firmes africaines et, partant, restreint le transfert de connaissances et de savoir-faire. Pour réaliser leurs différents projets d’infrastructures en Afrique, les entreprises chinoises de construction recourent massivement à la main-d’œuvre importée de Chine : ce sont en moyenne 48 % de travailleurs chinois contre 51 % de travailleurs africains et 1 % de travailleurs de pays tiers [19]. Le déséquilibre est encore plus important si l’on examine la répartition du personnel qualifié : les techniciens chinois occupent 91 % des postes d’encadrement contre 8 % à leurs homologues africains et 1 % aux techniciens de pays tiers. Dans ce dernier cas, il ressort des données disponibles qu’il s’agit de travailleurs hautement qualifiés appartenant à des sociétés d’ingénierie de l’OCDE, ces derniers étant chargés du contrôle technique et de la surveillance des travaux pour assurer leur conformité aux standards internationaux. C’est le cas du groupe allemand Fichtner associé à la China National Machinery & Equipment Import & Export Corporation dans la réalisation du barrage hydroélectrique d’Imboulou au CongoBrazzaville. On peut également citer le cas de l’Angola où une firme allemande, Galf Engineering, a été impliquée dans la supervision et le contrôle de la qualité des travaux de construction de routes exécutés par des groupes chinois tel China Road and Bridge Corporation.

16 Dans d’autres projets d’infrastructures à forte valeur ajoutée comme ceux des TIC (technologies de l’information et de la communication) dans le cas desquels les groupes chinois sont favorables à l’établissement de coentreprises, on constate que non seulement ces groupes conservent la majorité du capital mais que la direction y reste dominée par les partenaires chinois tandis que les partenaires locaux n’exercent que des fonctions de maîtrise. C’est le cas, par exemple de la compagnie de téléphonie mobile Chine-Congo Télécom (CCT) en RDC qui fonctionne, depuis 2001, avec une participation majoritaire chinoise de 51 % détenue par Zhongxing Telecom (ZTE), le reste revenant aux intérêts publics locaux. En Angola, en revanche, ZTE qui a signé depuis 2005 un accord de partenariat avec la firme publique locale Mundo Startel a investi 400 millions de dollars pour viabiliser la future coentreprise sino-angolaise de télécoms [20]. Cet investissement en échange de l’importation d’équipements chinois a permis de financer la construction d’un réseau angolais de télécom, de moderniser le système de télécommunications de l’armée, mais aussi de financer la création d’une usine de production de téléphones mobiles, de créer un laboratoire de recherche tout comme un institut supérieur de formation pour les cadres angolais et étrangers.

17 Les groupes publics chinois engagés dans des projets d’infrastructure en Afrique centrale par le biais de l’aide chinoise au développement sont contraints d’élever le niveau de connaissance des pays où ils investissent pour améliorer le transfert de technologie et de savoir-faire en direction de ces pays. Ce qui suppose notamment une intervention des États, y compris via les partenariats public-privé, en faveur du système éducatif et de la recherche & développement. Le rôle des États de la CEEAC reste ici tellement limité que l’attraction pour les IDE dans les secteurs les plus porteurs (hors industries extractives), ceux à forte valeur ajoutée ou procédant de l’économie de la connaissance (électronique, informatique, télécom, TIC, biotechnologie…), reste faible. Au Congo-Brazzaville, la China Jiangsu International Economic Technical Cooperation a par exemple récemment ouvert en partenariat avec le ministère de l’Enseignement technique et professionnel des centres de formation professionnelle accélérée dans les métiers du bâtiment afin de pallier le manque local d’ouvriers qualifiés sur différents chantiers et de promouvoir l’insertion professionnelle des jeunes. En général, il faudrait, pour accroître la participation de la main-d’œuvre locale dans les entreprises chinoises de construction, que l’État puisse réguler le marché du travail en s’appuyant sur une politique d’intensification de la formation professionnelle pour que la population acquière des compétences et des connaissances dans un contexte favorable à l’innovation. C’est ainsi qu’il est stipulé en matière d’emploi et de transfert de technologie dans l’accord de prêt concessionnel chinois de 8,5 milliards de dollars à la RDC conclu en 2007 que seul un travailleur sur cinq peut être chinois et que dans chacun des projets 0,5 % de l’investissement devra être dépensé pour le transfert de technologies et pour la formation du personnel congolais. En outre, s’il est prévu que les entreprises chinoises de construction chargées de réaliser les projets d’infrastructures sous-traitent 10 à 12 % des travaux aux entreprises locales, c’est que les projets mis en œuvre sont aussi bien les vecteurs d’un renforcement des capacités des ingénieurs, techniciens et ouvriers africains [21].

L’IMPACT DE LA CRISE FINANCIÈRE ET ÉCONOMIQUE SUR L’IDE CHINOIS EN AFRIQUE CENTRALE

18 Nos observations de terrain confirment que la crise qui a éclaté en 2008, à l’échelle mondiale, ne devrait pas contrecarrer fondamentalement le mouvement des IDE chinois vers l’Afrique, notamment vers les pays richement dotés en ressources naturelles comme ceux d’Afrique centrale. La crise mondiale devrait s’accompagner d’un ralentissement des IDE chinois vers les pays industrialisés dont la motivation principale procède de l’accès au marché ; un déploiement de ces IDE vers les zones géographiques dotées en matières premières et ressources énergétiques est attendu, les candidates naturelles de destination étant l’Afrique et l’Amérique Latine [22].

19 Ainsi, tandis que le commerce sino-africain a légèrement reculé en 2009 par rapport à 2008 (91 contre 107 milliards de dollars, cf. annexe statistique du volume), le ministère chinois du Commerce (MOFCOM) a annoncé que l’IDE vers l’Afrique s’était accru de 81 % pour les six premiers mois de 2009, comparativement à la même période en 2008, atteignant 552 millions de dollars [23]. La destination des projets d’IDE réalisés par les groupes publics chinois situe l’Afrique, en 2009, au 3e rang mondial avec 21,4 % du total des projets, après l’Asie hors Hong-Kong (24,4 %) et les paradis fiscaux y compris Hong-Kong (21,9 %), mais devant l’Amérique Latine (10,3 %), l’Europe (10,3 %), le Pacifique (6,4 %) et l’Amérique du Nord (5,3 %) [24]. Comme les importations chinoises à partir de l’Afrique sont pour l’essentiel constituées par des matières premières dont la demande reste relativement inaltérée par rapport aux prix [25], les solutions globales proposées aux partenaires africains de la Chine – matières premières contre infrastructures – ont pour effet un recul des exportations africaines vers la Chine tout au plus limité.

20 De plus, les entreprises publiques chinoises qui sont le moteur des IDE chinois en Afrique ont le soutien d’un secteur bancaire relativement épargné par la crise financière [26]. De même que compte ici le souci de diversifier les actifs trop focalisés sur la possession de bonds du Trésor américain.

21 Mais les entreprises chinoises, encouragées par la politique de mondialisation (go global policy) prônée par leur gouvernement depuis 2001, cherchent aussi à exploiter les opportunités créées par la crise pour opérer des fusions-acquisitions et s’emparer d’actifs stratégiques de groupes étrangers déjà présents en Afrique, en particulier dans le secteur des industries extractives (énergie et mines) et le secteur bancaire. C’est ainsi que Chinalco a acquis en 2008 une participation de 12 % dans le capital du géant minier australo-britannique Rio Tinto qui contrôle plusieurs filiales en Afrique (cf. supra) [27]. Et puis l’Industrial and Commercial Bank of China a acquis pour 5,4 milliards de dollars une participation de 20 % dans la banque sud-africaine Standard Chartered Bank dotée de filiales dans une vingtaine de pays africains, y compris en Afrique centrale.

22 Aucun grand chantier de projets d’infrastructures impliquant les entreprises chinoises n’a été abandonné en Afrique centrale. Les exploitations pétrolières et minières se poursuivent à peu près normalement même si certains groupes privés chinois ont pu ralentir leurs activités dans l’exploitation forestière (Congo-Brazzaville, Gabon, Cameroun) et, spécialement en RDC, dans le secteur minier.

LA PROVINCE MINIÈRE DU KATANGA DÉSERTÉE PAR LES PETITS INVESTISSEURS PRIVÉS CHINOIS

23 Depuis la chute des cours du cuivre sur le marché mondial de 9 000 dollars la tonne en août 2008 à 3 200 dollars début 2009 selon le Financial Times du 26 février 2009, plus de 40 fonderies de cuivre détenues par des petites et microentreprises privées chinoises ont fermé leurs portes. Il est vrai que la plupart de ces fonderies et comptoirs d’achat ne sont pas recensés et que pour la Banque mondiale (2008) sur 325 sociétés minières opérant au Katanga, y compris dans le secteur artisanal, à peine 10 % seraient cotées sur les marchés boursiers internationaux. On sait cependant que les compagnies chinoises – Huachin, Congo Loyal Mining, etc – avaient entamé leurs activités minières au Katanga à partir de 2005, soit consécutivement à la visite à Pékin du président Joseph Kabila [28]. Il reste entendu que sur les quelque 70 à 75 fonderies du secteur formel, la plupart des usines étaient en 2008 sous contrôle d’entrepreneurs chinois [29], mais aussi, dans une moindre mesure, d’entrepreneurs pakistanais, libanais et indiens [30]. Pour les spécialistes de ce secteur, les fonderies de RDC peuvent produire une tonne de cuivre pour environ 3 500 dollars la tonne. Les patrons chinois ont été contraints de déposer le bilan et ont quitté le pays fin 2008, seuls 10 % conservant leurs usines dans la région du Katanga [31]. En moyenne chaque fonderie employait 150 salariés, d’où une mise au chômage pour plus de 6 000 travailleurs qui recevaient un salaire mensuel d’au moins 100 dollars correspondant au SMIG en RDC. En général, 300 000 emplois auraient été perdus dans le secteur minier au Katanga à la suite de la fermeture de 50 % des PME du fait de la crise financière fin 2008.

24 En termes d’exploitation minière en RDC, on trouvait deux volets relatifs aux activités des investisseurs chinois. Le premier volet bien connu concerne le projet minier conduit par la coentreprise sino-congolaise Socomines impliquant les groupes publics chinois du secteur minier et celui des infrastructures. Le second volet avait trait aux concessions minières détenues par les PME chinoises en partenariat avec des entrepreneurs locaux. Ces derniers détiennent souvent les droits miniers mais manquent de capital pour l’exploitation de la concession, d’où leur partenariat avec les investisseurs privés chinois.

25 Avant la crise, un groupe important d’entrepreneurs chinois était actif dans la province minière du Katanga ainsi que dans la province voisine du Nord Kivu. Ces investisseurs privés chinois opéraient surtout dans les activités minières, spécialement la fonte du cuivre et du cobalt, ainsi que dans la commercialisation des minéraux, en gérant des comptoirs comme par exemple à Goma, la capitale provinciale du Nord Kivu. Avant la crise, près de 5 000 Chinois résidaient dans la province du Katanga, notamment à Lubumbashi, la capitale provinciale, contre à peine 1 000 immigrants en mai 2009, la plupart de ces immigrants entrepreneurs (dont la majorité sont des petits commerçants gérants de boutiques, comme dans d’autres villes africaines) ayant dû quitter le pays du fait de la crise mondiale qui a également eu un impact sur l’environnement macroéconomique de la RDC (effondrement des réserves de change, dépréciation de la monnaie locale, le Franc Congolais, faiblesse de la croissance du PIB etc.).

26 Il semblerait enfin qu’aucun acteur privé chinois dans le secteur minier de la RDC ne bénéficie du soutien du gouvernement du pays d’origine ou de celui des institutions financières publiques chinoises. Ces TPME chinoises se comportent donc comme toutes les entreprises privées en quête d’opportunités commerciales.

27 Données de terrain et de la documentation spécialisée.

CONCLUSION

28 Pour assurer l’adéquation des IDE chinois aux objectifs d’un développement durable, les pays d’accueil devraient adopter une stratégie globale claire quant à leur partenariat avec la Chine. Pour ce faire, les États de la CEEAC doivent améliorer leur gouvernance politique et économique et, partant, se transformer d’États rentiers et/ou prédateurs en États développeurs avec une vision stratégique du développement, tant au niveau national que régional.

29 C’est à cette condition qu’ils pourront relever le double défi que leur pose la présence croissante des IDE chinois. Un premier défi consiste à rationaliser la gestion de leur rente minière et/ou pétrolière pour que leur territoire gagne en attractivité (d’où une impérative modernisation accélérée des infrastructures physiques et du capital humain), à diversifier leur base productive pour favoriser une croissance économique durable (d’où un nécessaire renforcement des capacités autonomes d’assimilation des connaissances ainsi que des partenariats public-privé avec la Chine et d’autres pays émergents en particulier l’Inde et le Brésil), à intégrer les économies de la CEEAC dans la chaîne internationale des valeurs (d’où la promotion de zones économiques spéciales [32] ou de zones franches industrielles d’exportation dans les filières à forte valeur ajoutée du secteur manufacturier et des services). Le second défi consiste à rendre la réalisation des projets financés par la Chine autant que possible compatibles avec les contraintes environnementales et celles de la responsabilité sociale de l’entreprise qui impose aux pays riches en ressources naturelles d’adopter une stratégie permettant de transformer leurs ressources en d’autres formes de capital productif.

Tableau 1

Principaux projets d’IDE chinois en CEEAC : secteur des industries extractives

Secteur d’activité IDE millions de
dollars
Année
d’implantation
Pays d’accueil Financement Partenaire local &
nature du parte
nariat
État d’avancement
du projet
Sinopec Pétrole 2005 Congo-
Brazza
État
(coentreprise, contrat
de partage de produc
tion/PSA)
Opérationnel, exploita
tion des gisements
offshore « marine 12 »
et « haute mer B »
Ningbo Huazhou Mines Mines 2006 Gabon Filiale contrôlée à
100 %
Opérationnel, licence
d’exploitation de la
mine de manganèse
de Njielei et licence de
prospection de plomb,
zinc et argent sur un
gisement de 2 000 km2
CITIC Mines (man
ganèse)
2008 Gabon État (JV51 : 49
CICMH entre CITIC et
État gabonais)
Opérationnel pour
exploiter le gisement
de Manganèse de
Bembelé
CNOOC Pétrole Guinée
Équatoriale
État (coentreprise,
contrat de partage de
production entre GE-
petrol et le partenaire
chinois)
Opérationnel
figure im2
Secteur d’activité IDE millions de
dollars
Année
d’implantation
Pays d’accueil Financement Partenaire local &
nature du parte
nariat
État d’avancement
du projet
CNPC Pétrole 2005 Gabon État (coentreprise,
contrat de partage de
production)
Opérationnel
Sinopec Pétrole 2005 Gabon État (coentreprise Si
no-Gabon oil and Gaz,
contrat de partage de
production avec les
FMN Shell et Addax)
Opérationnel
CNPC Pétrole 203 2006 Tchad État (coentreprise :
contrat de partage de
production)
Opérationnel,
Achat de 50 % des
parts du bloc H à
la FMN canadienne
Encana
CNPC Pétrole 45 2006 Tchad China
Inter
national
Trust and
Invest
ment Co
(CITIC)
État (coentreprise :
contrat de partage de
production)
Opération-nel, pros
pection, suite à l’achat
de 50 % des parts
du bloc H à la FMN
anglaise Cliveden
Pétroleum
China
Inter
national Fund Ltd
Diamants 2005 Angola État (coentreprise :
Endiama China Inter
national Holding Ltd
entre EndiamaEP et le
partenaire chinois)
Opérationnel
Sinopec Pétrole 3 500 2006 Angola État (JV55 : 45 SSI : Si
nopec-45 %Sonangol)
Opérationnel
YANGSHUSHAN Bois 2005 RDC Filiale contrôlée
à100 %
Cessation d’activités
en 2008
Sinohydro et REC Mines &
Engineering
9 000 2008 RDC État (JV68 : 23
Sicomines entre
Consortium chinois et
GECAMINES)
Opérationnel
CREGC Mines 270 2006 RDC China
Exim
Bank
Filiale contrôlée à
100 %
Opérationnel, valori
sation de la mine de
cuivre et de cobalt de
Kamumbwe-Myunga
Yang
Chang
LogoneDeve
lopment Holding Company Ltd
Pétrole et
gaz naturel
62 2009 Cameroun État (coentreprise
contrat de partage de
production entre la
SNH et le partenaire
chinois)
En cours d’implanta
tion pour l’exploitation
du pétrole et gaz du
bassin du Logone au
nord du Cameroun
ZTE* Agriculture 1000 2007 RDC En négociation
(projet d’exploitation
de 3 millions d’ha pour
plantation de palmiers
à huile et maïs en vue
de biocarburants)
figure im3
Secteur d’activité IDE millions de
dollars
Année
d’implantation
Pays d’accueil Financement Partenaire local &
nature du parte
nariat
État d’avancement
du projet
ZHONG JIN HUI
DA BeijingInvest
ment Co
Mines (or) 9 2010 Congo-
Brazza
Filiale contrôlée à
100 %
En cours d’implan
tation
pour exploiter l’or de
la Cuvette Ouest
CMEC/ Sinosteel Mines (fer) 3000 2009 Gabon China
Exim
Bank
(prêt
conces
sionnel)
État (coentreprise
85 : 15 entrele cCon
sortium chinois et
l’État gabonais)
En cours
d’implantation pour
exploiter les mines de
fer de Belinga. Le prêt
sera remboursé par
les ventes de minerai
de fer à la Chine
Vicwood Bois 1995 Congo-
Brazza
Cameroun
RCA
Filiale contrôlée à
100 %
Opérationnel
Yuang Dong Bois 10 2009 Congo-
Brazza
Filiale contrôlée à
100 %
Opérationnel
LuLu Mines
(cuivre)
10 2007 Congo-
Brazza
Filiale contrôlée à
100 %
Opérationnel
(exploitation de la
mine de cuivre de
Mindouli)
IKO Agriculture Agriculture 120 2005 Cameroun Contrat de concession
sur 99 ans exploité par
la filiale Sino-Cam IKO
Opérationnel, exploita
tion de plantations de
riz, maïs et élevage
d’autruches
Fishing
Com
pany from Dalian
Pêche
maritime
2000 Angola coentreprise avec la
Fishing Company of
Angola’s kwanza-sud
Opérationnel
Beitai
Fishery Company
Pêche
industrielle
Cameroun coentreprise avec les
partenaires privés
camerounais (FINI
Espace Maritime)
Opérationnel, mise
en service de deux
navires de pêche
industrielle
CNPC Pétrole 2008 Tchad Projet en cours pour
réaliser la raffinerie
de pétrole du à
N’Djaména d’une cap
de 20 000 b/j
figure im4

Principaux projets d’IDE chinois en CEEAC : secteur des industries extractives

* ZTE qui pourtant est une entreprise publique de Télécom, a investi dans l’agriculture probablement pour répondre à la stratégie de l’État chinois (comme d’autres pays émergents tels la Corée du sud et l’Arabie saoudite) d’acquérir des terres à l’étranger en vue de sécuriser leurs approvisionnements en produits alimentaires, mais aussi dans l’objectif d’appuyer les pays d’accueil à accroître leurs performances agricoles grâce à la technologie chinoise. Un autre groupe public chinois aurait acquis, en 2009, au Cameroun, 10 000 ha de terres agricoles dans le même but de délocalisation agricole ; les terres agricoles sont désormais considérées comme un nouveau actif stratégique. Depuis 2006, l’État chinois a signé des accords de coopération agricole avec plusieurs pays africains (dont Angola, RDC, Congo Brazzaville, Cameroun) qui ont permis l’installation de 14 fermes expérimentales. On considère que d’ici 2010, un million de paysans chinois seraient installés sur ces terres africaines (Le Monde du 15 avril 2009).
construit par l’auteur sur la base de plusieurs sources : Foster et al. (2008), Davies et al. (2008), Tsafack (2008), Dzaka (2009), Alden et al. (2008 : 295-317), CCS (2010), autorités nationales des pays de la CEEAC.

NOM DES FMN

30 CMEC : China National Machinery & Equipment import & Export Corp

31 CNPC : China National Petroleum Corporation

32 CNOOC : China National Offshore Oil Corporation

33 CREGC : China Railway Engineering Group Co. Ltd

34 REC : China Railway Engineering Corporation

35 Sinopec : China Petroleum & Chemical Corporation

36 SSI : Sonangol-Sinopec International

TABLEAU 2

PRINCIPAUX PROJETS D’IDE CHINOIS EN CEEAC : SECTEUR MANUFACTURIER

Secteur
d’activité
IDE mil
lions de
dollars
Année
d’implan
tation
Pays
d’accueil
Finan
cement
Partenaire local
& nature du
partenariat
État d’avancement du
projet
The
Chinese Jasan Co
Ciment 50 2006 Angola État (coentreprise
entre cimenterie
de Kicombo et
le partenaire
chinois)
Opérationnel
Chung Fong
Holding
Sidérurgie 28 2005 Angola État (coentreprise
51 : 49 entre le
partenaire chinois
et Siderurgica
nacional)
Opérationnel
Dongfeng Automobile 30 2007 Angola coentreprise
entre CGS au
tomovel, Nissan
et le partenaire
chinois
Opérationnel depuis 2008
avec une capacité de 30000
véhicules par an, 300
emplois créés, l’usine est
située dans la zone indus
trielle de Viana à Luanda
SNCTPC Ciment Nd 2005 Congo-B État (coentreprise
56 : 44 SONOCC)
Opérationnel avec une
capacité de production
220000 t /an
HAIER Group Matériel
électrique
11 2001 Angola Filiale contrôlée
à 100%
Opérationnel, cette usine
produit du matériel élec
trique et a créé 700 emplois
CMEIC Automobile 400 2010 Cameroun coentreprise avec
partenaires privés
Camerounais
En cours en vue de la
construction d’une usine de
montage de bus pour amé
liorer de transport urbain
China Engine Ltd Motocy
clettes
Nd 2007 Cameroun Filiale contrôlée à
100 %
Opérationnel, les motos
chinoises coûtent 50 à
70 % moins cher que les
produits des concurrents
occidentaux
CHA GroupHong-Kong Textiles 11 2004 RDC coentreprise
56 : 44 Congotex
entre le groupe
belge Texaf et le
partenaire chinois
majoritaire qui a
repris l’ex- filiale
Utexafrica du
groupe belge
Texaf en 2004)
En cessation d’activités
depuis 2006, 1200 employés
se sont retrouvés au chô
mage après la liquidation
de la coentreprise
figure im5
Secteur
d’activité
IDE mil
lions de
dollars
Année
d’implan
tation
Pays
d’accueil
Finan
cement
Partenaire local
& nature du
partenariat
État d’avancement du
projet
China
NationalConstructionMachinery Co
Métallurgie Nd Nd Cameroun Opérationnel,
Usine de montage d’engins
de génie civil
figure im6

PRINCIPAUX PROJETS D’IDE CHINOIS EN CEEAC : SECTEUR MANUFACTURIER

Légende : SNCTPC : Société Nationale Chinoise de Travaux de Ponts et Chaussées
TABLEAU 3

PRINCIPAUX PROJETS D’IDE CHINOIS EN CEEAC : SECTEUR DES SERVICES (INFRASTRUCTURES ÉCONOMIQUES) 2000-2009

Secteur
d’activité
IDE mil
lions de
dollars
Année
d’im
planta-
tion
Pays
d’accueil
Finance
ment
Partenaire
local
& nature
du parte
nariat
État d’avancement du
projet
Huaweï Technologies Télécom Nd À partir
de 2004
Cameroun,
Congo-
Brazza,
RDC,
Gabon,
Angola
China Exim
Bank
Filiale
contrôlée
100 %
Opérationnel, dont en
RDC, la construction d’un
réseau de fibre optique
pour 260 millions de dol
lars et qui a commencé
en 2008
ZTE Télécom 38 2005 Angola China
Exim Bank
Accord de
partenariat
entre ZTE
et Mundo
Startel
Projet achevé pour l’ins
tallation d’un nouveau
réseau de téléphone fixe
dans huit provinces
ZTE Télécom 25 2001 RDC China Exim
Bank
État
(JV51 : 49
CCT
entre le
partenaire
chinois
majoritaire
et l’OCPT)
Opérationnel, réseau
national de téléphonie
mobile
CMEC Hydroélec
tricité
280 2003 Congo-B China Exim
Bank
Filiale
contrôlée à
100 %
Projet en cours d’achève
ment de construction du
barrage hydroélectrique
d’Imboulou qui va ajouter
120MW à la capacité
disponible
Sinohydro Hydroélec
tricité
2006 Gabon China Exim
Bank
Filiale
contrôlée à
100 %
Construction en cours
du barrage de Poubara
d’une capacité de
CMIC Distribution
& transport
d’électri
cité
15 2002 Angola China Exim
Bank
Filiale
contrôlée à
100 %
Projet achevé
figure im7
Secteur
d’activité
IDE mil
lions de
dollars
Année
d’im
planta-
tion
Pays
d’accueil
Finance
ment
Partenaire
local
& nature
du parte
nariat
État d’avancement du
projet
CEIEC Distri
bution et
transport
d’électri
cité
200 2004 Angola China Exim
Bank
Filiale
contrôlée à
100 %
Projet achevé de
rénovation et d’extension
du réseau électrique de
Luanda
China
Jiangsu
InternationalEconomic-Technical
Corporation
Construc
tion
56 2007 Congo-B China Exim
Bank
Filiale
contrôlée à
100 %
Construction en cours
des terminaux, d’une tour
de contrôle de l’Aéroport
international d’Ollombo
WIETC Construc
tion
160 2007 Congo-B China Exim
Bank
Filiale
contrôlée à
100 %
Modernisation en cours
d’achèvement de l’Aé
roport international de
Brazzaville
CRGC Construc
tion
2006 Gabon China Exim
Bank
Projet en cours de
construction du chemin
de fer de 560 km entre la
mine de fer de Belinga et
le port maritime de Santa
Clara sur l’Atlantique. Ce
projet s’intègre au projet
minier de Belinga d’un
coût total de 3 milliards
de dollars
China Road And Bridge Corpo-ration Construc
tion
211 2004 Angola China Exim
Bank
Filiale
contrôlée à
100 %
Remise en état en cours
du réseau routier, d’où
une capacité ajoutée de
371 km (Kifangondo-
Caxito-Uige-Negage)
China Railway Construc
tion
1800 2005 Angola CIF Filiale
contrôlée à
100 %
En cours, projet Ango-
Ferro2000 pour réhabili
ter 3100 km et construire
8000 km de Chemin de
fer. Ce projet est le plus
important accordé à une
FMN chinoise dans les
infrastructures
China Road And Bridge Corpo-ration Construc
tion
11 2001 Guinée E Gouver
nement
chinois
Filiale
contrôlée à
100 %
Projet achevé de la route
Niefang-Nkue, d’où une
capacité ajoutée de 33km
WUYI Co. Ltd Construc
tion
6 2003 Guinée E Gouver
nement
chinois
Filiale
contrôlée à
100 %
Projet achevé de la route
Bata-Niefang, d’où une
capacité ajoutée de
30 km
CSCEC Construc
tion
2007 Congo-B China Exim
Bank
Filiale
contrôlée à
100 %
Projet en cours de
construction de la Route
reliant Brazzaville à
Pointe Noire, d’où une
capacité ajoutée de
500 km
China Road And Bridge Corpora-tion Construc
tion
Nd 2008 Cameroun China Exim
Bank
Filiale
contrôlée à
100 %
En cours, pour la réhabi
litation du réseau routier
de Douala
figure im8

PRINCIPAUX PROJETS D’IDE CHINOIS EN CEEAC : SECTEUR DES SERVICES (INFRASTRUCTURES ÉCONOMIQUES) 2000-2009

Idem Légende : CREGC : China Railway Engineering Group Co. Ltd
CARTE DE

LA COMMUNAUTÉ ÉCONOMIQUE DES ÉTATS DE I'AFRIQUE CENTRALE (CEAAC)

tableau im9

LA COMMUNAUTÉ ÉCONOMIQUE DES ÉTATS DE I'AFRIQUE CENTRALE (CEAAC)

CARTE ADMINISTRATIVE

DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

tableau im10

DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Notes

  • [1]
    Maître-assistant à l'Université M. Ngouabi, Brazaville, chercheur invité au Bureau d'Économie Théorique et Appliquée, BETA, Université de Strasbourg
  • [2]
    D’après le FMI, les réserves officielles de la Chine qui étaient de 158 milliards de dollars en 1999 sont passées à 1 068 milliards en 2006 pour atteindre un montant de plus de 2 500 milliards fin 2008 ; 70 % de ces sommes sont libellées en dollars et 50 % placées aux États-Unis sous forme de bons du Trésor.
  • [3]
    Cf. Deborah Brautigam, Looking East : Africa’s Newest Investment Partners. Emerging Markets Forum, 13-15 septembre 2009, Western Cape, <www.emergingmarketsforum.org>, p.3-13.
  • [4]
    Cf. Jean-Claude Berthélemy, Impact of China’s engagement on the Sectoral Allocation of Resources and Aid Effectiveness in Africa, Africa Economic Conference 2009, 11-13 novembre, ADB/BAD-ECA/CEA, Addis Abeba, 30 p.
  • [5]
    Cf. Jean-François Huchet, Joël Ruet, « Les multinationales chinoises et indiennes à la conquête du monde », in Christophe Jaffrelot, (éd.), L’enjeu mondial : les pays émergents, Paris, FNSP, 2008, p. 209-220.
  • [6]
    2009 Statistical Bulletin of China’s Outward Foreign Direct Investment.
  • [7]
    Cf. Chris Alden, Martyn Davies, « A Profile of the Operations of Chinese Multinationals in Africa », South African Journal of International Affairs, 2006, 13, 1, p. 83-96
  • [8]
    Cf. Deborah Brautigam, Looking East, op. cit.
  • [9]
    Cf. Michel Beuret, Serge Michel, « La Chine a-t-elle un plan en Afrique ? », Afrique contemporaine, n° 228, p. 49-68.
  • [10]
    Cf. Edward Wang, China’s investment in Africa for copper production, IWCC Joint Meeting, Séoul, 11-13 mai 2009, Beijing AXIS, <www.thebeijingaxis.com> : l'Angola a exporté en 2008 pour 22,4 milliards de dollars de marchandises dont 100 % de produits pétroliers vers la Chine ; le Congo-Brazzaville pour 3,7 milliards de dollars dont 90 % de produits pétroliers, 5 % de cuivre et 5 % de bois la même année. Autres pays du top 10 des importations chinoises d'Afrique : 2e, l’Afrique du Sud (16,8%) ; 3e, le Soudan (11,3 %) ; 5e, la Libye (4,6%) ; 9e, la Mauritanie (1,9 %) ; 10e, l'Algérie (1,5 %).
  • [11]
    Cf. Théophile Dzaka-Kikouta, Xavier Bitemo, « Biens publics et capital social : l’impact du rôle économique de l’État sur l’attractivité du territoire des PVD. Cas des pays miniers et pétroliers d’Afrique centrale », Mondes en Développement (à paraître).
  • [12]
    Cf. Martyn Davies et alii, How China delivers Development assistance to Africa, 2008, <www.ccs.org.za/downloads/china-dev-africa-sum.pdf>.
  • [13]
    CCS, China’s Engagement of Africa : Preliminary Scoping of African case studies (Angola, Ethiopia, Gabon, Uganda, South Africa, Zambia), Centre for Chinese Studies, University of Stellenbosch, 2010, <www.ccs.org.za/wp-content/uploads/2009/04/ rf_paper_final.pdf>.
  • [14]
    Voir par exemple la Convention de collaboration entre la RDC et le groupement d'entreprises chinoises relative au développement d'un projet minier et d'un projet d'infrastructures en RDC, Pékin, 22 avril 2008.
  • [15]
    Cf. Lucy Corkin, China’s Contribution to the Development of African Infrastructure through Investment in Extractive Industries, AFRODAD, Occasional Papers, n° 8.
  • [16]
    Cf. Pierre Dussauge, « Le rôle des alliances et coentreprises dans la multinationalisation des entreprises chinoises », in Jean-Paul Larçon, Les multinationales chinoises, Paris, ESKA, 2010.
  • [17]
    CCS, 2007, p. 26, loc. cit. : en Angola un ingénieur chinois est payé 130 dollars par mois contre 780 dollars pour son homologue angolais travaillant dans une firme concurrente portugaise ; de plus un sac de ciment (50 kg) importé de Chine coûte 4 dollars contre 10 dollars pour un sac produit localement. Dans les deux Congo, nous avons constaté que le sac de ciment produit localement coûte de 15 à 20 dollars sur le marché intérieur. Un bulldozer « made in China » revient à 100000 dollars, contre 300 000 dollars pour le bulldozer importé de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), cf. Chuan Chen et alii, An Empirical Analysis of Chinese Construction Firms Entry into Africa, The CRIOCM2007 International Symposium on Advancement of Construction Management and Real Estate, 8-13 août 2007, Sydney, p. 459.
  • [18]
    Cf. Chuan Chen et alii, « Local Operations of Chinese Construction Firms in Africa : An Empirical Survey », The International Journal of Construction Management, 2009, p. 75-89.
  • [19]
    Ibid.
  • [20]
    Cf. Lucy Corkin, China-Africa Relations : The Case of Angola, AERC, WP, <www.aerc.org>, 31 p.
  • [21]
    Cf. Théophile Dzaka-Kikouta, « L’Aide publique au développement de la Chine à l’Afrique centrale et son impact sur le transfert de connaissances vers les pays d’accueil : une étude exploratoire », Les Cahiers de l’Association Tiers-Monde, n° 24, p. 127-142.
  • [22]
    Cf. Christian Milelli, Françoise Hay, Yunnan Shi, L’implantation des firmes chinoises en Europe, dernières tendances, ministère de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, Paris, 2009, 46 p.
  • [23]
    Cf. D. Brautigam, Looking East, op. cit.
  • [24]
    Cf. Thierry Pairault, L’investissement direct chinois et la crise, XXVe journées du développement de l’ATM (Association Tiers-Monde) , Strasbourg, 2-4 juin 2010 : en 2009, les pays en voie de développement (PVD) ont été récipiendaires de 80 % des projets d’IDE chinois contre 20 % aux pays développés ; par ailleurs, les groupes sous tutelle du gouvernement central représentent 80 à 90 % de la valeur des projets enregistrés en 2009.
  • [25]
    La Chine figure souvent au premier rang mondial de la consommation de ces matières premières. En 2008, elle se classait respectivement 2e pour le pétrole avec près de 10 % de la consommation mondiale ; 1ère pour le nickel et le cuivre avec près de 25 % ; 1ère pour l'aluminium et le zinc avec près de 30 %, 1ère pour le fer et l'étain avec près de 45 %..., cf. Edward Wang, China’s investment , op. cit. L'importance de l'Afrique dans la production et les réserves mondiales de matières premières est bien connue : respectivement 54% et plus de 60% pour le groupe des métaux du platine ; 20 % et 42 % pour l'or ; 40 % et 44 % pour le chrome ; 28 % et 82 % pour le manganèse ; 4 % et 45 % pour l'aluminium ; 18 % et 55 % pour le cobalt ; 51 % et 95 % pour le vanadium ; ainsi que 78 % et 88 % pour les diamants. Une situation qui explique la nature et l'accroissement des IDE chinois vers l'Afrique.
  • [26]
    Cf. Richard Schiere, Impact of the Financial and Economic Crisis on China’s Trade, Aid and Capital Inflows to Africa, Development Research Brief, n° 11, p. 1-3.
  • [27]
    Cf. Sarah Cook, Wing Lam, The Financial Crisis and China : What are the Implications for Low Income Countries ?, Institute of Development Studies, University of Sussex, 2009, 16 p.
  • [28]
    Right and Accountability in Development (RAID), Chinese Mining Operations in Katanga, Democratic Republic Of the Congo, septembre 2009.
  • [29]
    Selon la Banque mondiale (2010), 60 des 75 mines en exploitation dans la province du Katanga, soit 80 %, sont aujourd’hui contrôlées par des investisseurs chinois, si bien que les firmes chinoises occupent une position de leader dans la production locale et l’exportation des produits miniers de la RDC vers la Chine.
  • [30]
    Cf. Johanna Jansson, Patterns of Chinese Investment, Aid and Trade in Central Africa (Cameroun, the DRC and Gabon), CCS, août 2009, 59 p., <www.ccs.org.za> ; CCS, 2010, p. 75.
  • [31]
    Cf. Barney Jopson, « RDC : le Katanga brusquement déserté par les Chinois ». Le Courrier International, 2009, n° 956.
  • [32]
    Dans le cadre du Forum sur la coopération Chine-Afrique (FOCAC), la Chine a déjà initié à partir du milieu des années 2000 l’implantation d’une dizaine de ZES sur le continent africain en vue d’accueillir les IDE chinois, avec notamment pour objectif la diversification économique et les exportations de produits manufacturés des pays d’accueil. La plus importante ZES d’Afrique est en cours d’aménagement près de Lagos au Nigeria et son coût devrait s’élever à 5 milliards de dollars dont 60 % financés par la Chine. Mais l’implantation de ces ZES n’est pas encore annoncée par les investisseurs chinois en ce qui concerne les pays de la CEEAC, probablement du fait de la faible qualité de leurs infrastructures, alors qu’elles sont opérationnelles ou en voie de l’être en Afrique australe (Zambie, Maurice, Botswana), en Afrique occidentale (Nigeria), en Afrique orientale (Éthiopie) et en Afrique du Nord (Égypte, Algérie).
Théophile Dzaka-Kikouta [1]
  • [1]
    Maître-assistant à l'Université M. Ngouabi, Brazaville, chercheur invité au Bureau d'Économie Théorique et Appliquée, BETA, Université de Strasbourg
Mis en ligne sur Cairn.info le 23/01/2012
https://doi.org/10.3917/oute.030.0207
Pour citer cet article
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