CAIRN.INFO : Matières à réflexion

1Ko Un est une montagne de poésie, auteur de plus de 150 ouvrages dont les quatre recueils poétiques traduits à ce jour en français ne sont qu’une petite pointe émergée de la brume des traductions à venir. Tout en lui est poésie, épopée, mythe, à commencer par sa vie consubstantielle à l’œuvre qu’elle nourrit et à l’histoire de la Corée contemporaine qu’elle épouse dans toutes ses vicissitudes.

2Le site internet du poète (www.koun.co.kr) auquel on renverra pour toutes précisions bio-bibliographiques commence par recenser ses réincarnations successives avant sa vie présente : né une première fois en jument au bord de la mer Caspienne, son esprit renaît comme un enfant chaman en l’an 17 de notre ère dans la vallée de l’Yenissey en Sibérie, avant de s’incarner en de multiples personnes humaines, colporteur en Asie centrale, berger en Mongolie, fermier joueur de flûte en Corée, moine sans maître, valet de ferme sourd aimant la boisson… De l’Asie centrale à la Sibérie et de la Mongolie à la Corée, c’est tout le continent du chamanisme qu’il parcourt avant de s’incarner au xxe siècle dans le poète Ko Un. À travers ces mythiques renaissances successives, Ko Un dessine un portrait marqué par l’errance, l’humilité d’une vie simple au service d’une poésie oraculaire qui cherche l’illumination dans le zen et l’alcool. Poète chaman, interprète inspiré de l’âme de son pays, il symbolise le destin tumultueux de la Corée contemporaine dans ses nombreuses péripéties, de la tragédie à l’espérance. Or non seulement il a eu plusieurs vies avant cette vie, mais dans celle-ci même Ko Un est un survivant qui tout comme la Corée a failli sombrer plusieurs fois.

3Dans cette vie donc, Ko Un est né en 1933 dans un village du Chŏlla du Nord, au sud-ouest de la Corée du Sud, qui fait partie aujourd’hui de la ville de Kunsan. La première tragédie coréenne, c’est l’occupation coloniale japonaise qui a duré officiellement de 1910 jusqu’à la Libération en 1945 et s’est caractérisée par une politique extrême d’assimilation forcée visant à l’éradication de l’identité coréenne, dans sa langue et dans son âme avec la destruction dans le sol du pays des points d’énergie vitales de la géomancie traditionnelle desquels il tirait sa vitalité. Pour nier l’identité même du peuple, il fut interdit non seulement de parler coréen mais même de l’apprendre aux enfants : Ko Un, éduqué en japonais dans sa petite enfance, a dû porter un nom japonais comme tous ses compatriotes à la même époque. À l’école primaire quand on lui demanda ce qu’il voulait faire plus tard, il répondit « devenir Empereur », réponse d’enfant rebelle et précoce se préparant au destin d’exception qui serait le sien, mais qui lui valut d’être battu, et où l’on peut voir la première révolte du futur opposant politique à l’oppression. Son premier contact avec la langue coréenne et la tradition nationale se fait en cachette de l’occupant par le valet de ferme Dae Gil célébré dans Dix mille Vies qui lui apprend l’alphabet coréen. Élevé par son grand-père maternel, patriote coréen, Ko Un est un enfant précoce qui, à huit ans, lit déjà les textes classiques chinois qui forment l’assise de toute la pensée philosophique et poétique de la culture classique.

4Après la Libération, Ko Un naît à la poésie coréenne de manière fortuite : en 1949, s’en allant à l’école, il ramasse un livre tombé au bord du chemin du poète lépreux Han Ha-Un (1919-1975) et passe toute la nuit à le lire, en état de choc, comme il le dit dans un entretien : « Je me promis alors deux choses. La première était que je deviendrais moi aussi lépreux, que je mourrais effondré n’importe où, après avoir souffert une vie maudite, errant parmi les monts et les plaines avec des orteils pourrissant progressivement. La deuxième était que, dans mon errance, comme Han Ha-Un, j’écrirais des poèmes » [1]. Il commence ainsi à écrire des poèmes qui seront publiés en 1960 dans son premier recueil, Le sentiment de l’au-delà[2]. Marqué par la figure du poète malade, il s’invente dans son premier poème (publié en 1958) une tuberculose fictive. Ce n’est que bien plus tard qu’il découvrira rétrospectivement qu’il avait effectivement souffert de tuberculose, depuis fossilisée, témoignage troublant de la puissance de la fiction poétique sur la réalité.

5La seconde tragédie de la Corée contemporaine, résultat de l’avènement de la guerre froide après la déroute de l’empire japonais, c’est la guerre de Corée (1950-1953) dont les conséquences – le pays divisé de part et d’autre du 38e parallèle et l’absence d’armistice – demeurent jusqu’à nos jours. Dans cette guerre civile fratricide qui a vu les familles séparées et déchirées par les événements, Ko Un a été témoin des exactions perpétrées par les armées des deux côtés, des viols et des assassinats jusqu’à l’exécution des membres de sa famille, de ses amis, et même de son premier amour. Réquisitionné pour transporter les cadavres sur son dos de nuit, il est au bord de la dépression nerveuse et fait une première tentative de suicide. Le destin de Ko Un sera désormais celui d’un survivant, de la guerre, du suicide, et plus tard de la répression.

6En 1952, avant la fin de la guerre, il quitte son village pour devenir un moine bouddhiste seon (zen en japonais). Il devient le principal disciple de maître Hyobong, fondateur du temple Miraesa – le temple de l’Avenir – à l’extrême sud de la péninsule, au bord de la mer [3]. Moine mendiant, il parcourt toute la Corée du sud à pied, vivant d’aumônes. Il sillonne un pays en ruines, dévasté après la guerre et désormais divisé : « le pays natal de ma poésie ce sont ces ruines » [4]. Rien de plus symbolique que le thème de méditation (kongan en coréen, koan en japonais) qu’il reçoit alors de son maître : le vide. Ce sujet paradoxal, central dans le bouddhisme et dont il fera encore le titre d’un récent recueil de poèmes paru en 2008, fixe l’enjeu de toute sa vie : éviter le vide comme néant pour atteindre la vacuité, le non-moi comme infini.

7Il parvient ainsi à un rang élevé dans la vie monastique, occupe plusieurs postes administratifs importants, et devient le supérieur du grand temple de Haeinsa où est conservé le Tripitaka coréen, trésor de l’identité religieuse du pays depuis la dynastie Koryŏ. La réorganisation conflictuelle des communautés monastiques pour en chasser le clergé marié encouragé par les Japonais et retrouver la tradition du célibat place Ko Un au cœur de la restauration de la culture religieuse coréenne après les années d’occupation. Après la conquête de la langue coréenne, c’est donc par le bouddhisme qu’il va reconquérir les racines intellectuelles et culturelles de son pays et il fonde le premier journal bouddhiste coréen en 1957.

8Mais si cohérente que paraisse cette quête culturelle identitaire, elle se heurte à l’antagonisme que l’austère pratique religieuse de l’époque nourrit pour les arts. De là naît le paradoxe d’une poésie zen, fondée sur la méditation silencieuse, où le jaillissement d’une parole essentielle, drue, violente, éruptive, qui se moque de la belle langue poétique codifiée, a pour but de favoriser l’éveil, l’illumination, comme ce sera le cas bien plus tard des poèmes de Ko Un lorsqu’il aura surmonté cette dichotomie [5]. Mais pour l’heure, après dix ans de vie monastique, constatant l’incompatibilité de sa vocation poétique avec la vie monastique, il retourne au monde, en publiant sa démission sous forme de manifeste dans le quotidien Hankook Ilbo en 1962.

9Après une nouvelle tentative de suicide en 1963, il est professeur de coréen et d’arts plastiques dans une école caritative, sans salaire, sur l’île de Cheju de 1963 à 1967. Il publie deux volumes de poésie, Au bord de la mer (1966) et Dieu, langue. Dernier village (1967) [6]. Son retour à Séoul en 1967 est marqué par l’insomnie, l’ivresse et le nihilisme, jusqu’à l’automne 1970, quand il tente à nouveau de se suicider, restant 30 heures dans le coma après avoir pris une surdose de médicaments. C’est la fin de ce que les critiques coréens appellent sa première période, en la qualifiant de nihiliste, marquée par un comportement suicidaire en rapport avec la déréliction de la Corée d’après la guerre civile mais aussi la quête de soi et de son identité culturelle à l’image d’un pays profondément détruit et à reconstruire.

10La seconde période de sa vie est celle de l’engagement pour la démocratie dans les années 1970-1980 marquées par la dictature militaire. Ébranlé par l’immolation par le feu d’un ouvrier revendiquant pour améliorer ses conditions de travail en 1970, Ko Un décide en 1973 de s’engager dans le mouvement contre le président Park Chung-Hee parvenu au pouvoir par un coup d’État en 1961 et qui venait de déclarer en 1972 les « réformes Yushin » modifiant la constitution pour établir l’état d’urgence et légaliser sa dictature à vie. Le moine hors du monde, l’artiste tourmenté devient alors un poète militant et par la suite l’un des principaux porte-parole des écrivains et des artistes opposés à la dictature en Corée du Sud. Secrétaire général de l’Association des écrivains pour la liberté d’expression créée en 1974, porte-parole officiel de l’Association nationale pour le retour à la démocratie, vice-président de l’Association coréenne des droits de l’homme en 1978, il subit la répression brutale de la KCIA, la police politique du régime, et il sera emprisonné plusieurs fois. Malgré une activité politique intense, il continue à écrire, notamment le recueil de poèmes Au village de Mooni (1974) [7], des traductions des classiques de la poésie chinoise ainsi que des biographies d’artistes et de poètes coréens. Devenu vice-président de l’Association de l’unité nationale, il est arrêté en 1979 et torturé, perdant l’ouïe sous la torture.

11Lorsqu’en octobre 1979, le président Park Chung-Hee est assassiné par un proche, le directeur de la KCIA, l’espoir d’un renouveau démocratique est de courte durée. Son successeur, le général Chon Doo-hwan, nouveau chef de la KCIA, réprime le 18 mai 1980 le soulèvement des manifestants de Kwangju qui protestaient contre la loi martiale, occasionnant des centaines de morts et multipliant les arrestations d’opposants. Ko Un est arrêté avec Kim Dae-Jung, le leader du parti démocrate et futur président de la République : le poète est condamné à la prison à vie, l’homme politique est condamné à mort. Dans l’épreuve du cachot sombre, Ko Un lit et mémorise le dictionnaire, source de son invention verbale inépuisable. Cette expérience de la prison aura été le creuset de deux grandes œuvres épiques, dans une soif d’écrire qui va se matérialiser après sa libération en 1982 dans une amnistie générale. Ayant juré que s’il sortait de prison, il écrirait la vie de tous les gens qu’il a rencontrés, il se met à Dix mille Vies qui, commencé en 1986, finira par totaliser en 2010 trente volumes de 4001 poèmes qui rendent hommage à 5600 personnes et composent une véritable fresque de la Corée contemporaine. Le poème lyrique individuel fait corps avec ceux qui l’entourent pour former une autobiographie qui s’élargit à une véritable épopée. La même année 1986 il commence à faire paraître une vaste épopée en sept volumes pour célébrer le Mouvement Coréen pour l’Indépendance sous l’occupation japonaise. Intitulée Le Mont Paektu (1987-1994), elle renvoie à cette montagne sur la frontière entre la Chine et la Corée du Nord, lieu de naissance de Tan’gun, le fondateur mythique de la Corée, théâtre des combats de la résistance coréenne sous la colonisation et horizon d’une réunification tant espérée du pays divisé.

12Avec sa sortie de prison puis son mariage en 1983, commence alors pour Ko Un une troisième période de sa vie, heureuse celle-ci, marquée par une incroyable fécondité qui, dans les années 1990, consonne avec l’avènement de la démocratie en Corée du Sud et avec elle l’ouverture au monde et l’expansion économique. Il serait vain de compter le nombre d’ouvrages, plus de 150, qu’il a publiés à ce jour, dans tous les genres, poèmes lyriques, romans, essais, traductions des classiques chinois, livres de voyage, et critique littéraire. Admirateur de Victor Hugo dont il partage l’engagement et la fécondité, Ko Un révise ses poèmes pour les republier dans ses Œuvres complètes en 1984 et continue à publier de nombreux recueils parmi lesquels Qu’est-ce ? Poèmes zen (1991). Dans cette poésie bouddhiste énigmatique à la recherche de l’illumination par une parole qui révèle le monde, une pensée elliptique et condensée s’énonce au moyen d’une langue drue et très simple à la manière des anecdotes zen – tradition qu’il poursuit par ailleurs dans ses longs romans, qu’il s’agisse de son adaptation du Sutra de la guirlande de fleurs ou du récit mythique des premiers patriarches du bouddhisme zen.

13L’élection en 1987 du général Roh Tae-woo sera paradoxalement le signal d’une transition du gouvernement militaire à l’établissement de la démocratie. Les Jeux Olympiques de Séoul en 1988 révèlent au monde la Corée du Sud, devenue un dragon économique qui profite de l’industrialisation à marche forcée menée par les puissants conglomérats industriels avec l’appui de la dictature dans les deux décennies précédentes, tandis qu’en 1992 la première élection d’un président civil, Kim Young-sam, ancien opposant à la dictature, consacre l’avènement de la démocratie. Président de l’Association des écrivains coréens de 1992 à 1994, Ko Un, qui a pu effectuer son premier voyage à l’étranger, au Japon, en 1987, va connaître une reconnaissance internationale à partir des années 1990 où il a le droit de voyager à l’extérieur du pays, et au moment où ses œuvres sont traduites en anglais – et bientôt en allemand, espagnol, italien, français, suédois, polonais, tchèque, arabe, chinois, japonais, etc.

14C’est ainsi qu’il est invité à Paris en 1995 à l’occasion de la manifestation des Belles Étrangères-Corée du Sud en compagnie d’autres poètes et romanciers, et il reviendra à Paris régulièrement en 1998, 2002 et 2003 et plus récemment en 2011, se liant d’amitié notamment avec Michel Deguy, Alain Jouffroy et Claude Mouchard. En 1997 il voyage aux États-Unis et rencontre Allen Ginsberg, Gary Snyder, Michael McClure avant de passer une année comme chercheur invité à l’université de Harvard et à mi-temps à Berkeley en 1999. Il existe une véritable fortune américaine de Ko Un, reconnu et fêté par les poètes de la Beat Generation comme un de leurs pairs, et ses lectures de poèmes toujours très vivantes drainent un très large public. Sa poésie inspirée, universaliste, chamanique, trouve aux États-Unis un écho immédiat et nombreux sont les points communs avec la forme urgente et protestataire de la diction poétique, entre trivialité et éloquence, à la recherche d’une voie illuminative et prophétique. Gary Snyder en particulier, né en 1930, initié au zen en Californie et parti méditer dans un temple à Kyoto dans les années 1956-1968, à l’époque où Ko Un était moine, a connu des expériences parallèles. Militant de la cause environnementale comme Ko Un l’est des droits de l’homme et de la démocratie, tous deux ont par leur sensibilité bouddhiste au monde qui les entoure bien des points communs. En 1997, à l’instigation d’une chaîne de télévision coréenne, Ko Un fait un voyage au Tibet, à la recherche des paysages évoqués dans les textes bouddhistes. Une telle expédition sans préparation sur le toit du monde à 65 ans s’avère presque fatale et il rentre au bord de l’épuisement en ayant frôlé la mort, incapable d’écrire pendant de longs mois. Mais une fois de plus la résilience du survivant le voit renaître et de cette expérience publier Chuchotements (1998) puis Les Himalayas (2000).

15Au seuil du xxie siècle s’ouvre encore une nouvelle période. Après avoir surmonté la grande crise économique de 1997, la Corée du Sud a élu comme président le dirigeant démocrate Kim Dae-jung (1997-2003) qui entreprend aussitôt une politique de réchauffement avec la Corée du Nord de Kim Jong-il, suscitant l’immense espoir d’une réunification prochaine du pays divisé. Après un premier voyage en Corée du Nord en 1998, Ko Un participe en juin 2000 au sommet historique qui se déroule à Pyongyang et qui vaudra à Kim Dae-jung le prix Nobel de la paix. Ko Un, délégué au sommet intercoréen, apparaît ainsi entre les présidents des deux Corées et lit son poème Au fleuve Taedong, commémorant le plus grand fleuve de Corée du Nord. Depuis lors son Grand Œuvre consiste à réunifier la langue coréenne, dans la diversité des lexiques du Nord et du Sud, au sein d’un grand dictionnaire coréen dont il préside le comité. Celui qui a dû apprendre sa langue maternelle en cachette de l’occupant et qui a été témoin de la déchirure historique de la division entre les deux Corées milite désormais, au plan politique comme au plan de langue, pour l’identité culturelle de son pays dans la matière même de sa langue, faisant ainsi pleinement œuvre de poète.

16L’immense notoriété de Ko Un ne se limite pas à la Corée du Sud où il est couvert de prix littéraires, mais elle se double d’une reconnaissance internationale dont témoigne son invitation au Sommet du Millénaire des Nations Unies en août 2000, ou, en novembre de la même année, à Cracovie à l’invitation de Czeslaw Milosz. Depuis vingt ans il parcourt le monde entier – Allemagne, Angleterre, Italie, Espagne, France, Suède, Norvège, Pologne, Russie, États-Unis, Canada, Chine, Japon, Colombie, Mexique, etc. – pour des lectures de ses œuvres et des conférences sur la poésie. Ainsi Ko Un, qui dans sa jeunesse a voyagé à pied de temple en temple dans toute la Corée, se fait désormais le pèlerin de la poésie coréenne à l’étranger. Une nouvelle fois on ne peut qu’être frappé du parallélisme entre le destin du poète et l’histoire de son pays surfant sur l’expansion économique que lui apportent la mondialisation et la vogue de la culture coréenne à l’étranger. Désignée par le terme de hallyu (la vague coréenne), c’est bien une déferlante de culture coréenne populaire qui se répand dans le monde entier, en particulier en France où nombreux sont les amateurs de K-pop (pop coréenne), de dramas (feuilletons télévisés), de manhwa (bandes dessinées), de films ou de cuisine. Or la poésie, genre savant mais aussi populaire au bon sens du terme en Corée du Sud où les recueils atteignent des tirages semblables à ceux des romans en France, n’est pas concernée par ce phénomène en France et Ko Un, qui réunit des publics très nombreux en Corée et aux États-Unis notamment, peine à comprendre pourquoi il n’obtient qu’un succès d’estime chez nous. C’est l’occasion de s’étonner du statut de la poésie dans l’espace public français et de constater la relative méconnaissance du champ poétique sud-coréen à laquelle la présente livraison de Po&sie cherche précisément à remédier.

17Comme Victor Hugo qu’il admire, Ko Un est donc un poète lyrique dont la vie intense et engagée nourrit l’inspiration, un poète épique de l’Histoire qui compatit avec la souffrance des humbles et un poète mystique dont la parole est en harmonie avec le cosmos. Cette vie vécue et racontée comme une œuvre de fiction, d’une dimension presque mythique, une vie au rythme de l’Histoire mais adressée à l’infini de l’univers, fait de Ko Un lui-même un poème comme il le déclare dans un entretien [8] : « Peut-être suis-je moi-même un de mes poèmes ».

Notes

  • [1]
    Voir l’entretien reproduit dans Dix mille Vies, p. 104.
  • [2]
    Voir les extraits dans Sous un poirier sauvage.
  • [3]
    Voir le poème n° 69 de Chuchotements.
  • [4]
    Entretien dans Dix mille Vies, p. 104.
  • [5]
    Et notamment du recueil Qu’est-ce ? Poèmes zen de 1991.
  • [6]
    Voir des extraits dans Sous un poirier sauvage.
  • [7]
    Ibid.
  • [8]
    Entretien dans Dix mille Vies, p. 108.
Alain Génetiot
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Mis en ligne sur Cairn.info le 01/10/2016
https://doi.org/10.3917/poesi.139.0036
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