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Politique étrangère

2011/3 (Automne)


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Les événements qui secouent le monde arabe depuis janvier 2011 remettent en cause les stratégies politiques de l’ensemble des régimes de la région ainsi que les équilibres sur lesquels ont été établies, depuis des décennies, les alliances entre pays arabes et occidentaux.

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D’abord surprise par l’ampleur et la rapidité des événements, l’Administration de Barack Obama a rapidement pris acte des revendications démocratiques et des bouleversements qu’elles peuvent engendrer. Elle s’attache à y répondre en tenant compte de la volonté exprimée par le président de rétablir de bonnes relations avec le monde arabo-musulman, des enjeux politiques de chaque pays et des intérêts des États-Unis. Les réponses apportées au cas par cas s’inscrivent dans une stratégie d’accompagnement visant à gérer au mieux les crises et les transformations en cours. S’agit-il pour autant d’une nouvelle politique américaine dans le monde arabe ? Comment cette politique pourrait-elle prendre en compte les aspirations démocratiques des populations arabes sans contrarier les alliés traditionnels des États-Unis dans la région ? Comment éviter une rupture entre les États-Unis et le monde arabe ?

Les États-Unis et la démocratie dans les pays arabes

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Jusqu’aux années 1990, les États-Unis ont considéré qu’il était dans leur intérêt de ménager les régimes autocratiques du monde arabe [1][1] Z. Brzezinski et B. Scowcroft, America and the World:.... Persuadés que les peuples issus de systèmes coloniaux et vivant depuis leur indépendance sous des régimes autocratiques n’étaient pas mûrs pour se gouverner eux-mêmes et nullement prêts pour la démocratie, ils ont, pour éviter le chaos dans des régions riches en matières premières et en ressources énergétiques, fermé les yeux sur les abus des régimes dictatoriaux et ignoré les violations des Droits de l’homme.

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La révolution des mollahs en Iran et l’émergence de partis islamiques dans divers pays musulmans ont établi la conviction que l’alternative islamique aux régimes dictatoriaux en place n’était pas une option envisageable pour Washington. La politique américaine allait se fonder sur ce prisme qui confortait les régimes en place, garants de la stabilité et de la sécurité, et les plaçait en boucliers contre le fondamentalisme musulman. C’est ainsi qu’en 1991 l’Administration de George H. W. Bush a soutenu le régime algérien lorsque celui-ci décida d’annuler des élections qui virent le succès du Front islamique du salut (FIS), mettant ainsi un terme à l’ouverture démocratique entamée depuis 1988. L’expérience algérienne a amené James Baker à s’interroger publiquement sur l’attitude ambivalente et contradictoire des États-Unis face à la démocratisation dans les pays arabes : « De façon générale, lorsqu’on soutient la démocratie, on accepte ce que la démocratie nous offre [...]. Nous n’avons pas appliqué cela à l’Algérie car les opinions des fondamentalistes étaient contraires à nos valeurs et à ce qu’on estimait être l’intérêt des États-Unis [2][2] Entretien avec J. A. Baker III, in D. Pipes, « Looking.... »

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Les attentats du 11 septembre 2001 ont toutefois prouvé que la stabilité dans les pays arabes ne garantissait pas nécessairement la sécurité des États-Unis. Les dirigeants américains en ont déduit qu’ils devaient s’impliquer davantage dans la promotion du développement économique et de la démocratie au Moyen-Orient. Les Administrations Bush et Obama ont ainsi augmenté de façon significative l’aide fournie à la région. En 2009, le montant de l’aide américaine à la promotion de la démocratie au Moyen-Orient fut supérieur au montant total fourni entre 1991 et 2001 [3][3] S. McInerney, « The President’s Budget Request for.... En annonçant en 2003 sa Stratégie d’avenir pour la liberté au Moyen-Orient [4][4] Voir le discours de George W. Bush au National Endowment..., le président Bush avait déclaré : « Le fait que pendant 60 ans les nations occidentales se soient accommodées du manque de liberté au Moyen-Orient ne peut pas suffire à garantir notre sécurité ; car la sécurité et la stabilité ne peuvent pas être acquises sans la liberté ni au détriment de celle-ci [5][5] S. Hamid, « The Struggle for Middle East Democracy »,.... » Lors d’un voyage au Caire en 2005, la secrétaire d’État Condoleezza Rice n’avait pas hésité à déclarer devant un parterre d’étudiants que, dorénavant, « les États-Unis préféraient la liberté à la stabilité », d’autant plus que, leur avait-elle promis, « toutes les nations libres se tiendr(aient) à leurs côtés lorsqu’ils pourr(aien)t jouir enfin de leur propre liberté » [6][6] Discours de Condoleezza Rice à l’université américaine.... Elle avait tenu des propos similaires lors de son allocution devant les étudiants de Sciences Po Paris, jugeant « insuffisantes les réformes esquissées » par Hosni Moubarak et ajoutant : « Il faut que l’État de droit remplace les décrets d’urgence, qu’un système judiciaire indépendant remplace la justice arbitraire. Il faut que le gouvernement égyptien croie en son propre peuple [7][7] Le Monde, 9 février 2005.. » Ces déclarations n’avaient pas convaincu l’opposition égyptienne. Hussein Abdel Razek, le secrétaire général du parti d’opposition Tagammou, ne commentait-il pas déjà : « Washington réclame quelques changements aux apparences démocratiques mais n’ira pas jusqu’à soutenir des changements substantiels vers une réelle démocratie basée sur une alternance du pouvoir, qui pourrait amener au pouvoir des forces hostiles à sa politique dans la région [8][8] Ibid. » ?

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En effet, les objectifs du gouvernement américain visant à promouvoir la démocratisation allaient se trouver contrariés par l’attrait et l’influence que les mouvements islamistes pouvaient exercer, malgré la répression dont ils étaient victimes. Après des élections qui montrèrent la popularité des groupes et partis islamistes (Égypte et Liban) et celles qui consacrèrent la victoire du Hamas en 2006, Washington décida de tempérer considérablement son attitude en faveur de la démocratie. Illustrant le changement de ton et d’attitude de son gouvernement à l’égard d’une démocratie dont il ne pouvait pas se résoudre à accepter les résultats, la secrétaire d’État américaine concédait en 2007 que l’idéalisme devait céder la place au réalisme et que le soutien à Moubarak était nécessaire, voire vital, pour Washington et ses alliés dans la région.

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Déterminé à se démarquer de son prédécesseur, le président Obama avait, dès le début de son mandat, voulu « tendre la main » au monde arabo-musulman, alors que l’image des États-Unis avait considérablement souffert de la politique de Bush, en particulier de la guerre en Irak. Aussi, dès son discours inaugural du 20 janvier 2009, Obama déclare sa volonté d’œuvrer à l’instauration de nouvelles relations avec les pays arabes [9][9] Discours inaugural du président Barack Obama à la Maison-Blanche,.... Il promet notamment de « laisser l’Irak à son peuple ». Dans son discours du Caire de juin 2009, il appelle clairement de ses vœux la démocratie dans les pays arabes, une démocratie qui prendrait place pacifiquement, qui ne serait ni imposée par une intervention militaire ni gérée dans sa mise en œuvre par une occupation américaine [10][10] La Maison-Blanche, Office of the Press Secretary, « Remarks.... En pratique, Washington renforça notamment son soutien à des organisations promouvant la démocratie. Des télégrammes rendus publics par WikiLeaks révèlent que le gouvernement américain a appuyé les actions d’organisations telles que l’International Republican Institute, le National Democratic Institute et la Freedom House. Ces deux derniers ont été financés par le biais du National Endowment for Democracy (NED), une association fondée en 1983 pour redistribuer des fonds pour la promotion de la démocratie dans les pays en développement et qui reçoit environ 100 millions de dollars par an de la part du Congrès. Freedom House, un organisme à but non lucratif de défense des Droits de l’homme basé à Washington, est financé en grande partie par le département d’État [11][11] R. Nixon, « US-Financed Groups Had Supporting Role....

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Bien que les révoltes arabes de 2011 soient incontestablement issues de mouvements locaux et nationaux, on sait aussi qu’un certain nombre de groupes et d’individus directement impliqués dans les soulèvements arabes ont bénéficié de formations et de financements de la part de ces organisations. Si aucune « main étrangère » n’a manipulé ou guidé ces soulèvements, les leaders du Mouvement de la jeunesse du 6 avril en Égypte, des militants des mouvements des jeunes au Yémen notamment, ont bénéficié de conseils et de formations qui ont joué un rôle dans le déclenchement des événements. Stephen MacInerney, directeur exécutif du Project on Middle East Democracy, un groupe de recherche et de défense des droits basé à Washington, a ainsi déclaré : « Nous ne les avons pas financés pour lancer ces manifestations, mais nous les avons aidés à acquérir des compétences et à développer leurs réseaux [...]. La formation a joué un rôle dans les événements, mais c’est bien leur révolution. Nous ne l’avons pas déclenchée [12][12] R. Nixon, op. cit.. » Un soutien que ne nient nullement ceux qui en ont bénéficié et qui ont appris à mettre les réseaux sociaux et les technologies mobiles au service de la démocratie [13][13] Certains leaders égyptiens des mouvements de jeunesse.... Bashem Fathy, un des leaders des révoltes égyptiennes, reconnaît l’utilité de la formation dispensée par Freedom House : « Nous avons appris à nous organiser et à construire des alliances [...] la formation a été incontestablement utile pendant la révolution [14][14] R. Nixon, op. cit.. »

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La politique américaine au Moyen-Orient n’était toutefois pas dépourvue d’ambiguïtés : comment les États-Unis pouvaient-ils promouvoir la démocratie d’un côté et armer des régimes luttant contre toute ouverture politique de l’autre ? Comment pensaient-ils concilier une politique de démocratisation tout en donnant aux régimes autoritaires en place les moyens de réprimer les revendications démocratiques ? En fait, l’objectif de ces organismes de promotion de la démocratie se limitait à soutenir des programmes de réformes et non des bouleversements politiques, et elles ont évité tout ce qui aurait pu être perçu comme des actions visant à aboutir à un changement de régime. Alors que la démocratie dans les pays arabes était brandie comme un objectif, aucune alternance n’était facilitée, aucun scénario de rupture n’était envisagé.

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Pour le département d’État, la Maison-Blanche et le Pentagone, il n’y avait guère de divergences sur la priorité à accorder aux régimes en place et au renforcement de leurs armées afin de garantir la stabilité du monde arabe et les intérêts américains. Pour les régimes en place, la démocratisation prônée les mettait sur la défensive : ils allaient veiller à gérer des réformes sans changer la structure du pouvoir et tout faire pour éviter qu’une véritable démocratie faite de changements et d’alternance puisse émerger [15][15] D. Brumberg, « Liberalization Versus Democracy: Understanding....

Les États-Unis et les révolutions en Tunisie et en Égypte

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Bien que la nouvelle Administration américaine ait été alertée par la détérioration de la situation économique et sociale dans les pays arabes et qu’elle n’ait pas ignoré la frustration politique de la société civile, elle a néanmoins été surprise par l’ampleur et par la vigueur des soulèvements en Tunisie et en Égypte.

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Les télégrammes envoyés au département d’État par les diplomates américains en Tunisie et divulgués par WikiLeaks indiquent que Washington n’ignorait rien des abus du clan de Zine el-Abidine Ben Ali, de l’étendue de la corruption et du désespoir des jeunes face à l’injustice et au chômage [16][16] P. S. Golub, « Les États-Unis face aux révolutions.... En juillet 2009, il était apparu dans un télégramme que les frustrations accumulées par les Tunisiens présentaient de réels risques de soulèvements susceptibles de remettre en cause la pérennité du régime : « La Tunisie est un État policier qui connaît de sérieux problèmes concernant les Droits de l’homme [...] la colère monte devant un taux de chômage élevé et les inégalités régionales. En conséquence, les risques s’accroissent pour la stabilité à long terme du régime [17][17] Télégramme du 17 juillet 2009, disponible à l’adresse.... »

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Silencieux fin décembre 2010, le département d’État se montre très prudent au début de janvier 2011, alors que la presse rend compte de l’ampleur des manifestations et des premières victimes de la répression. La contestation prenant de l’ampleur, il réagit de plus en plus vigoureusement, au sujet notamment de la censure d’Internet : « Nous sommes préoccupés par les informations selon lesquelles il y a eu, à la demande du gouvernement, des interférences avec le fonctionnement d’Internet [...]. Ce genre d’interférences entrave la liberté de la société civile de profiter des nouvelles technologies [...]. Nous demandons à toutes les parties de respecter les libertés d’expression et d’information qui sont le droit de tous [18][18] Départment d’État, « Recent Protests and Website Hackings.... » Le département d’État a fini par prendre fait et cause pour les manifestants et par demander le départ de Ben Ali. À l’issue de la crise, Barack Obama s’est réjoui du succès de la révolution tunisienne. Le 14 janvier 2011, jour même du départ du président tunisien, il déclare : « Je félicite le peuple tunisien pour son courage et sa dignité. Les États-Unis sont témoins de ce combat courageux et déterminé pour les droits universels que nous devons tous défendre, et nous garderons en mémoire les images du peuple tunisien cherchant à se faire entendre [19][19] La Maison-Blanche, Office of the Press Secretary, « Statement.... » Ainsi, se démarquant de leurs alliés européens – et surtout de la France, dont la ministre des Affaires étrangères s’était fait remarquer par des propos indiquant une divergence d’appréciation quant à la gravité de la situation –, les États-Unis ont réagi à la crise tunisienne en se rangeant relativement vite du côté du changement. La réactivité de Washington et le soutien apporté aux revendications démocratiques s’expliquent entre autres par la faible importance stratégique de la Tunisie pour les États-Unis et par le nouvel intérêt qu’ils portent à la région. En effet, contrairement à d’autres zones du monde arabo-musulman, les États-Unis n’ont pas d’intérêt stratégique vital au Maghreb, une région qu’ils ont longtemps considérée comme une chasse gardée des puissances européennes. Le 11 septembre 2001 a modifié cette perception, l’Administration Bush intégrant le Maghreb dans sa politique de lutte contre le terrorisme au « Grand Moyen-Orient ». Alliés déjà de longue date du Maroc et de la Tunisie, les États-Unis se sont rapprochés de l’Algérie. Les relations avec les trois pays du Maghreb se sont alors développées, selon les intérêts et les besoins américains :

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Les relations se sont également réchauffées avec la Libye, le colonel Mouammar Kadhafi ayant annoncé en décembre 2003 qu’il renonçait à développer des armes de destruction massive (ADM). En 2006, Washington a rouvert son ambassade à Tripoli alors que les États-Unis n’y disposaient plus d’ambassadeur [24][24] Ambassade des États-Unis en Lybie : http://libya.u... depuis 1972.

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Comme ni les intérêts économiques, ni les coopérations en matière de sécurité ne semblaient pouvoir être remis en cause par un changement de régime en Tunisie, le gouvernement américain ne risquait pas grand-chose en soutenant les revendications des manifestants tunisiens, et ce d’autant plus que les islamistes semblaient complètement absents du soulèvement. En effet, pris de court par la spontanéité et la rapidité du soulèvement, les islamistes tunisiens, pour la plupart emprisonnés ou exilés, n’ont pu jouer aucun rôle ni à l’origine, ni dans le déroulement des événements. Mais peut-on pour autant parler de déroute ou de défaite des islamistes parce que ceux-ci se sont contentés d’accompagner la révolte sans la diriger et ne sont pour rien dans la chute du régime ? N’a-t-on pas un peu trop vite évoqué la fin de l’islamisme alors que la société tunisienne connaît, comme tous les pays musulmans, une « réislamisation sociale et culturelle [25][25] O. Roy, « La révolution post-islamiste », Lemonde.fr,... » (banalisation du port du voile, multiplication du nombre de mosquées, programmes de télévision religieux) et que le parti Ennahda, seule organisation structurée du paysage politique tunisien, sera probablement amené à jouer un rôle important dans la nouvelle Tunisie ?

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L’implication des États-Unis dans le processus de paix israélo-palestinien, leurs intérêts énergétiques et sécuritaires dans la région, leur présence encore effective en Irak et leur soutien constant et inconditionnel à Israël ne leur permettaient pas, face au soulèvement égyptien, de réagir aussi vite et aussi clairement qu’en Tunisie. Après quelques hésitations, il était apparu nécessaire et urgent de s’assurer de la fidélité de l’armée égyptienne – qui reçoit l’essentiel de son équipement des États-Unis – et de convaincre les Israéliens que la stabilité de la région ne serait pas remise en cause par l’arrivée au pouvoir de cette armée. Obama a d’abord fait pression sur Moubarak pour qu’il accepte de ne pas se présenter aux prochaines présidentielles ; puis il est intervenu contre la censure d’Internet et contre les excès de la répression sur la place Al-Tahrir. Mais ce n’est qu’après s’être assuré que la solution envisagée avec l’armée serait acceptable pour tous qu’il a exigé avec force une « transition immédiate [26][26] La Maison-Blanche, Office of the Press Secretary, « Remarks... ». Rassurant ainsi la droite républicaine et certains amis d’Israël qui avaient déjà commencé à l’accuser d’être en train de « perdre l’Égypte [27][27] Entretien avec J. -P. Filiu, « Le “printemps arabe”... » comme Truman avait perdu la Chine en 1949 et Carter l’Iran en 1979. Mais si Obama a réussi à pousser Moubarak vers la sortie, il n’est guère parvenu à rassurer Israël [28][28] D. Hamilton, « Israel Shocked by Obama’s Betrayal of... ni sur les risques d’instabilité dans la région, ni sur l’avenir du traité de paix israélo-égyptien. Il est cependant parvenu à troubler les Saoudiens qui ont été atterrés de voir Washington lâcher Moubarak [29][29] A. McDowall, « Mubarak’s Departure Deals Blow to Saudis »,....

Vers une nouvelle politique américaine dans le monde arabe ?

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En facilitant la transition égyptienne qui leur permettait de garantir leurs intérêts dans le pays et de tenter de préserver la stabilité de la région, les États-Unis sont surtout parvenus à montrer qu’ils étaient du côté de cette démocratie tant appelée de leurs vœux, qu’ils ont voulu imposer et qui pouvait cependant arriver sans eux. Ils ont aussi indiqué qu’ils pouvaient enfin se détourner de la politique qui consiste à ne percevoir les pays arabes qu’à travers le prisme de l’islamisme [30][30] Certains diplomates américains préconisaient depuis....

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S’agit-il pour autant d’une nouvelle politique ? Les États-Unis, qui disent vouloir accompagner les transitions démocratiques dans les pays arabes, parviendront-ils à aider les pays en question ? Sauront-ils, à l’image de ce qu’ils ont fait pour faciliter les transitions démocratiques dans les pays de l’Est, apporter l’aide dont la Tunisie et l’Égypte ont besoin après la chute préoccupante des revenus du tourisme et des investissements ?

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Le discours que le président a prononcé au département d’État le 19 mai 2011 avait pour ambition d’ouvrir « un nouveau chapitre de la diplomatie américaine », qui serait plus humble, plus à l’écoute des peuples et moins indulgent envers les régimes autocratiques. Nombreux sont ceux qui ont alors espéré l’annonce d’une nouvelle politique qui, au-delà des mea culpa, allait divulguer les réajustements indispensables, voire les ruptures nécessaires, pour que cette « nouvelle diplomatie » soit crédible.

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Dans ce discours, Obama a réitéré de manière emphatique le soutien américain aux révolutions accomplies et aux changements à venir et la volonté des États-Unis de venir en aide aux pays en transition [31][31] La Maison-Blanche, Office of the Press Secretary, « Remarks.... Il a annoncé l’annulation de la dette d’1 milliard de dollars de l’Égypte en plus d’une garantie de prêt de 1 milliard de dollars. Mais le président Obama a clairement indiqué que l’idée avancée par certains d’un plan Marshall pour le monde arabe n’était guère envisageable ; en effet, les États-Unis n’ont plus les moyens d’une telle assistance alors que leur économie traverse la plus grave crise depuis 1929, que le déficit budgétaire a atteint des montants astronomiques et que chaque jour les chiffres de la dette et du chômage leur font craindre un déclin que certains perçoivent déjà [32][32] L’agence d’évaluation financière Standard and Poor’s.... De plus, contrôlée par la majorité républicaine du Congrès, l’Administration Obama ne dispose pas de la marge de manœuvre qui lui permettrait de réduire la « militarisation de la politique étrangère américaine [33][33] Alors que le Pentagone dispose d’un budget de 750 milliards... » engagée après le 11 septembre 2001, ni celle qui lui permettrait de développer le programme d’initiatives à l’égard de la société civile prôné par Hillary Clinton [34][34] H. R. Clinton, « Leading Through Civilian Power: Redefining....

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Sur le plan politique, malgré la puissance du ton et du verbe, le discours n’a rien révélé, si ce n’est que les États-Unis s’adapteront à chaque situation en fonction des enjeux politiques, économiques et sécuritaires qu’elle présente. Plus que la rupture souhaitée, le discours n’a offert qu’une adaptation aux événements en cours et a surtout confirmé qu’aucun changement n’était envisagé dans la politique américaine face au conflit israélo-palestinien. Si les revendications exprimées dans les révoltes arabes ont été purement et exclusivement nationales et axées sur les droits démocratiques, il n’en demeure pas moins que la question palestinienne est toujours emblématique de l’injustice et de l’humiliation subies par les Arabes. En 2011, Obama semble ne plus rien avoir à offrir sur le dossier israélo-palestinien [35][35] F. Leverett and H. M. Leverett, « The Dispensable Nation »,... : ses appels au gel de la colonisation n’ont pas été entendus, le conflit est dans l’impasse, l’émissaire américain George Mitchell a démissionné et les Palestiniens regardent au-delà de Washington vers l’Organisation des Nations unies (ONU) pour la création de leur État. Si bien que, dans les pays arabes, peu font encore cas de ce que peuvent dire ou faire les États-Unis. N’est-il pas significatif qu’au lendemain du discours, la presse arabe n’en dénonçait que la vacuité et le flou ? Du Maghreb au Machrek, le ton était le même : « Trop de mots et rien que des mots », « des slogans », « où sont les actes ? », « manque de propositions concrètes », illustrant la lassitude et la déception des Arabes soulignées le 22 mai 2011 par le quotidien saoudien Arab News : « Les discours de M. Obama n’intéressent désormais plus le monde arabe : il pourrait tout aussi bien avoir parlé dans une pièce insonorisée [...]. Si Obama veut notre confiance et notre amitié, il doit travailler dans un domaine sur lequel il a jusqu’ici honteusement échoué : la Palestine. »

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S’il est vrai que lors des soulèvements tunisien et égyptien, on n’a guère vu ou entendu de slogans antiaméricains, le ressentiment s’est exprimé dès mars 2011 à la fois en Tunisie et en Égypte lors de la visite d’Hillary Clinton. Celle-ci a été accueillie à Tunis par des manifestants aux slogans hostiles tels que : « Tunisia is free – America get out[36][36] I. Watson, « Divergent Views on US Role in Revolutionary... » et les Jeunes Égyptiens de la coalition du 25 janvier ont tout simplement refusé de s’entretenir avec elle [37][37] R. Lizza, « The Consequentialist: How the Arab Spring....

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Nombreux sont ceux, dans le monde arabe, qui estiment que les États-Unis ont géré les révoltes du monde arabe de la manière la plus réaliste, évaluant les situations au cas par cas, en fonction de leurs propres intérêts politiques, économiques et stratégiques [38][38] A. Said, « America in the Egyptian Revolution », blog.... Les commentaires arabes de la rue et dans la presse ainsi que les blogs font remarquer qu’il n’y a rien de nouveau dans le fait que les États-Unis aient lâché la Tunisie, où leurs intérêts étaient moindres, ou qu’ils aient négocié la stabilité égyptienne avec une armée qu’ils savent fidèle, qu’ils financent à hauteur de 1,3 milliard de dollars par an, qui est au pouvoir depuis 60 ans et qui détient plus de 40 % de l’économie du pays. Ces commentaires font état, par ailleurs, du double jeu américain quand, soucieux de la sécurité d’Israël, les États-Unis sont longtemps restés silencieux face à la répression syrienne, mais voulant se mettre du côté de la liberté et de la démocratie, ont suivi leurs alliés européens en Libye, au risque de se retrouver englués dans une autre guerre dans un pays musulman. Le fait qu’ils aient fermé les yeux sur l’écrasement des mouvements protestataires de Bahreïn en laissant l’Arabie Saoudite régler le problème à sa manière et qu’ils n’apportent aucun soutien aux Yéménites en révolte depuis des mois ne fait que conforter l’idée que la diplomatie américaine erre et tâtonne et qu’elle n’a pas su trouver une voix claire et intelligible pour répondre aux bouleversements que le printemps arabe n’a pas fini de provoquer. Obama a déçu. La perte de crédibilité et l’image négative des États-Unis et de leur président transparaissent clairement dans les résultats d’une enquête réalisée dans plusieurs pays arabes dont l’Égypte [39][39] Zogby International Public Opinion Polls, « Arab Attitudes... : « L’occupation qui se poursuit en Palestine et l’interférence des États-Unis dans le monde arabe sont perçues comme étant les plus grands obstacles à la paix et à la stabilité au Moyen-Orient [...]. Alors que beaucoup d’Arabes espéraient que l’élection d’Obama améliorerait les relations arabo-américaines, cet espoir s’est volatilisé. Aujourd’hui, Obama connaît, au mieux, un taux d’opinions favorables de 10 % dans les pays arabes. »

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Alors que le monde arabe est en train de se transformer, la politique américaine ne semble pas pouvoir changer. Or, il lui faudra évoluer. Quels que soient les soubresauts, les difficultés, ou les excès inhérents à toutes les révolutions, les changements en cours dans le monde arabe nécessitent des réévaluations dans la politique américaine pour tenir compte de la jeunesse de la population [40][40] La proportion de jeunes dans le monde arabe va augmenter... et de la mouvance islamiste grandissante [41][41] La mouvance islamiste représenterait environ 25 % du.... Le président Obama faisait-il allusion à ces forces lorsqu’il fit la déclaration suivante ? « Tous les pays ne suivront pas nécessairement notre forme particulière de démocratie représentative [...]. Les États-Unis respectent le droit qu’ont tous les citoyens pacifiques et respectueux des lois de faire entendre leur voix. Nous sommes parfois en désaccord total avec eux. Mais nous sommes prêts à travailler avec tous ceux qui se rallient à une démocratie véritable et participative [42][42] La Maison-Blanche, Office of the Press Secretary, « Remarks.... »

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Faut-il alors y voir l’amorce d’une nouvelle politique d’engagement par rapport à l’islam politique ? Les États-Unis, ayant compris que leur « sécurité future dépendait du succès du printemps arabe [43][43] D. Ignatius, « What Happens When the Arab Spring Turns... », envisageraient-ils une politique d’ouverture, de reconnaissance, d’acceptation et de dialogue ?

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Les révoltes arabes ont mis en lumière les ambiguïtés et les limites de la politique américaine dans le monde arabe. Pour l’Arabie Saoudite et Israël, les États-Unis sont désormais l’allié auquel on ne peut plus faire entièrement confiance [44][44] C. Glick, op. cit ; C. M. Blanchard, Saudi Arabia:.... Après l’Iran, la Syrie est en train de démontrer que les États-Unis ne sont plus craints de la même manière, qu’ils seraient même partiellement réduits à l’impuissance. Enfin, les Palestiniens ont déjà décidé de ne plus rien attendre de Washington et de se tourner, unis, vers l’ONU, bien qu’Obama ait clairement annoncé qu’il n’appuierait pas leur démarche. Le désenchantement des Arabes à l’égard des États-Unis, leur déception à l’égard d’Obama et leur méfiance à l’égard d’Hillary Clinton ne peuvent plus être ignorés. Pour les peuples de la région, l’Administration Obama n’a pas su se démarquer de l’Administration précédente et le président, auteur du livre The Audacity of Hope [45][45] B. Obama, The Audacity of Hope: Thoughts on Reclaiming..., a manqué d’audace face à l’Histoire. La jeunesse arabe qui s’est soulevée ne se satisfera plus de mots ou de promesses ; elle demande une nouvelle politique basée sur des actes et des engagements.

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Afin de retrouver une certaine crédibilité et de sauvegarder quelque influence dans le monde arabo-musulman, les États-Unis doivent réévaluer toute leur politique dans la région. Mais sauront-ils concilier les intérêts qui leur sont propres dans les domaines du commerce et du contre-terrorisme et ceux qui concernent Israël et sa sécurité, avec les aspirations à la démocratie, à la justice et à la dignité telles qu’elles se font entendre dans les pays arabes ? Afin d’éviter une rupture avec le monde arabe, les dirigeants américains, démocrates ou républicains devront inévitablement faire preuve de pragmatisme pour s’adapter aux changements, de réalisme pour renouveler leurs alliances et d’idéalisme pour imaginer de nouvelles relations avec les peuples arabes.

Notes

[1]

Z. Brzezinski et B. Scowcroft, America and the World: Conversations on the Future of American Foreign Policy, New York, Basic Books, 2008 ; D. Ross et D. Makovsky, Myths, Illusions, and Peace: Finding a New Direction for America in the Middle East, New York, Viking, 2009.

[2]

Entretien avec J. A. Baker III, in D. Pipes, « Looking Back on the Middle East », Middle East Quarterly, vol. 1, n 3, 1994.

[3]

S. McInerney, « The President’s Budget Request for Fiscal Year 2009: Democracy, Governance, and Human Rights in the Middle East », rapport, Project on Middle East Democracy, mai 2008, disponible à l’adresse suivante : http://pomed.org/fy-09-budget-request-report/.

[4]

Voir le discours de George W. Bush au National Endowment for Democracy, « Forward Strategy for Freedom in the Middle East », 6 novembre 2003.

[5]

S. Hamid, « The Struggle for Middle East Democracy », The Cairo Review of Global Affairs, 19 avril 2011 ; F. Gergez, « Is Democracy in the Middle East a Pipedream? », YaleGlobal Online, 25 avril 2005.

[6]

Discours de Condoleezza Rice à l’université américaine du Caire (American University in Cairo, AUC), juin 2005, disponible à l’adresse suivante : http://www.aidh.org/txtref/2005/us-02.htm.

[7]

Le Monde, 9 février 2005.

[8]

Ibid.

[9]

Discours inaugural du président Barack Obama à la Maison-Blanche, 20 janvier 2009, disponible à l’adresse suivante : http://www.whitehouse.gov/blog/inaugural-address/.

[10]

La Maison-Blanche, Office of the Press Secretary, « Remarks by the President on a New Beginning », université du Caire, 4 juin 2009, disponible à l’adresse suivante : http://www.whitehouse.gov/the-press-office/remarks-president-cairo-university-6-04-09.

[11]

R. Nixon, « US-Financed Groups Had Supporting Role In Arab Uprisings », The New York Times, 15 avril 2011.

[12]

R. Nixon, op. cit.

[13]

Certains leaders égyptiens des mouvements de jeunesse avaient assisté en 2008, à New York, à une réunion, parrainée entre autres par Google et par le département d’État et consacrée aux technologies de l’information et de la communication. Sur le rôle des nouvelles technologies de communication en politique étrangère, voir le rapport R. Fontaine et W. Rogers, Internet Freedom: A Foreign Policy Imperative in the Digital Age, Center for a New American Security (CNAS), 23 mai 2011.

[14]

R. Nixon, op. cit.

[15]

D. Brumberg, « Liberalization Versus Democracy: Understanding Arab Political Reform », Carnegie Endowment for International Peace, mai 2003, « Carnegie Paper », n 37, p. 13.

[16]

P. S. Golub, « Les États-Unis face aux révolutions démocratiques arabes », Mouvements, vol. 2, n 66, 2011, p. 127-134.

[17]

Télégramme du 17 juillet 2009, disponible à l’adresse suivante : http://www.guardian.co.uk/world/us-embassy-cables-documents/217138.

[18]

Départment d’État, « Recent Protests and Website Hackings in Tunisia », communiqué de presse, 7 janvier 2011, disponible à l’adresse suivante : http://www.state.gov/r/pa/prs/ps/2011/01/154139.htm.

[19]

La Maison-Blanche, Office of the Press Secretary, « Statement by the President on Events in Tunisia », 14 janvier 2011, disponible à l’adresse suivante : http://www.whitehouse.gov/the-press-office/2011/01/14/statement-president-events-tunisia.

[20]

La politique de renforcement des liens économiques se traduit notamment par des rencontres régulières entre entrepreneurs américains et maghrébins, comme à Washington en avril 2010 et à Alger en décembre de la même année.

[21]

H. Malti, Histoire secrète du pétrole algérien, Paris, La Découverte, 2010 ; L. Martinez, Violence de la rente pétrolière, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 2010, coll. « Nouveaux débats », n 21.

[22]

Coopération militaire avec l’armée tunisienne et implantation à Tunis en 2002 du bureau régional de la Middle East Partnership Initiative (MEPI, voir son site : http://mepi.state.gov/), dont les objectifs philanthropiques s’intègrent à la politique sécuritaire. Voir V. Geisser, O. Dabène et G. Massardier (dir.), Autoritarismes démocratiques et démocraties autoritaires au xxie siècle, Paris, La Découverte, 2008, coll. « Recherche ».

[23]

A. Arieff, US-Algerian Security Cooperation and Regional Counterterrorism, Paris, Ifri, « Note de l’Ifri », juillet 2011.

[24]

Ambassade des États-Unis en Lybie : http://libya.usembassy.gov/about.html.

[25]

O. Roy, « La révolution post-islamiste », Lemonde.fr, « Idées », 12 février 2011.

[26]

La Maison-Blanche, Office of the Press Secretary, « Remarks by the President on the Situation in Egypt », 1er février 2011, disponible à l’adresse suivante: http://www.whitehouse.gov/the-press-office/2011/02/01/remarks-president-situation-egypt.

[27]

Entretien avec J. -P. Filiu, « Le “printemps arabe” marque aussi la défaite d’Al-Qaida », propos recueillis par B. Poulet, L’Expansion.com, sur le site de L’Express.fr, 1er avril 2011.

[28]

D. Hamilton, « Israel Shocked by Obama’s Betrayal of Mubarak », Jerusalem Post, 31 janvier 2011 ; J. Hudson, « What Mubarak’s Fall Means for Israel », Theatlanticwire.com, 11 février 2011 ; C. Glick, « Column One: Obama’s Only Policy », Jerusalem Post, 5 août 2011.

[29]

A. McDowall, « Mubarak’s Departure Deals Blow to Saudis », Wall Street Journal Online, 12  février 2011 ; R. Dreyfuss, « Saudi Arabia’s Fear of Egypt », The Nation, 13 février 2011.

[30]

Certains diplomates américains préconisaient depuis plusieurs années déjà de ne pas élaborer la politique nationale en fonction du spectre de l’islamisme. Voir par exemple le télégramme daté du 29 janvier 2006 : « T11:49:00, secret section 01 of 02 Cairo 000493 », disponible à l’adresse suivante : http://www.guardian.co.uk/world/us-embassy-cables-documents/51001.

[31]

La Maison-Blanche, Office of the Press Secretary, « Remarks by the President on the Middle East and North Africa », 19 mai 2011.

[32]

L’agence d’évaluation financière Standard and Poor’s a abaissé, le 6 août 2011, la note attribuée à la dette publique des États-Unis, privés de leur note AAA pour la première fois de leur histoire, citant les « risques politiques » face aux enjeux du déficit budgétaire.

[33]

Alors que le Pentagone dispose d’un budget de 750 milliards de dollars, le département d’État a un budget de 50 milliards de dollars, que la majorité républicaine au Congrès a réduit de 8 milliards de dollars en 2011. Voir A. de Hoop Scheffer, Le regime change de George W. Bush à Barack Obama, Paris, Ifri, « Actuelles de l’Ifri », août 2011.

[34]

H. R. Clinton, « Leading Through Civilian Power: Redefining American Diplomacy and Development », Foreign Affairs, novembre-décembre 2010.

[35]

F. Leverett and H. M. Leverett, « The Dispensable Nation », Foreign Policy, 20 mai 2011 (voir en particulier la citation suivante : « Le président a démontré que les États-Unis avaient peu à offrir à la région et à son peuple. »).

[36]

I. Watson, « Divergent Views on US Role in Revolutionary North Africa », Cnn.com, 17 mars 2011.

[37]

R. Lizza, « The Consequentialist: How the Arab Spring Remade Obama’s Foreign Policy », Newyorker.com, 2 mai 2011 ; A.-M. Slaughter, « Interests vs. Values? Misunderstanding Obama’s Libya Strategy », The New York Review of Books, 30 mars 2011.

[38]

A. Said, « America in the Egyptian Revolution », blog du Social Science Research Council (SSRC), 11 avril 2011.

[39]

Zogby International Public Opinion Polls, « Arab Attitudes Towards the United States », juillet 2011 ; « What Arabs Think of America », The Economist, 20 juillet 2011.

[40]

La proportion de jeunes dans le monde arabe va augmenter de 12 millions environ entre 2010 et 2035 avant de commencer à décliner, selon une étude du United Nations Development Programme (UNDP) : Arab Human Development Report 2009: Challenges to Human Security in the Arab Countries, New York, Regional Bureau for Arab States (RBAS), 2009, disponible à l’adresse suivante : http://www.arab-hdr.org/.

[41]

La mouvance islamiste représenterait environ 25 % du corps électoral dans les pays arabes mais cette estimation n’est pas vérifiable, faute de consultations démocratiques. Voir le compte rendu du séminaire organisé par l’Ifri, « La politique étrangère américaine au printemps 2011 », 8 mars 2011, disponible à l’adresse suivante : http://www.ifri.org/?page=detail-contribution&id=6454&id_provenance=79&provenance_context_id=#crtop.

[42]

La Maison-Blanche, Office of the Press Secretary, « Remarks by the President on the Middle East and North Africa », op. cit.

[43]

D. Ignatius, « What Happens When the Arab Spring Turns to Summer? », Foreign Policy, 22 avril 2011.

[44]

C. Glick, op. cit ; C. M. Blanchard, Saudi Arabia: Background and US Relations, rapport, Congressional Research Service, 10 mars 2011, disponible à l’adresse suivante : http://www.fas.org/sgp/crs/mideast/RL33533.pdf.

[45]

B. Obama, The Audacity of Hope: Thoughts on Reclaiming the American Dream, New York, Canongate, 2006.

Résumé

Français

L’arrivée au pouvoir de Barack Obama avait suscité beaucoup d’espoirs dans les pays arabes, après les deux mandats de George W. Bush, marqués notamment par la guerre en Irak. Surprise par l’ampleur et par la rapidité des révolutions de 2011, l’Administration Obama a réagi au cas par cas, de façon pragmatique et conformément aux intérêts américains. À l’espoir a succédé la désillusion, et le président américain est aujour-d’hui très impopulaire dans le monde arabe.

Mots clés :

  • États-Unis
  • Printemps arabe
  • Égypte
  • Tunisie

English

Mansouria Mokhefi, The United States Facing the Arab SpringThe arrival into power of Barack Obama, following two terms of George W.Bush marked notably by the war in Iraq, sparked much hope within Arab countries. Surprised by the magnitude and speed of the revolutions in 2011, the Obama administration reacted case by case pragmatically and in a way that conformed largely to American interests. Thus hope was followed by disillusion and the American president is now very unpopular in the Arab world.

Plan de l'article

  1. Les États-Unis et la démocratie dans les pays arabes
  2. Les États-Unis et les révolutions en Tunisie et en Égypte
  3. Vers une nouvelle politique américaine dans le monde arabe ?

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