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2017/1 (Volume 15)


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Résumé

Français

Une caractéristique des hallucinations auditives verbales fréquemment évaluée par les questionnaires est la présence de voix « dans la tête ». Cette formulation est pourtant ambigüe dans la mesure où elle peut tout aussi bien signifier, selon qu’on l’entend en un sens métaphorique ou littéral, « dans notre esprit » ou « dans notre crâne ». On peut dès lors se demander si le sens que donnent les questionnaires à cette expression correspond bien à ce que le sujet halluciné veut dire. Notre propos sera de montrer que si le langage ordinaire et la psychiatrie classique font un usage avant tout métaphorique de cette expression, celle-ci va changer de signification avec l’introduction de questionnaires à partir des années 1980. En effet, principal outil d’une approche opérationnaliste et dimensionnelle, le questionnaire est soumis à des contraintes méthodologiques qui limitent la manière dont « dans la tête » peut être compris. Or, cela contredit ce que l’on peut nommer, en nous inspirant de la philosophie du langage ordinaire, l’indétermination sémantique du discours du patient halluciné.

Mots-clés

  • hallucination
  • voix
  • questionnaire
  • philosophie du langage

English

Voices in the head? Speaking of hallucination in the context of questionnairesOne of the characteristics of verbal auditory hallucinations frequently assessed by questionnaires is the presence of voices “in the head”. This formulation is however ambiguous as it can mean, depending on its metaphoric or literal interpretation, “in the mind” or “in the skull”. Therefore, we should ask ourselves if the meaning attributed to this expression by the questionnaire is adequate to what the interviewee means. Our purpose will be to show that if this expression has been understood in a metaphorical sense in ordinary language as well as in classical psychiatry, its meaning has deeply changed with the introduction of questionnaires in the 1980th. Indeed, main tool of an operationalist and dimensional approach, the questionnaire is submitted to methodological constrains that limits the ways in which “in the head” may be understood. This is problematic as it sometimes contradicts what we may call, after philosophy of ordinary language, the semantic indetermination of the hallucinating patient speech.

Keywords

  • voice
  • hallucination
  • questionnaire
  • philosophy of language

Plan de l'article

  1. Du langage ordinaire à la psychiatrie
    1. La « tête » comme métaphore de « l’esprit »
    2. Des voix silencieuses : les hallucinations psychiques
    3. Des voix sans lieu : les pseudo-hallucinations auditives
  2. De la « tête » au « crâne » : la disparition de la métaphore
    1. Le contexte épistémologique des questionnaires
    2. La tête comme espace physique
    3. Cartographier la tête
  3. La voix du patient
    1. Des voix dans la tête mais pas seulement
    2. Ce qu’une métaphore signifie
    3. Interprétation et indétermination sémantique
  4. Conclusion
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