CAIRN.INFO : Matières à réflexion
« Nous déclinerons l’obligation d’atteindre d’emblée une théorie bien lisse et se recommandant par sa simplicité. »
S. Freud, L’inconscient.

1La difficulté pratique d’aborder les multiples réalités de la dépendance relationnelle et de ce que le langage courant nomme « fusion » dans la relation nous invite à interroger les limites des théories qui nous servent de cadres de pensée afin de les élargir à d’autres perspectives.

2En dehors des contraintes culturelles et sociales, propres à chaque époque, qui brident l’individu, comme Freud l’a déjà mis en évidence [1], le « mal-être » provient, bien souvent, d’un défaut de relation, de la qualité de chaque relation plus que de la quantité de relations. Ce défaut de relation découle autant d’un excès de « fusion » que d’une absence de lien.

3Les malaises dans la culture contemporaine ont une source commune : l’aride désert relationnel, la précarité des échanges humains, la déshumanisation de l’humain et la raréfaction du « répondant » [2], ce délitement risquant de conduire de plus en plus souvent à une « mélancolisation des liens » [3]. Malgré les moyens de communication sophistiqués qui sont à la disposition de chacun, les souffrances actuelles oscillent entre deux pôles opposés : un isolement douloureux ou des relations étouffantes, sur le mode « addictif ».

4Une relation viable entre humains se situe entre ces deux extrêmes, entre ce rien et ce tout.

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Après avoir passé une dizaine d’années avec sa compagne, Charles, trente-six ans, découvre qu’elle le trompe avec un autre. Sous le choc, il la quitte brutalement. Il se retrouve seul, démuni, se rend compte qu’il a très peu d’amis et qu’il ne supporte pas la solitude… Environ un an plus tard, il souhaite de nouveau vivre en couple. Il se remet à sortir, rencontre des amis, participe à des dîners, reprend une activité sportive, s’inscrit à un club de danse… Sympathique, charmant, avenant et plein de bonne volonté, il ne réussit pourtant pas à rencontrer une autre femme. Une année passe encore. Ne supportant plus cet isolement, Charles s’inscrit sur un site de rencontres amoureuses. Après quelques semaines de recherche, il entre en contact avec une femme qui lui plaît. Ils entament un dialogue et se rencontrent peu après. Hâtivement, il la convainc de construire avec lui « une belle histoire d’amour ». Très exigeant, et méfiant, il lui demande de quitter le site sans tarder et lui pose mille questions, y compris sur de petits détails. Après quelques jours seulement, il veut tout faire avec elle, se met à la surveiller, craint ses moments de liberté, etc. Leur idylle devient rapidement invivable. De l’insupportable solitude, Charles est passé en quelques jours aux tourments d’une relation exclusive : « je suis trop fusionnel », reconnaît-il…

6L’un emmêlé à l’autre il devient difficile de se sentir exister. Après les affres de la solitude durable et profonde viennent celles de la diminution de son envergure personnelle ou même sa propre disparition dans l’autre, l’enlisement dans le flou du « tout ensemble ».

7Ainsi, certaines relations laissent peu d’espace à l’indépendance de chacun, ce temps précieux de solitude et de repli nécessaires pour se retrouver soi. Est-ce pour éviter l’isolement, si dévastateur, que certains préfèrent se « coller » à d’autres ou se laisser enliser dans des liens qui deviennent des ligatures ?

De la fusion à la confusion

8Souvent utilisé, le mot « fusion » est vague et limité. Il correspond à une conception imaginaire de la relation, c’est-à-dire à un fantasme ou à un ensemble de fantasmes. Il désigne certaines formes d’accroches à l’autre. En fait, dans le réel, il s’agit de confusions.

9Pour le sens commun, être « fusionnel » désigne deux personnes peu différenciées et solidement arrimées l’une à l’autre, reliées comme par un cordon ombilical, qui va de l’un vers l’autre dans une réciprocité de nourrissage continu et d’étayage commun. Au plus fort de ce rapprochement, le langage populaire laisse entendre de façon imagée que l’un se fond dans l’autre et qu’ensemble ils ne font plus qu’un, sans qu’il soit possible de les distinguer…

10Fusion rime avec confusion : chacun s’y engouffre, s’y embrouille et s’y perd. Le binôme, potentiellement rassurant au début, tourne au malaise, à la dépendance, à l’étouffement, à l’impossibilité de vivre sans l’autre, aux conflits récurrents, à la rancœur aigre ou aux amers ressentiments.

11Les protagonistes assistent, plus ou moins impuissants, à la construction d’une réalité « virtuelle », en lieu et place de la relation, une entité commune constituée de chacun d’eux agglutinés, agglomérés, amalgamés, où l’enlacement vire au cauchemar. « Virtuelle » désigne ici une sorte d’entité abstraite, dématérialisée, principalement imaginaire.

12Pourquoi créer ce troisième « in-dividu » en lieu et place des deux autres ? Pour se barricader contre ses peurs, pour garantir une impossible sécurité, pour parer aux menaces de mort, de séparation et d’abandon, pour dissiper les angoisses de disparaître ? La relation, surtout si elle est affective, est le lieu le plus révélateur de tous ; le lieu psychique de la mise en expérience de nos tréfonds les plus intimes : nos angoisses et nos désirs.

13Tout au long de l’œuvre majeure de Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, le narrateur décrit un nombre important de liens très étroits et de relations très proches. D’abord, l’enfant en lien avec Combray, le village de ses vacances, la maison familiale, sa mère dont il attend la visite le soir au coucher et le baiser pour pouvoir s’endormir, la tante Léonie (et la fameuse « madeleine »), Françoise (la cuisinière de la tante Léonie, puis la bonne des parents du narrateur). Le jeune homme, très lié à sa grand-mère, vit une très forte et fervente amitié pour Robert de Saint-Loup. Charles Swann est passionnément amoureux d’Odette de Crécy, alors que Palamède de Charlus l’est désespérément du violoniste Charles Morel. Devenu adulte, le narrateur aura une relation ombrageuse avec Albertine Simonet, rencontrée à Balbec, décrite comme « enjôleuse et profiteuse », qu’il tentera de garder « prisonnière » chez lui pour éviter qu’elle ne le trompe… L’univers proustien est tissé de liaisons et de superpositions, de fusions et de confusions omniprésentes.

Sans toi, je ne peux pas vivre

14« J’ai tout le temps besoin de toi » pourrait être la phrase qui résume le mieux une relation fusionnelle. Ce besoin impérieux de l’autre est omniprésent, lancinant, envahissant même.

15La pratique clinique quotidienne de la psychanalyse depuis une vingtaine d’années me permet, aujourd’hui, de proposer cinq grandes familles de configurations relationnelles qui relèvent de la dépendance, entre fusion et confusion. Ces grands types de « fusion-confusion » s’organisent autour de leur conception de l’altérité, c’est-à-dire plus concrètement de la place assignée à l’autre par les personnes qui y participent, selon cinq modes fondamentaux : l’inclusion, l’agrégation, l’adhésion, l’obligation et la dévotion.

16Ainsi, dans chacun de ces types de fusion-confusion, autrui est considéré, positionné et traité d’une façon spécifique :

  • dans la fusion par inclusion, l’autre n’existe pas, il est soi car en soi-même ;
  • pour la fusion par agrégation, l’autre est un prolongement de soi, un autre soi ;
  • au sein de la fusion par adhésion, l’autre est couvé et contrôlé ;
  • la fusion par obligation pousse à vouloir protéger l’autre (pour se mettre à l’abri) ;
  • la fusion par dévotion repose sur le vœu de servir l’autre, voire de se sacrifier.

17Chaque forme de fusion-confusion s’appuie sur une prétendue nécessité, sur un « besoin central », qui semble inciter le sujet à exiger la présence d’un autre à ses côtés, cet autre représentant plus une fonction qu’une personne. (Voir le tableau récapitulatif en fin d’article).

Inclure l’autre en soi

18Pour certaines personnes, le monde est leur monde. Selon elles, il ne peut pas en être autrement, il ne peut pas y avoir d’autre monde, d’autre monde que le leur. Leur « monde » est un domaine établi sur lequel leur « moi » règne.

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Lucrèce se rend compte qu’elle a tout le temps besoin d’être avec ses proches, d’avoir des nouvelles d’eux, de s’informer sur ce qu’ils font. Elle veut être sûre qu’ils vont bien, qu’ils ne sont pas malades, qu’ils ne sont pas en danger. Elle les appelle très souvent « pour un oui ou pour un non, sans raison valable », seulement pour se sentir en contact avec eux. Lucrèce exprime une image qui lui vient : « Je vois une maison avec un jardin fermé par un mur, j’ai besoin de sentir tous mes proches dans cet espace, pas au-delà, je veux être sûre de les voir, de les contrôler, sinon je suis angoissée. »

20Ce monde-qui-est-mon-monde s’arrête là où mon regard s’arrête, il est limité selon mes limites : il correspond à mes idées. Ce monde est fermé comme un vase-clos ; il se réduit à « mon monde à moi », à un monde-moi, ou « moi-le monde ».

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Lucrèce a très peur de la mort, la sienne mais d’abord et surtout celle de sa mère. « Je pense sans arrêt à la mort de ma mère. Je ne peux pas m’éloigner d’elle. J’ai choisi d’habiter à cinq minutes de chez elle. Je ne peux pas la lâcher. Je lui téléphone plusieurs fois par jour et je vais la voir tous les jours, au moins une fois par jour. »

22Le proche qui gravite autour du sujet est « encapsulé » dans son univers ; il se situe dans le « monde-moi » du sujet, dans ce moi-qui-est-mon-propre-monde, il fait partie de ce monde comme un des éléments qui le constituent. Dans cette situation, en réalité, l’autre n’existe pas, il fait partie de ce « monde-moi » : il est inclus dans le « moi », non différencié du moi.

L’agrégation : être branché sur l’autre

23Les individus qui ont des difficultés à entrer en contact avec les autres et à créer des relations peuvent avoir tendance à s’accrocher aux rares personnes qu’ils connaissent. Ils s’agrippent à elles, ils s’y agrègent, ils se connectent complètement et très étroitement à elles, à tout ce qu’elles représentent, en essayant de ne rien laisser échapper.

Pendant de longues années, Dorian préférait rester isolé. À l’école, il passait ses récréations « tout seul dans un coin ». À la maison, il ne jouait pas avec ses sœurs, il préférait lire, seul dans sa chambre. Dorian refusait le contact avec les autres et trouvait « toutes les bonnes excuses pour ne pas sortir ». Aujourd’hui, Dorian reconnaît qu’il est resté le même et qu’il est très peu « affectif ». Devenu « complètement accroc à la pornographie homosexuelle… et hétérosexuelle », depuis longtemps, Dorian passe ses soirées à fumer, à boire et à se masturber devant l’écran. À part un ami d’enfance, auquel il est « tout le temps collé » et avec qui il passe son temps, les rapports de Dorian avec son entourage sont uniquement utilitaires.
Dans ce type de configuration, l’autre est considéré comme un prolongement de soi, comme un membre supplémentaire, une prothèse, un outil de jouissance, mais il peut aussi être utilisé comme une substance active pour lutter contre l’angoisse, la dépression ou l’ennui.

La couvade ou l’unité comme illusion

24Croyant ne pouvoir se passer de leurs proches, certaines personnes s’ingénient à ne pas les laisser accéder à une indépendance légitime et saine. Elles s’activent de toutes leurs forces pour les retenir auprès d’elles et pour dissiper leurs moindres velléités de liberté.

Ne pouvant imaginer de vivre sans ses filles auprès d’elle, Petra déploie beaucoup d’énergie pour les convaincre de faire leurs études dans leur ville de province, d’y trouver un travail (même si le marché de l’emploi n’y est pas très dynamique et que ses filles sont sous-employées par rapport à leurs compétences), et de s’y installer pour y vivre avec leurs maris et leurs enfants. Son discours le plus convaincant et le plus fréquent concerne les merveilles et les avantages d’être une « famille unie ». Lorsque l’une de ses filles part en voyage, Petra est très inquiète : « Je me stresse au-delà du raisonnable, et c’est peu dire. » Elle a besoin d’être continuellement rassurée. Elle se sent « perdue et affreusement angoissée » si elle n’a pas de nouvelles. Elle peut alors « partir en vrille » et téléphoner « sans relâche, des dizaines de fois », et même appeler leurs conjoints jusqu’à ce qu’elle obtienne enfin une réponse. Petra est prise de panique si elle ne reçoit pas de réponse à ses messages ou à ses textos. Elle se sent « défaillir ». Elle insiste pour dire que « le mot n’est pas trop faible ».
Pour le sujet dans une telle demande de présence, l’autre semble lui être indispensable, comme nécessaire à sa survie psychique. En même temps, sa volonté affirmée de couver l’autre va jusqu’à le maîtriser : faire à sa place, parler à sa place, voire vivre à sa place

Une obligation de protection

25Certains ont besoin d’être rassurés en permanence par la « présence sans faille » d’une personne à leurs côtés, sur laquelle ils pourraient enfin compter, une personne fiable et bienveillante qui apaiserait leurs doutes et leurs angoisses.

Grand séducteur, Alfredo passe d’une relation amoureuse à une autre. À chaque fois, sa nouvelle conquête le quitte car elle étouffe auprès de lui. Alfredo se rend compte qu’il a très peur d’être repoussé, de ne pas être accepté ; il s’accroche à l’autre. « À chaque nouvelle relation, même amicale, ou au travail, au sport, partout, je tremble intérieurement. Ce n’est pas une image, c’est la réalité. Je tremble, parce que j’ai peur d’être rejeté. C’est une terrible angoisse, qui me tenaille et me tord les boyaux ! »
La fusion relationnelle n’est pas uniquement le fait de personnes qui se sentent « fragiles » et cherchent un partenaire fiable qui ne les lâchera pas, elle peut aussi découler d’un besoin de protéger l’autre, pour se protéger soi-même, souvent d’un conflit psychique inconscient, et, surtout, pour être protégé en retour (sans avoir à en faire la demande explicite).

Servir : la dévotion pour autrui

26L’effacement de soi trouve sa figure extrême à travers le désir de n’exister que par l’attention et la sollicitude portées à l’autre, dans une forme de dévotion presque sacrificielle, car la grande proximité relationnelle peut aussi sembler « nécessaire » ou « obligée » pour s’occuper de l’autre, le choyer, en prendre soin, si ce n’est le servir.

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Mimi se demande ce qui la « lie réellement et de façon si forte » à son mari qu’elle n’aime plus depuis longtemps et qui « ne la touche plus depuis des années ». Elle s’interroge sur cette relation de forte dépendance. Elle se raconte « une belle histoire de soutien et de solidarité », faisant de son compagnon « un pauvre petit garçon qui a tellement besoin qu’on s’occupe de lui » et qu’elle « ne veut pas abandonner » ! Cette conception de l’importance de son rôle dans la relation lui apporte aussi des bénéfices : elle se voit utile, compétente, capable d’abnégation et de compassion.

28Comme Mimi, certaines personnes ont besoin de prouver qu’elles sont valeureuses. Elles ont alors tendance à en faire trop, en voulant absolument s’occuper de tout et de tout le monde. Plus encore que d’être acceptées et de ne plus risquer d’être rejetées, elles cherchent ainsi à être définitivement « reconnues », à se faire adopter par les autres. La recherche d’adoption est une motivation très puissante dans bien des relations de fusion-confusion.

29Au-delà de ce qu’on appelle « dépendance affective », une relation fusionnelle correspond à une nécessité psychique d’une grande puissance, dont le but peut être de tenir debout, de ne pas perdre la face, de parer à une angoisse fondamentale, de ne pas s’effondrer intérieurement, de se convaincre de sa valeur, d’être protégé, reconnu ou adopté…

Un objet b, cause du besoin

30Freud parlait de « la Chose », das Ding ; Lacan, de « l’objet a ». L’écoute des patients englués dans des relations où l’un adhère à l’autre laisse entendre qu’il existe une autre « chose », un autre « objet ». Je propose de l’appeler objet b : b comme besoin, lorsque le besoin est vécu comme une irrépressible et impérieuse nécessité, ou présenté comme tel.

31En deçà des sources ou des origines du désir (objet a), la pratique clinique permet de déceler un réel – énigmatique – qui pousse vers la jouissance, et surtout vers la maîtrise des jouissances. À côté de l’omniscience et de l’omnipotence, j’ai proposé d’ajouter une réalité caractéristique de notre époque de surconsommation, intrinsèquement « à dictive », que je nomme omnijouissance : la volonté impérieuse de jouir de tout, tout le temps [4].

Au-delà de « la Chose » et en deçà de « l’objet a »

32Quelle est l’origine ou la source de l’expérience de satisfaction au principe de toute l’activité désirante du sujet ? Freud, Ferenczi et Mélanie Klein répondent qu’il s’agit du « corps de la mère ». Cette satisfaction vécue aux commencements, puis perdue, correspond à ce que Freud appelle la « Chose », das Ding, le noyau inconscient, irréductible et inaccessible du sujet ; le reliquat d’une « fusion » originaire par laquelle le sujet ne se distinguait d’aucun autre, puisqu’au début il ne semble pas possible de dire que l’objet existe pour le sujet [5]. Pour Lacan (1959-1960), « la Chose » est désignée comme expérience originaire par un abus de langage. Aussi qualifie-t-il de « mythe » l’idée d’une telle « expérience originaire ».

33Plus précisément, dans L’éthique de la psychanalyse, Lacan affirme : « Ce qu’il y a dans “das Ding”, c’est le secret véritable. Quelque chose qui veut. Le besoin et non pas les besoins. La pression, l’urgence, la nécessité. […] Das Ding se présente au niveau de l’expérience inconsciente comme ce qui déjà fait loi. C’est une loi de caprice, d’arbitraire, d’oracle aussi, une loi de signes où le sujet n’est garanti par rien [6]. » La Chose est le Réel même. Noyau irréductible du moi, elle est inaccessible par remémoration. De ce fait, elle désigne ce qui résiste à toute interprétation réductrice du sujet de l’inconscient comme de la psychanalyse.

34L’objet a est le fruit d’une très longue élaboration chez Lacan. Ce concept est d’abord théorisé à partir du transfert, et ne trouve pas encore toute sa place dans le séminaire sur la relation d’objet. L’objet a, cause du désir, est considéré par Lacan comme sa « seule invention ». Il le situe exactement là où Freud s’est arrêté : « Le roc, c’est le a », affirme Lacan [7]. De fait, l’invention de l’objet a apparaît dès 1960, dans les séminaires sur L’éthique et Le transfert, et surtout au cours d’une réflexion critique sur la « relation d’objet ». La question centrale interroge l’enjeu d’une psychanalyse. À cette question, Lacan répond : « la cause du désir ». Il subvertit la conception traditionnelle situant l’objet comme un but. En tant que satisfaction perdue à jamais, cette « cause » est un manque impossible à dire. Le fantasme fait donc de l’objet a son fondement libidinal, son articulation à la pulsion.

35Certains continuateurs de Lacan ont pu considérer l’enfant comme « objet a de la mère ». Alain Vanier s’en explique :

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« C’est parce que la mère est en a pour le père qu’elle accueille l’enfant en position d’objet a. La père-version du père permet, provoque cette perversion féminine normale qu’est la maternité. Donc, l’enfant objet a de la mère, cause du désir, plus-de-jouir avec l’équivoque de ce “plus” qui inclut un sens privatif, une limite, et la valeur de quelque chose qui pourrait se récupérer et qui circule dans le lien social. Les mères psychotiques présentent ce qu’il y a de plus lisible pour saisir ce que veut dire “objet a de la mère” quand cette dimension n’est pas élidée. Une patiente venait d’accoucher d’une petite fille à qui elle avait donné son propre prénom. L’enfant n’étant pas reconnue par le père, porte également son nom. La relation spéculaire est marquée, non seulement par la similitude des noms, mais aussi par un certain nombre de manifestations liées au regard [8]. »

37Dans cette perspective post-lacanienne, l’enfant est considéré à la fois comme « phallus » et comme « excrément ». Alain Vanier fait valoir les expressions populaires qui illustrent ce point, lorsque la mère appelle son enfant « mes yeux » ou « ma crotte » [9].

38A. Vanier évoque alors l’histoire de la petite Esther racontée par D. Winnicott : la mère jette le nourrisson dans un canal, tout en ayant pris soin de se faire remarquer par un agent de police. Winnicott note : « Elle pouvait jeter le bébé, mais elle ne pouvait pas se séparer elle-même du bébé. […] Elle voulait se débarrasser de son bébé avec qui elle était fusionnée, avec qui elle ne faisait qu’un [10]. »

39Néanmoins, si chaque enfant est « l’objet a » de sa mère, et pourquoi pas de son père, d’une sœur ou d’un frère plus âgés, d’un de ses grands-parents, de tel oncle ou de telle tante, ce qui n’est pas une conjecture et advient réellement dans bien des familles, si nous sommes tous, en tant qu’anciens enfants, les « objet a » de quelqu’un, ce concept – certes central – ne suffit pas à expliquer les troubles addictifs avérés.

40Enfin, nous n’ignorons pas que Lacan a également problématisé « l’identification de l’enfant au phallus de la mère » [11] dans son séminaire sur La relation d’objet. Cette identification, pour opérante qu’elle soit, n’agit que partiellement dans les phénomènes de fusion-confusion psychique et relationnelle que j’évoque ici. De même, la dialectique aliénation-séparation, présentée par Lacan dans Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, et la distinction classique entre « névrose » et « psychose » à partir du concept de « signifiant du Nom-du-Père » [12], ne sauraient – à elles seules – rendre compte de la complexité réelle, inextricable et désarmante, des souffrances addictives installées.

L’artifice d’un besoin nodal

41Ainsi, dans la réalité clinique telle que peut l’observer le praticien au quotidien, la notion d’« objet a » comme origine et source du désir, déjà très large, ne permet pas d’expliciter les processus psychiques de dépendances et de co-dépendances (au sens le plus large), donc autant les « addictions » à une substance, une situation ou une activité, que les rapports interpersonnels de type « fusion-confusion ».

42Je propose de nommer « objet b » la cause ou le déterminant de la jouissance, de l’omnijouissance même, et plus encore, ce qui impose ou prescrit la contrainte de l’addiction, de la dépendance, de la fusion-confusion. La lettre « b » indique le besoin, plus précisément un faux « besoin », induit et fantasmé. L’objet b désigne une logique inconsciente qui induit ou insinue l’injonction de corrélation, qui ordonne ou prescrit répétitivement la « compulsion », ce type d’habitude récurrente, souvent délétère ou nocive, dont le sujet est prisonnier, malgré lui, et dont il n’arrive pas à se dégager.

43L’objet b est une disposition inconsciente, fruit d’un complexe libidinal puissant, intriquant pulsions, fantasmes, croyances identitaires et jouissance, par un glissement du désir vers le besoin. Il s’agit d’une chute subjective, d’une trouée dans la subjectivation. Sa force d’attraction oriente le sujet, à son insu, vers des « solutions » psychiques et relationnelles qui lui semblent les seules possibles alors qu’il affirme ne pas les choisir sciemment.

44Pour le dire autrement, dans cette recherche sur les relations dites « fusionnelles », l’objet b (ou croyance inconsciente en un faux besoin déterminant) désigne une logique complexe, souvent plurielle, qui induit chez le sujet une « dépendance » à l’autre, donc un mode de fusion-confusion qui préside à ses relations. Quand la fusion vire à la dévoration, cette logique concerne le besoin illusoire du corps de l’autre, sa présence physique assurée.

Le désir en impasse

45L’objet a institue l’autre comme source du désir, « désir du désir de l’autre » selon Lacan. L’objet b, en tant que besoin de l’autre, besoin d’un autre comme substance ou besoin d’une substance comme autre, travestit l’altérité, la défigure, la ravale au rang d’une prétendue et illusoire « nécessité de jouissance ». Ainsi, l’addiction à la drogue ou la dépendance à autrui.

46Il existe différentes variétés de relations dites « fusionnelles » et de nombreuses origines possibles à ces configurations de « fusion-confusion », découlant d’une fixation inconsciente sur un besoin artificiel venu geler la dynamique désirante, donc prendre la place du désir.

47Pour les personnes comme Lucrèce, l’autre sert de corps. Pour le dire autrement, le corps de l’autre est utilisé comme support pour exister. Lucrèce prenait appui sur la présence de ses proches comme « corps de remplacement », véhicule d’existence et possibilité de se sentir vivre. Lucrèce était « fusionnelle » en vivant à travers le corps de ses proches.

48Pour Dorian et ceux qui partagent sa quête sensuelle, le faux besoin, inducteur de dépendance et de fusion-confusion avec l’autre, concerne le complexe sexe-jouissance-intensité. Ici, l’autre ne sert pas de corps, mais le sujet se sert de son corps pour en jouir.

49Pour Petra, le besoin artificiel qui la retient étrangement fusionnée à un mari pare-angoisse et à des filles constamment couvées découle d’un pacte de non-émancipation et de non-séparation. La famille reste unie parce que personne ne peut la quitter. Ce pacte implicite sous-entend : « nous sommes si forts et si heureux parce que nous restons tous ensemble ».

50Les individus comme Alfredo développent une croyance en un prétendu besoin irrépressible de compagnie consolatrice et rassurante. Un peu comme un refus catégorique de connaître la solitude et, aussi, de grandir, de devenir adultes, relativement « indépendants ». Ils persistent à vouloir être maternés, réconfortés, pris en charge par un proche.

51Dans le cas des personnes comme Mimi, l’objet b – cause inconsciente d’un « besoin » factice – découle de cette reddition subjective, de ce renoncement consenti à sa propre identité : il ne s’agit pas seulement d’un besoin de reconnaissance. Il s’agit principalement du besoin de se trouver une identité d’emprunt passable car acceptable pour les autres.

Nous idéal, je idéal

52Une grande confusion réside dans cette substitution entre être soi, donc prendre le risque de la liberté et de la confrontation avec le monde, et être l’appendice d’un autre vivant pour deux, assumant deux existences imbriquées au point de ne plus pouvoir les distinguer.

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Mimi se demande s’il serait possible, même si elle n’arrive pas à quitter son riche époux qui décide (et vit) pour deux, de prendre des distances par rapport à lui, d’être moins fixée sur lui, pour être un peu plus « indépendante » dans cette liaison dont elle ne veut pas se dégager pour l’instant. « J’ai besoin de trouver cette distance, sinon je souffre trop. Je suis très sensible, j’ai aussi le droit de me protéger un peu. » Déplacer la réflexion d’un questionnement fondamental (être libre, se déterminer par soi-même, aimer) à la revendication de ne pas souffrir et de se protéger ne mène pas Mimi très loin. En fait, elle n’est pas rivée qu’à son mari, elle est surtout rivée à ses besoins (à elle), au point d’en oublier son désir, de s’oublier elle-même.

54Au-delà de ce sacrifice de soi, présenté comme du dévouement et de la dévotion, Mimi débusque en elle une motivation inconsciente très puissante. Rester avec son mari permet de maintenir son « idéal de famille heureuse ». Son honneur est sauf : si « nous » est idéal, « je » peut alors être tout aussi idéal. « Nous sommes idéaux, donc je suis idéale » est la ritournelle que se répètent Mimi et les personnes qui vivent en dépendance fusionnelle.

55Très souvent, cette dynamique de valorisation de soi par le groupe ou de valorisation conjointe entre soi et le groupe (couple, famille, institution) existe dès l’enfance. Une famille qui se croit et se veut idéale produit « forcément » des enfants idéaux grâce à des parents idéaux. Chacun se fond et se confond dans une identité passe-partout porteuse de l’idéal.

56Cette confusion fondamentale entre l’enfant et ses parents peut représenter pour l’enfant un modèle relationnel, de type fusion-confusion, qu’il sera tenté de mettre à son tour en œuvre ultérieurement tout au long de son existence. Tant que cette confusion n’a pas été repérée par le sujet, il ne pourra pas vraiment changer son mode de relation. Il ne fera que des aménagements de façade, qui reporteront indéfiniment, sine die, l’émergence du désir.

Discussion

57En s’appuyant sur l’expérience clinique de la dépendance, il semble pertinent de parler de relations confusionnelles plutôt que de relations « fusionnelles », dans la mesure où la confusion entre les protagonistes est réelle alors que l’idée de « fusion » n’est qu’imaginaire.

58L’étude proposée ici n’est qu’une première ébauche d’une recherche de fond au long cours. Elle demande à être élargie à d’autres observations cliniques diversifiées. Par ailleurs, théorisée à partir d’une notion clé de l’enseignement de Lacan, elle pourra être complétée par des apports théoriques d’orientations différentes. Par exemple, en contrepoint, il sera possible de confronter les catégories proposées ici à des notions ou des réalités cliniques comme l’étayage, l’anaclitisme, l’ocnophilie (chez Balint), la phobie, etc. Enfin, surtout centrée sur la dynamique intrapsychique, notre étude gagnera à être enrichie par des recherches intersubjectives et groupales [13], notamment sur les familles et les communautés, ainsi que sur les « influences transgénérationnelles » ou héritages psychiques au fil des générations [14], notamment à travers la persistance des traumatismes non élaborés et des catastrophes restées en souffrance [15].

59Il s’agira également de mieux définir cette notion naissante d’objet b : en préciser les contours métapsychologiques, les modes de formation, les modalités de fonctionnement, la prégnance dans la présence au monde du sujet, son existence parmi les autres et la répétition des symptômes étroitement imbriqués à sa subjectivation. En effet, cet « objet » est plus lié à l’environnement et au social qu’à une « structure » établie de personnalité.

Conclusion

60Cet article étudie la clinique des relations dites « fusionnelles ». Il souhaite compléter la théorique psychanalytique, à partir des concepts de « Chose » chez Freud et d’objet a chez Lacan, par l’apport d’une notion nouvelle, « l’objet b », désignant la mise en place imaginaire par le sujet d’un « faux besoin » qui l’assignerait à la dépendance et à la confusion.

61Si l’objet a, reliquat de la Chose à jamais perdue, émane de la mémoire archaïque de la relation supposée « paradisiaque » avec la mère des origines, l’objet b découle des avatars de la constitution du sujet, dans une intrication des pulsions, des fantasmes et des modes de jouissances qui se sont mis en place au cours de son histoire, par une dérive tragique du désir vers le besoin. Non originaire, l’objet b surgit de la confrontation entre la dynamique de subjectivation propre au sujet de l’inconscient et les forces « civilisatrices », autant interpersonnelles qu’institutionnelles, qui le barrent et pèsent sur lui. L’objet b est comme le signe en creux et l’expression mal-heureuse des ratés ou des échecs de ses tentatives de subjectivation du fait de la confrontation, encore non symbolisée, entre le réel et l’imaginaire des diverses et nombreuses relations qui font la trame de son existence, depuis sa naissance non idéale et non paradisiaque à son aujourd’hui énigmatique et insatisfaisant.

Tableau récapitulatif des principales formes de fusion-confusion

tableau im1
Modèle de base Type de fusion Contact Posture Modalités L’autre n’existe pas. Je et nous sont confondus. Inclusion vs exclusion. « Siamoisé ». Vampirisme. Peur de la ruine, peur de la mort. Accaparement. L’autre sert de corps. L’autre est un prolongement de soi. L’autre est je donc nous. Loyauté vs trahison. Corps et matière. Cannibalisme. Peur de ne pas exister. Agrippement. Sexe et intensité. Captation. L’autre est couvé-maîtrisé. Le nous sert de support au je. Attirance vs répulsion. Couvade. Parasitage, exclusivité. Peur de la violence. Adhésion (collage). Aimantation. L’autre est protégé-protégeant. Nous comme eux, sans je. Protection vs abandon. Accrochage. Double, miroir. Peur d’être seul, peur d’être banni. Obligation. Observation. Contrôle. L’autre est servi ou soigné. Nous idéal : je et tu idéaux. Considération vs déconsidération. Docilité. Adoption. Peur de faire mal, peur d’exister. Dévotion. Vivre dans l’ombre d’autrui.

Tableau récapitulatif des principales formes de fusion-confusion

Notes

  • [1]
    S. Freud (1995). Le malaise dans la culture. Paris : Presses universitaires de France.
  • [2]
    R. Kaës (2012). Le malêtre. Paris : Dunod.
  • [3]
    O. Douville (2000). « Pour introduire l’idée d’une mélancolisation du lien social », Cliniques méditerranéennes, 63, 239-261.
  • [4]
    S. Tomasella (2014). L’emprise affective. Paris : Eyrolles.
  • [5]
    S. Freud (1895). Esquisse d’une psychologie scientifique. Ramonville-Saint-Agne, Erès, 2011 ; S. Freud (1925). « La dénégation », Résultats, idées, problèmes. Paris, Presses universitaires de France, 1998 ; S. Freud (1926). Inhibition, symptôme et angoisse. Paris, Presses universitaires de France, 2011, chapitre 8.
  • [6]
    J. Lacan (1986). L’éthique de la psychanalyse. Le Séminaire Livre VII. Paris : Seuil, p. 58 et p. 89.
  • [7]
    J. Lacan (2001). Le transfert. Le Séminaire Livre VIII. Paris : Seuil.
  • [8]
    A. Vanier (2012). « L’enfant, objet a de Lacan », Figures de la psychanalyse, 24(2), 39-49.
  • [9]
    Ibid.
  • [10]
    D. W. Winnicott (1961). « The Effect of Psychotic Parents on the Emotional Development of the Child », The Family and Individual Development. Londres, Tavistock/Routledge, 1965, pp. 69-78.
  • [11]
    J. Lacan (1998). La relation d’objet. Le Séminaire Livre IV. Paris : Seuil.
  • [12]
    J. Lacan (1973). Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse. Le Séminaire Livre XI. Paris : Seuil.
  • [13]
    Cf. R. Kaës (2012). Le malêtre. Paris : Dunod.
  • [14]
    N. Rand (2001). Quelle psychanalyse pour demain ? Voies ouvertes par Nicolas Abraham et Maria Torok. Ramonville-Saint-Agne, Erès.
  • [15]
    S. Tomasella (septembre 2016). « Trauma, deuil et principe d’intégrité », L’Évolution psychiatrique, 81(3).
Français

Objectif
L’article étudie la clinique des relations dites « fusionnelles », plus particulièrement dans les situations de forte « dépendance » à l’autre. Il souhaite compléter le cadre conceptuel de la psychanalyse, à partir de Freud et de Lacan, notamment leurs notions de « Chose » et d’« objet a » par l’apport d’une notion nouvelle. L’objet b désigne la création artificielle par le sujet d’une nécessité prétendument essentielle, d’un « faux besoin crucial », qui le maintient dans la dépendance autant que dans la confusion.
Méthode
L’auteur s’appuie sur les observations quotidiennes au cours d’une vingtaine d’années de pratique de la psychanalyse et, plus précisément ici, sur six cas cliniques spécifiques correspondant aux cures psychanalytiques de patients vivant des relations confusionnelles.
Résultats
La « fusion-confusion » s’organise à partir du rapport à l’altérité mis en œuvre par chaque sujet, selon cinq modes fondamentaux : l’inclusion, l’agrégation, l’adhésion, l’obligation et la dévotion, assignant l’autre à une « place » imaginaire spécifique. Chaque forme de fusion-confusion se fonde sur une nécessité, sur un besoin central, qui pousse le sujet à exiger la présence d’un autre à ses côtés. Un tableau récapitulatif est proposé en fin d’article.
Discussion
La pratique clinique mettant en évidence dépendances et confusions entre partenaires, il semble approprié de parler de relations confusionnelles plutôt que de relations « fusionnelles ». Cette première étude pourra être élargie à d’autres observations cliniques diversifiées, puis complétée par des apports théoriques d’orientations différentes et enrichie par des recherches sur les familles, les groupes, les communautés, les généalogies...
Conclusion
À la différence de la Chose et de l’objet a, l’objet b n’est pas originaire : il est produit par l’articulation entre la dynamique de subjectivation propre au sujet de l’inconscient et les contraintes de socialisation, intersubjectives et groupales, auquel il est soumis.

Mots-clés

  • sujet
  • dépendance
  • fusion
  • confusion
  • besoin
  • Chose
  • objet a
  • objet b

Bibliographie

  • En ligneDouville, O. (2000). « Pour introduire l’idée d’une mélancolisation du lien social », Cliniques méditerranéennes, 63, 239-261.
  • Freud, S. (1895). Esquisse d’une psychologie scientifique. Ramonville-Saint-Agne, Erès, 2011.
  • Freud, S. (1925). « La dénégation », Résultats, idées, problèmes. Paris, Presses universitaires de France, 1998.
  • Freud, S. (1926). Inhibition, symptôme et angoisse. Paris, Presses universitaires de France, 2011, chapitre 8.
  • Freud, S. (1995). Le malaise dans la culture. Paris : Presses universitaires de France.
  • Kaës, R. (2012). Le malêtre. Paris : Dunod.
  • Lacan, J. (1973). Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse. Le Séminaire Livre XI. Paris : Seuil.
  • Lacan, J. (1986). L’éthique de la psychanalyse. Le Séminaire Livre VII. Paris : Seuil, 1986.
  • Lacan, J. (1998). La relation d’objet. Le Séminaire Livre IV. Paris : Seuil.
  • Lacan, J. (2001). Le transfert. Le Séminaire Livre VIII. Paris : Seuil.
  • Rand, N. (2001). Quelle psychanalyse pour demain ? Voies ouvertes par Nicolas Abraham et Maria Torok. Ramonville-Saint-Agne, Erès.
  • Tomasella, S. (septembre 2016). « Trauma, deuil et principe d’intégrité », L’Évolution psychiatrique, 81(3). doi: 10.1016/j.evopsy.2015.05.004
  • Tomasella, S. (2014). L’emprise affective. Paris : Eyrolles.
  • En ligneVanier, A. (2012). « L’enfant, objet a de Lacan », Figures de la psychanalyse, 24(2), 39-49. doi: 10.3917/fp.024.0039
  • Winnicott, D. W. (1961). « The Effect of Psychotic Parents on the Emotional Development of the Child », The Family and Individual Development. Londres, Tavistock/Routledge, 1965, pp. 69-78.
Dr Saverio Tomasella
Psychanalyste
12 rue de Suisse
06000 Nice
France
Dernière publication diffusée sur Cairn.info ou sur un portail partenaire
Mis en ligne sur Cairn.info le 09/09/2016
https://doi.org/10.3917/psyt.221.0031
Pour citer cet article
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