CAIRN.INFO : Matières à réflexion

1Au cours des mois de mars 1977 et mai 1978, la province zaïroise du Shaba (Katanga) subit des invasions des « Gendarmes katangais », qui ont leurs bases en Angola voisine. Ces deux offensives menacent sérieusement le régime du dictateur zaïrois, Mobutu Sese Seko. Dans les deux cas, les forces katangaises sont refoulées par des interventions militaires étrangères. En 1977, cette aide vient principalement des troupes marocaines, avec l’assistance logistique et technique de la France. L’année suivante, les assauts non coordonnés de parachutistes français et belges arrêtent les envahisseurs sous le prétexte de délivrer environ 2 500 expatriés européens pris en otage à Kolwezi, la capitale minière du Shaba.

2Alors que le régime personnel de Mobutu est corrompu et que les conditions économiques sont déjà difficiles, ces deux invasions poussent le pays au bord du gouffre. La ruine menace l’économie zaïroise. Pour stabiliser la situation, la France et les États-Unis cherchent à sécuriser la frontière sud du Zaïre par le déploiement d’une Force interafricaine (fia) qui, à son apogée, comprend 2 500 soldats venant de cinq pays africains [1]. C’est la première fois que des pays africains collaborent à une telle opération [2].

3La France prend la direction d’une entreprise qui repose sur une approche idéologique fortement influencée par la guerre froide et la perception d’une menace communiste sur les intérêts occidentaux en Afrique. Curieusement, cette image du Zaïre, vu comme un enjeu important dans la lutte entre les blocs, pèse beaucoup plus sur les autorités françaises que sur les Américains. Ces derniers, bien qu’inquiets à l’idée d’une déstabilisation du pays, sont beaucoup plus réticents à s’engager activement dans la défense d’un régime pourri. Aussi sont-ils satisfaits de céder à la France la direction de l’effort anticommuniste.

4En l’absence de toute étude académique qui analyse ce soutien, crucial pour son avenir, à Mobutu, cet article tente de dégager les motifs qui ont présidé aux engagements français et américain au Zaïre lors des crises du Shaba. Il analyse la diplomatie franco-américaine et la fia à partir de documents nouvellement déclassifiés du ministère des Affaires étrangères français, ainsi que de l’administration du président américain Jimmy Carter.

Les crises du Shaba et leurs séquelles

5Les « Gendarmes katangais » qui lancent les invasions du Shaba sont dirigés par un ancien chef de police katangais, Nathanael M’Bumba, et appartiennent au Front de libération nationale du Congo (flnc). Ce groupe représente, en quelque sorte, le legs politique et militaire du régime sécessionniste katangais de Moïse Tshombe, qui s’était réfugié en Angola dans les années 1960. Le flnc s’est d’abord allié avec les Portugais pendant la guerre d’indépendance angolaise mais, à partir de 1975, tandis que les forces portugaises se retiraient, le groupe a trouvé de nouveaux appuis au sein du Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (mpla) [3]. Le 11 novembre 1975, après une campagne militaire menée sur plusieurs fronts avant et après l’indépendance formelle du pays, le mpla l’emporte grâce à une intervention militaire cubaine substantielle, renforcée par une aide soviétique.

6Pour M’Bumba et le flnc, lutter contre le Front national pour la libération de l’Angola (fnla), fortement soutenu par Mobutu et l’Administration américaine, est l’occasion de se montrer utile au mpla. Dorénavant, avec ses bases dans le nord de l’Angola, le long de la frontière zaïroise, le flnc constitue une grave menace pour Mobutu. La présence des héritiers politiques des forces sécessionnistes katangaises à proximité de la frontière ravive la crainte d’une fragmentation territoriale du Zaïre, voire d’une sécession du Shaba. Or, il est indispensable pour Mobutu de garder le contrôle de cette province, la plus riche du pays, dont les ressources minières fournissent 60 % des recettes en devises étrangères au Gouvernement [4].

7Les relations difficiles entre Mobutu et cette province éloignée du centre politique zaïrois sont marquées par les séquelles de la tentative de sécession de 1960. Les deux communautés principales du Shaba, les Balunda et les Baluba, forment un tissu social plus homogène que dans les autres régions multiethniques du Zaïre. Mobutu a donc plus de mal à diviser la population de cette région. Durant la quinzaine d’années qui sépare la fin de la guerre de Sécession et les crises du Shaba, les exactions militaires de son régime, les discriminations ethniques et la marginalisation politique lui aliènent la population du Shaba [5]. Cette politique a créé une poudrière que le flnc peut faire exploser à tout moment. André Ross, ambassadeur de France au Zaïre à l’époque, résume bien le problème : « Zaïre […] trop vaste, sans véritable structure, le Shaba est la fatalité : sans le Shaba, le Zaïre perd l’essentiel de ses ressources présentes, avec le Shaba, il recèle un ferment d’explosion. [6] »

8Or, les deux invasions tentées par le flnc révèlent de sérieuses faiblesses au sein de l’armée, les Forces armées zaïroises (faz). Malgré la réussite sanglante des interventions aéroportées française et belge, les Gendarmes katangais se retirent en bon ordre, ce qui implique que rien n’empêche un « Shaba III » dans un avenir proche [7]. Il est clair que les faz ne sont pas capables d’empêcher ou de combattre efficacement une nouvelle invasion. Leur manque de professionnalisme et de discipline ainsi que leur désordre organisationnel font que les expatriés européens, traumatisés par les récents massacres à Kolwezi, ne leur accordent aucune confiance et menacent de prendre la fuite.

La France après Kolwezi

9Une fois acquise la délivrance des Européens pris en otage du 13 au 19 mai 1978 à Kolwezi – d’origine française et belge essentiellement –, le besoin se fait sentir d’une stratégie à long terme afin d’assurer la sécurité de la province et la pérennité du Zaïre. En principe, les forces françaises avaient reçu une mission strictement humanitaire : sauver les citoyens européens à Kolwezi [8]. L’interprétation française de ce mandat humanitaire diffère toutefois de celle des Belges, qui ne sont pas prêts à prolonger leur mission au-delà de l’évacuation du personnel étranger. Les Français veulent, eux, stabiliser la province pour encourager les expatriés à rester sur place et à aider à la relance économique [9]. Ils donnent un sens plus large au mot « humanitaire » [10], car soustraire simplement les Européens de Kolwezi au meurtre et aux pillages ne saurait protéger le potentiel économique du Shaba, et donc assurer la survie du régime. Pour que les travailleurs expatriés, dont la présence est indispensable au fonctionnement du secteur minier, restent au Shaba, le Gouvernement français doit repousser les envahisseurs hors de la province, la « pacifier », et supprimer le risque d’une troisième invasion. Mais si le refoulement des forces du flnc a finalement posé très peu de problèmes, les deux autres objectifs se révèlent plus difficiles à atteindre.

10Cette mission « humanitaire » ne peut en effet devenir dissuasive ou pacificatrice sans vider son mandat de son sens originel [11]. Une telle transformation risque de miner sa légitimité internationale et de mettre en péril le soutien logistique des Américains. C’est pourquoi les Français mettent sur pied une Force interafricaine censée fournir une apparence africaine à l’intervention militaire étrangère au Zaïre, ainsi légitimée aux yeux de l’opinion internationale. Cette Force est fondée sur un précédent : en 1977, la première invasion du flnc avait été repoussée par 1 200 soldats d’élite marocains. Ces hommes s’étaient déployés à la demande de la France et avec son soutien logistique, technique et diplomatique [12]. À la suite de Shaba II, le gouvernement français réitère donc son appel aux troupes marocaines. À quoi, le roi Hassan II du Maroc donne son accord, craignant une expansion du communisme en Afrique et des conséquences déstabilisatrices pour le Zaïre [13]. Le Maroc fournit donc l’épine dorsale de la fia, mais Hassan II aspire à une participation africaine beaucoup plus large, ce qui requiert un effort diplomatique significatif de la part de la France et du Zaïre [14].

11Après Kolwezi, Mobutu insiste auprès d’autres chefs d’États africains pour qu’ils envoient des troupes. Au sommet franco-africain du 23 mai 1978, à Paris, Mobutu semble avoir convaincu ses homologues [15]. Le 5 juin, à peine deux semaines après la fin des événements de Kolwezi, la fia entame son déploiement au Shaba [16]. À son apogée, cette force se compose de 1 500 Marocains, 560 Sénégalais, 150 Togolais, 50 Gabonais et 200 Ivoiriens, ces derniers formant la cellule médicale [17]. Des avions français et américains transportent ces troupes qui se voient offrir également des véhicules et de l’équipement [18]. Entre-temps, la France et la Belgique acceptent de former des unités de parachutistes et d’infanterie zaïroises capables de remplacer éventuellement la fia[19].

La France et le Zaïre

12Pourquoi la France s’intéresse-t-elle au Zaïre à cette époque ? Bien qu’il s’agisse d’une ancienne colonie belge, le Zaïre revêt une importance plus grande pour la France durant la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. La politique africaine de ce dernier vise, en partie, à étendre l’influence française au-delà son « pré-carré » traditionnel [20] ; en tant que « deuxième pays francophone du monde », le Zaïre occupe donc une position privilégiée. Dans une lettre écrite en 1975, André Ross décrit ainsi les intérêts français à René Journiac, principal conseiller de Giscard pour les affaires africaines :

13

« […] nos intérêts […] ne se situent pas à court terme mais à moyen et à long terme. Il est essentiel d’assurer pour l’avenir notre ravitaillement direct en cuivre et en métaux non ferreux dont ce pays a les gisements les plus riches en teneur […]. Pour nous, c’est cela le Zaïre mais aussi le deuxième pays francophone du monde qui, par son poids, exerce nécessairement une attraction sur les pays de notre ancienne Afrique noire, et nous devons veiller à nos positions. Les Américains qui ont aidé le Zaïre dans une période difficile en ont conservé des positions essentielles. Notre action doit tendre aujourd’hui à nous servir de la situation actuelle pour nous placer de façon comparable. [21] »

14Bien que la France importe un tiers de son cuivre du Zaïre, ce pays ne revêt pas pour elle un intérêt économique de premier plan [22]. Les investissements français au Zaïre ne s’élèvent à cette époque qu’à 20 millions de dollars contre 800 millions pour les investissements belges et 200 millions pour ceux des Américains [23]. De plus, malgré la richesse minière énorme du Zaïre, particulièrement au Shaba, les milieux d’affaires français intéressés par sa production ne s’inquiètent pas outre mesure des conséquences possibles d’une déstabilisation politique du pays. Sondés par les services de renseignement français en avril 1977, ces investisseurs font valoir qu’à leur sens, le Zaïre n’a qu’une importance limitée en ce qui concerne la production courante des minerais, puisque le marché du cuivre est toujours dominé par les acheteurs. Ils en donnent pour preuve le fait que le cours du cuivre a même baissé en pleine guerre du Shaba [24].

15En revanche, l’intérêt politique du Zaïre, selon une analyse de l’ambassade de France à Kinshasa, « est capital » [25] :

16

« L’influence que lui confère sa position centrale jointe à ses dimensions exceptionnelles est considérable. Un changement qui installerait à Kinshasa un régime progressiste rendrait 1. La survie des régimes modérés dans les pays proches ou voisins (Gabon-Cameroun-RCA-Rwanda-Burundi) extrêmement aléatoire et surtout 2. Compromettrait gravement les chances d’une solution pacifique des problèmes d’Afrique australe, augmentant du même coup les possibilités de pénétration offertes aux influences extérieures hostiles à l’Occident. [26] »

17Ce point de vue souligne l’une des raisons les plus importantes pour laquelle la France s’intéresse au Zaïre : la stabilité régionale. Les Français et, plus tard, les Américains sont convaincus que les Cubains jouent un rôle décisif dans l’armement et la formation des Gendarmes katangais. Une interprétation fondée sur l’existence d’une concentration des troupes cubaines en Angola, leur intervention en Éthiopie à partir du mois de septembre 1977 et leur soutien aux mouvements de libération en Afrique australe. Comme les Cubains coopèrent avec les Soviétiques sur le continent, l’Afrique est en butte, selon les Français [27] et les Américains, à une offensive communiste majeure, alors que plusieurs documents des archives cubaines suggèrent au contraire que Cuba ne joue aucun rôle dans les invasions du Shaba et que Castro essaie même de les éviter [28]. Du côté français, des renseignements tirés d’écoutes radiophoniques zaïroises donnent l’impression que le flnc est encadré par des conseillers cubains [29]. Le fait que beaucoup de ces informations viennent des services zaïrois aurait dû les rendre quelque peu suspectes [30]. Néanmoins, les diplomates français en poste à Kinshasa, au Quai d’Orsay ou à l’Élysée ajoutent foi à ces renseignements qui confirment leur analyse géopolitique.

18C’est dans cette optique que le colonel Yves Gras, chef de la Mission militaire française à Kinshasa, va expliquer plus tard la décision de l’ambassade de demander une intervention militaire à Kolwezi en mai 1978. Celle-ci a été requise non parce que les expatriés sont menacés, mais :

19

« […] uniquement pour des raisons politiques… C’est que nous savions parfaitement à qui nous avions affaire, quel était le but des Katangais manipulés par les Soviétiques et nous savions très bien que, s’ils parvenaient à s’étendre au Shaba, à séparer le Shaba du reste du Zaïre, cette opération provoquerait soit la chute du régime de Mobutu, soit, ce qui sur place nous semblait beaucoup plus grave, une guerre civile au Zaïre, entre le Nord et le Sud, du genre de celle du Biafra, dont on sait comment elle commence, mais dont on ne sait jamais comment elle se termine et qui, en tout cas, sert de prétexte à de longues interventions extérieures. Il fallait, par conséquent, couper court à cette affaire par une intervention militaire immédiate et éteindre l’incendie tant qu’on pouvait le faire encore. [31] »

20Ceci explique en grande partie l’insistance française à maintenir une présence militaire au Shaba. Une telle initiative indique aux alliés africains que la France est déterminée à les protéger contre les menaces externes. Elle représente aussi un semblant de force dissuasive à l’égard des soi-disant agresseurs soviéto-cubains. Giscard se vante par la suite auprès du président Carter que l’Occident n’a pas seulement arrêté la désintégration du Zaïre mais aussi celle de l’Afrique [32].

L’engagement américain

21Contrairement au Gouvernement français et à la précédente administration Ford, l’administration Carter se montre plus réticente à l’égard de Mobutu. Au mois de mars 1977, pendant la première guerre du Shaba, les États-Unis font très peu pour soutenir le régime, mis à part une assistance supplémentaire de 15 millions de dollars en équipement « non létal » [33]. Immédiatement après cette guerre le Congrès américain, préoccupé par le mépris du Zaïre pour les Droits de l’homme, coupe même la moitié des crédits d’assistance militaire, les ramenant de 20 à 10 millions de dollars [34]. L’attention portée aux Droits de l’homme qui caractérise les premières orientations de l’administration Carter explique, en partie, la nature hésitante du soutien américain à Mobutu. À ce moment également, la détente avec l’Union soviétique n’est pas encore « enterrée sous les sables de l’Ogaden » [35], et Carter fait de son mieux pour que la première guerre du Shaba ne dégénère pas en une crise entre les deux blocs, malgré les accusations de Mobutu à l’encontre des Cubains et des Soviétiques [36].

22La situation évolue de manière dramatique en 1978. Dès septembre 1977, 1 000 soldats soviétiques et 12 000 soldats cubains étaient arrivés en Éthiopie pour contrer une invasion de la région de l’Ogaden par la Somalie [37]. Cette intervention est la plus grande opération d’assistance militaire que l’Union soviétique ait menée depuis la guerre de Corée [38]. En mars 1978, les forces cubaines et soviétiques réussissent à repousser les troupes somaliennes, mais l’augmentation de la présence soviétique en Afrique contribue largement à mettre un terme à la période de détente avec les États-Unis [39]. La tension croissante provoquée par la perception occidentale d’une offensive communiste en cours dans le Tiers Monde donne du crédit aux sombres interprétations concernant la seconde invasion du Shaba en mai 1978. Malgré les dénégations catégoriques de Fidel Castro, les autorités américaines affirment que les Cubains jouent un rôle primordial dans l’invasion [40].

23Le 25 mai, cinq jours après les interventions française et belge qui mettent fin à la deuxième guerre du Shaba, le Special Coordinating Committee du National Security Council (scc) se réunit pour discuter de la politique à suivre. Selon le conseiller à la Sécurité nationale de Carter, Zbigniew Brzezinski, le soutien américain à l’opération aéroportée à Kolwezi « nous a identifiés, dans une certaine mesure, avec les tentatives européennes pour préserver la situation au Zaïre » [41]. Toutefois, aller plus loin encore dans le sens de la politique française signifierait que « nous nous engageons dans une entreprise qui sera coûteuse, avec seulement 50 % de chances de succès » [42]. En dépit des perspectives incertaines, le scc conclut, avec le soutien du Département d’État, que le « Zaïre est trop important et les enjeux mondiaux trop élevés pour que les États-Unis poursuivent leur politique de soutien marginal à l’effort économique zaïrois » [43]. Brzezinski poursuit : « L’alternative de la non-participation dans cet effort entraînerait, probablement, un effondrement économique rapide du Zaïre ainsi qu’une fragmentation politique du pays. [44] » Pourtant, le conseiller avise Carter que :

24

« […] une implication plus poussée des États-Unis signifiera que le Zaïre deviendra plus important politiquement pour nous et donc qu’une réussite ou un échec deviendront plus significatifs au plan stratégique. En ce sens, chacun convient que, dans la plus grande mesure possible, nous devrions être des partenaires secondaires des Européens et des autres dans ce programme de développement. [45] »

25Le même jour, Carter retrouve Giscard à Washington. Ses notes préparatoires pour la discussion indiquent que, si les Américains soutiennent la fia, ils « doivent faire en sorte que cela n’ait pas l’air d’une opération néocolonialiste destinée à protéger [leurs] investissements » [46]. Cette position constitue la base de la politique suivie par les États-Unis, notamment dans leurs relations avec la France, en ce qui concerne le déploiement de la fia au Shaba. Les Américains s’engagent à fournir un soutien logistique et des transports aériens à la fia, mais ne veulent rien promettre de plus [47]. Tout en appuyant les Français, les Américains veulent garder leurs distances avec Mobutu et éviter des complications politiques internationales en cas d’échec. Une approche qui n’est pas sans nuire à leurs relations avec les autorités françaises qui pensent que les États-Unis devraient assumer davantage de responsabilités.

La force interafricaine

26Peu de temps après le déploiement de la fia en juin, Mobutu engage d’importants efforts diplomatiques pour répondre aux menaces régionales contre son régime. Avec les encouragements américains, le dirigeant congolais Denis Sassou-Nguesso se charge du rôle de médiateur. En juillet, Mobutu et le président angolais, Agostinho Neto, signent un accord à Brazzaville [48]. Chacun renonce à soutenir les groupes rebelles rivaux opérant sur son propre territoire. Neto accepte de désarmer le flnc[49]. De son côté, Mobutu promulgue une amnistie qui permet à 150 000 Zaïrois refugiés en Angola de rentrer chez eux [50].

27Cette réconciliation du Zaïre avec l’Angola annule en grande partie la menace extérieure sur le Shaba, mais cause des problèmes à la fia, car les faz et la police zaïroise ne parviennent pas à imposer l’autorité du Gouvernement face au banditisme et à l’insécurité générale. Seule la présence de la fia dissuade des soulèvements généraux ou des rébellions, bien que sa mission ne soit pas de maintenir ou de rétablir l’ordre dans la province. Cette confusion, à laquelle s’ajoutent des difficultés pour financer la fia, conduit les gouvernements pourvoyeurs de troupes à militer pour leur retrait rapide [51].

28De fait, la situation des forces d’intervention se détériore. Dans un rapport rédigé en octobre 1978, l’attaché militaire à l’ambassade de France au Zaïre, le colonel Larzul, note que la fia remplit sa mission initiale mais que des problèmes sérieux se profilent à l’horizon. Les pays contributeurs doivent bientôt procéder à une rotation pour soulager leurs troupes déployées depuis des mois. Or, les faz sont loin d’être en mesure de remplacer la fia[52]. Selon Larzul, celles-ci ne parviendront pas à un niveau opérationnel avant l’été 1979 au moins [53]. Le chef de la cellule médicale ivoirienne témoigne d’une baisse du moral des troupes de la fia, qui se manifeste par l’indiscipline, des dépressions nerveuses et même des suicides [54]. Les unités souffrent d’un manque d’équipement et les véhicules ne fonctionnent pas. Une dévaluation de la devise zaïroise à la demande du fmi augmente le prix des biens à un point tel que le niveau de vie des soldats de la fia (ainsi que de la population zaïroise) en souffre [55]. Ces conditions contribuent à accréditer les rumeurs répandues par les officiers du contingent marocain selon lesquelles la fia partirait avant la fin de l’année 1978. Ces déclarations sèment la panique parmi la population expatriée du Shaba qui craint toujours les conséquences possibles d’un retrait de la fia[56].

29André Ross partage ces craintes. En novembre, il écrit à René Journiac, rapportant lui aussi des rumeurs sur un départ précipité des forces sénégalaises. Il espère qu’il s’agit d’un bluff de la part de ces deux pays pour obtenir plus de soutien financier et matériel, mais estime qu’un retrait marocain aurait de graves conséquences pour le Zaïre, dans la mesure notamment où les efforts français et belges pour former certaines unités des faz subissent des retards importants. Par conséquent, Ross demande à Journiac de faire tout son possible pour que les Marocains restent au Shaba, au moins jusqu’au milieu de l’année suivante [57].

30Alarmés par la possibilité d’un effondrement de la fia, la France, les États-Unis, la Belgique, l’Allemagne fédérale et la Grande-Bretagne s’efforcent alors de prolonger la mission [58]. Les Américains trouvent un moyen intéressant et peu coûteux de le faire. Aux requêtes « inopportunes » du Sénégal et du Maroc pour un rapatriement rapide de leurs troupes, l’administration Carter refuse simplement de répondre. Elle veut le maintien de ces troupes de peur d’un vide politique et sécuritaire au Shaba [59]. Puisque ni le Sénégal ni le Maroc n’ont les moyens de les rapatrier, celles-ci restent donc au Shaba.

31La position américaine est liée à leur désir de voir les États africains et la France plus impliqués au Shaba qu’eux-mêmes, notamment pour des raisons financières [60], car l’administration Carter subit de fortes restrictions budgétaires qui limitent l’assistance qu’elle peut fournir à la fia[61]. Du reste, les Américains donnent déjà à Mobutu 11 millions de dollars de crédits militaires qui pourraient servir à soutenir la fia[62]. La réticence américaine à accroître leur aide s’explique aussi par leur manque de confiance à l’égard de Mobutu. Malgré sa réconciliation avec Neto, le Département d’État observe que des « Zaïrois, de retour d’Angola à la suite de l’amnistie de Mobutu, sont arrêtés et [que] les mesures nécessaires n’ont pas été entreprises pour parvenir à une réforme militaire […]. Entre-temps, l’armée de Mobutu au Shaba continue à manifester un manque total de discipline » [63].

32Les Américains ont néanmoins le sentiment que leur pression sur les « Cinq Occidentaux », Mobutu et les pays membres de la fia porte ses fruits. Les Français négocient avec le Sénégal et le Maroc à propos de leurs besoins logistiques et financiers. Mobutu met son avion C-130 à la disposition de la mission [64]. La France achète cinq millions de dollars d’équipements militaires à l’armée sénégalaise pour qu’elle reste au Shaba [65]. Le roi Hassan II du Maroc accepte aussi de prolonger la présence de ses forces au Zaïre [66].

33Mais ces efforts ne font que retarder l’inévitable. Déployée rapidement, sans but clair ni financement garanti, la fia sert de palliatif pendant que le Zaïre et ses alliés élaborent une politique durable pour la région. Cette politique repose sur les efforts franco-belges pour former une force d’élite zaïroise qui constituerait le noyau dur d’une armée réformée, capable de défendre son pays (ou le régime). Pourtant, en mars 1979, le roi Hassan II du Maroc indique clairement son intention de retirer ses troupes. Selon lui, la sécurité au Shaba est maintenant assurée. Les faz sont prêts à remplacer la fia et il n’y a plus de raison de maintenir cette dernière [67]. Hassan II demande à Mobutu son accord pour le retrait [68]. De son côté, Mobutu négocie avec le Maroc et les autres pays participant à la fia pour aboutir à un départ ordonné. De juillet à septembre 1979, la fia procède à une retraite échelonnée [69], les unités nouvellement formées des faz devant la remplacer. Pourtant, les autorités françaises craignent, avec ce départ de la fia, un vide sécuritaire et politique [70]. Pour rassurer les Européens expatriés et maintenir un certain niveau de dissuasion contre des attaques extérieures, les militaires français s’accordent avec Mobutu pour organiser des manœuvres militaires au Shaba lors du départ des dernières unités de la fia.

34La première manœuvre conjointe, l’Opération Porc-épic, vise à aider au déploiement des nouvelles unités zaïroises et à avertir d’éventuels envahisseurs que la France est prête à secourir le Zaïre en cas de troubles [71]. La population locale comprend le message. Le consul général de France à Lubumbashi, la capitale du Shaba, parle d’une opinion « unanime : en participant à ces manœuvres, notre Gouvernement a confirmé son soutien absolu au président Mobutu et à son régime » [72]. Mais, cette opinion est divisée sur les raisons d’être d’un tel soutien : « Pour les Zaïrois, à part les militants, tous regrettent notre soutien. Pour eux, irréductibles, l’action de notre pays, quelle qu’en soit la forme, ne peut que consolider un régime qui, à leur avis, fait le malheur du peuple. [73] »

Conclusion

35L’histoire de la fia illustre les préoccupations des acteurs français et américains au Zaïre lors de cette période de la guerre froide, ainsi que les résultats de leur politique. La France de Valéry Giscard d’Estaing a une forte vision géopolitique de ses intérêts au Zaïre. Elle est très marquée par la politique des blocs et la lutte contre l’expansion du communisme. De plus, l’engagement français aux côtés de Mobutu entraîne un renforcement de l’influence de la France au Zaïre, ainsi que chez ses alliés africains. Le successeur de Ross à l’ambassade, Albert Thabault, s’extasie de ce résultat :

36

« Le résultat en fut donc bénéfique : une impulsion fut donnée à notre influence au Zaïre ; cet État se liait plus étroitement avec les autres États de l’Afrique francophone ; un profond sentiment de satisfaction animait les capitales africaines modérées, convaincues dès lors, qu’en dépit de l’immobilisme de l’administration américaine, notre détermination pouvait les protéger de l’expansionnisme soviétique. [74] »

37L’administration Carter se montre plus réticente à transformer le Zaïre en un champ de bataille de la guerre froide. Effectivement, l’insistance américaine pour que la France ait le leadership dans la question de la fia a peut-être empêché que le Zaïre ne devienne l’objet d’une telle crise. Déjà à l’époque, le conseiller militaire de Zbigniew Brzezinski, le général William Odom, critique vivement cette approche au Zaïre : « Le nom traditionnel [pour cette politique] est “le colonialisme”. [75] » Selon lui, les « contradictions logiques » dans ce que l’Occident tente de faire au Zaïre vont « condamner [cette politique] au désastre si elle est mise en place par les États-Unis » [76]. L’histoire montre qu’Odom avait raison.

38Enfin, avoir sauvé Mobutu d’un effondrement probable représente, peut-être, le legs historique le plus important de la fia. L’obsession franco-américaine de « stabilité » et leur paranoïa à propos d’une expansion du communisme ont nourri des politiques qui ont renforcé un régime dangereusement corrompu et moralement répréhensible. Ces objectifs n’étaient pas réalistes pour le pays sur le long terme. Le règne de Mobutu a duré encore presque deux décennies, pendant lesquelles, cependant, la désintégration du pays progressa. Sa chute en 1997 et les guerres qu’elle a entraînées coûtèrent la vie à plusieurs millions de personnes [77].

Notes

  • [1]
    Centre des archives diplomatiques de Nantes (ci-après cadn), Ambassade de Kinshasa, Carton 51, Dossier général Force africaine, Rapport de l’ambassade sur la fia : « La Force interafricaine au Shaba-bilan », 6 septembre 1979, p. 5.
  • [2]
    I. William Zartman. Ripe for Resolution: Conflict and Intervention in Africa. New York, Oxford University Press, 1989, p. 162.
  • [3]
    Thomas P. Odom, Shaba II: the French and Belgian Intervention in Zaire in 1978, Fort Leavenworth, Kansas, us Army Command and General Staff College, 1993, p. 15.
  • [4]
    Jimmy Carter Library (ci-après jcl), White House Central File, Box co-67: Zaire, Folder: [co 177 Executive 1/20/77-1/20/81], Document (number unknown), Memorandum from Tom Thornton to David Aaron, « O’Neil Briefing » Zaire talking points, 5 juin 1978, p. 2.
  • [5]
    cadn, Ambassade de Kinshasa, Carton 45, Consulat de Lubumbashi, Dossier 1978, « Situation au Shaba à la veille de l’attaque de Kolwezi », 18 mai 1978, p. 8-11.
  • [6]
    Ibid., Dépêche d’actualité de Ross à la direction des Affaires africaines et malgaches : « Le Zaïre après Kolwezi », 2 juin 1978, p. 5.
  • [7]
    jcl, Donated Historical Material: Zbigniew Brzezinski Collection, Box 28 [Meetings-scc 50: 1/9/78 through scc 100: 8/10/78], Folder [Meetings-scc 80: 5/26/1978], Document 1C, Memo from William Odom to David Aaron, « scc Working Group Meeting on Zaire – May 22, 1978 », 22 mai 1978.
  • [8]
    cadn, Ambassade de Kinshasa, Carton 51, Dossier général Force I. africaine, Rapport de l’ambassade sur la fia : « La Force interafricaine au Shaba-bilan », 6 septembre 1979, p. 3.
  • [9]
    Ibid., Dossier Force I. africaine et aide militaire, Télégramme d’André Ross à Paris : « Maintien de la Force africaine », 7 décembre 1978.
  • [10]
    Ibid., Carton 45, Dossier consulat de Lubumbashi, 1978, « Étude sur les événements de Kolwezi », 9 août 1978, p. 11-12.
  • [11]
    Ibid., Carton 51, Dossier général Force africaine, Rapport de l’ambassade sur la fia : « La Force interafricaine au Shaba-bilan », 6 septembre 1979, p. 3.
  • [12]
    Ibid., Carton 49, Dossier Shaba, du colonel Bommier, attaché des Forces armées au général d’armée chef d’état-major des armées : « Rapport de renseignement bimestriel avril-mai 1977 », 8 juin 1977, p. 7.
  • [13]
    Ibid., Carton 51, Dossier Force I. africaine et aide militaire, Rapport de l’ambassade sur la fia : « La Force interafricaine au Shaba-bilan », 6 septembre 1979, p. 4.
  • [14]
    Ibid., Carton 45, Dossier consulat de Lubumbashi, 1978, « Étude sur les événements de Kolwezi », 9 août 1978, p. 14.
  • [15]
    Ibid., Carton 51, Dossier Force I. africaine et aide militaire, Rapport de l’ambassade sur la fia : « La Force interafricaine au Shaba-bilan », 6 septembre 1979.
  • [16]
    Ibid., p. 4.
  • [17]
    Ibid., p. 5.
  • [18]
    Ibid.
  • [19]
    Ibid., du colonel Larzul, attaché des forces armées au Zaïre : « Note à l’intention de Monsieur l’Ambassadeur de France : “Maintien au Shaba de la Force interafricaine” », 4 octobre 1978, p. 3.
  • [20]
    John Chipman, French Power in Africa, Oxford, England, Basil Blackwell, 1989, p. 244.
  • [21]
    cadn, Ambassade de Kinshasa, Carton 22, « Visites de personnalités françaises : M. V. Giscard d’Estaing », Dossier « Note économique », Lettre manuscrite d’André Ross à René Journiac, 16 mai 1975.
  • [22]
    Archives du ministère des Affaires étrangères, Paris (ci-après amae-La Courneuve), dam Zaïre 1975-1978, Carton 27, 27/1, Note pour le cabinet du ministre : « A/S : Présence économique française dans le Shaba », 23 mars.1977, p. 2-3.
  • [23]
    Ibid., Carton 21, 21/3, Note « A/S : Zaïre », 27 décembre 1978, p. 3.
  • [24]
    Ibid., 27/2, Fiche du groupe d’évaluation de situation du secrétariat général de la Défense nationale, No. 21/cer/b/cd, « Évolution de la situation au Zaïre », 7 avril 1977, Annexe.
  • [25]
    Ibid., 27/1, Note manuscrite : « Signification du Zaïre pour les intérêts occidentaux », sd [début mars], 1977.
  • [26]
    Ibid.
  • [27]
    cadn, Ambassade de Kinshasa, Carton 45, Consulat de Lubumbashi, Dossier 1978, Rapport de l’ambassade sur Shaba II : « Étude sur les événements de Kolwezi », 9 août 1978, p. 17.
  • [28]
    Voir Piero Gleijeses, « Truth or Credibility: Castro, Carter, and the Invasions of Shaba », The International History Review, 18, n° 1: 70, 1996.
  • [29]
    cadn, Ambassade de Kinshasa, Carton 45, Consulat de Lubumbashi, Dossier 1977, « Bulletin de situation, Évolution de la situation au shaba », 17 décembre 1977.
  • [30]
    Ibid., Dossier 1978, Rapport établi par l’ambassade : « Étude sur les événements de Kolwezi », 9 août 1978, p. 17.
  • [31]
    Contribution d’Yves Gras dans Samy Cohen et Marie-Claude Smouts (dir.), La Politique extérieure de Valéry Giscard d’Estaing, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1985, p. 321.
  • [32]
    jcl, crest Database document nlc-128-4-12-3-9, Carter’s personal notes from the Guadeloupe Summit, 6 janvier 1979, p. 15.
  • [33]
    jcl, White House Central File, Box co-67: Zaire, Folder: [co 177 Confidential 1/20/77-1/20/81], Document (number unknown), Memorandum from Christine Dodson to Denis Clift, « Vice President Mondale’s Meeting with Zairian Commissioner for Foreign Affairs and International Cooperation Nguza Karl-I-Bond », 26 juillet 1977, p. 2.
  • [34]
    Ibid.
  • [35]
    Zbigniew Brzezinski, Power and Principle: Memoirs of the National Security Adviser, 1977-1981, New York, Farrar, Straus, Giroux, 1983, p. 189.
  • [36]
    jcl, National Security Affairs, 15, Box 2 [Brzezinski Office File Country Chron, Africa: 1-5/78 through Angola: 1979-1980], Folder: [Africa 10-12/1978], Document 3, Memorandum from Thomas Thornton to David Aaron, « African Chiefs of Mission Panel », 10 octobre 1978.
  • [37]
    Odd Arne Westad. The Global Cold War: Third World Interventions and the Making of Our Times, Cambridge, Cambridge University Press, 2005, p. 276.En ligne
  • [38]
    Ibid., p. 277.En ligne
  • [39]
    Ibid., p. 282.En ligne
  • [40]
    Voir jcl, crest Database document nlc-12-61-2-28-9, « Evidence of Cuban Support for Katangan Insurgents », sd, 1978.
  • [41]
    jcl, Donated Historical Material: Zbigniew Brzezinski Collection, Box 28 [Meetings-scc 50: 1/9/78 through scc 100: 8/10/78], Folder [Meetings-scc 80: 5/26/1978], Document 1, Memo from Brzezinski to Carter, « Next Steps in Zaire », 26 mai 1978.
  • [42]
  • [43]
  • [44]
  • [45]
  • [46]
    jlc, Donated Historical Material: Zbigniew Brzezinski Collection, Box 28 [Meetings-scc 50: 1/9/78 through scc 100: 8/10/78], Folder [Meetings-scc 80: 5/26/1978], Document 1A, « Attached Talking Points for Carter’s Meeting with Giscard », 26 mai 1978.
  • [47]
  • [48]
    jcl, crest Database document nlc-129-1-1-6-0, « Telegram from us Embassy Brazzaville to Washington, “Das Walker Visit to Congo” », juin 1979.
  • [49]
    cadn, Ambassade de Kinshasa, Carton 51, Dossier Force I. africaine et aide militaire, du colonel Larzul, attaché des forces armées au Zaïre : « Fiche à l’intention de monsieur l’ambassadeur : « Renseignements recueillis le 7 juillet 1978 auprès de l’afa de la république de Chine populaire et à l’emgn », 8 juillet 1978.
  • [50]
    Ibid., Note du ministère : « Sécurité au Shaba », 6 avril 1979.En ligne
  • [51]
    Ibid., télégramme d’André Ross à Paris, « Éventualité d’un retrait du contingent marocain », 29 novembre 1978 (brouillon).En ligne
  • [52]
    Ibid., Dossier Force I. africaine et aide militaire, « Note à l’intention de monsieur l’ambassadeur de France, “Maintien au shaba de la Force interafricaine” », 4 octobre 1978, p. 2.En ligne
  • [53]
    Ibid., p. 3.En ligne
  • [54]
    Ibid., du Dr lieutenant-colonel Atin Oria, chef du contingent médical de l’armée ivoirienne au Shaba au ministère de la Défense de la Côte d’Ivoire : « IIIe rapport moral du contingent médical militaire du shaba », 2 février 1979, p. 2-3.En ligne
  • [55]
  • [56]
    Ibid., Note de Pierre Guth, consul général à Lubumbashi, à l’ambassade française à Kinshasa : « Départ des troupes marocaines », 4 octobre 1978.En ligne
  • [57]
    Ibid., Lettre manuscrite d’André Ross à René Journiac, 25 novembre 1978.En ligne
  • [58]
    Ibid., Rapport de l’ambassade sur la fia : « La Force interafricaine au Shaba-bilan », 6 septembre 1979, p. 6-7.En ligne
  • [59]
    Ibid., Télégramme de l’ambassade française à Lomé à Paris, « Force d’intervention au Zaïre », 19 décembre 1978, p. 2.En ligne
  • [60]
    jcl, crest Database document nlc-15-119-6-8-0 Department of State Briefing Paper, « Support for the Inter-African Force in Shaba », 29 décembre 1978, p. 1.
  • [61]
  • [62]
    Ibid., p. 2.En ligne
  • [63]
    Ibid., p. 1-2.En ligne
  • [64]
  • [65]
    Ibid., Dossier Force I. africaine et aide militaire, Note manuscrite : « fia et Sommet de la Guadeloupe », 13 décembre 1978.En ligne
  • [66]
    Ibid., Rapport de l’ambassade sur la fia : « La Force interafricaine au Shaba-bilan », 6 septembre 1979, p. 8.En ligne
  • [67]
    Ibid., Dossier Force africaine, Note de Pierre Guth, consul général à Lubumbashi à l’ambassade à Kinshasa : « Départ de la Force interafricaine », 30 mars 1979, p. 1.En ligne
  • [68]
  • [69]
    Ibid., Dossier Force I. africaine et aide militaire, Rapport de l’ambassade sur la fia : « La Force interafricaine au Shaba-bilan », 6 septembre 1979, p. 9.En ligne
  • [70]
    Ibid., du colonel Larzul, attaché des forces armées au Zaïre : « Fiche à l’intention de l’ambassadeur de France, “Problèmes relatifs au retrait de la Force interafricaine” », 24 avril 1979, p. 6.En ligne
  • [71]
    Ibid., Dossier « Manœuvres zaïro-françaises, Opération Porc-épic, septembre 1979 », 12-19 septembre 1979.En ligne
  • [72]
    Ibid. ; id., Rapport de Pierre Guth à l’ambassade à Kinshasa : « Manœuvres franco-zaïroises », 4 octobre 1979.En ligne
  • [73]
    Ibid. p. 2.En ligne
  • [74]
    Ibid., Rapport de l’ambassade sur la fia : « La Force interafricaine au Shaba-bilan », 6 septembre 1979, p. 2.En ligne
  • [75]
    jcl, Donated Historical Material: Zbigniew Brzezinski Collection, Box 28 [Meetings-scc 50: 1/9/78 through scc 100: 8/10/78], Folder [Meetings-scc 80: 5/26/1978], Document 1D, Memo from William Odom to Brzezinski and Aaron, « State Paper on Zaire: Options After Shaba II », 25 mai 1978, p. 1.
  • [76]
    Ibid., p. 2.En ligne
  • [77]
    Voir en particulier Ge?rard Prunier, Africa’s World War: Congo, the Rwandan Genocide, and the Making of a Continental Catastrophe, Oxford, Oxford University Press, 2009.
Français

Résumé

Cet article examine la diplomatie franco-américaine entourant le déploiement de la « Force interafricaine » au Zaïre en 1978-1979. Cette force, qui comprenait des unités venant de cinq pays africains, visait à sécuriser la province du Shaba, dans le Sud du Zaïre, qui venait de subir deux invasions des « Gendarmes katangais » basés dans l’État d’Angola voisin. Le soutien logistique, diplomatique et financier fourni par les États-Unis et surtout par la France, joua un rôle de premier plan dans la survie du régime de Mobutu Sese Seko. Fondé sur les archives diplomatiques françaises et américaines, cet article explore les mobiles et les intérêts qui motivèrent les hommes politiques de ces deux pays à cette époque. Il suggère que la France s’était davantage engagée que les États-Unis dans son soutien à Mobutu. Les Américains, sous l’administration Carter, sensibles à une certaine conception des Droits de l’homme, hésitaient à donner trop d’appui à un régime qui paraissait souvent les transgresser. En revanche, la France voyait en Mobutu un pilier essentiel pour ses intérêts géopolitiques en Afrique.

Nathaniel Kinsey Powell
Institut de hautes études internationales et du développement (iheid)
Cette publication est la plus récente de l'auteur sur Cairn.info.
Mis en ligne sur Cairn.info le 31/07/2012
https://doi.org/10.3917/ri.150.0071
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