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Réseaux

2016/6 (n° 200)

  • Pages : 276
  • Affiliation : Revue précédemment éditée par Lavoisier

    Revue soutenue par l'Institut des Sciences Humaines et Sociales du CNRS

    Numéros antérieurs disponibles sur www.persee.fr

  • ISBN : 9782707192288
  • DOI : 10.3917/res.200.0243
  • Éditeur : La Découverte

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Alaric BOURGOIN, Les Équilibristes. Une ethnographie du conseil en management. Paris, Presses des Mines, coll. « Sciences sociales », 2015, 308 p., par Scarlett SALMAN

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L’ouvrage d’Alaric Bourgoin offre une contribution solide et originale à la sociologie du conseil. Issu d’une thèse de doctorat en « socio-économie de l’innovation », réalisée sous la direction de Fabien Muniesa, l’ouvrage repose sur une enquête de terrain « auto-ethnographique », menée par immersion pendant trois ans comme consultant dans un cabinet français de conseil en management, dans le cadre d’une convention Cifre. L’un des apports majeurs de l’ouvrage est de saisir l’activité des consultants au plus près de leurs pratiques concrètes. Cette sociologie du travail attentive à l’activité relève d’une approche pragmatiste et de la sociologie de la traduction : l’accent est mis sur les enjeux pratiques qui se posent dans l’activité, comme sur ses appuis matériels et cognitifs. Ce parti est d’autant plus heuristique que le conseil est l’objet de multiples critiques qui mettent en cause son caractère sérieux et effectif, et le soupçonnent de charlatanisme. Bien qu’étant internationalement une activité majeure du monde économique, en croissance spectaculaire depuis les années 1980, ancrée dans les grands groupes et en extension dans d’autres secteurs, le conseil en management reste méconnu. C’est à ces critiques sur la valeur même du conseil que l’auteur a cherché à répondre en montrant concrètement « ce que font les consultants ». Suivant l’analyse pragmatiste de la valuation de John Dewey, qui définit la valeur comme un processus, une relation pratique entre un sujet et un objet en contexte, il retient l’orientation proposée par François Vatin d’observer la création de valeur en amont du marché, dans l’activité de travail elle-même. Ce que l’auteur appelle la « mise en valeur », définie comme « un travail de production de valeur et un effort de justification », est alors placé au cœur de l’analyse du travail des consultants, parce qu’elle se trouve selon lui au centre de leurs préoccupations quotidiennes : « le conseil en management vit aux prises avec sa critique, c’est son mode d’existence ». En effet, l’interrogation presque existentielle sur la valeur du service et du consultant est exacerbée par la dimension commerciale d’un espace concurrentiel où l’enjeu est de se vendre et de se maintenir, ainsi que par le caractère immatériel et intangible d’une activité de service peu professionnalisée qui peine à saisir son efficace. Ces caractéristiques tendent à faire du conseil en management un cas d’école pour les études sociologiques de la valuation.

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L’ouvrage débute, dans le premier chapitre, par le récit d’une mission de conseil de six mois, effectuée par l’auteur dans un groupe en restructuration dans le secteur de l’énergie. Ce récit vivant, concret et passionnant, donne à voir – et à ressentir – les enjeux pratiques de la position d’« équilibriste » du consultant, écartelé entre une multitude de projets qu’il doit traiter simultanément, sommé de rendre des avis sur des situations qu’il découvre, dans un environnement productif et organisationnel complexe, où il doit bâtir des coopérations avec une pluralité d’acteurs aux intérêts divergents. Se dessinent les contours de l’activité de conseil comme pilotage d’un grand projet pour l’organisation, qui nécessite de réaliser d’autres tâches, laborieuses et peu valorisées, comme la production d’incertains indicateurs et inventaires de contrôle de gestion, ou comme le délicat exercice, plus noble, mais plus cuisant, des relations « politiques » avec les dirigeants. Le récit bat en brèche l’idée d’un conseil qui ne serait que l’application aveugle de méthodes standardisées pour insister sur l’adaptation constante au terrain, l’importance des processus itératifs dans la conception d’un outil ad hoc qui doit finalement être idoine pour emporter la conviction des acteurs concernés. Après un deuxième chapitre théorique qui présente les « éléments pour une sociologie pragmatiste de la valeur du conseil en management », les cinq chapitres suivants analysent tour à tour les opérations pratiques de « mise en valeur », traquée sur chacune des scènes de l’activité des consultants.

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Le chapitre trois s’intéresse d’abord à la formulation commerciale du service, dont l’enjeu est de le singulariser auprès des clients. Reposant sur un travail réflexif de définition, la singularisation fait l’objet d’une tension entre la nécessité d’objectiver le service pour le rendre lisible auprès du client et celle de le personnifier pour se démarquer des concurrents. Relevant de l’intérêt porté à l’écrit dans les organisations, le chapitre quatre aborde la dimension matérielle de la pratique des consultants, peu étudiée, en analysant l’usage du logiciel PowerPoint. Critiquée pour la simplification, voire la pauvreté des messages, la présentation graphique PowerPoint des diagnostics est ici analysée non comme une « opération de communication déconnectée du contenu du service », mais comme « une opération centrale dans la production des prestations » : elle vise à provoquer un cours d’action. Les consultants travaillent à anticiper les effets éventuels de leur présentation sur les acteurs, en choisissant les termes utilisés, la formalisation d’ensemble, la position des entités sur le schéma, etc. Pour éviter de compromettre le processus de changement en pointant trop directement la responsabilité d’un acteur, les consultants optent pour un schéma systémique qui attribue à un non-humain (la fusion) la cause des dysfonctionnements, tout en indiquant des axes de progrès. Si ces artifices rhétoriques sont bien connus, l’analyse montre que l’enjeu de cette mise en valeur graphique du diagnostic est non seulement le maintien du consultant dans l’intervention, mais encore la réalisation du changement lui-même. Autres artefacts destinés à la mise en valeur de la prestation, les dispositifs de reporting comme les feuilles de temps sont étudiés dans le chapitre suivant. Si l’auteur ne dément pas l’analyse critique qui montre que les consultants sont sommés de rendre des comptes sur leur activité parce que celle-ci ne parle pas d’elle-même – ce qui entretient un certain « culte de la trace » –, il met l’accent sur les marges de manœuvre que ces dispositifs offrent aux praticiens dans la relation avec le client. Les deux derniers chapitres s’intéressent à ce que font les consultants pour se façonner eux-mêmes comme objet de valeur et ainsi « s’attacher leurs clients ». Le chapitre six est consacré à la question de la « montée en compétences » du consultant, qui doit se rendre compétent et crédible sur des sujets qu’il ne maîtrise pas, incarnant la métaphore de « l’équilibriste ». Sont analysées les opérations qui permettent aux praticiens de développer un « apprentissage situé » en un minimum de temps. La mobilisation du collectif du cabinet et celle d’artefacts propres à formaliser se double de la capacité à circuler dans l’organisation et à adopter une « pensée sympathique ». C’est enfin la « production de l’autorité du consultant », c’est-à-dire sa capacité à agir et à faire agir d’autres acteurs, que le dernier chapitre cherche à saisir dans le quotidien des missions de conseil, contre les analyses critiques qui s’en tiennent aux arguments d’autorité, comme les diplômes, utilisés par les consultants pour en imposer à leurs clients. L’autorité du consultant réside en sa capacité à établir des associations avec d’autres, qui passe par son insertion dans des « chaînes de délégation » et par la mobilisation de personnes, d’artefacts ou d’entités abstraites pour donner du poids à ses actions. La difficulté de cette ultime « mise en valeur » est d’être à la fois « autorisé » par les autres pour les faire agir, tout en restant reconnu comme « l’auteur » des changements effectués. La conclusion approfondit cette notion d’« attachement » empruntée à Antoine Hennion, en présentant la mise en valeur comme un travail d’attachement : attachement des clients au consultant, attachement des propositions du consultant à un environnement sociotechnique plus large, lesquels, jamais acquis, résultent d’une performance du consultant.

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La qualité de cet ouvrage clair (bien que parfois obscurci par un usage extensif du vocabulaire de la théorie de l’acteur-réseau), rigoureux, truffé d’exemples significatifs, d’une grande finesse, son apport à la compréhension du conseil en management et plus généralement des activités de service complexes dans un cadre organisé, méritent d’être soulignée. On se risque à poser deux questions en conclusion. D’une part, sur le conseil en management lui-même, présenté comme la profession de la « pertinence » : pour qui le consultant est-il pertinent ? Le fait de prendre les « choses qui fonctionnent », évoquées en conclusion comme critère final de la valeur de la prestation, risque de naturaliser ce « fonctionnement » et d’ignorer les rapports de force qui peuvent aussi jouer un rôle dans le chemin retenu. D’autre part, si le fil directeur de la « mise en valeur » est heuristique, il suscite néanmoins une ambiguïté : on se demande parfois si l’auteur n’a pas tendance à voir le prisme de la valeur comme premier, reproduisant tant la dimension commerciale de l’activité que la critique de cette dernière, alors que, dans certaines opérations comme la montée en compétences ou la présentation graphique, la nécessité pratique de produire semble primer. Si la justification et la production sont inextricablement liées, la notion de mise en valeur ne met-elle pas trop l’accent sur les enjeux de valorisation, devant ceux de l’activité pratique ?

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Scarlett SALMAN

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LISIS, Université Paris-Est Marne-la-Vallée

Elsa GRASSY et Jedediah SKLOWER (dir.), Politiques des musiques populaires au XXIe siècle, Guichen, Éditions Mélanie Seteun, 237 p., par Lucien PERTICOZ

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« Les analyses qui extraient les musiques populaires de leur situation dans un environnement économique, sociopolitique et culturel […] se réduisent souvent à une herméneutique abstraite confinant à l’idéologie, qu’elle soit démystificatrice ou empathique » (p. 13). À travers les huit études de cas qui le composent, l’ouvrage collectif dirigé par Elsa Grassy et Jedediah Sklower ambitionne à l’inverse de donner une vision concrète et résolument contextualisée de la diversité des formes de mobilisations politiques qui traversent les musiques populaires. En partant d’enquêtes de terrain menées en Europe, aux États-Unis, au Japon et en Iran, l’objectif affiché est donc d’éviter le double écueil – déjà pointé en 1989 par Claude Grignon et Jean-Claude Passeron – de recherches alternant entre misérabilisme et populisme, dès lors qu’il est question d’analyser des pratiques culturelles considérées comme non légitimes.

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Dans la première partie de l’introduction, Jedediah Sklower revient notamment sur ce point précis et rappelle fort à propos que si les scènes musicales décrites dans l’ouvrage peuvent effectivement aboutir à l’action militante, celle-ci n’est ni obligatoire ni nécessairement progressiste dans son contenu. L’auteur entend donc « garder à l’esprit qu’il peut y avoir politique, toujours à certaines conditions, le plus souvent de façon ambiguë et précaire, sans garantie de résultats » (p. 15). Jedediah Sklower revient ensuite sur la diversité des formes de politisation des musiques populaires qui ne serait « que rarement essentiellement le fait de forces endogènes, mais au contraire d’ajustements entre mondes musicaux, monde social et politique, attentes, etc. » (p. 19), c’est-à-dire sur leur dimension fondamentalement contingente. Il insiste enfin sur le caractère non univoque de ces scènes musicales – dont il rappelle qu’elles sont traversées par de nombreux conflits – ainsi que sur la richesse des praxis sociales que cette « malléabilité » rend de ce fait possible.

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La seconde partie de l’introduction rédigée par Elsa Grassy et Jedediah Sklower s’attache pour sa part à dégager les lignes de force des huit contributions, en distinguant quatre échelles d’analyse qui sont autant de clés de lecture possibles : celle des déterminations structurelles macrosociales qui conditionnent en partie « les pratiques politiques et organisationnelles des musiques populaires » (p. 42) ; celle de « l’organisation et de l’action collectives des scènes dans l’environnement spécifique des luttes auxquelles elles participent » (ibid.) ; celle des « interactions de groupe, [de] l’espace de la communication interpersonnelle entre les membres d’une scène, qui est un enjeu politique dès l’instant où celle-ci s’organise pour exister et diffuser sa musique » (p. 44) ; enfin celle située au niveau « des carrières individuelles et des tensions intrapersonnelles qui taraudent les membres [des] communautés [analysées] » (p. 46). À cet égard, chacune des huit contributions interroge, selon les différents points de vue développés, ces quatre niveaux de détermination de l’action collective et individuelle.

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L’ouvrage est ensuite découpé en trois parties distinctes. La première regroupe des contributions de Martin Cloonan et Yauheni Kryhanouski dans lesquelles les initiatives décrites sont présentées comme explicitement porteuses d’un projet politique et clairement assumé comme tel. Martin Cloonan trace ainsi les grandes lignes de l’histoire du British Musicians’ Union, syndicat de défense des musiciens britanniques créé en 1983, qui a su, grâce à une posture relativement pragmatique vis-à-vis des employeurs de l’industrie phonographique, maintenir une position d’interlocuteur privilégié, notamment dans le cadre des négociations salariales. Cette étude est donc également l’occasion de montrer les évolutions, en Grande-Bretagne, du statut des musiciens envisagés en tant que travailleurs. De son côté, Yauheni Kryhanouski expose les logiques de politisation de la scène rock en Biélorussie depuis le milieu des années 1980 jusqu’à aujourd’hui. L’auteur souligne que la radicalité de la politisation du rock biélorusse a fluctué tout au long de la période considérée, la posture adoptée par les acteurs pouvant être imputée tant aux exigences contestataires supposées de ce genre musical qu’à la nature autoritaire – elle aussi fluctuante – du régime en place. Par ailleurs, Yauheni Kryhanouski met au jour la richesse des logiques de positionnement stratégique des acteurs interrogés, vis-à-vis de genres musicaux « concurrents » tels que les variétés locales ou encore le rock russe.

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Les contributions de la partie suivante se focalisent plus spécifiquement sur la constitution d’identités musicales participant d’une démarche plus globale de communalisation et de résistances identitaires face à différentes formes de dominations (politiques, sociales et/ou culturelles). Le texte d’Emanuele Toscano et Daniele Di Nunzio porte sur le mouvement néofasciste CasaPound Italia qui, en se réappropriant « des formes d’expression qui étaient autrefois culturellement identifiées à gauche » telles que le punk anglais (p. 111), intègre la musique dans toute une contre-culture en mesure de séduire les plus jeunes tout en tentant de renouveler les valeurs de la droite radicale italienne, contribuant ainsi à structurer une identité collective homogène et bien délimitée. Jen Semken analyse, pour sa part, différentes scènes musicales en Iran (metal, dance, hip-hop et musiques électroniques), scènes qu’elle envisage comme autant d’espaces « de liberté et d’égalité imaginées ou relatives pour leurs musiciens et fans » (p. 136), favorisant dès lors la constitution de communautés « sur le plan des émotions – sinon sur celui de l’action » (ibid.). Enfin, Renata Pasternak-Mazur montre comment le disco polo (mélange de dance music et de musique traditionnelle polonaise) est devenu l’un des genres les plus populaires (et l’un des plus profitables) de la Pologne postsoviétique, alors même qu’il est relativement ignoré par les médias traditionnels et méprisé par les élites urbaines. L’auteure envisage de ce fait le disco polo comme une représentation populaire de « l’esprit polonais » venant contester « le discours dominant façonné par une élite pro-occidentale, cosmopolite et libérale » (p. 155).

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Dans la troisième et dernière partie de l’ouvrage, les trois contributions exposent des formes d’action politique en situation portées par des musiques populaires. En s’appuyant sur les travaux d’Henri Lefebvre autour de la construction sociale de l’espace urbain, Noriko Manabe distingue quatre espaces (le web, les enregistrements, les festivals musicaux et les manifestations de rues) dans lesquels la musique est mobilisée pour exprimer l’opposition d’une majorité de la population japonaise face à la volonté du gouvernement Abe de remettre en service des réacteurs nucléaires arrêtés après la catastrophe de Fukushima, en 2011. Dans une société où prendre « fait et cause pour le mauvais camp dans une discussion politique […] [revient à risquer d’être] non seulement rejeté, mais aussi victime de harcèlement » (p. 162), l’auteur montre comment, par la musique, les citoyens japonais parviennent, dans le cadre des espaces précédemment décrits, à jouer avec les marges et à progressivement exprimer des opinions s’écartant du discours officiel. Enfin, les deux dernières contributions de Naomi Podber et d’Andrew Snyder peuvent s’envisager en complémentarité l’une de l’autre. Elles portent sur le quotidien militant de deux fanfares politisées et anticapitalistes : le Rude Mechanical Orchestra, fondé à Brooklyn en 2004, et le Brass Liberation Orchestra, créé en 2002 dans la région de la baie de San Francisco. Les auteurs ont eux-mêmes fait partie de ces fanfares et ont donc vécu de l’intérieur les opérations d’action directe où la musique participe pleinement de la stratégie ainsi que de la démarche militante. Vécus comme des vecteurs d’émancipation et d’inclusion sociale, ces mouvements entendent encourager la participation, tout en devant composer avec les difficultés liées au maintien d’un leadership qui se veut horizontal et une certaine homogénéité sociale des individus qui les composent.

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L’un des principaux mérites de l’ouvrage tient dans la diversité des études de cas présentées qui offrent un vaste panorama des formes de politisations possibles autour des musiques populaires. À cet égard, l’objectif énoncé en introduction est pleinement atteint et le lecteur pourra apprécier dans le détail (et souvent de l’intérieur) comment la musique peut être au cœur des contestations et mobilisations sociales. Malgré tout, cette indéniable richesse de l’ouvrage constitue aussi une de ses limites, les auteurs ne parvenant pas toujours à se mettre à distance d’actions dans lesquelles certains d’entre eux sont également engagés. On regrettera par ailleurs une présentation parfois un peu réductrice des acteurs de l’industrie musicale vis-à-vis desquels ces mouvements sont, à un moment ou à un autre, amenés à se positionner. La filière phonographique est elle-même traversée par de nombreuses tensions internes qui ne peuvent se résumer à la seule recherche d’une maximisation des profits. Mais ces remarques ne remettent pas en cause l’intérêt général d’un ouvrage des plus stimulants et qui permet au lecteur d’appréhender, de manière nuancée, toute la complexité de ces scènes musicales engagées sur le terrain des luttes politiques.

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Lucien PERTICOZ

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MARGE, Université Jean Moulin Lyon 3

Armand MATTELART, Communication transnationale et industries de la culture. Une anthologie en trois volumes (1970-1986), Tome 3, Paris, Presses des Mines, coll. « Matérialismes », 2015, 395 p., par Emmanuelle BRUNEEL

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Qu’est-ce qui, dans la manière dont l’homme appréhende le monde, se le représente et le vit, est lié aux divers processus (politiques, sociaux et culturels) façonnés par et dans les moyens de communication, qui les façonnent à leur tour ? Telle est, nous semble-t-il, l’une des questions structurantes à partir de laquelle Armand Mattelart a abordé ses objets de recherche tout au long de son parcours de questionnement sur l’internationalisation des échanges. Après un premier volume intitulé Communication, idéologies et hégémonies culturelles et un deuxième volume intitulé Communication, cultures populaires et émancipation, Fabien Granjon et Michel Sénécal nous livrent dans ce troisième tome, la dernière partie de leur anthologie consacrée aux écrits d’Armand Mattelart en nous donnant à lire un certain nombre de ses productions réalisées entre 1970 et 1986, ici en particulier sur les questions relatives à l’internationalisation des processus informationnels et plus généralement des productions des industries culturelles. Ce troisième tome s’inscrit dans la continuité des deux précédents avec, cette fois, une focalisation particulière sur la dimension internationale, et même plus spécifiquement transnationale, des transformations des rapports sociaux étudiés à l’aune des évolutions des moyens de communication sur cette période.

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L’approche anthologique donne un effet de compilation thématique à l’ouvrage et autorise une lecture absolument non linéaire des écrits qui y sont mis à disposition. Les propositions développées par Armand Mattelart sur le thème de la « communication transnationale » sont à la fois de portée générale et pourtant déployées sur de nombreux objets différents. La cohérence de l’ouvrage tient donc surtout à la dimension internationale des thèmes abordés. Une longue introduction de présentation de soixante pages entend resituer les diverses analyses d’Armand Mattelart dans leurs contextes tant scientifiques qu’historiques et politiques, notamment au regard des ruptures et des avancées proposées en matière de renouvellement d’une pensée critique de l’économie politique de la communication, arrimée à une approche à la fois solidement matérialiste et non décontextualisée. En effet, on y voit la pensée d’Armand Mattelart décrite, à juste titre, comme participant d’une approche matérialiste des moyens de communication héritière d’un marxisme économique revisité, comme s’inscrivant en porte-à-faux contre les propositions de la sociologie fonctionnaliste étatsunienne des médias, comme revisitant les modèles théoriques des théoriciens des industries culturelles de l’École de Francfort, comme sortant du structuralisme, et enfin comme proposant une considération nouvelle de l’impérialisme culturel à partir d’une saisie gramscienne de l’idée d’hégémonie.

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La présentation initiale est particulièrement détaillée et use de nombreuses citations des textes de l’auteur qui suivent, lesquels sont présentés comme formant un chapitre ou une entité textuelle en soi dans le présent ouvrage. Chacun des dix-huit textes présentés vaut ici pour un chapitre distinct qu’il s’agisse d’un chapitre d’ouvrage, d’un article scientifique, d’un morceau de rapport pour l’UNESCO, et sont chacun un écrit élaboré par Armand Mattelart seul ou avec d’autres. L’ordre des textes semble respecter une sorte de chronologie de parution, mais ne procède pas d’une succession logique ou linéaire au niveau des sujets abordés, il s’agit plutôt d’un ouvrage dans lequel on peut aller picorer des prolongements dans les écrits de l’auteur lui-même, à partir de la lecture de la dense restitution du parcours du chercheur, proposée en début d’ouvrage par Fabien Granjon et Michel Sénécal.

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Ainsi, cet ouvrage regroupe des productions scientifiques portant plus particulièrement sur l’internationalisation qui affecte les « industries culturelles », tentant ainsi de montrer comment Armand Mattelart a essayé de les penser comme des objets participant de logiques transnationales hégémoniques, mais aussi contre-hégémoniques. L’auteur a également travaillé à mettre au jour les logiques et les dynamiques sociopolitiques et économiques saillantes au sein des processus d’internationalisation des productions culturelles, et en particulier médiatiques, tout en les arrimant fermement à leurs conditions matérielles d’existence et de possibilité. À travers cet ouvrage, on se rend compte que les travaux d’Armand Mattelart peuvent s’avérer intéressants à mobiliser à divers égards, en particulier afin de repenser les transformations contemporaines de la circulation des objets culturels à l’échelle mondiale et afin de les réinscrire dans leur histoire récente. Les textes qui sont proposés à la lecture connotent une volonté claire du chercheur de donner à penser « la communication » à l’aune des métamorphoses qu’elle subit dès lors qu’elle s’internationalise, et ce à partir d’une saisie fine des processus sociaux et symboliques qu’elle implique et dont elle est nourrie. Armand Mattelart s’attache à saisir ces phénomènes en portant son regard sur des objets aussi diversifiés que par exemple les innovations télématiques, l’hégémonie technologique d’IBM, le héros de comics Superman, les firmes transnationales ou encore l’analyse de l’impérialisme culturel des États-Unis sur l’Amérique latine via la mainmise sur la formation des soldats des armées des dictatures.

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Les aspects biographiques qui sont présentés à la fin de l’ouvrage sont également éclairants pour mieux comprendre le contexte particulier de production scientifique de l’auteur belge : d’abord démographe, il travaille comme visiting professor de 1962 à 1965 à l’Université pontificale catholique de Santiago du Chili, puis reste encore quelques années sous d’autres casquettes au Chili où il s’aperçoit que les moyens de communication évoluent et se reconfigurent avec l’arrivée de nouvelles techniques, mais aussi de nouveaux usages sociaux et politiques de la raison démocratique. Il « retrace ainsi comment les politiques démographiques des grandes organisations internationales sont porteuses d’une vision du monde et de son devenir. Et par là, il interroge plus spécifiquement les politiques de diffusion et d’innovation comme stratégie de communication » (p. 363). Il s’intéresse alors de plus en plus finement aux processus par lesquels des forces et des formes hégémoniques étatsuniennes s’installent, via les médias de masse, dans les mentalités chiliennes pendant la période qui précède le putsch du général Pinochet en 1973. À cette date, il est contraint de s’exiler en France et dès lors, il ne cessera de tisser des liens, dans ses productions scientifiques, entre ce qu’il a observé au niveau international (en particulier au Chili) et ce qui se passe en France en termes de réception et d’appropriation des objets communicationnels. Une bibliographie complète recensant les très nombreuses publications d’Armand Mattelart complète l’ouvrage.

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Si l’ambition principale de ce troisième tome de l’anthologie consacrée à l’œuvre d’Armand Mattelart est donc de montrer la richesse d’une pensée de l’économie politique de la communication, il est parallèlement intéressant de noter que des concepts aussi féconds qu’ambigus comme « impérialisme » ou « hégémonie » sont retravaillés et remis en perspective par l’auteur au contact de ses différents terrains internationaux d’observation. De plus, la critique de l’économie politique de la communication qu’il entend mener est investie comme regard subtil sur les transformations médiatiques qui affectent la circulation transnationale des objets, des pratiques, mais aussi des manières de voir et de faire culturelles.

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Par ailleurs, l’adjectif « transnational » devient tout à fait heuristique lorsqu’il est utilisé par l’auteur en tant que dynamique problématique qui caractérise singulièrement la circulation des significations sociales, politiques et symboliques à grande échelle. Cette circulation est vue à partir de la constitution de réseaux, de la diffusion d’outils techniques, de pratiques, de savoirs sociaux et d’objets culturels et en tant qu’elle façonne des rapports hégémoniques. En effet, l’idée de « communication transnationale » caractérise ici autant les problématiques de circulations transfrontalières spécifiques que la mise en réseau télématique généralisée d’un très grand nombre de pays à l’échelle mondiale. En substance, l’ouvrage tente de nous montrer comment se singularise la pensée d’Armand Mattelart autour de la question de l’avènement de représentations du monde, vu comme espace internationalisé et irrigué de rapports de pouvoir, d’impérialismes culturels et de luttes sociales, à partir de ses analyses sur ce qui se joue dans les processus d’information et de communication.

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La richesse de la production éclectique d’Armand Mattelart résiste cependant assez mal à sa mise en compilation anthologique, d’autant plus que les morceaux choisis sont découpés de façon thématique et placés en ordre chronologique, mais ne donnent pas forcément à voir le mouvement de la mise en place de la pensée de l’auteur sur ces questions transnationales. Aussi, de nombreux textes traitant pourtant de sujets différents semblent assez redondants au niveau de ce qu’ils apportent d’éclairage sur la « manière de faire scientifique » d’Armand Mattelart. Aussi, bien que ce format de l’anthologie offre la possibilité de donner à lire un certain nombre d’extraits de textes épars et parfois difficiles d’accès, car peu traduits (ce que l’ouvrage a le mérite de pallier), on peut pointer quelques limites. D’abord le fait qu’il s’agisse d’une compilation de textes issus d’une certaine période de réflexion de l’auteur (1970-1986), puis le fait qu’ils soient sélectionnés comme porteurs de la problématique transnationale, le tout sans s’attarder sur les mouvements théoriques et méthodologiques qui animent la démarche de l’auteur. Finalement, la mise bout à bout de ces différents textes (dont des morceaux d’ouvrage présentés dans le désordre par rapport à leur lieu éditorial d’extraction) ne donne pas forcément un tout, car la logique à l’œuvre ne dépasse pas une démarche compilatrice, toute cohérente soit-elle par ailleurs. Sont finalement proposés dans cet ouvrage, des « moments » – mis en scène comme tels avec au début de chaque texte proposé un geste éditorial de contextualisation avec sa date et son espace éditorial de première publication. Enfin, l’ouvrage semble surtout vouloir montrer à quel point son regard était situé au cœur des transformations communicationnelles de son époque et par là même rendre une forme d’hommage à une personnalité riche d’éclairages sur les transformations de son temps.

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Emmanuelle BRUNEEL

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CELSA, Université Paris Sorbonne, GRIPIC

François JOST, Les nouveaux méchants. Quand les séries américaines font bouger les lignes du Bien et du Mal, Paris, Bayard, 2015, 281 p., par Julie ESCURIGNAN

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« Les “nouveaux méchants” ne sont pas nés méchants, ils le sont devenus, et c’est cette transformation qui nous passionne » (p. 14). Dans cet ouvrage, François Jost analyse le développement des « nouveaux méchants », ces êtres au comportement répréhensible et pourtant héros de certaines productions sérielles contemporaines. L’auteur nous livre ici des clés de compréhension du succès de ces personnages et des séries qui les mettent en avant. En effet, le protagoniste au centre de l’action de certaines séries n’est plus ce que Jost appelle le « héros monolithique », mais le « méchant », « cet être dont nous n’approuverions sûrement pas le comportement si nous le rencontrions dans la vie réelle » (p. 11). Ainsi, le chercheur centre son étude sur trois séries télévisées américaines : Deadwood, Dexter et Breaking Bad. Elles ont pour particularités d’avoir pour personnage principal un « nouveau méchant », mais également d’être terminées, ce qui permet à Jost d’analyser l’ensemble de l’œuvre et l’évolution des héros. À travers ce travail, Jost montre que la création de ces « nouveaux méchants » va de pair avec la dissolution de la notion de communauté et la remise en cause du rêve américain.

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Les trois premiers chapitres de cet ouvrage examinent les séries Deadwood, Dexter et Breaking Bad, et en particulier leurs héros « méchants ». Jost y montre que « l’évaluation du mal varie selon les personnages et ne fait pas consensus » (p. 18). Deadwood revisite sans complaisance l’histoire de l’Ouest américain et du western. La série décrit des personnages qui s’affrontent sur le sens qu’ils donnent à la loi. Ainsi, c’est sur l’émergence d’une communauté et la naissance du capitalisme que se centre la narration. Dans la série éponyme, Dexter est, quant à lui, inadapté socialement : il n’est en phase avec aucune communauté. La série avance qu’on ne naît pas méchant, mais qu’on le devient. Dexter tue, car il y a des failles dans le système judiciaire américain. Le méchant a donc ici une utilité sociale. Dexter est symptomatique d’une crise de confiance envers les institutions. La série Breaking Bad touche, elle, un troisième pilier vacillant de la société américaine : le système de santé. C’est la défaillance du système de santé qui sert de justification au comportement du héros « méchant » Walter White. Breaking Bad poursuit la description du capitalisme initiée par Deadwood tout en soulignant cette fois qu’il est facteur de destruction de la famille, cette « communauté initiale » dans la société américaine. Si Dexter décrit un « état » (celui de serial killer), Breaking Bad met en évidence une transition, un « devenir mauvais » (p. 113). Dans Breaking Bad, tous les personnages ont une part de méchanceté qui s’accentue au cours de la série.

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Dans le chapitre 4, l’auteur réalise une « anatomie du Mal » dans laquelle il montre que les critères moraux varient culturellement. Jost développe un questionnement sur les liens entre méchanceté et déterminisme (sommes-nous méchants ou le devenons-nous ?) et sur ceux entre méchanceté et morale (la méchanceté relève-t-elle d’un manque de morale ou d’une logique que nous ne connaissons pas ?). L’auteur oppose les morales déontologiques (chrétienne et kantienne) à la morale utilitariste très présente aux États-Unis. La lutte entre ces deux types de morales est au centre de la définition de la méchanceté : dans une morale utilitariste, un héros « méchant » qui agit pour le bien de la société peut être excusable, alors que dans la morale déontologique, le fait d’être « méchant » est automatiquement condamnable. Ainsi, le jugement que l’on porte sur la méchanceté et les méchants est intrinsèquement culturel. Le chapitre 5 est centré sur le mensonge et sa place capitale dans l’économie de la méchanceté. Pour Jost, le mensonge est la « condition de survie » de ces « nouveaux méchants ». Il entre dans la stratégie des méchants, soit a posteriori des actions comme justification, soit a priori comme « partie d’un plan ». Le mensonge est ici encore jugé en fonction de la morale adoptée : dans une vision utilitariste, il peut être justifiable s’il permet d’atteindre un plus grand bien, alors que dans une morale déontologique il est toujours mauvais. Dans les séries récentes, le mensonge occupe une place importante du fait de ses vertus narratives : il permet de créer du récit et met le spectateur dans la confidence, rapprochant ainsi spectateur et personnage.

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Dans le chapitre 6, Jost se demande comment nous pouvons nous attacher à des héros qui font le mal. Il se tourne vers Edgar Morin, pour qui la participation affective du spectateur dans un film se fait via un phénomène de « projection-identification ». Jost identifie ce qu’il nomme les « trois masques du personnage » qui sont des portes d’accès au protagoniste et à ses actes via ses différentes identités (professionnelle, familiale et personnelle). Ainsi, la projection-identification dans un personnage n’est pas totale, et ce n’est pas parce que nous comprenons un personnage que nous l’approuvons. En tant que spectateurs, nous pouvons donc nous rapprocher du personnage via une relation d’empathie, qui est une compréhension de ses intentions, ou via une relation de sympathie, qui sous-tend un attachement plus personnel. Quand il y a incapacité d’éprouver de l’empathie ou de la sympathie pour un personnage, c’est que ce dernier n’est pas humain. Ainsi, ce sont ces relations d’empathie et de sympathie que nous tissons avec les personnages qui font que nous aimons ces héros « méchants ». Dans le dernier chapitre, l’auteur analyse le discours audiovisuel de la méchanceté. Jost considère ici le Mal sous un angle esthétique. Pour lui, le spectateur des séries qui mettent en scène ces « nouveaux méchants » doit prendre en compte l’élaboration visuelle de la violence. Les caractéristiques qui différencient une représentation supportable d’une représentation insupportable des crimes sont la quantité de sang répandu et la qualité de la mise en scène. L’auteur étudie les détails audio-visuels des productions sérielles (images, dialogues, sons, musique ou encore titre des épisodes), car ils participent de la qualité d’œuvre des séries tout en orientant le spectateur vers une interprétation globale de celles-ci.

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Pour François Jost, un héros méchant est le plus souvent un meurtrier. Mais même pour les serial killers, une différence peut être établie entre les good bad guys, ces méchants qui œuvrent pour le bien commun, et les Maîtres du Mal, qui n’ont en tête que leur propre intérêt. La réapparition des good bad guys est la preuve d’un affaiblissement des institutions et d’un manque de confiance des citoyens envers la loi. Ce qui distingue ces « nouveaux méchants » des méchants traditionnels, c’est qu’ils ne sont pas monolithiques : « ils ne sont pas méchants partout, dans toutes les sphères de leur vie privée et publique » (p. 278).

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L’ouvrage du chercheur est essentiel dans une littérature scientifique française où les séries télévisées n’occupent encore que trop peu de place. Grâce à une fine analyse sérielle, l’auteur réussit à montrer les ressorts du succès de ces héros d’un nouveau genre qu’il qualifie de « nouveaux méchants ». Pourquoi les méchants attirent-ils ? Comment se fait-il que nous aimions tant des séries dont les héros ne sont pas des modèles de vertu ? A contrario d’une certaine doxa populaire, on ne peut imputer tous les maux à la télévision, aux jeux vidéo ou à une génération qui serait plus habituée à la violence. Ce que montre Jost est à l’opposé de ces idées préconçues : c’est la vacillation du rêve américain, due notamment à une dissolution du sens de communauté et à une perte de confiance dans les institutions, qui permet au Mal de s’installer et à ces héros d’exister. Et si ces derniers nous parlent tant en Europe également, c’est qu’ils sont le symptôme d’un Mal plus global, d’une méfiance envers les institutions à l’échelle occidentale. Plus qu’une simple analyse médiatique, ce livre est une véritable alerte lancée à notre modèle démocratique.

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De fait, on trouve de plus en plus de « nouveaux héros » à la télévision et au cinéma aujourd’hui. Ces héros ne sont pas toujours des « nouveaux méchants », mais ils ne sont plus des « anciens gentils ». Ils ne sont plus ni tout à fait des boy-scouts à la Superman ni des sociopathes sans foi ni loi comme le Joker, mais des personnages tout en nuances en gris. Les protagonistes sériels sont aujourd’hui complexes, à l’image de ces séries télévisées qualifiées de « Complex TV ». Au-delà d’un questionnement sur nos institutions et le fonctionnement de notre modèle politique, ces séries nous poussent à réfléchir sur nos sociétés en tant que telles : sommes-nous tellement plus torturés, insatisfaits et pessimistes qu’il nous faille des héros de l’ombre ? Quel type d’espoir ces héros véhiculent-ils ? Que nous disent-ils sur nous-mêmes ?

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En tant que « miroir obscur » de la réalité occidentale, ces séries résonnent en nous et nous « interrogent sur la société dans laquelle nous vivons » (p. 20).

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Julie ESCURIGNAN

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University of Roehampton, London

Titres recensés

  1. Alaric BOURGOIN, Les Équilibristes. Une ethnographie du conseil en management. Paris, Presses des Mines, coll. « Sciences sociales », 2015, 308 p., par Scarlett SALMAN
  2. Elsa GRASSY et Jedediah SKLOWER (dir.), Politiques des musiques populaires au XXIe siècle, Guichen, Éditions Mélanie Seteun, 237 p., par Lucien PERTICOZ
  3. Armand MATTELART, Communication transnationale et industries de la culture. Une anthologie en trois volumes (1970-1986), Tome 3, Paris, Presses des Mines, coll. « Matérialismes », 2015, 395 p., par Emmanuelle BRUNEEL
  4. François JOST, Les nouveaux méchants. Quand les séries américaines font bouger les lignes du Bien et du Mal, Paris, Bayard, 2015, 281 p., par Julie ESCURIGNAN

Pour citer cet article

« Notes de lecture », Réseaux, 6/2016 (n° 200), p. 243-257.

URL : http://www.cairn.info/revue-reseaux-2016-6-page-243.htm
DOI : 10.3917/res.200.0243


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