Accueil Revues Revue Numéro Résumé

Réseaux

2018/2 (n° 208-209)

  • Pages : 312
  • Affiliation : Revue précédemment éditée par Lavoisier

    Revue soutenue par l'Institut des Sciences Humaines et Sociales du CNRS

    Numéros antérieurs disponibles sur www.persee.fr

  • ISBN : 9782348036071
  • DOI : 10.3917/res.208.0121
  • Éditeur : La Découverte

ALERTES EMAIL - REVUE Réseaux

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 121 - 145 Article suivant

Résumé

Français

Est-ce que Facebook sert à développer un capital social ? Cette question est abordée ici à partir des pratiques des adolescents de milieu populaire, rencontrés lors d’interventions en classe et d’entretiens individuels. Le point de départ consiste à envisager la construction du capital social à l’âge du web, c’est-à-dire avec un univers de contenus et de relations accessibles sans l’initiation des parents et sans contrainte géographique. Malgré cette utopique ouverture, on constate que l’enchevêtrement de relations hétérogènes, de la famille aux « ex », et la publicisation des interactions associées sur le mur conduit à risquer de « se faire afficher » et incite les adolescents à activer les liens forts plus que les rencontres. De même, les contenus partagés sur Facebook s’homogénéisent pour signifier ses liens aux pairs, la curiosité ne pouvant se déployer qu’adossée à une passion. La plateforme referme donc les possibilités d’explorations et d’expérimentations nécessaires à l’adolescence pour confirmer une place sociale, à travers les affinités et la convergence des goûts.

Mots-clés

  • réseaux sociaux
  • réseaux socio-numériques
  • pratiques juvéniles
  • Facebook

English

When a network confirms one’s place in societyHow working-class teenagers use Facebook Is Facebook used to develop social capital? This question is approached here on the basis of the practices of adolescents from working-class backgrounds, met during classroom interventions and individual interviews. The starting point was to consider the construction of social capital in the age of the Web, where a plethora of contents and relationships are accessible without being introduced by parents and without geographical constraints. Despite this utopian openness, we have seen that the entanglement of heterogeneous relationships, from the family to the «exes», and the publicity of interactions displayed on the wall lead to the risk of being «exposed». It actually encourages adolescents to foster strong ties more than casual encounters. Likewise, the contents shared on Facebook are homogenized in order to show one’s bond with one’s peers, and curiosity can only unfold if it is backed by a passion. The platform thus blocks the possibilities of exploration and experimentation that are necessary to adolescents, and instead confirms a social place, through affinities and the convergence of tastes.

Keywords

  • social networks
  • digital social networks
  • juvenile practices
  • Facebook

Plan de l'article

  1. « Madame Facebook » : une sociologue dans un lycée populaire
  2. Utiliser Facebook : de l’autonomie à l’expérience
    1. Se créer un compte, un gage d’autonomie permis par la famille et les aînés
    2. Des usages basés sur des expériences distanciées et évolutives
  3. Les amitiés à l’épreuve des interactions publiques
    1. Faut-il connaître tous ses amis sur Facebook ?
    2. Les interactions publiques : éprouver sa place dans son réseau
  4. Le cas général de la circulation des contenus, un cas spécifique d’exploration
    1. « On est tous pareils »
    2. L’approfondissement d’une passion
  5. Conclusion
© 2010-2018 Cairn.info
Chargement
Connexion en cours. Veuillez patienter...