CAIRN.INFO : Matières à réflexion

Introduction

1La notion de sécurité des patients reçoit actuellement une attention particulière autour du monde car considérée comme un droit humain. Parmi les indicateurs de cette sécurité, on distingue la fréquence des évènements indésirables survenus chez les patients hospitalisés. La détection et l’analyse systématique des évènements indésirables (EI) liés aux soins sont devenues un sujet d’étude important en matière d’amélioration continue de la qualité des soins et de gestion des risques à l’hôpital, surtout qu’ils constituent la troisième cause de décès dans les hôpitaux américains alors qu’ils sont évitables [1-4].

2En France, une étude nationale sur les évènements indésirables liés aux soins (ENEIS), réalisée en 2004, a montré une densité d’incidence des EI survenant au cours de l’hospitalisation de 6,6/1 000 jours d’hospitalisation, dont 2,3/1 000 jours d’hospitalisation auraient pu être évités selon l’expertise médicale [4].

3Ces événements représentent non seulement un problème de sécurité et de qualité des soins pour les patients, mais aussi un problème économique, leurs conséquences financières étant considérables [5].

4Une étude réalisée dans 26 hôpitaux de huit pays en développement au Moyen-Orient et en Afrique, incluant la Tunisie, a fourni des preuves sur l’étendue et la nature des EI [6]. Ses résultats, place la sécurité des patients parmi les principales préoccupations pour le programme de politique de santé dans ces pays. Ceci a été confirmé par d’autre études réalisées en Tunisie [7, 8]. Toutefois, ces études restent parcellaires.

5Dans le centre hospitalo-universitaire (CHU) Sahloul, hôpital à vocation chirurgicale, l’incidence des EI est inconnue ; on dispose de très peu de données épidémiologiques sur les différentes formes qu’ils peuvent prendre et les facteurs qui contribuent à leur occurrence, et surtout les conséquences qui peuvent en découler.

6C’est dans ce cadre que s’inscrit notre travail qui avait pour objectifs de déterminer l’incidence des EI à l’hôpital Sahloul ainsi que leurs conséquences et d’étudier les facteurs associés à leur occurrence.

Méthode

Lieu, type et population d’étude

7Nous avons mené une étude observationnelle longitudinale dans les services hospitaliers du CHU Sahloul de Sousse sur une période de trois mois du 1er juin au 31 août 2016.

8La capacité de l’hôpital Sahloul était de 690 lits avec 297 082 consultations et 26 119 admissions en 2016.

9Trois services chirurgicaux (services de chirurgie orthopédique, d’urologie et de neurochirurgie) et cinq services médicaux (services de gastrologie, de néphrologie, de pédiatrie, de médecine physique et de réanimation médicale) ont accepté volontairement de participer à l’étude.

10Ont été inclus les patients hospitalisés pendant plus de 48 heures, durant la période de l’étude. N’ont pas été inclus les patients hospitalisés dans le service des urgences et l’hôpital de jour, et les patients ayant présenté un évènement indésirable en dehors de l’hospitalisation.

Définition opérationnelle des variables

11Un événement indésirable est défini comme étant un évènement clinique ou para clinique, non désirée (défavorable) pour le patient, imputable aux soins (stratégies et actes de traitement, de diagnostic, de prévention et de réhabilitation) et non à l’évolution naturelle de la maladie [9-12]. Pour la détection d’un EI, nous nous sommes référés à un certain nombre de critères, testés, validés dans la littérature [4, 13-15] et adaptés aux objectifs de notre étude. Un EI était suspecté lorsqu’au moins un de ces onze critères, était présent : présence d’une infection nosocomiale, une réadmission non programmée en relation avec la prise en charge antérieure, une chute de lit, une allergie médicamenteuse, une ré-intervention non programmée, un transfert en réanimation, une erreur de dispensation médicamenteuse, une erreur de prescription, une hémorragie ou une thrombose, la présence d’escarres, un déficit neurologique.

Collecte des données

12Le recueil a été réalisé par l’intermédiaire d’une fiche pré-testée remplie, à chaque passage aux services, par des médecins préalablement formés à la méthodologie de recueil, par l’interrogatoire du patient, la consultation de son dossier médical et l’entretien avec l’équipe soignante.

13Les données recueillies étaient relatives aux caractéristiques générales du patient (âge, sexe, …), son profil clinique à l’admission (antécédent médicaux, antécédents d’hospitalisation, immunodépression, …) et les caractéristiques de l’admission (programmée ou en urgence). D’autres variables ont été recueillies lors de chaque passage, telles que l’exposition aux procédures de soins invasifs diagnostiques ou thérapeutiques (chirurgie, biopsie…), aux dispositifs médicaux (cathéter veineux périphérique, sonde urinaire…) et aux produits de santé (médicaments, produits de réhydratation, produits sanguins et produits diététiques).

Considérations éthiques

14Les données collectées étaient strictement confidentielles. Le protocole de recherche ne nuisait ni à la santé, ni à la sécurité ou à la vie privée des patients.

Analyse statistique des données

15Après validation des fiches de recueil, les données ont été saisies et analysées à l’aide du logiciel de statistique SPSS (version 20.0, SPSS Inc, Chicago, IL, USA). Les variables quantitatives ont été représentées sous forme de moyennes plus ou moins écart-type, et les variables qualitatives ont été exprimées en fréquences. Nous avons utilisé le test chi² pour comparer des pourcentages et le test t de Student pour comparer deux moyennes. Toutes les variables, ayant un degré de signification ≤ 20 %, lors de l’analyse univariée, ont été incluses dans l’analyse multi-variée. Cette dernière a été réalisée selon le modèle de régression logistique binaire descendante pas à pas. Le seuil de signification a été fixé à 5 %.

Résultats

Description de la population d’étude

16Durant la période d’étude, 1 357 patients ont été colligés. L’âge moyen de notre population était de 43,5 ± 25,3 ans avec des extrêmes allant de 1 à 99 ans. Une prédominance masculine a été notée (59 %). Presque les deux-tiers (n = 878) étaient hospitalisés dans des services chirurgicaux. La durée moyenne d’hospitalisation était de 6,8 ± 3,5 jours. Presque un-quart des patients (n = 312) étaient hospitalisés plus de deux semaines.

17Les facteurs de risque extrinsèques étaient présents chez 1 288 patients. La prise de médicaments durant l’hospitalisation et la pose d’un cathéter veineux périphérique étaient les plus fréquents (87,3 et 79,8 % respectivement). Les caractéristiques des patients sont illustrées dans le tableau I.

Tableau I

Répartition des patients selon leurs caractéristiques générales (n = 1 357)

EffectifsFréquence relative (%)
Genre
 Masculin80159
 Féminin55641
Âge
 ≤ 2029621,8
 21-6467649,8
 ≥ 6538528,4
Présence d’un facteur de risque intrinsèque
 Cardio-vasculaire29021,4
 Diabète19814,6
 Immunodépression775,7
 Respiratoire614,5
Présence d’un facteur de risque extrinsèque
 Prise médicamenteuse1 18487,3
 CVP1 08379,8
 Hydratation63947,1
 Intervention chirurgicale34525,4
 Sonde urinaire29521,7
 Biopsie14510,7
 Transfusion836,1
 Prothèse775,7
 CVC564,1
 Trachéotomie70,5
Durée d’hospitalisation (jours)
 1-755040,5
 8-1449536,5
 > 1431223

Répartition des patients selon leurs caractéristiques générales (n = 1 357)

Incidence des évènements indésirables

18Durant la période d’étude, 168 EI ont été identifiés chez 131 patients, ce qui correspondait à une incidence des EI de 12,4 % (IC à 95 % : [7,41-17,38]) et une incidence des patients atteints de 9,7 % (IC 95 % : [4,63-14,76]). La densité d’incidence des EI était de 1,8 évènement pour 100 jours d’hospitalisation.

19La réanimation médicale (28,6 %) était significativement la plus touchée par ce type d’évènement, suivie par les services médicaux (15,1 %) (p = 0,001).

20Tous les EI recensés ont été classés selon leur représentation clinique. Les infections nosocomiales occupaient le premier rang des EI avec une proportion de 43,4 % et une incidence de 5,8 %, suivies par la réadmission non programmée en relation avec la prise en charge antérieure (12,5 %) avec une incidence de 1,5 % (tableau II).

Tableau II

Répartition des évènements indésirables selon leur type

Type d’EI% patients
n = 1 357
% EI
n = 168
% patients atteints
n = 131
Infection nosocomiale (n = 73)5,843,555,7
Réadmission non programmée (n = 21)1,512,516
Chute de lit (n = 16)1,29,512,2
Allergie médicamenteuse (n = 13)17,710
Réintervention (n = 12)0,97,19
Transfert en réanimation (n = 6)0,43,64,6
Erreur de dispensation médicamenteuse (n = 6)0,43,64,6
Hémorragie/thrombose (n = 5)0,3633,8
Escarres (n = 3)0,221,82,3
Erreur de prescription médicamenteuse (n = 2)0,11,21,5
Déficit neurologique (n = 2)0,11,21,5
Autres (n = 9)6,65,36,9

Répartition des évènements indésirables selon leur type

21Dans notre étude, les EI étaient responsables d’une prolongation du séjour hospitalier dans 32,1 % des cas, d’une incapacité physique dans 7,6 % des cas et d’un engagement du pronostic vital dans 5,3 % des cas. Par ailleurs, quatre cas de décès, soit 3,8 % des cas y ont été rattachés.

Analyse des facteurs de risque de survenue des évènements indésirables

22L’analyse univariée a mis en évidence une association significative entre l’occurrence d’un EI, d’une part, et la présence d’un problème respiratoire, une immunodépression, une intervention chirurgicale, la pose d’un cathéter veineux central (CVC), d’une sonde urinaire, la trachéotomie, la transfusion, la prise médicamenteuse et la mise en place d’une prothèse, d’autre part (tableau III).

Tableau III

Analyse univariée des facteurs associés à la survenue des évènements indésirables

FacteurEI
n (%)
Pas d’EI
n (%)
RR [IC à 95 %]p
Âge (ans)
Moyenne ± écart-type
44 ± 2443,5 ± 251 [0,99-1,01]0,85
SexeHomme
Femme
77 (9,6)
54 (9,7)
724 (90,4)
502 (90,3)
0,99 [0,69-1,43]0,95
CardiovasculaireOui
Non
32 (11)
99 (9,3)
258 (89)
968 (90,7)
1,2 [0,8-1,85]0,37
RespiratoireOui
Non
14 (23)
117 (9)
47 (77)
1 179 (91)
3 [1,6-5,61]< 10–3
DiabèteOui
Non
26 (13,1)
105 (9)
172 (86,9)
1 054 (91)
1,52 [0,96-2,4]0,07
ImmunodépressionOui
Non
17 (22)
114 (9)
60 (78)
1 166 (91)
2,9 [1,64-5,13]< 10–3
Intervention chirurgicaleOui
Non
50 (14,5)
81 (8)
295 (85,5)
931 (92)
1,94 [1,38-2,84]< 10–3
BiopsieOui
Non
10 (6,9)
121 (10)
135 (93,1)
121 (90)
0,67 [0,34-1,3]0,23
CVPOui
Non
104 (9,6)
27 (9,9)
979 (90,4)
247 (90,1)
0,97 [0,62-1,52]0,9
CVCOui
Non
20 (35,7)
111 (8,5)
36 (64,3)
1 190 (91,5)
5,9 [3,3-10,6]< 10–3
Sonde urinaireOui
Non
40 (13,6)
91 (8,6)
255 (86,4)
971 (91,4)
1,6 [1,1-2,5]0,01
TrachéotomieOui
Non
5 (71,4)
126 (9,3)
2 (28,6)
1 224 (90,7)
24,3 [4,7-126,5]< 10–3
HydratationOui
Non
71 (11,1)
60 (8,4)
568 (88,9)
658 (91,6)
1,37 [0,95-1,97]0,08
TransfusionOui
Non
21 (25,3)
110 (8,6)
62 (74,7)
1 164 (91,4)
3,58 [2,1-6,1]< 10–3
Mesures diététiquesOui
Non
11 (14,7)
120 (9,4)
64 (85,3)
1 162 (90,6)
1,66 [0,85-3,24]0,13
Prise médicamenteuseOui
Non
123 (10,4)
8 (4,6)
1 061 (89,6)
165 (95,4)
2,39 [1,15-4,98]0,016
Mise en place d’une prothèseOui
Non
13 (16,9)
118 (9,2)
64 (83,1)
1 162 (90,8)
2 [1,07-3,74]0,027

Analyse univariée des facteurs associés à la survenue des évènements indésirables

23Cependant, l’intervention chirurgicale, le CVC, la trachéotomie, la transfusion et la prise médicamenteuse, ont été identifiés comme des facteurs indépendants de la survenue d’un EI (tableau IV).

Tableau IV

Analyse multi-variée des facteurs associés à la survenue des évènements indésirables

FacteurRR brutIC à 95 %RR ajustéIC à 95 %p
Intervention chirurgicale (n = 345)1,94[1,38-2,84]1,68[1,11-2,54]0,013
CVC (n = 56)5,9[3,3-10,6]4,1[2,1-8]< 10–3
Trachéotomie (n = 7)24,3[4,7-126,5]21,8[3,7-127,8]0,001
Transfusion (n = 83)3,58[2,1-6,1]2,1[1,16-3,87]0,014
Prise médicamenteuse (n = 1 184)2,39[1,15-4,98]2,2[1,04-4,7]0,04

Analyse multi-variée des facteurs associés à la survenue des évènements indésirables

Méthode : régression logistique pas à pas descendante.
Paramètres du modèle initial : Toutes les variables, ayant un degré de signification ≤ 20 % lors de l’analyse univariée.

Discussion

24La surveillance des EI peut constituer une démarche pertinente dans l’évaluation des pratiques professionnelles visant à améliorer la prise en charge des patients. Malgré les efforts déployés depuis plus d’une dizaine d’années pour améliorer la sécurité des patients, les progrès restent désespérément lents et l’incidence des EI ne semble pas diminuer avec le temps [16]. En effet, les enquêtes sur les EI, mis en place dans les hôpitaux dans les pays développés et en développement en utilisant de grands échantillons représentatifs, ont montré des résultats convergents [6-8, 10, 13, 17-25] (tableau V). En effet, cette différence de fréquences entre les différents pays et même au sein d’un même pays pourrait être expliquée par la différence des lieux de déroulement des études. Plusieurs études ont été réalisées dans un seul hôpital, comme celles réalisées en Tunisie, en Italie et en Suède [7, 8, 21-23], alors que d’autres études étaient multicentriques, comme celle réalisée par Wilson et al. [6] où l’on constatait que les fréquences variaient de 2,5 à 18,4 %.

Tableau V

Fréquences, types et conséquences des EI dans les différentes études

Tableau V
Premier auteur, (année de publication), pays Lieu d’étude, taille de l’échantillon Type d’étude Fréquence des EI observée Type des EI Conséquences des EI Wilson et al. (2012) Égypte, Jordanie, Kenya, Maroc, Tunisie, Soudan, Yémen, Afrique du Sud [6] 26 hôpitaux ; pédiatrie ; obstétrique ; hôpital de santé publique ; hôpital universitaire (n = 15,548) Rétrospective 8,2 % (variant entre les pays de 2,5 à 18,4 %) Erreur thérapeutique (34 %), diagnostique (18 %), opératoire (17 %), obstétricale (8 %), néonatal (7 %), procédures non chirurgicales (5 %), liée au traitement (4 %), fractures (3 %), chutes (2 %), anesthésie (2 %) • Atteinte minimale (< 1 mois) : 32 % • Atteinte modérée (1-12 mois) : 16 % • Incapacité permanente : 12 % • Décès : 30 % Letaief et al. (2010) Monastir, Tunisie [7] 1 hôpital universitaire ; 18 unités (n = 620) Rétrospective 10 % (62 EI) • Liées à une intervention chirurgicale ou invasive (54,8 %), erreurs thérapeutiques (20,9 %), erreurs diagnostics (12,9 %) • Liées aux médicaments (6,5 %), autres (4,9 %) • Atteinte minimale (< 1 mois) : 16,1 % • Atteinte modérée (1-12 mois) : 56,5 % • Incapacité permanente : 6,4 % • Décès : 21 % Bouafia et al. (2013) Sousse, Tunisie [8] 1 hôpital universitaire ; 14 unités (n = 1 428) Prospective 11,3 % (162 EI) • Infections nosocomiales (45 %) • Métabolique et hydroélectrolytique (13 %) • Hémodynamique (13 %) • Mécanique (10,5 %) • Immuno-allergique (6,8 %) • Thrombo-hémorragique (6,2 %) • Autres (5,5 %) • Prolongation de la durée de séjour (61,7 %) • Mise en jeu du pronostic vital (26 %) • Incapacité physique (3 %) • Décès (9,3 %) Vincent et al. (2001) Grande-Bretagne [10] 2 hôpitaux ; médecine générale, chirurgie générale, orthopédie, obstétrique (n = 1 014) Rétrospective 10,8 % (119 EI) • Médecine générale (9,2 %) • Chirurgie générale (16,2 %) • Obstétrique (4 %) • Orthopédie (14,4 %) • Atteinte minimale : 66 % • Atteinte modérée : 19 % • Incapacité permanente : 6 % • Décès : 8 % Kable et al. (2002) Australie [13] 28 hôpitaux ; chirurgie (n = 5 432) Rétrospective 21,9 % (1190 EI) Liés à l’opération (74,9 %), infection du site opératoire (2,1 %), saignement (1,4 %), embolie (0,3 %), pneumonie (0,2 %) • Atteinte minimale : 46,9 % • Atteinte modérée : 36,1 % • Incapacité permanente : 17 % • Décès : 4 % Albolino et al. (2017) Italie [18] 4 hôpitaux universitaires et 32 hôpitaux régionaux (n = 11 293) Rétrospective 5,3 % dans les hôpitaux universitaires 1,8 % dans les hôpitaux régionaux • Médecine (40,7 %) • Chirurgie (41 %) • Obstétrique (5,9 %) • Urgences (6,5 %) • Soins intensifs (4,4 %) • Prolongation du séjour : 73,9 % • Incapacité physique : 69,7 % • Décès : 88,5 % Sousa et al. (2014) Portugal [19] 3 hôpitaux ; unités de soins intensifs (n = 1 669) Rétrospective 11,1 % (186 EI) Liés à l’intervention chirurgicale (27 %), erreurs médicamenteuses (18,3 %), infections nosocomiales (12,2 %) • Atteinte minimale (< 1 mois) : 61 % • Atteinte modérée (1-12 mois) : 4,1 % • Incapacité permanente : 5,7 % • Décès : 10,8 %

Fréquences, types et conséquences des EI dans les différentes études

tableau im2
Zeeshan et al. (2014) États-Unis [20] 3 hôpitaux ; services chirurgicaux (n = 82 784) Rétrospective 6,5 % (6 856 EI) • Gestion des soins (20,8 %) • Transfusions (11,3 %) • Chutes (8,5 %) • Erreurs médicamenteuses (19,2 %) • Procédures invasives (17,8 %) Non mentionné Sommella et al. (2014) Italie [21] 1 hôpital (n = 1 501) Rétrospective 3,3 % (46 EI) Non mentionné Non mentionné Rutberg et al. (2014) Suède [22] 1 hôpital universitaire (n = 960) Rétrospective 20,5 % (271 EI) • Services chirurgicaux : infections nosocomiales (47 %), lésions chirurgicales (31 %), erreurs médicamenteuses (6 %), escarres (5 %), thromboses (2 %), saignement (3 %), autres (6 %) • Services médicaux : infections nosocomiales (39 %), lésions chirurgicales (8 %), chutes (3 %), erreurs médicamenteuses (24 %), escarres (12 %), thromboses (4 %), saignement (1 %), autres (9 %) Prolongation de la durée de séjour Grira et al. (2015) Tunisie [23] 1 hôpital, service de médecine interne (n = 500) Rétrospective 5,2 % (26 patients) • Erreurs médicamenteuses (73 %) • Infections nosocomiales (19 %) • Procédures non chirurgicales (4 %) • Escarres (4 %) • Prolongation du séjour : 27 % • Incapacité physique : 15,4 % • Réadmission : 42,9 % des hospitalisations sont liées à un EI Aranaz-Andres et al.(2009) Espagne [24] 24 hôpitaux, tous les services (n = 5 624) Rétrospective 9,3 % (525 patients, 655 EI) • Médication (37,4 %) • Infections nosocomiales (25,3 %) • Liées aux procédures (25 %), liées aux soins (7,6 %), liées au diagnostic (2,7 %), autres (1,8 %) • Mineures : 45 % • Modérées : 39 % • Sévères : 16 % • Prolongation durée séjour : 31,4 % • Décès : 4,4 % Akbari et al. (2015) Iran [25] 4 hôpitaux : médecine, chirurgie générale, urologie, orthopédie, unité de soins intensifs, gastrologie, ophtalmologie, pédiatrie et santé maternelle (n = 1 162) Rétrospective 7,3 % durant l’hospitalisation (3,7 % des patients présentaient un EI avant l’admission) Allergie médicamenteuse (26,6 %), infection post-opératoire (19,5 %), escarres (13,3 %), infections nosocomiales (10,2 %), complications procédurales (10,2 %) • Atteinte minimale (< 1 mois) : 73,4 % • Atteinte modérée (1-12 mois) : 21,2 % • Atteinte sévère : 3,9 % • Décès : 0,8 % Notre étude, Sousse, Tunisie 1 hôpital universitaire ; 8 unités (n = 1 357) Prospective 12,4 % (168 EI) Infections nosocomiales (43,5 %), réadmission non programmée (12,5 %), chute (9,5 %), allergie médicamenteuse (7,7 %), réintervention (7,1 %), transfert en réanimation (3,6 %), erreur de dispensation médicamenteuse (3,6 %), hémorragie/thrombose (3 %), escarres (1,8 %), erreur de prescription médicamenteuse (1,2 %), déficit neurologique (1,2 %), autres (5,3 %) • Prolongation du séjour hospitalier : 32,1 % • Une incapacité physique : 7,6 % • Engagement du pronostic vital : 5,3 % • Décès : 3,8 %

25Malgré l’existence de divers registres nationaux permettant l’identification des EI, comme le « US Food and Drug Administration’s system » pour le signalement volontaire des EI iatrogènes, ou l’inspection des soins de santé néerlandais pour la déclaration obligatoire des événements sentinelles, les données complètes et prospectives au niveau national sur les EI au niveau des hôpitaux sont très limités [15]. Ainsi, l’identification des EI repose principalement sur une revue rétrospective des dossiers médicaux.

26Notre étude a permis d’estimer, pour la première fois, l’incidence d’au moins un EI par patient au CHU Sahloul de Sousse qui a été chiffrée à 12,4 % (IC 95 % [7,41-17,38]). Cette incidence dépassait la médiane d’incidence des EI rapportée dans la littérature qui vaut 10 % [15]. Cependant, notre incidence était nettement inférieure à celles trouvées en Australie, en Suède et dans un hôpital en Angleterre [13, 15, 22].

27La fréquence des EI variait considérablement selon les études. Ceci peut être expliqué par un certain nombre de différences méthodologiques, y compris l’échantillonnage, l’inclusion d’événements avant ou après l’admission, le nombre et les types de critères établis pour le diagnostic d’un EI, ainsi que l’expérience professionnelle du personnel médical. Il faut aussi noter que la plupart de ces études sont basées sur un recueil rétrospectif des données, à partir des dossiers médicaux, non dénué de biais, conduisant à une surestimation ou à une sous-estimation des chiffres [13, 18-23]. D’autre part, la variation de la qualité et des méthodes de documentation des dossiers médicaux des patients dans les pays, pourrait être une source clé de variation dans la détection des EI [15].

28Notre étude, comme d’autres [4, 7, 8, 21], a conclu à une incidence des EI plus élevée dans les unités de soins intensifs. Ce constat est justifié par la vulnérabilité des patients hospitalisés dans ces unités. D’autant plus que ces dernières sont pourvoyeuses de la pathologie iatrogène, du fait de la multiplication des intervenants et du recours aux techniques invasives de monitorage, d’investigation et de soins. À l’encontre d’autres études [7, 21], les services médicaux étaient plus touchés, dans notre étude, que les services chirurgicaux. Ceci pourrait être expliqué par le faible nombre des services chirurgicaux participant dans notre étude (trois services chirurgicaux contre cinq services médicaux). Ce même résultat est constaté dans l’étude réalisée au CHU Farhat Hached (Tunisie) [8], et qui était expliqué par la prédominance des services réputés à haut risque (service d’oncologie, d’hématologie, de cardiologie), en raison de la gravité clinique des patients hospitalisés dans ces services, du séjour relativement prolongé et de la fréquence des procédures invasives à visée diagnostique et/ou thérapeutiques, mais aussi du recours à des traitements agressifs tels que les immunosuppresseurs ou la corticothérapie au long cours.

29Les types d’EI les plus rapportés dans les études incluses dans l’étude de Schwendimann R. et al. [15] étaient des événements liés aux interventions chirurgicales, résultant souvent de complications procédurales et de blessures, telles que le saignement post-opératoire ou le retour à la chirurgie. Ceux-ci représentaient une médiane de 40 % variant entre 27 % [19] et 74,9 % [13]. Le deuxième type le plus fréquent était des événements liés aux erreurs de médication, qui représentaient une médiane de 19,3 % allant de 4 % [6] à 73 % [23]. Dans notre étude, les erreurs médicamenteuses représentaient seulement 1,2 % des EI ; ceci pourrait être expliqué par le fait que le personnel de santé ne rapportait pas les erreur de médication ; et ce chiffre serait donc sous-estimé. En troisième position, on trouvait les infections associées aux soins et les réactions allergiques avec une médiane de 17,7 % (0,2 % [13] - 25,3 % [24]). Ces constatations n’étaient pas conformes aux nôtres où les infections associées aux soins occupaient le premier rang des EI avec une proportion de 43,4 % suivies par les réadmissions non programmées, en relation avec la prise en charge antérieure (12,5 %).

30Dans notre étude, 32,1 % des EI ont été à l’origine d’une prolongation de la durée de séjour. En fait, l’utilisation de la prolongation de séjour comme critère de gravité était commune à plusieurs études réalisées sur le sujet [4, 7, 8, 11, 19, 23]. Ainsi, en Portugal, 1 166 journées d’hospitalisation supplémentaires (soit 10,7 journées supplémentaires par patient) ont été causées par la survenue d’un EI [19]. Selon la revue de littérature, réalisée par Schwendimann et al. [15], les conséquences des EI étaient pour la plupart temporaires et minimales (récupération < 1 mois) avec une médiane de 53,5 % variant entre 16,1 % [7] et 73,4 % [25], ou n’ont causé aucun dommage au patient. Cependant, 21,2 % des personnes affectées souffraient d’une déficience modérée (récupération 1-12 mois) (4,1 % [19] - 56,5 % [7]). Une médiane de 7,3 % des EI a entraîné une invalidité permanente (3,9 % [25] – 17 % [13]). Dans notre étude, l’incapacité physique occupait la deuxième place avec une proportion de 7,6 %.

31D’autre part, le taux de décès de 3,8 %, observé chez nos patients ayant présenté au moins un EI, devrait être interprété avec prudence vu que l’imputabilité de l’EI dans la survenue de décès n’a pas été établie avec certitude [8]. Les taux de décès associés aux EI sont ainsi très différents entre les études, variant de 0,8 % en Iran [25] à 30 % dans les pays en voie de développement [6].

32Plusieurs études ont conclu à l’association entre l’occurrence des EI et les facteurs intrinsèques des patients (âge, sexe, immunodépression, nombre de comorbidités) [8, 13, 18, 23]. Notre étude a mis en valeur la contribution des facteurs extrinsèques dans la survenue des EI. Ainsi, l’intervention chirurgicale, la pose du cathéter veineux périphérique, la trachéotomie, la transfusion et la prise médicamenteuse ont été identifiées comme étant les facteurs de risque indépendants des EI. Nos résultats étaient en concordance avec d’autres études où l’exposition aux procédures de soins invasifs (telle que la chirurgie, la biopsie, l’endoscopie…), aux dispositifs médicaux et aux produits de santé et le risque de développer un EI a été bien documentée [7, 8, 13, 21].

33D’autre part, les EI étaient plus fréquemment observés chez les patients qui ont été hospitalisés pendant la garde, en urgence ou pendant les week-ends et les jours fériés, dans l’étude réalisée dans un hôpital universitaire tunisien [8]. Ce résultat était expliqué, en partie, par la mauvaise organisation de travail liée à un manque en personnel soignant, ajouté à un défaut de communication entre les professionnels de santé assumant la garde [7].

34Selon l’étude réalisée par Wilson RM et al. [6], une formation ou une supervision inadéquate du personnel soignant était le facteur contributeur à l’occurrence des EI le plus fréquent dans les pays en voie de développement, suivi par l’incapacité à mettre en œuvre un protocole ou une politique pertinente visant à surveiller les EI. Par conséquent ce sont les échecs dans le processus clinique plutôt que l’absence des ressources qui représentaient les causes de la survenue des EI. Ainsi, l’examen des dossiers médicaux nous donnera une image faussée sur la vraie cause de l’occurrence des EI, ou il sera plus susceptible de mettre l’accent sur la performance individuelle et de passer à côté des échecs basés sur le système, qui se trouvent souvent derrière les erreurs des individus.

35De ce fait, la maîtrise de ces risques sanitaires ne peut être réussie que grâce à une collaboration multidisciplinaire et, à tous les niveaux, avec la mise en place d’une gestion globale et coordonnée des risques, qui exigera de l’ensemble des acteurs hospitaliers d’importants changements : responsabilisation de chaque acteur, modifications des pratiques, des comportements individuels et collectifs, et modifications des modes de décisions [8]. Ces changements sont sous-tendus par l’acquisition d’une culture commune de sécurité des patients, exigeant une formation et une éducation au préalable.

36Les résultats de notre étude justifient la nécessité d’instaurer un système de surveillance des EI, qui manquait jusqu’à ce jour dans les hôpitaux tunisiens. La mise en place d’un système de surveillance et de signalement est un maillon central de toute politique d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins dans les établissements de santé.

Conclusion

37La performance d’un établissement de santé est d’abord celle du niveau de sécurité garanti au patient. L’identification, la mesure et la prévention des risques évitables est un métier à part entière au service des patients ; un métier qu’il s’agit de promouvoir et d’affirmer comme outil de pilotage et d’optimisation des compétences, à travers l’évaluation des activités de soins et des programmes de formation, car ces EI sont fréquents, universels et leur incidence est très variable. Afin d’améliorer la sécurité des patients, il est primordial de gérer les risques, ce qui consiste à prévenir leur réalisation en agissant sur les facteurs de risque de leur occurrence.

38Aucun conflit d’intérêts déclaré

Français

Objectif : Déterminer l’incidence et les facteurs de risque des évènements indésirables associés aux soins dans un hôpital universitaire Tunisien.
Méthode : Il s’agit d’une étude observationnelle longitudinale, menée en 2016 sur une période de trois mois à l’hôpital universitaire Sahloul, Sousse, Tunisie. Le recueil de données a été réalisé par l’intermédiaire d’une fiche pré-testée remplie, à chaque passage aux services, par des médecins préalablement formés à la méthodologie de recueil.
Résultats : Au total, 1 357 patients étaient éligibles. Nous avons identifié 168 EI chez 131 patients, avec une incidence d’EI de 12,4 % (IC 95 % : [7,41 – 17,38]), et une incidence des patients atteints de 9,7 % (IC 95 % : [4,63 – 14,76]). La densité d’incidence des EI était de 1,8 évènement pour 100 jours d’hospitalisation. Les infections nosocomiales et les réadmissions non programmées, en relation avec la prise en charge antérieure, étaient les EI les plus fréquents (43,4 et 12,5 % respectivement). Les facteurs de risque indépendants de la survenue des EI, étaient l’intervention chirurgicale (p = 0,013 ; RR = 1,68 ; IC : [1,11-2,54]), la pose d’un cathéter veineux central (p < 10–3 ; RR = 4,1 ; IC :[2,1-8]), la trachéotomie (p = 0,001 ; RR = 21,8 ; IC : [3,7-127,8]), la transfusion (p = 0,014 ; RR = 2,1 ; IC : [1,16-3,87]) et la prise médicamenteuse (p = 0,04 ; RR = 2,2 ; IC : [1,04-4,7]).
Conclusion : La présente étude a montré une incidence élevée d’EI et l’implication des dispositifs invasifs dans leur occurrence. C’est pourquoi, des interventions ciblées sont nécessaires.

  • événements indésirables
  • sécurité des patients
  • incidence
  • facteurs de risque
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Hela Ghali
Faculté de Médecine de Sousse, Université de Sousse, Tunisie.
Service de Prévention et Sécurité de Soins, Hôpital Universitaire Sahloul, Sousse, Tunisie.
Asma Ben Cheikh
Faculté de Médecine de Sousse, Université de Sousse, Tunisie.
Service de Prévention et Sécurité de Soins, Hôpital Universitaire Sahloul, Sousse, Tunisie.
Sana Bhiri
Faculté de Médecine de Sousse, Université de Sousse, Tunisie.
Service de Prévention et Sécurité de Soins, Hôpital Universitaire Sahloul, Sousse, Tunisie.
Sihem Ben Fredj
Faculté de Médecine de Sousse, Université de Sousse, Tunisie.
Service de Prévention et Sécurité de Soins, Hôpital Universitaire Sahloul, Sousse, Tunisie.
Sawssen Layouni
Faculté de Médecine de Sousse, Université de Sousse, Tunisie.
Service de Médecine Physique, Hôpital Universitaire Sahloul, Sousse, Tunisie.
Salwa Khefacha
Service de Prévention et Sécurité de Soins, Hôpital Universitaire Sahloul, Sousse, Tunisie.
Lamine Dhidah
Faculté de Médecine de Sousse, Université de Sousse, Tunisie.
Service de Prévention et Sécurité de Soins, Hôpital Universitaire Sahloul, Sousse, Tunisie.
Mohamed Ben Rejeb
Faculté de Médecine de Sousse, Université de Sousse, Tunisie.
Service de Prévention et Sécurité de Soins, Hôpital Universitaire Sahloul, Sousse, Tunisie.
Houyem Saiid Latiri
Faculté de Médecine de Sousse, Université de Sousse, Tunisie.
ervice de Prévention et Sécurité de Soins, Hôpital Universitaire Sahloul, Sousse, Tunisie.
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Mis en ligne sur Cairn.info le 25/09/2020
https://doi.org/10.3917/spub.202.0189
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