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Topique

2008/1 (n° 102)


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Qu’est-ce que la psychanalyse peut apporter au juste à la problématique de la guerre, voire à la thématique de la « guerre juste », notion au reste exclue de son mode de penser et de sa terminologie ? Cette question, à la fois élémentaire et fondamentale, suppose de revisiter le discours freudien sur la guerre et de voir en quoi il peut aider à mettre en perspective cette problématique de la guerre en son envers inconscient, en ses ambiguïtés et ses enjeux.

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Le mérite de cette notion est du moins de quêter une articulation des notions de guerre et de droit – ce qui, cette fois, correspond bien au questionnement freudien, sauf à le reprendre à travers une question primaire : « Pourquoi la guerre »?» (Warum Krieg)? [1][1] Le « Comité permanent des Lettres et des Arts » de.... Après tout Freud, dès lors qu’il accepte de participer à l’Institut de coopération intellectuelle de la Société des Nations, adhère à cette logique d’effort de régulation collective des conflits. La paix apparaît comme une intermittence entre deux états de guerre, virtuellement réglementable :ce que l’on appelle « entre-deux-guerres », dont on sait l’issue. C’est bien dans ce cadre qu’il prend position dans ce texte en forme de « lettre ouverte », échange épistolaire avec Einstein. Ce titre contient deux mots Warum et Krieg en sorte qu’il serait plus exact de le traduire par « pourquoi guerre ?» L’article défini étant absent, il faut donc entendre, plutôt que « pourquoi la guerre ?», « pourquoi de la guerre ?»

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Le « jus ad bellum » implique d’envisager une « cause » juste. Mais qu’est-ce qui « cause » la guerre ? La question formulée d’ailleurs par Einstein et à laquelle adhère Freud, est plutôt : « Ya-t-il un moyen de libérer les hommes de la fatalité (Verhängnis) de la guerre ?»

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Cette immense question, la psychanalyse l’approche évidemment du côté des coulisses inconscientes. Il y a bien un « inconscient de la guerre » qui appartient de plein droit, si l’on ose dire, à son déchiffrement matériel et historique. C’est un fait que la guerre est l’objet même du collectif chez Freud. L’être en guerre contient, au-delà de toute déploration, le moment de vérité critique du collectif. Des Considérations actuelles sur la guerre à Pourquoi guerre ?, soit d’une guerre à la veille de l’autre (1915-1932), se déploie une confrontation du savoir de l’inconscient à cette question qui touche à la mort et à l’agressivité, en sa forme collective.

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De cette problématique que nous avons analysée dans des contributions antérieures [2][2] P.-L. Assoun, Freud et les sciences sociales. Psychanalyse..., nous extrairons ce qui permet d’évaluer la présente question.

LA GUERRE, LA CULTURE ET LA MORT

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La guerre frappe en effet à la porte de la psychanalyse comme Weltkrieg, guerre mondiale qui révèle ce travail de la guerre au cœur du monde humain. Elle est à aborder comme figure du réel, donc sous la forme en laquelle le réel est abordé en psychanalyse; soit dans le registre du trauma. Défi à la pensée, la guerre « éclate », comme on dit, ou plutôt « a éclaté », comme l’articule le récit qui en fait un thème dramaturgique électif. D’un moment à l’autre, on s’avise que l’on est passé d’un état dit « de paix » à l’autre. Par ailleurs, telle une maladie, la « guerre « se déclare »: c’est en fait quand elle était déjà là qu’elle passe dans l’acte déclaratif.

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La guerre, en sa dimension mondiale, saisit la psychanalyse au double titre du réel etdu discours.Du premier point de vue, les effets désastrants de la guerre marquent un tournant dans la « traumatologie ». C’est la guerre qui a produit une mutation de la théorie analytique du trauma. Du second point de vue, comme « suspension de la Raison », mise en crise des idéaux de la culture, elle confronte le « citoyen du monde » (Weltbürger) etl’« homme de culture » (Kulturmensch) à ce moment de « barbarie ».

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Cela met à nu la question, en advenant, que dit la guerre de la pulsion et de la culture en leur nexus inconscient ? Cela ne nous condamne donc pas à quelque « psychologisation » de la guerre, fatalement idéologique. Freud y engage la réflexion sur la mort et le devenir « l’éphémérité » ou Vergänglichkeit d’une part, sur l’agressivité d’autre part.

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Foncièrement étranger au « bavardage sur les idéaux » [3][3] P.-L. Assoun, L’entendement freudien. Logos et Anankè,..., le créateur de la psychanalyse se confronte à cette mise à l’épreuve du collectif : quand elle éclate, la guerre vient « dépouiller le monde de ses beautés ». La formule n’est pas vaguement poétique, elle vient signer le constat plutôt sobre de la chute de l’idéal. Portrait d’un ravage : « Elle détruit le paysage, elle brise l’idéal des acteurs, elle souille la science, elle réduit l’univers aux intérêts des nations ». Bref, là où elle passe, la guerre du monde vient désastrer le paysage de la culture. Entreprise en démolition, dont se nourrit l’agressivité nationaliste.

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Avant de déplorer les horreurs et dommages de la guerre, il faut comprendre comment ce qui arrive est possible. Le sens du réel est en ce domaine essentiel, car la guerre en est l’effet de retour, par lequel se déchire le lien social. Rien ne reste debout des lieux, des idéaux, de l’universel et de la vérité. Freud en ces années craint pour la survie de la psychanalyse entraînée dans la tourmente.

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Le problème est que le tableau n’est pas très reluisant non plus en temps de paix ! Ainsi, si la guerre a « égaré tant d’intelligences parmi les plus lucides » – on pense à l’Appel « comme un seul homme » au monde civilisé des savants allemands–, l’attitude du monde scientifique envers la psychanalyse, en guerre contre la psychanalyse en temps de paix, montre que la paix collective se concilie avec l’« interdit de penser ».

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Le propre de l’état de guerre est que le sujet qui, en son « inconscient », « ne croit pas à la mort personnelle », y rencontre la figure de la mort réelle réalisée et visible. En temps de paix, les sujets sont confrontés à des deuils, là où la guerre, suggère Freud, nous conseille de ne pas nous arrêter à la perte des personnes aimées – ce qui y rend le deuil à la fois plus poignant et plus « élusif ». Enfin la guerre, en désignant les étrangers comme des ennemis dont il est non seulement excusable, mais exigible de souhaiter et de provoquer la mort, vient réguler la paranoïa latente des temps de paix.

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Cela ouvre une approche clinique. Que se passe-t-il, dans la « névrose de guerre » qui est, après tout, le symptôme propre et en quelque sorte original auquel la guerre donne naissance ? Il ne s’agit pas simplement d’un ébranlement mécanique, fût-il massif. Celui qui tombe malade dans ces conditions n’est pas seulement celui qui a peur de la mort, pouvant surgir de la tranchée d’en face. C’est celui qui, au cœur de la situation de danger, tombe dans un conflit inédit qui, selon une suggestion majeure de Freud dont nous avons montré la portée sur la question du corps [4][4] P.-L. Assoun, Corps et symptôme. Leçons de psychanalyse,...,« se joue entre l’ancien moi pacifique et le nouveau moi belliqueux du soldat et devient aigu, dès qu’au moi de paix devient évident quel grand danger il court de perdre la vie à cause des risques de son « double » nouvellement formé ».

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Si donc « la guerre nous contraint à être des héros qui ne croient pas à leur propre mort », comme le remarquaient les Considérations, le sujet qui y est confronté s’effraie de son propre héroïsme. Il devient un « risque-tout » dangereux pour sa propre survie. Voilà peut-être devant quoi tremble le « psycho-névrosé » de guerre – on en connaît le spectaculaire signe de tremblement chronique.

LA GUERRE, ÉPREUVE DE VÉRITÉ

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Que suggère cette série convergente de considérations ? C’est que la question de la guerre, cette transe de violence collective, sert à couvrir voire à refouler la question majeure, celle du « malaise » du temps de paix.

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Par ailleurs, la notion même de « guerre juste » est une contradiction dans les termes, dans la mesure où elle dénie l’opposition fondamentale de la violence (Gewalt) et du Droit (Recht). « Les conflits d’intérêts entre les hommes sont tranchés par la violence » [5][5] S. Freud, Pourquoi la guerre ?. Voilà ce que rappelle le créateur de la psychanalyse. C’est là que se fait le passage au Droit qui est « la puissance d’une communauté », par la force de l’union.

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La guerre porte à l’expression ce destin des « conflits d’intérêts », d’être « tranchés » par la violence. Peu d’originalité en soi, dans ce rappel qui soutient toute la philosophie politique. Mais si Freud l’affiche au seuil de sa réflexion, c’est pour dissuader le discours social d’entendre la psychanalyse comme quelque effort d’adoucir le constat de cette loi du réel.

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Le « Droit » apparaît comme l’antidote et en quelque sorte la « formation réactionnelle » de la violence de masse. On ne trouve donc chez Freud nulle tendance à « adoucir » ce mouvement de fond.

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Mais en revanche, rien n’accrédite à postuler quelque violence [6][6] P.-L. Assoun, « La violence-symptôme. Du malaise à... fondamentale. S’il y a bien une violence originaire, c’est celle du « père faisant violence » (gewalttätiger Vater) [7][7] S. Freud, Totem et tabou.. Le lien social s’organise en la posthistoire de cette violence de rétorsion.

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C’est dans l’État en guerre que ce « mixte » de violence et de « droit » trouve son expression. L’État détient, pour Freud comme pour Max Weber, « le monopole de la violence légitime ». Mais Freud en fait un moment de vérité de la relation de fond entre États et « individus ». L’État exige en état de guerre, sous la pression de l’état d’exception ainsi créé, le renoncement des individus à leurs droits – ce qui exprime la position « politique » de Freud, non loin du « citoyen contre le pouvoir » [8][8] P.-L. Assoun, « Freud et la politique », in L’entendement....

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La guerre est donc le moment de vérité de l’État. C’est sa réalité qui y apparaît de la façon la plus crue. C’est aussi ce qui fait de la guerre, avant même toute déploration de ses funestes effets, un moment de mise à l’épreuve et en quelque sorte de mise à jour de la relation.

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D’une part, parler de violence juste, c’est donc mélanger les deux principes qui appartiennent à deux sphères hétérogènes; d’autre part, la « guerre juste » apparaît en un sens comme le discours de l’État.

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Mais Freud n’entonne pas pour autant quelque hymne pacifiste. Le pacifisme freudien apparaît comme un engagement envers la Kultur, « intolérance organique » à la violence, qui ne se justifie pas autrement que par un engagement envers la Kultur, comme il le signifie à son correspondant Einstein.

L’IDÉALISME NOCIF OU LA « POLITIQUE FREUDIENNE »

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D’une part, Freud prône un réalisme radical en politique : rien n’est plus nocif en politique que l’idéalisme qui couvre d’un voile d’idéal la réalité de l’affrontement – comme il le montre à travers le cas du Président Wilson.

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D’autre part, il rappelle les « citoyens » à la vigilance contre « les pouvoirs » pour paraphraser Alain. La guerre des États donne sa forme manifeste à l’état de guerre latent des rapports humains.

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La guerre donne ainsi la température de l’agressivité intériorisée en temps dit de paix. En dernière instance, la guerre constitue une véritable sédation de cette pulsion de mort qui trouve là l’occasion de se décharger à l’extérieur. Ce dont le propos populaire, en sa crudité non dénuée de sadisme, constitue l’aveu : « Il leur faudrait une bonne guerre !»

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Mais elle révèle quelque chose de plus structurel encore, qui vient à l’expression dans l’adage Navigare necesse est, vivere non necesse, qui livre la dialectique du désir, du temps et de la mort [9][9] S. Freud, Considérations inactuelles sur la mort dont Freud fournit magnifiquement la conséquence : « Le penchant à exclure la mort des comptes de la vie (Lebensrechnung : littéralement la « facture de vie ») a pour conséquence bien d’autres renoncements (Verzichte) et exclusions (Auschliessungen)» – Ce dont nous avons dégagé les conséquences [10][10] P.-L. Assoun, Le démon de midi, Editions de l’Olivier,.... La guerre révèle que « vivre » n’a rien de nécessaire et que c’est au nom de ce déni que le sujet « cède sur son désir ». De fait, « la vie s’appauvrit, elle perd de son intérêt dès l’instant où dans les jeux de la vie, on n’a pas le droit de risquer la mise suprême, c’est-à-dire la vie elle-même ». Ce n’est pas à confondre avec les « conduites de risque », « petite monnaie » des pulsions de mort. Il y va de l’engagement du sujet, qui ne cherche pas dans l’illusion d’« une autre vie », de rattrapage, les faux-fuyants à sa condition désirante hic et nunc.

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La guerre, gâchis d’idéaux, est antonymique de l’érotique, mais elle rappelle cette réalité de la mort qui est l’envers du désir. Révélation catastrophique d’une vérité narcotisée en temps de paix. (Aussi bien les narcotisés ou drogués des temps de paix organisent-ils ainsi leur dissidence).

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On sait par ailleurs comment un certain pacifisme fait le lit des dictatures. Freud n’est pas pour rien contemporain de Munich dont on sait l’héritage européen.

POUR UNE MÉTAPSYCHOLOGIE DE LA GUERRE

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Ce trajet croisé permet de dégager un portrait métapsychologique de la guerre. Ce n’est pas un hasard si, de la « défense » (Abwehr) au conflit, la métapsychologie se nourrit de métaphores guerrières et en quelque sorte « polémologiques », appropriées à son mode de déchiffrement conflictuel de la psyché. Il ne s’agit pas de quelque mode de penser analogique. Le sujet en guerre pulsionnelle, voilà ce que montre la psychanalyse. Que l’on pense à la somptueuse métaphore des « Champs catalauniques » qui soutient la dramaturgie de la seconde topique [11][11] S. Freud, Le moi et le ça. Comme dans ce tableau de Kaulbach où le combat contre les Huns se poursuit dans la partie supérieure du tableau qui désigne le ciel, les conflits du moi et du ça se prolongent dans la région supérieure entre moi et surmoi/idéal du moi. La violence s’est seulement intériorisée et en un sens radicalisée. Mais le paradoxe est que le surmoi exerce désormais envers le moi la violence menaçante du ça.

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De quoi faire fond sur cette métaphore pour aborder la guerre en sa dimension inconsciente, « moi » et « ça » étant comparés au « front » et à « l’arrière ». Il y a bien une guerre intestine de la psyché inhérente à la dynamique pulsionnelle. Le désir est ce qui ne laisse pas le sujet en paix, ni de jour ni de nuit. Mais, c’est avec l’introduction de la pulsion de mort que s’accomplit ce tournant. Il y a un effet de symétrie étonnant entre la rentrée de la Todestrieb au centre de Malaise dans la culture et son apparition dans Pourquoi la guerre ?, après que Freud ait laissé à Einstein le soin de produire ses généralités psycho-logiques et fourni lui-même une sorte d’analyse géopolitique : c’est en effet, en état de paix comme de guerre, avec la pulsion de mort que s’introduit ce que la psychanalyse a de plus spécifique à dire, tant sur le malaise structural de la culture, soi-disant en paix et la conjoncture de guerre.

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L’état de guerre est l’un de ces états, tristement privilégiés, où se trouvent réunies les conditions d’une désunion ou désintrication pulsionnelle, en sa mise en acte collective. La guerre crée le « plein emploi » de la pulsion de mort. Non que Polemos soit quelque expression pure de Thanatos. C’est ce qui est identifiable comme « pulsion de destruction », soit la partie de la pulsion de mort dirigée vers l’extérieur. Dans l’éclatement de la guerre, c’est l’éclat détonant d’un cocktail pulsionnel qui est à entendre. Le bruit et la fureur de la guerre fait entendre le fracas que fait Thanatos, quand il s’échappe de l’alliage érotique qui habituellement le contient. Retour fracassant de cela même dont il faut savoir reconnaître la rumeur et le murmure à l’état de paix. Ce qui engage toute une lecture de l’élaboration toxique de l’insupportable des paix mortifères.

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Chez Kant, l’engagement en faveur d’une « paix perpétuelle » n’a pas le sens de quelque utopisme que vient contredire la récidive inlassable des conflits. Il s’agit d’un impératif de la raison politique [12][12] P.-L. Assoun, « Le désir perpétuel. Guerre et paix.... On voit l’enjeu : seule une critique de la raison historique et politique peut discriminer la guerre de terreur, déguisement idéalisé de la pulsion de mort, de la guerre comme antidote à la terreur pacifiée.

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Freud peut, sans contradiction, faire coexister un désir de paix avec la reconnaissance radicale d’une pulsion de guerre. C’est à traverser la question angoissante de la jouissance inconsciente de la guerre que se dégage la paix, comme cause de désir …

Notes

[1]

Le « Comité permanent des Lettres et des Arts » de la Société des Nations avait demandé à la Commission internationale de collaboration spiriruelle de susciter une correspondance entre « représentants représentatifs de la vie de l’esprit », analogues à l’échange de pensée de tous les grandes époques de l’histoire européenne et de choisir des thèmes qui « seraient le mieux appropriés à servir les intérêts communs de l’union des peuples et de la vie spirituelle ». À cette fin, l’Institut international de coopération intellectuelle décida de publier à Paris une série « Correspondance » ou lettres ouvertes (« Open letters »). C’est début 1933 que parut le second volume de cette série sous le titre « Pourquoi la guerre », simultanément en allemand, en français et en anglais.

[2]

P.-L. Assoun, Freud et les sciences sociales. Psychanalyse et théorie de la culture, Armand Colin, 1993,2e éd., 2008; édition critique de « Pourquoi la guerre », in Hermès, Communication et politique, CNRS, 1985; « L’inconscient de la guerre. Pulsion de guerre et désir de paix », in Penser la guerre penser la paix, Editions Pleins Feux, 2001, p.57-74.

[3]

P.-L. Assoun, L’entendement freudien. Logos et Anankè, Gallimard, 1984

[4]

P.-L. Assoun, Corps et symptôme. Leçons de psychanalyse, Anthropos/Economica, 2e éd., 2004

[5]

S. Freud, Pourquoi la guerre ?

[6]

P.-L. Assoun, « La violence-symptôme. Du malaise à la discordance collective », in Actes Université européenne d’été. Violences dans la modernité 8-13 septembre 2OO3 », Université Paris 7-Denis Diderot, Service commun de développement de la Formation Continue et Professionnelle UFR Sciences Humaines Cliniques, p.14-21.

[7]

S. Freud, Totem et tabou.

[8]

P.-L. Assoun, « Freud et la politique », in L’entendement freudien, op.cit.

[9]

S. Freud, Considérations inactuelles sur la mort

[10]

P.-L. Assoun, Le démon de midi, Editions de l’Olivier, 2008, p. 117-120

[11]

S. Freud, Le moi et le ça

[12]

P.-L. Assoun, « Le désir perpétuel. Guerre et paix de Kant à Freud », in Analyses & réflexions sur Kant, Projet de paix perpétuelle, Ellipses, 2002, pp. 161-172.

Résumé

Français

Peut-on apporter une réponse psychanalytique à la problématique de la guerre, voire à la thématique de la «guerre juste», alors que cette notion est exclue de son mode de penser et de sa terminologie? Elle mérite cependant de quêter une articulation des notions de guerre et de droit qui correspond bien, cette fois, au questionnement freudien, sauf à le reprendre à travers une question primaire: «Pourquoi la guerre»?» (Warum Krieg)? (1). L’intérêt de ces questions nous a conduit à revisiter le discours freudien sur la guerre et de voir en quoi il peut aider à mettre en perspective cette problématique de la guerre en son envers inconscient, en ses ambiguïtés et ses enjeux. Se déploie, ici, une confrontation du savoir de l’inconscient à cette question qui touche à la mort et à l’agressivité, en sa forme collective.

Mots-clés

  • Éphémérité
  • Inconscient
  • Malaise de la culture
  • Père faisant violence
  • Kultur
  • Pulsion de mort

English

War and Peace according to Freud Can psychoanalysis provide answers to the problematical nature of war or the notion of a ‘just war’, when such an idea is excluded from the very essence of its thinking and terminology? The articulation between the notion of war and that of law may however be explored and here Freud’s primary question of ‘Why War?’provides an excellent point of departure. The author’s interest for such questions led him to return to the pages of Freud’s analysis of war in order to examine in what ways Freud sheds new light on the question of war, its unconscious motivations, ambiguities and stakes. In this perspective, a confrontation between the unconscious’knowledge of this question brings such factors as death and aggressiveness in its collective form into play.

Key-words

  • Transience
  • Unconscious
  • Culture and its Discontents
  • Violent Father
  • Kultur
  • Death Drive

Plan de l'article

  1. LA GUERRE, LA CULTURE ET LA MORT
  2. LA GUERRE, ÉPREUVE DE VÉRITÉ
  3. L’IDÉALISME NOCIF OU LA « POLITIQUE FREUDIENNE »
  4. POUR UNE MÉTAPSYCHOLOGIE DE LA GUERRE

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